Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est queer. Afficher tous les articles

lundi 13 octobre 2025

[Chronique] Le fils du Père Noël - Sascha Lahaie

 

 Le fils du Père Noël - Sascha Lahaie






Titre: Le fils du Père Noël
Auteurice: Sascha Lahaie
JS Éditions
Genre: fantasy queer, feel-good, romance de Noël
Âge: tout public
One-shot



SERVICE PRESSE


Résumé:

Une romance de Noël ? Non merci, c’est trop cliché ! Une mission professionnelle pile pour Noël ? Bah, c'est au moins une bonne excuse pour ne pas le fêter... C'était sans compter sur une tempête de neige, un rouquin un peu trop séduisant et une poignée d'elfes du Père Noël bien décidés à générer une romance tout comme dans les films ! Une chose est sûre, Jonathan n'a pas fini de grincer des dents.

Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un immense merci à Jeanne (JS Éditions) pour sa gentillesse et ce service-presse que j’ai eu la chance d’avoir en papier (avec des chouettes goodies en prime ! <3 ).

On ne va pas y aller par quatre chemins.

De 1, je déteste autant Noël que Jonathan, le personnage principal râleur, désagréable et adorable malgré lui de cette histoire.

De 2, je ne lis pas de romances à l’eau de rose et je déteste les clichés.

Et… j’ai a-do-ré cette histoire ! C’est un coup de cœur douceur, humour et bulle d’amour que j’ai dévoré en même pas trois jours.

Alors pourquoi ai-je demandé ce service-presse, à la base, me direz-vous, puisque c’est une romance de Noël et qu’en plus, tout est basé sur les clichés autour des romances de Noël ?

D’abord parce que je connais JS Éditions et que je ne doutais pas que nous aurions là une pépite queer qui vaudrait le détour. Ensuite parce que quand j’ai vu l’annonce, j’étais justement en train de lire en avant-première une novella de l’auteurice (Niell et le phare du chaos) et que je kiffais tellement que je ne doutais pas que ce roman me plairait.

Ensuite, parce que le résumé a su me séduire, et le concept aussi. Une romance de Noël avec un personnage qui déteste Noël ? Des chapitres qui s’appellent « cliché n° 1, N°2 », etc… au lieu de « chapitre 1, 2… » ? Des clichés assumés pour une ambiance humoristique qui s’annonçait excellente ?

J’ai craqué. Pas certain·e de mon coup à 100%, mais la couverture, le résumé, le concept, tout me donnait envie de tenter. Parce que je me suis dit que je n’étais pas borné·e et que c’était cool aussi de se réconcilier un peu avec la fête que je déteste le plus au monde à l’aide d’un livre à la fois queer, drôle et contentant (sans doute) une belle histoire d’amour derrière ses allures comiques et « too much ».

Alors, diagnostic ?

Pari réussi !

J’ai été embarqué·e dès les premières lignes par la plume de Sascha, et j’ai eu du mal à lâcher le livre. Heureusement que je ne lis vraiment pas vite, sinon je l’aurais sifflé en quelques heures, le bouquin. Je l’ai lu avec un immense sourire, quelques éclats de rire et une totale non-envie de faire autre chose de ma journée (et de ma nuit, même si dormir semble aussi vital qu’inévitable).

On démarre l’histoire avec Jonathan, notre râleur de compétition, qui… eh bien, râle. C’est Noël dans une semaine, il déteste cette période de l’année, il déteste ses collègues, il déteste aussi son patron. Et son boulot. Enfin, non, il aime ce qu’il fait, après tout, c’est ce qu’il voulait faire dans la vie, n’est-ce pas ? Mais peut-être qu’il est dans le déni pour une chose ou deux. Ça, il va le découvrir à son propre détriment, en grinçant des dents… d’abord, parce que ses aventures et rencontres vont l’agacer. Puis parce que sourire… Non ! Mais non ! Il ne va quand même pas se décrisper et PROFITER, quand même !

Bref, j’ai adoré le caractère bien tranché de Jonathan. Derrière sa manière de râler pour tout se cache un homme qui… eh bien, se cache de lui-même. Parce qu’il a laissé tomber, vous voyez. Ses rêves, ses espoirs, tout ça, quoi. C’est un adulte, non ? Un adulte, c’est sérieux, et c’est heureux dans sa vie de m… pardon, dans sa vie merveilleuse qui ne lui plaît pas mais pourquoi souhaiterait-il autre chose ?

C’est dans ce contexte que notre Jonathan, qui n’aspire qu’à ce qu’on lui foute la paix et qu’on évite de lui adresser la parole (manquerait plus qu’on lui demande d’engager la conversation !) se voit assigner une mission à l’autre bout du pays : se rendre à un rendez-vous urgent avec un client. Son patron, un sale con (disons les choses comme elles sont et comme Jonathan les pense), ne lui laisse aucun choix, et comme il faudrait voir à ce que l’entreprise ne perde pas trop d’argent, quand même, il l’y envoie en bus.

Et évidemment, il se met à neiger sur la route. Genre, vraiment neiger. Tempête, route barrée, toussa toussa. Quand l’étrange chauffeur de bus propose à tout le monde de descendre dans la dernière ville du coin pour essayer de choper un train, un avion ou un hôtel, Jonathan, lui, décide de continuer avec lui, puisque notre bonhomme jovial et particulièrement suspect va, pour sa part, reprendre la route. Mais avec la neige toujours plus forte, voilà que le bus est obligé de s’arrêter dans un petit village local nommé… Christmas Town.

Mais on n’était pas en France, au fait ?

D’où il sort, ce bled étrange dans lequel il y a une soi-disant maison d’hôtes peuplée de…

Attendez, pourquoi ils ont des oreilles pointues, les gars, ici ?

Et pourquoi l’hôte, un type bien trop souriant et expansif (et séduisant mais plutôt mourir que de le reconnaître) aux cheveux roux et au sourire de renard, nommé Ambroise, les appelle… « les elfes » ?

De toute façon, à ce moment-là du récit, ça devient n’importe quoi. Parce que le type en question dit être le fils du Père Noël et que tout ça est vraiment trop bizarre.

Et si c’était une secte ?

Il y a anguille sous roche, mais vous pensez que Jonathan a envie d’enquêter ? Oh, non ! Il préfère se casser dès le lendemain sous la neige, quitte à risquer de mourir de froid…

Bon, le voilà coincé dans un village des plus étranges, forcé à côtoyer des « elfes » joyeux et un peu stressés, qui prennent mal que Jonathan affirme « détester Noël » (évite de dire ça devant eux, s’il te plaît, ils vont avoir une crise cardiaque et il y aura des morts), un « patron » nommé « Père Noël » aussi mystérieux que louche et un jeune homme… aussi séduisant que chiant.

Mais vraiment.

Pourquoi ce satané Ambroise veut-il absolument sympathiser avec lui ? Et pourquoi essaie-t-il sans cesse de le manipuler pour le faire travailler alors qu’il est censé être un client de la maison d’hôtes ?

Dans tout cela, des elfes complotent pour créer une romance, en se basant sur les romances de Noël télévisées, la neige refuse de partir, il y a des rennes, PUTAIN DES FUCKING RENNES !!! dans ce bled, et Jonathan est persuadé qu’il est tombé chez des fous, ou dans une étrange secte obsédée par Noël.

Ah, et le fameux « fils du Père Noël » affirme être lassé par Noël…

Tout ça n’a vraiment aucun sens.

Jonathan rêve de s’enfuir de là au plus vite.

Mais d’un autre côté…

Eh bien, il est quand même charmant, Ambroise.

Attirant.

Attachant, même.

Bon, je ne vais pas en dire plus. Il faut lire ce roman déjanté, magique, drôle, touchant…

Et j’ai dit drôle ?

Il fait du bien, ce livre ! Du bien au cœur, du bien au moral. Il donne un smile, mais un smile…

Ah, et les nombreuses références cachées (ou pas) que l’on peut trouver entre les lignes, on en parle ? J’ai éclaté de rire au « titre » que lâche Ambroise (les vrais comprendront) et ne parlons pas de la censure des gros mots des elfes.

J’ai aimé aussi les petites réflexions. Sur l’écologie. Sur le consentement. Sur le respect, les limites, la viande, aussi. C’est léger. C’est discret. Mais c’est présent. C’est tout en douceur, et pourtant c’est bel et bien là, et ça fait du bien aussi…

Bref, un coup de cœur, j’vous dis. Qu’est-ce que vous faites encore là ? Non parce que la collecte est encore en cours, et il faut foncer l’acheter, surtout que l’objet papier est incroyable, avec ses étoiles transparentes en relief, son joli jaspage et sa mise en page dynamique et immersive… J’avoue que je suis content·e d’avoir eu la chance de lire ce format, car ça a contribué à me plonger dans l’ambiance !


Points positifs : une écriture douce, dynamique, envolée ; beaucoup d’humour ; une jolie romance queer ; des sujets plus profonds traités avec finesse et douceur, presque sans qu’on s’en aperçoive ; de l’énergie à en revendre ; des tas de références cachées, certaines à mourir de rire ; des répliques inoubliables ; des personnages attachants et vrais malgré leur côté « too much ».

Points négatifs : pas trouvés



[Chronique] Niell et le phare du chaos - Sascha Lahaie

 Niell et le phare du chaos - Sascha Lahaie






Titre: Niell et le phare du chaos
Auteurice: Sascha Lahaie
Illustrateurice: Feilyn
Éditions YBY
Genre: fantasy queer, feel-good, novella
Âge: tout public
One-shot



SERVICE PRESSE


Résumé:

Niell a trouvé une place de domestique auprès de Léandre, un magicien exubérant mais sujet à la déprime. Quand æl ne doit pas se battre contre la pagaille généralisée et son attirance pour son employeur, Niell a la sensation qu’un mystère plane autour de lui… Bah ! Æl ferait mieux de retourner à sa tâche : le phare ne va pas se nettoyer tout seul !

Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un immense merci à YBY Éditions pour leur gentillesse continuelle, leur disponibilité et… ce roman coup de douceur.

Je tiens particulièrement à remercier l’équipe qui m’a envoyé ce service-presse alors que je n’avais pas fini encore le précédent (que j’ai fini entre temps, mais bon). Merci pour votre confiance <3

J’avais flashé sur la couverture, aussi avais-je hâte de m’y plonger ! Tout m’intriguait : l’illustration, le titre, le résumé, les personnages… Bref, j’ai sauté les deux pieds dans cette novella, et malgré mon état de fatigue actuel, j’ai tout de suite plongé dans l’histoire, que j’ai dévorée.

Avant de démarrer, petite précision : je vais utiliser l’écriture inclusive « traditionnelle » pour parler de Niell, car je ne maîtrise pas celle utilisée par l’auteurice dans cette histoire. J’ai adoré ce point, pourtant, dans le récit ! L’utilisation du « ael », d’une écriture inclusive originale et inhabituelle, que j’ai trouvée très compréhensible (bon, j’admets n’avoir aucun mal avec l’écriture inclusive, au contraire, je l’apprécie, mais celle-ci m’a particulièrement plu !). Désolé·e Niell, je dirai donc bien « ael » pour parler de toi, mais on va devoir se contenter ici de quelque chose de plus maîtrisé afin de ne pas s’emmêler les pinceaux. J’espère que tu ne m’en tiendras pas trop rigueur !

La plume de l’auteurice est douce, légère, remplie de peps et d’humour, et elle fait du bien. Malgré des sujets qui pourraient être lourds pour certains, on se sent ici dans une bulle sécurisée, et j’ai passé un merveilleux moment très immersif, sans m’ennuyer à aucun moment.

Tout commence avec Niell, domestique dans le phare de Léandre, un magicien… terriblement bordélique. Et très original. En tant que personne, et en tant que patron. Nous reviendrons sur le caractère unique de ce personnage, mais concentrons-nous un peu sur l’adorable (et râleureuse) Niell. Cellui-ci est préposé·e au ménage et à la cuisine du phare, bref, aux tâches ménagères. Et ce n’est pas qu’ael ne les fait pas correctement, en vérité : c’est surtout Léandre et son foutoir immonde, le problème… surtout quand certains objets menacent de t’attaquer quand tu les déplaces !

Niell râle donc beaucoup après son patron, et à raison. Ce n’est même plus le bordel, dans ce phare : c’est carrément le chaos. Le titre est très bien choisi… Il y en a partout : sur tous les espaces planes, sur le sol, dans les escaliers… et même jusque dans la propre chambre de Niell et dans la cuisine !

Il y a de quoi bougonner un peu, quand on est empêché·e d’accomplir correctement sa mission à cause de telles conditions, non ?

Niell ne se contente pas de marmonner dans son coin sans oser le dire à son patron, cependant, non : ael ose lui dire sa façon de penser, quitte à parfois se demander si ael ne va pas finir viré·e à cause de son franc-parler.

Mais voilà… Léandre est un original, a-t-on dit : il n’a pas l’air de toujours l’écouter, et parfois, Niell se demande même s’il ne se fout pas un chouilla de sa gueule, quand même. Avec son petit sourire et sa manière de détourner la conversation, il y a de quoi s’outrager, non ? Et puis s’il arrêtait deux minutes de n’en faire qu’à sa tête tout en exigeant que le phare soit propre… Mais non, il n’écoute pas, et ses arguments sont tous plus tarabiscotés les uns que les autres.

Cependant, on peut lui reconnaître une chose : il ne s’énerve pas après saon domestique indocile qui dit ce qu’ael pense, et il a même l’air de trouver cela… rafraîchissant ?

La relation entre ces deux-là est donc basée sur d’incessantes chamailleries, mais au fond, sous les prises de bec et l’agacement, on sent une véritable complicité grandir, et des sentiments… un peu flous.

Non, Niell n’éprouve rien pour son irritant patron.

Et non, Léandre n’est très certainement pas intéressé par ael, c’est simplement une illusion, c’est sûr !

La romance, tout en filigrane et avec beaucoup d’humour, est intéressante, légère, touchante. Elle est centrale sans l’être, car finalement, il va s’en passer, des choses, dans ce phare isolé rempli de mystères !

L’univers n’est pas très détaillé (dans une novella, c’est compliqué !), mais la magie, par contre, est intéressante et originale : des objets pris d’une vie propre, un magicien qui utilise des cartes comme support à ses pouvoirs (je ne vous en dis pas plus, c’est passionnant, cet aspect de la novella, et je préfère vous le laisser découvrir par vous-mêmes !), et d’autres aspects que l’on explore au fil des pages, alors que l’on s’approprie un peu l’histoire.

Sous couvert d’un récit léger et humoristique, nous allons peu à peu nous apercevoir que bien des secrets planent sur ce phare, sur Léandre, sur les objets animés… et sur Niell. Cela devient de plus en plus précis et présent à partir du moment où Niell, qui n’était pas censé·e être un· magicien·ne, apprend avec l’aide de Léandre à maîtriser des sorts simples pour l’aider dans son ménage.

Léandre qui, au passage, lui interdit de pratiquer seul et semble le surveiller quand ael utilise des sortilèges…

Et d’où lui viennent ces accroches de souvenirs si flous, qui lui appartiennent mais dont ael ne se souvient pas vraiment ? Quelles sont ces impressions de « déjà vu » que Niell ne parvient ni à comprendre, ni à élucider ?

L’histoire s’approfondit au fur et à mesure que l’intrigue se précise, et des thématiques plus lourdes, plus douloureuses surgissent peu à peu. On avait déjà la bipolarité de Léandre, discrète mais non moins présente, en fond, assez rapidement. Les thématiques vont se creuser, et certaines sont douloureuses. Cependant, le ton toujours assez léger et bienveillant nous permet de garder notre bulle ouatée autour de nous et d’aborder ces thèmes en toute sécurité.

Il y a énormément de respect et d’affection dans cette histoire, malgré les râlages de Niell. On va parler de limites, de consensualité, avec des personnages sincères, émouvants, honnêtes, même si certains secrets seront difficiles à encaisser. Si la communication n’est pas toujours évidente, les personnages avancent malgré tout et essaient de trouver des compromis, des terrains d’entente, tout du long… et surtout d’évoluer avec la situation.

J’ai adoré les discrètes intentions de Léandre, son désarroi quand l’histoire prend un tournant inattendu, sa culpabilité et son impuissance, son besoin de se faire pardonner, mais pas si c’est en empiétant sur les sentiments de Niell… J’ai adoré sa manière de percevoir Niell, avec bien plus de respect et de considération qu’on ne l’aurait d’abord pensé. Il a juste sa manière de fonctionner, pas toujours très fonctionnelle, d’ailleurs, mais il se remet beaucoup en question malgré tout.

J’ai aimé aussi le franc-parler de Niell, qui dit ce qu’ael pense sans violence, mais parfois avec véhémence, qui cherche à se faire respecter, quitte à faire fi des classes sociales. J’ai apprécié sa manière de gérer ses émotions quand tout dérape, cette demi-mesure, ce besoin de repli avec, malgré tout, cette sollicitude qui reste là, en fond, et contre laquelle ael lutte pour se respecter ael-même et s’écouter un peu.

J’aurais voulu une suite. Vraiment. J’étais à fond, et j’ai tellement aimé cette histoire, j’aurais adoré continuer de suivre ces deux personnages, savoir ce qu’il se passerait après. Mais ceci n’est pas une critique cependant. J’ai trouvé la fin jolie, doucement émouvante, et elle est parfaite en soi. Elle ne clôt pas vraiment : elle ouvre sur bien d’autres choses…

Un coup de cœur douceur et bien-être pour un récit léger mais non moins profond et des personnages aussi atypiques qu’attachants. Merci pour ce beau moment qui m’a fait beaucoup de bien <3


Points positifs : une écriture douce, légère et agréable ; une histoire humoristique mais avec de belles profondeurs ; des personnages attachants, respectueux et bienveillants ; une relation à la fois complice et faite de disputes à la fois touchantes et drôles ; des magies intéressantes et originales ; des mystères qui s’accumulent et rendent le récit palpitant.

Points négatifs : on peut avoir une suite ? O:) 



vendredi 21 août 2020

[Chronique] Midnight Rain - CTK

 

Midnight Rain - CTK













Titre: Midnight Rain
Autrice: CTK
Éditions Taifu comics
Genre: manga, yaoi, tranche de vie, maturité
Âge: 16+
One-shot.



SERVICE PRESSE





Résumé:


Ethan, la trentaine, ne vit pas sa meilleure vie. Avec pour seul horizon le recouvrement de dettes qu’il s’affaire à rembourser depuis une dizaine d’années, il vit au jour le jour dans son appartement miteux du New Jersey. Un soir, il aperçoit par l’entrebâillement de son store un jeune homme se faisant agresser dans la rue. Rien d’inhabituel. Peu de temps après, il le croise à la laverie et en profite pour lui demander des conseils lessive. Là encore, rien d’inhabituel. Ce qui va réellement tout changer, c’est leur troisième rencontre, quand Ethan retrouve le jeune homme avec un trou dans le ventre, en train de se vider de son sang sur le pas de sa porte.




Chronique d'Aurélie


Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat et pour leur continuelle gentillesse et disponibilité.
J’avais apprécié le précédent ouvrage de cette mangaka (On Doorstep), et j’étais donc intriguée de découvrir celui-ci.
La couverture m’a tout de suite attirée. Sombre, mélancolique, elle incarne parfaitement le titre (midnight rain = pluie de minuit). Il y pleut sur le couple enlacé, si proche physiquement, mais qui semble si éloigné l’un de l’autre. Mike a le visage détourné, l’air très triste, ou mal à l’aise. Ethan, lui, semble tenter d’arracher un peu de tendresse à son partenaire, sans lui faire violence pour autant. C’est donc un contraste de douceur et de froideur que nous propose cette illustration très réussie.
La 4ème de couverture est noire, renforçant le côté profondément mélancolique qui se dégage de ce premier regard.
Les dessins sont magnifiques. Peu de fonds, mais des visages expressifs et bien faits. J’aime le style mature de cette mangaka. Le personnage d’Ethan, particulièrement a cette maturité de l’âge (même s’il sait prendre des expressions assez gamines, à la fois drôles, touchantes et… parfois agaçantes). Je n’ai pas spécialement trouvé que, physiquement, on percevait vraiment la différence d’âge entre Ethan et Mike, ceci dit c’est aussi parce que Mike a généralement cet air dur, qu’il est blessé de partout, fatigué et en colère, qui donne l’impression qu’il est plus âgé, alors qu’Ethan, bien que résolument au moins trentenaire, fait souvent son grand gamin… et pour le coup, on se demande qui est plus mature que l’autre, en fait ;-)
Les scènes érotiques sont hots, assez brut de décoffrage, plutôt viriles et masculines, et pour le coup, j’ai trouvé cela appréciable. Il y a une légère censure, mais elle est très peu marquée, et ne m’a donc pas tellement gênée.
L’histoire est assez déstabilisante. Ou plutôt, les personnages le sont. J’ai mis pas mal de temps à cerner Ethan et ses changements d’humeur et de comportement. Il a tendance à se comporter comme un gosse la plupart du temps, ce qui est assez drôle, mais parfois aussi malaisant.
Attention, ce ne sont pas des critiques, ce sont des observations sur sa personnalité déstabilisante, qui est très intéressante et donne de l’originalité à ce manga. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’Ethan est un personnage comme on en voit peu habituellement. Et s’il y a plusieurs facettes à son caractère, il est aussi très constant dans sa façon d’être. C’est un bon personnage, riche psychiquement (à défaut de l’être matériellement lol), qui ne peut qu’intriguer et marquer. Il reste toujours lui-même, quels que soient les épreuves ou évènements. Il possède une forme de stabilité (même s’il peut se montrer sous un jour surprenant, notamment quand il est excité), et même s’il vit une existence très précaire, il reste une base tranquillisante et apaisante, qui va énormément apporter au fougueux et tumultueux Mike.
La contrepartie de la personnalité d’Ethan, c’est qu’il est plutôt dépressif. C’est tout doux, il reste quelqu’un d’hyper posé, qui ne montre pas tellement ses émotions. Mike va même lui reprocher sa trop grande impassibilité, d’ailleurs.
Mike est tout l’inverse d’Ethan. Tempêtueux, bagarreur, agressif, il ne sait pas s’exprimer autrement qu’en s’en prenant aux autres. Il débarque comme un ouragan dans la vie d’Ethan, et s’y retrouve englué malgré lui et… il aime ça, ma foi, même s’il ne sait pas le dire. Il prend plaisir à se faire chouchouter par Ethan, même si celui-ci l’insupporte de bien des manières. Au fond, je crois qu’il admire la placidité et la douceur d’Ethan. Il va avoir énormément de travail à accomplir pour se montrer moins cassant, moins blessant avec cet homme qui l’a sauvé et s’est occupé de lui… et dont il va peu à peu tomber amoureux, au fur et à mesure qu’il apprend à le connaître.
C’est une histoire et une romance en demi-teinte, que nous avons là. J’ai parfois eu du mal à entrer dans l’instant, il y avait des « raccourcis » un peu déstabilisants, des petits passages qui auraient mérité d’être plus travaillés, mais globalement, j’ai beaucoup accroché à ce manga. Il n’est pas joyeux mais parfois drôle, touchant à certains moments, plus durs à d’autres, et la relation très charnelle d’Ethan et Mike ne laisse clairement pas indifférent. Un manga original, avec deux personnages qui sortent de l’ordinaire.

Points positifs : de très beaux dessins ; une relation très particulière, très trouble, mais qui ne laisse pas indifférent ; des personnages aux caractères forts et assez opposés, qui se construisent à la fois brutalement et en douceur ; un mélange de douceur, mélancolie, humour et violence qui fait un cocktail explosif et captivant.
Points négatifs : certains passages auraient mérité d’être approfondis.




samedi 8 août 2020

[Chronique] Therapy Game 2 - Meguru Hinohara

Therapy game, tome 2 - Meguru Hinohara











Titre: Therapy game
Autrice: Meguru Hinohara
Éditions Taifu comics
Genre: manga, yaoi, tranche de vie
Âge: 18+
Série en 2 tomes, terminée.



SERVICE PRESSE





Résumé:


« Tu sais, Minato, c’est bête de rester seul par peur de souffrir. »
Alors que Minato prend enfin son courage à deux mains et accepte ses sentiments, Shizuma semble avoir disparu. Pour le retrouver, le jeune homme va alors devoir mettre sa fierté de côté et demander de l’aide à ses amis si irritants… et à la jeune Yuka.




Chronique d'Aurélie


Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat et pour leur continuelle gentillesse et disponibilité.
J’attendais avec beaucoup d’impatience ce second et dernier volume d’une série qui, dès le premier opus, m’a tout de suite plu et embarquée.
La couverture est magnifique. J’avais déjà adoré la première pour son côté pétillant, et les superbes dessins. Mais la seconde est très douce, et je fonds complètement devant ! On y voit Minato dans les bras de Shizuma, blotti contre lui amoureusement. On dirait un petit chat, on l’entend presque ronronner. Shizuma le tient avec beaucoup de tendresse, et son sourire est peuplé d’affection. Ils ont l’air très complices. J’ai vraiment flashé sur cette illustration !
Que dire des dessins à l’intérieur ? J’en ai déjà parlé dans le premier tome. J’en suis fan. Gros coup de cœur pour les traits de Meguru Hinohara, qui sait dessiner des personnages splendides et attachants, très expressifs, et très touchants.
Gros plus, les scènes de sexe sont très belles, et absolument pas censurées.
J’adore particulièrement les dessins de Minato. Je les trouve tous beaux, ces illustrations sont tout bonnement à tomber, mais Minato a un charme fou ! Sa coupe de cheveux me fait trop kiffer, en plus ;) Je ne me lasse pas de regarder les dessins de lui, franchement.
Le premier tome finissait sur un cliffhanger inattendu et inquiétant quant à la suite de l’histoire. On reprend ici là où on s’était arrêté, et Minato doit faire des choix rapides, et réagir très vite, s’il ne veut pas perdre Shizuma… à moins que son frère ne le mène en bateau pour lui faire comprendre l’essentiel ? Minato part donc sur les traces de Shizuma, inquiet de ne pas parvenir à le contacter, plus encore quand il apprend que personne ne sait où il est.
Une seule personne pourrait peut-être l’aider : Yuka, l’ex de Shizuma.
Ce second tome va beaucoup parler des peurs de Minato concernant le couple, mais aussi concernant la bisexualité de Shizuma. J’ai trouvé le sujet très bien abordé, et très touchant : beaucoup de gens croient, en effet, qu’un.e bi.e va toujours finir par faire le choix de partir avec une personne du genre opposé, parce que c’est plus facile à gérer côté société, parce qu’iel va vouloir des enfants à un moment donné, etc. Les peurs de Minato sont à la fois fausses et complètement justifiées, je les ai trouvées pertinentes, un peu tristes, mais très bien menées. Peu à peu, nos deux amoureux vont devoir apprendre à communiquer pour se faire confiance, en tout cas s’ils veulent continuer leur relation…
J’adore leur duo, et j’adore leur caractère. Je dirais bien que Minato est mon préféré des deux, mais en fait, je crois que j’aime autant la discrétion et la gentillesse de Shizuma que l’extravagance et le côté brut de décoffrage de Minato. Ils se complètent. C’est ensemble qu’ils sont le mieux, quand ils se chamaillent, qu’ils se câlinent, qu’ils se retrouvent, qu’ils se découvrent… qu’ils s’aiment. Même quand ce n’est pas facile.
Autour d’eux, gravitent d’autres personnages attachants. Les ami.e.s et contacts de Minato sont géniaux. Les amis de Shizuma ne sont pas tellement captivants, mais ils sont gentils et attachants malgré tout. Et bien sûr, il y a Shôhei et Itsuki (Mito) de Secret XXX, puisque Therapy Game en est un spin-off. Ces deux-là sont toujours aussi attachants, c’est un plaisir de les retrouver ici !
Une très belle découverte, un manga pétillant mais qui pose de bonnes questions, beaucoup de tendresse, d’amour et de douceur, malgré bien des remous. Un coup de cœur tout magique et mignon, mais aussi percutant <3

Points positifs : des personnages très attachants, tout doux ; une relation toute mignonne et très complice, malgré ce qui les sépare à la base ; des dessins magnifiques ; pas de censure pour les scènes érotiques ; un contexte original et une histoire feel-good qui fait du bien au cœur.
Points négatifs : pas trouvés




dimanche 21 juin 2020

[Chronique] Ma femme s'appelle Eric - Neil Gallen

Ma femme s'appelle Eric - Neil Gallen










Titre: Ma femme s'appelle Eric
Autrice: Neil Gallen
Auto-Édition
Genre: romance LGBTQI+, romance MM, cabaret, queer, danse, travestissement





SERVICE PRESSE





Résumé:


Théodore est un homme simple, gay, discret, mais assumé, au quotidien stable. Du moins, il le suppose.
Eric se glisse tous les soirs dans la peau de la jolie Erika, serveuse transformiste au Manoir Pourpre.
Théodore et Eric ne se regardent pas. Ils ne se connaissent pas, non plus, noyés dans leurs différences. Mais quand la vie de l’un éclate sans crier gare, l’histoire décide de tisser des liens d’une toute autre manière...




Chronique d'Aurélie


Tout d’abord un grand merci à Neil Gallen pour sa gentillesse, sa disponibilité et ce service-presse que j’avais hâte de découvrir.

Alors une chose à savoir, c’est que quand j’ai vu la couverture et le titre, à sa sortie, je me suis dit qu’il faudrait que je le lise un jour prochain. Et à force de voir passer les post de Neil sur Insta, je me suis décidée à la contacter pour le demander en service-presse. Je n’ai pas attendu longtemps pour le commencer, quand je l’ai reçu. Et encore, j’avais une autre lecture à faire avant, mais je rongeais mon frein… Il n’y avait pas qu’un petit quelque chose qui me disait que j’allais adorer ce livre. Tout me le criait.

Je ne fais pas souvent attention aux couvertures, et je ne juge jamais un roman sur cet élément. Les goûts et les couleurs, toussa toussa. Mais quand je flashe sur une couverture, en général c’est comme une sorte d’intuition. À l’heure actuelle, aucun de mes coups de cœur instantané sur une couverture n’a mené à une mauvaise lecture. Au contraire.

Et bien sûr, ce roman ne fait pas exception. C’est un coup de cœur. Un superbe et inoubliable coup de cœur. Je l’ai fini avec un sourire immense, et une larme à l’œil. Pas parce que la fin est triste, non. Parce que j’étais émue avec les héros, et puis que je n’avais pas envie de finir, mais qu’en même temps, j’étais juste tellement dans l’émotion pure de l’instant.

L’ambiance de ce roman est tout ce que j’aime. Tout ce que j’ai envie de voir dans un livre. J’aime le queer, et là, évidemment, j’ai été servie. On est à fond dans le thème. Que ce soit l’univers de la nuit et des ambiances festives des boîtes gays, le quotidien qui nous fait découvrir à la fois le « normal » et la différence des personnages, et le Moulin…

Le Moulin, quoi. Atmosphère cabaret, danse, rires étouffés, froufrous et maquillage, comment voulez-vous résister à cette magie-là ? C’est décrit à merveille, sans pousser trop loin dans les descriptions, justement. Dès le second chapitre, nous entrons avec Eric dans le Moulin Pourpre, côté loges, et nous en découvrons les coulisses. Puis, avec Théo, nous admirons le spectacle du cabaret, nous pénétrons dans le restaurant, aux côtés de ces serveuses aux allures féminines… qui cachent bien leurs attributs derrière leurs jupes courtes et leurs sourires sexy. Ce sont leurs voix, d’abord, qui troublent, interloquent, questionnent.

Bienvenue au Moulin Pourpre.

Les ambiances, donc, se posent et s’enchainent, agréables, surprenantes, festives, feutrées, joyeuses, colorées. Parfois aux antipodes les unes des autres, à l’image d’Eric/Erika et des autres hôtesses du Moulin, que l’on ne reconnait parfois pas lorsqu’elles se transforment… Qui se cache derrière ce maquillage, ces longs cils, cette apparence gracieuse et féminine ? Les apparences sont si trompeuses, quand il s’agit de l’art de se travestir…

Une autre partie de l’ambiance que j’ai adoré, c’est le fait que l’histoire se déroule à Bordeaux. C’est étrange, car ce n’est pas dit dès le départ, pourtant à peine ai-je commencé à explorer les rues de la ville avec Théo et Eric que je me suis sentie transportée à Bordeaux. Je m’y suis complétement projetée, d’emblée. Alors forcément, quand j’ai appris, au cours du roman, que c’était bel et bien là que se déroulait l’histoire, c’était déjà validé, ressenti, apprécié.

C’est important, pour moi, que ce livre se passe dans une telle ville. La plupart des romances MM se passent aux États-Unis, ou à la limite à Paris. Je trouve ça génial de replacer une histoire d’amour, des histoires de vie, dans un contexte plus « local ». C’est comme si cela donnait du relief au roman. Comme si c’était vraiment une histoire du quotidien, avec des personnages que l’on pourrait croiser au coin d’une rue. Cela donne du cachet, et une atmosphère inégalable. C’est une des nombreuses choses qui m’ont plu dans ce livre.

Le style d’écriture est par moment un peu déstabilisant, mais vous le savez, je suis assez pointilleuse pour ne pas dire pointue et bornée, à ce sujet, et franchement, ce n’est pas réellement gênant. Cela ne m’a pas fait sortir du roman, et globalement, je l’ai trouvé bien écrit, de toute manière. En tout cas, et encore une fois, Neil a un don pour poser des ambiances, et des contrastes. Et pour vous rendre addicte au point d’avoir passé quatre nuits d’affilée à lire jusqu’à plus de 4 heures du matin : le livre est gros et je lis lentement… mais je vous jure que la nuit comme la journée, j’avais toujours énormément de mal à le lâcher ! Je voulais toujours savoir ce qui allait se passer ensuite, et je me disais à chaque fois « allez un dernier chapitre », et ça durait bien 5-6 chapitres comme ça, l’affaire ;-)

L’atmosphère de ce récit n’est pas la seule chose qui m’a tout à fait conquise. Les personnages sont extraordinaires. Théo est un amour, trop gentil, trop bienveillant pour son propre bien, il en impose par sa carrure, mais il est tellement doux. Il ne mérite clairement pas tout ce qui lui arrive de négatif dans sa vie, pourtant je dirais que ces évènements dramatiques et désagréables vont le pousser à sortir de son carcan, de son petit confort qui finalement le mène de catastrophe en catastrophe et, grâce à Eric, de s’envoler vers de nouveaux horizons, de nouveaux espoirs, une existence plus trépidante, plus agréable, et entouré de bonnes personnes. Le contraste entre le Théo du début et de la fin est bluffant, on apprend à respirer avec lui, et le voir épanoui vaut tout l’or du monde. J’ai eu un gros coup de cœur pour ce personnage qui, en plus, m’a rappelé certaines de mes propres facettes, ce qui m’a nécessairement rapprochée de lui. Mais comment ne pas aimer ce jeune homme un peu paumé, adorable, taciturne et timide, dépassé par les évènements et sa vie qui se barre en confettis, franchement ?

Eric est son opposé de bien des manières, et pourtant ce ne sont pas tellement leurs différences qui vont les aimanter, mais la réalisation qu’au fond, ils ont tellement de points communs, ou tellement de parties de l’autres qu’ils admirent, qu’ils apprécient, qui les touchent et les rapprochent. Cela et leur facilité à se livrer l’un à l’autre, cette confiance mutuelle qui s’installe si naturellement, si spontanément entre eux. J’ai énormément aimé ce personnage également. De toute façon, aimer l’un sans l’autre est impossible, je pense. Chaque moment passé ensemble leur a creusé une place un peu plus profonde dans mon cœur. Mais évidemment, je n’ai pas apprécié Eric seulement quand il est avec Théo. C’est une personne au grand cœur, qui a un peu traversé l’enfer, se retrouve projeté dans une ville loin de chez lui, dont il ne connait rien. Extraverti et amical, il n’est pas long à se faire des connaissances, puis des amis, surtout dans ce lieu de travail si particulier dans lequel il a échoué.

Et autour de lui, les différents employés du Moulin Pourpre sont tous de belles découvertes, pour le coup. Ce n’est pas seulement l’ambiance, le lieu qui plaît, ou la présence d’Eric, qui évolue dans cet endroit. Gabriel, Guillaume, Thomas sont adorables, et tant d’autres encore, plus effacés, mais non moins présents. Chacun a son histoire, chacun a son bagage. Ils sortent tous un peu du tableau, chacun à sa manière. J’ai eu l’impression d’entrer dans un monde qui m’ouvrait ses portes, et de me faire des amis géniaux, à force de les côtoyer, de les découvrir.

De l’autre côté, il y a les « amis » et la famille de Théo. Eux aussi se démarquent, mais pas forcément en bien. Malgré tout, j’ai envie de faire une petite mention spéciale pour Kyle, personnage qui m’a marquée, et que j’espère revoir dans d’autres volumes du Moulin Pourpre. Il a quelque chose de touchant qui ne m’a pas du tout laissée indifférente.

Je pourrais encore parler des heures durant de ce roman. En retracer chaque facette. Comment réduire ce pavé, au cours duquel je ne me suis pas ennuyée une seule seconde (sauf pour le repas de Noël mais c’était un ennui avec Théo, pas un ennui de lecture ;-) ), et qui m’a conquise de tant de façons. Je ne peux que vous conseiller de vous y plonger à votre tour, de suivre les pas de Théo et d’Eric, de les laisser vous ouvrir la porte de leurs appartements, de leur cœur et de leurs pensées et, avec eux, de rire et pleurer, vous émouvoir ou vous énerver (je vous jure qu’à un moment donné, j’ai littéralement gueulé « mais putain quel enfoiré ! » à un moment crucial, ce qui m’a valu un blâme de mes enfants ;’) ).

Bref, ce livre est un coup de cœur. Mon coup de cœur de l’année, même, je dirais. Parce qu’il a touché tellement de choses importantes, qu’il est si réel, et si vibrant. Un florilège d’émotions, de joies et de peines, une histoire de vie. Ou plutôt de vies, multiples, colorées, diversifiées, contrastées.
À lire et à relire, absolument.

Vivement le second volume <3

(Petite précision : ce roman est un one-shot. Mais une série est prévue au Manoir Pourpre, mettant en scène différents couples et protagonistes).



Points positifs : les thèmes abordés sont peu abordés habituellement, et ils le sont avec brio ; un roman queer !!! ça se suffit en soi comme argument ; des ambiances magnifiques et immersives, très contrastées, dans lesquelles on se plonge avec grand plaisir ; un niveau d’additivité fortement élevé ; des paillettes et des nuances pastels absolument merveilleuses ; deux personnages principaux géniaux ; un duo fabuleux, qui fonctionne malgré ses différences ; une romance qui fait énormément de bien au cœur malgré des sujets parfois très difficiles ; des personnages secondaires attachants ou détestables, qui ne laissent pas indifférent.

Points négatifs : quelques très légères incohérences par moment et un style d’écriture parfois un peu particulier, mais rien de vraiment gênant, ma lecture n’en a pas été perturbée (j‘ai juste une légère tendance à remarquer les détails).