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lundi 13 octobre 2025

[Chronique] Le fils du Père Noël - Sascha Lahaie

 

 Le fils du Père Noël - Sascha Lahaie






Titre: Le fils du Père Noël
Auteurice: Sascha Lahaie
JS Éditions
Genre: fantasy queer, feel-good, romance de Noël
Âge: tout public
One-shot



SERVICE PRESSE


Résumé:

Une romance de Noël ? Non merci, c’est trop cliché ! Une mission professionnelle pile pour Noël ? Bah, c'est au moins une bonne excuse pour ne pas le fêter... C'était sans compter sur une tempête de neige, un rouquin un peu trop séduisant et une poignée d'elfes du Père Noël bien décidés à générer une romance tout comme dans les films ! Une chose est sûre, Jonathan n'a pas fini de grincer des dents.

Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un immense merci à Jeanne (JS Éditions) pour sa gentillesse et ce service-presse que j’ai eu la chance d’avoir en papier (avec des chouettes goodies en prime ! <3 ).

On ne va pas y aller par quatre chemins.

De 1, je déteste autant Noël que Jonathan, le personnage principal râleur, désagréable et adorable malgré lui de cette histoire.

De 2, je ne lis pas de romances à l’eau de rose et je déteste les clichés.

Et… j’ai a-do-ré cette histoire ! C’est un coup de cœur douceur, humour et bulle d’amour que j’ai dévoré en même pas trois jours.

Alors pourquoi ai-je demandé ce service-presse, à la base, me direz-vous, puisque c’est une romance de Noël et qu’en plus, tout est basé sur les clichés autour des romances de Noël ?

D’abord parce que je connais JS Éditions et que je ne doutais pas que nous aurions là une pépite queer qui vaudrait le détour. Ensuite parce que quand j’ai vu l’annonce, j’étais justement en train de lire en avant-première une novella de l’auteurice (Niell et le phare du chaos) et que je kiffais tellement que je ne doutais pas que ce roman me plairait.

Ensuite, parce que le résumé a su me séduire, et le concept aussi. Une romance de Noël avec un personnage qui déteste Noël ? Des chapitres qui s’appellent « cliché n° 1, N°2 », etc… au lieu de « chapitre 1, 2… » ? Des clichés assumés pour une ambiance humoristique qui s’annonçait excellente ?

J’ai craqué. Pas certain·e de mon coup à 100%, mais la couverture, le résumé, le concept, tout me donnait envie de tenter. Parce que je me suis dit que je n’étais pas borné·e et que c’était cool aussi de se réconcilier un peu avec la fête que je déteste le plus au monde à l’aide d’un livre à la fois queer, drôle et contentant (sans doute) une belle histoire d’amour derrière ses allures comiques et « too much ».

Alors, diagnostic ?

Pari réussi !

J’ai été embarqué·e dès les premières lignes par la plume de Sascha, et j’ai eu du mal à lâcher le livre. Heureusement que je ne lis vraiment pas vite, sinon je l’aurais sifflé en quelques heures, le bouquin. Je l’ai lu avec un immense sourire, quelques éclats de rire et une totale non-envie de faire autre chose de ma journée (et de ma nuit, même si dormir semble aussi vital qu’inévitable).

On démarre l’histoire avec Jonathan, notre râleur de compétition, qui… eh bien, râle. C’est Noël dans une semaine, il déteste cette période de l’année, il déteste ses collègues, il déteste aussi son patron. Et son boulot. Enfin, non, il aime ce qu’il fait, après tout, c’est ce qu’il voulait faire dans la vie, n’est-ce pas ? Mais peut-être qu’il est dans le déni pour une chose ou deux. Ça, il va le découvrir à son propre détriment, en grinçant des dents… d’abord, parce que ses aventures et rencontres vont l’agacer. Puis parce que sourire… Non ! Mais non ! Il ne va quand même pas se décrisper et PROFITER, quand même !

Bref, j’ai adoré le caractère bien tranché de Jonathan. Derrière sa manière de râler pour tout se cache un homme qui… eh bien, se cache de lui-même. Parce qu’il a laissé tomber, vous voyez. Ses rêves, ses espoirs, tout ça, quoi. C’est un adulte, non ? Un adulte, c’est sérieux, et c’est heureux dans sa vie de m… pardon, dans sa vie merveilleuse qui ne lui plaît pas mais pourquoi souhaiterait-il autre chose ?

C’est dans ce contexte que notre Jonathan, qui n’aspire qu’à ce qu’on lui foute la paix et qu’on évite de lui adresser la parole (manquerait plus qu’on lui demande d’engager la conversation !) se voit assigner une mission à l’autre bout du pays : se rendre à un rendez-vous urgent avec un client. Son patron, un sale con (disons les choses comme elles sont et comme Jonathan les pense), ne lui laisse aucun choix, et comme il faudrait voir à ce que l’entreprise ne perde pas trop d’argent, quand même, il l’y envoie en bus.

Et évidemment, il se met à neiger sur la route. Genre, vraiment neiger. Tempête, route barrée, toussa toussa. Quand l’étrange chauffeur de bus propose à tout le monde de descendre dans la dernière ville du coin pour essayer de choper un train, un avion ou un hôtel, Jonathan, lui, décide de continuer avec lui, puisque notre bonhomme jovial et particulièrement suspect va, pour sa part, reprendre la route. Mais avec la neige toujours plus forte, voilà que le bus est obligé de s’arrêter dans un petit village local nommé… Christmas Town.

Mais on n’était pas en France, au fait ?

D’où il sort, ce bled étrange dans lequel il y a une soi-disant maison d’hôtes peuplée de…

Attendez, pourquoi ils ont des oreilles pointues, les gars, ici ?

Et pourquoi l’hôte, un type bien trop souriant et expansif (et séduisant mais plutôt mourir que de le reconnaître) aux cheveux roux et au sourire de renard, nommé Ambroise, les appelle… « les elfes » ?

De toute façon, à ce moment-là du récit, ça devient n’importe quoi. Parce que le type en question dit être le fils du Père Noël et que tout ça est vraiment trop bizarre.

Et si c’était une secte ?

Il y a anguille sous roche, mais vous pensez que Jonathan a envie d’enquêter ? Oh, non ! Il préfère se casser dès le lendemain sous la neige, quitte à risquer de mourir de froid…

Bon, le voilà coincé dans un village des plus étranges, forcé à côtoyer des « elfes » joyeux et un peu stressés, qui prennent mal que Jonathan affirme « détester Noël » (évite de dire ça devant eux, s’il te plaît, ils vont avoir une crise cardiaque et il y aura des morts), un « patron » nommé « Père Noël » aussi mystérieux que louche et un jeune homme… aussi séduisant que chiant.

Mais vraiment.

Pourquoi ce satané Ambroise veut-il absolument sympathiser avec lui ? Et pourquoi essaie-t-il sans cesse de le manipuler pour le faire travailler alors qu’il est censé être un client de la maison d’hôtes ?

Dans tout cela, des elfes complotent pour créer une romance, en se basant sur les romances de Noël télévisées, la neige refuse de partir, il y a des rennes, PUTAIN DES FUCKING RENNES !!! dans ce bled, et Jonathan est persuadé qu’il est tombé chez des fous, ou dans une étrange secte obsédée par Noël.

Ah, et le fameux « fils du Père Noël » affirme être lassé par Noël…

Tout ça n’a vraiment aucun sens.

Jonathan rêve de s’enfuir de là au plus vite.

Mais d’un autre côté…

Eh bien, il est quand même charmant, Ambroise.

Attirant.

Attachant, même.

Bon, je ne vais pas en dire plus. Il faut lire ce roman déjanté, magique, drôle, touchant…

Et j’ai dit drôle ?

Il fait du bien, ce livre ! Du bien au cœur, du bien au moral. Il donne un smile, mais un smile…

Ah, et les nombreuses références cachées (ou pas) que l’on peut trouver entre les lignes, on en parle ? J’ai éclaté de rire au « titre » que lâche Ambroise (les vrais comprendront) et ne parlons pas de la censure des gros mots des elfes.

J’ai aimé aussi les petites réflexions. Sur l’écologie. Sur le consentement. Sur le respect, les limites, la viande, aussi. C’est léger. C’est discret. Mais c’est présent. C’est tout en douceur, et pourtant c’est bel et bien là, et ça fait du bien aussi…

Bref, un coup de cœur, j’vous dis. Qu’est-ce que vous faites encore là ? Non parce que la collecte est encore en cours, et il faut foncer l’acheter, surtout que l’objet papier est incroyable, avec ses étoiles transparentes en relief, son joli jaspage et sa mise en page dynamique et immersive… J’avoue que je suis content·e d’avoir eu la chance de lire ce format, car ça a contribué à me plonger dans l’ambiance !


Points positifs : une écriture douce, dynamique, envolée ; beaucoup d’humour ; une jolie romance queer ; des sujets plus profonds traités avec finesse et douceur, presque sans qu’on s’en aperçoive ; de l’énergie à en revendre ; des tas de références cachées, certaines à mourir de rire ; des répliques inoubliables ; des personnages attachants et vrais malgré leur côté « too much ».

Points négatifs : pas trouvés



lundi 26 mai 2025

[Chronique] À tes côtés - Élise Delaunay

  À tes côtés - Élise Delaunay




Titre: À tes côtés
Auteurice: Élise Delaunay
J.S Éditions
Genre: historique, romance FF, deuxième guerre mondiale, espionnage, LGBTQIA+



SERVICE PRESSE



Résumé:

Et si l’amour avait son propre code ?

1942,

Elizabeth intègre Bletchley Park pour y aider les Alliés à décoder les messages secrets des Allemands. Dans son équipe, elle rencontre Marie, jeune femme brillante dont elle tombe aussitôt sous le charme.

Mais en temps de guerre, un tel amour est-il seulement possible ?


Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un immense merci à J.S Éditions pour ce beau service presse et sa gentillesse, mais aussi sa patience car j’ai mis « un peu » de temps à finir le roman.

Ne vous y trompez pas ! J’ai tout de suite été embraqué-e dans l’histoire. À chaque fois que je pouvais plonger dedans, c’était une véritable immersion. Si j’ai mis autant de temps (pas loin de deux mois !), c’est d’une part parce que j’avais justement peu de temps et que j’étais très fatigué-e, et d’autre part qu’il s’agit quand même d’un sacré pavé. Là aussi, que du bonheur, je n’ai pas eu un moment d’ennui, au contraire. Du début à la fin, j’ai pris un véritable plaisir à parcourir les pages de ce livre et à remonter le temps aux côtés de Lizzie, Mary et Anna.

Tout d’abord, l’écriture de ce roman est un peu particulière, mais très adaptée à l’époque. J’ai beaucoup aimé cet aspect du roman, je l’ai trouvé très immersif grâce à cette plume originale qui sait se plier au passé.

Je dois noter que j’ai trouvé quand même un certain nombre de coquilles et d’erreurs de concordances des temps, mais rien qui soit non plus trop grave. J’ai vu bien pire dans bien des livres édités par de plus grosses maisons d’édition.

[Edit! La maison d'édition m'a annoncé que la version numérique avait été recorrigée, et que la version papier le sera également à la prochaine impression. Merci à l'équipe d'être si consciencieuse!]

Ce roman est, donc, une romance historique qui prend place pendant la seconde guerre mondiale en Angleterre. Pour la petite anecdote, parce qu’elle a fait partie de ma lecture, quand j’ai commencé le livre, mon fils est rentré du lycée (terminale) et m’a raconté avoir regardé un documentaire sur le décryptage des codes allemands pendant la guerre… et c’est pile le sujet du livre ! Pour le coup, cela m’a permis d’encore plus m’immerger, puisque nous en avions parlé ensemble. Cela a rendu les choses plus réelles encore pour moi.

L’époque est très bien renseignée, non seulement sur la société, le côté historique, les mœurs, mais aussi dans les personnalités de nos héroïnes, leurs réactions, leurs façons de parler… C’est un gros point, pour moi, car il n’y a rien que je déteste plus qu’un roman historique avec des personnages qui pensent comme nous et sont trop « modernes » dans leur psyché. Ici, j’avais vraiment l’impression de rencontrer des femmes des années 40, d’autant plus que le récit est à la première personne (au passé), ce qui nous permet véritablement d’entrer dans la tête de Lizzie.

Lizzie est un personnage que j’ai beaucoup aimé, et que j’ai trouvé tout de suite accrocheur ! Nous suivons le récit entièrement de son point de vue, avec cette sensation à la fois d’y être, et qu’elle nous raconte son passé. C’est une jeune femme née dans une famille fortunée, mais qui est « différente » et n’a pas envie de se plier aux injonctions de la société, particulièrement à celle de se marier. Lesbienne, elle n’est évidemment pas « out », mais elle refuse pourtant de se conformer aux attentes qu’on pourrait avoir d’elle et de faire croire qu’elle aime les hommes. Elle assume ses préférences et le ferait haut et fort si elle le pouvait. Elle est décidée, affirmée mais attentionnée malgré tout, et très intelligente. Elle possède un esprit aiguisé et très réaliste, qui n’en sait pas moins rêver, particulièrement quand cela implique la jolie Marie…

J’ai moins accroché avec Marie. Le personnage est superbement mené, et totalement nécessaire à l’histoire. J’ai aimé son évolution sur la fin (mais chut, à vous de la découvrir !). Elle a un caractère qui colle parfaitement avec l’époque, une femme un peu effacée, qui essaie pour sa part de ne pas trop sortir du cadre et qui déteste se faire remarquer. Sa froideur est tout l’inverse du personnage haut en couleur qu’est Lizzie. Je l’ai trouvée un peu trop égoïste, même si j’ai souvent compris le pourquoi de ses choix et actions. J’ai apprécié le contraste entre sa personnalité publique, assez froide, donc, et son côté plus lumineux quand elle est avec Lizzie, sa manière, parfois, de lâcher la bride et de se libérer de ce que l’on attend d’elle. C’est un personnage solide en apparence, mais finalement assez fragile, qui a du mal à faire ses propres choix, et quand on connaît son histoire, on comprend bien pourquoi.

J’ai adoré Anna, par contre ! Troisième personnage incontournable, amie et presque sœur de Lizzie et Marie, elle loge avec les deux autres chez les Langley, qui hébergent les trois jeunes femmes non loin de leur lieu de travail. Anna est quelqu’un de gentil, très ouverte d’esprit, elle apporte une sacrée fraîcheur par sa jeunesse et son caractère solaire. Le roman ne serait clairement pas le même sans elle !

L’histoire se déroule sur plusieurs années, pendant la quasi-totalité de la guerre, en fait, pour se continuer après la libération dans les derniers chapitres. Comme je le disais, ce contexte est extrêmement intéressant, et très documenté. On a vraiment la sensation de faire une plongée dans l’Histoire, et j’ai appris beaucoup de choses sur la période, et particulièrement sur l’espionnage anglais contre les Allemands.

Malgré la guerre et le contexte social d’époque qui rend forcément la romance compliquée, j’ai trouvé dans ce livre beaucoup de douceur et de tranquillité. Il se passe beaucoup de choses, parfois légères, parfois difficiles, mais j’ai vraiment eu un sentiment de sérénité tout du long, qui m’a fait beaucoup de bien.

Un coup de cœur pour cette romance à la fois douce et agitée, mais profondément captivante, et ce roman très immersif.

 

Points positifs : une plume originale qui se marie très bien avec l’époque ; une grande recherche historique pour une immersion totale ; des personnages attachants et hauts en couleur ; une thématique vraiment intéressante et très bien menée.

Points négatifs : quelques fautes et erreurs dans les temps des verbes.