Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est SPAutoEditionAu. Afficher tous les articles

mardi 18 juin 2024

[Chronique] Le Prince Maudit - Axel Rolf & Evan Regan

 

 Le Prince Maudit - Axel Rolf et Evan Regan





Titre: Le Prince Maudit
Auteurice: Axel Rolf et Evan Regan
Auto-édition
Genre: roman, fantasy, romance MM
Âge: 16+
One-shot


Résumé:

L’un porte la lumière, l’autre est noyé dans l’obscurité.


Melkan est l’héritier du trône d’Eldora, l’un des plus puissants royaumes de l’Empire. À seulement vingt-deux ans, il est le général de la garde azurine et a déjà accompli de nombreux faits d’armes. Sa réputation a pourtant attiré l’animosité de son jeune demi-frère, Adris.
Fougueux, rebelle et indiscipliné, le cadet des Démélior incarne le contraire de Melkan. Les deux hommes s’évitent autant qu’ils se méprisent. Pour Adris, le prince légitime l’évince et l’empêche de gagner sa place à la cour. Mais il est loin d’avoir cerné les véritables intentions de son rival.

Alors que les forces obscures se rassemblent au sein de Belvalon, la cité royale, il se pourrait bien que Melkan soit le seul capable de protéger Adris. Car l’étau de mensonges, de complots et de trahisons se referme doucement sur le Prince Maudit, et des vérités longtemps restées cachées sont sur le point d’éclater.

* * *

Roman destiné à un public averti.

Chronique d'Aurélie

Tout d’abord, un grand merci à Axel et Evan pour ce service-presse et leur gentillesse, ainsi que les échanges avec eux ! C’est toujours un vrai plaisir de discuter avec eux, mais aussi, bien sûr, de lire leurs histoires si variées.

J’apprécie beaucoup la plume des auteurs. Ici elle se plie à l’ambiance fantasy, ce qui est un gros plus. J’ai été un peu déstabilisée par l’emploi du présent et de la première personne (pourtant c’est toujours le cas avec Axel et Evan, mais en fantasy c’est moins commun), ce qui m’a demandé un peu de temps pour m’adapter, mais une fois dedans, ça a roulé tout seul ! L’écriture est fluide, quoique, cette fois-ci, j’aie trouvé vraiment beaucoup de coquilles et de maladresses dans les tournures de phrases et expressions. Pour les coquilles, j’en ai parlé aux auteurs qui ont repassé un coup de correction dessus, donc ça doit moins être le cas désormais, ceci dit ! :)

J’ai donc eu un peu de mal à entrer dans le récit, en partie à cause du présent et de la première personne, en partie aussi à cause de ma fatigue. Pourtant, on entre directement dans le vif du sujet, et je trouve que dès le premier chapitre, l’univers est très bien posé. On découvre Eldora sous les yeux de Melkan, et j’ai beaucoup aimé l’originalité de ce monde assez peu magique (il y en a quand même, de la magie, mais point que j’ai beaucoup apprécié : elle provient de la foi dans le ou les dieux). J’ai adoré les Tíotan, ces bêtes géantes qui « fusionnent » en quelque sorte avec les membres des familles royales. D’ailleurs j’ai beaucoup aimé la manière dont Adris traite son loup, Fenris, et la manière dont Melkan sera amené à prendre conscience que pour sa part, il traite son lion, Nergal, comme un serviteur et non comme l’ami fidèle qu’il devrait être.

On découvre donc d’abord Eldora, que l’on peut tout de suite situer sur les cartes en début de roman (en plus j’ai la version papier en plus de numérique, et les cartes y sont belles et grandes ! Un plaisir de les explorer, alors que sur la version kindle c’est plus compliqué car assez petit, format oblige). Peu à peu, avec Melkan et Adris (mais aussi d’autres protagonistes qui auront leur point de vue au fil du récit), nous allons ouvrir nos horizons et découvrir le reste du monde.

J’ai beaucoup aimé le concept de religion de l’univers, et notamment des principaux royaumes. Déjà, c’est un monde très médiéval, assez sombre, j’apprécie énormément ce genre d’atmosphère. Quant à la religion principale, il s’agit d’un monothéisme qui s’inspire de nos religions tout en étant à part, qui offre des bénédictions et des pouvoirs, mais qui n’en parait pas moins rigide voire cruel. Mais est-ce que le dieu que prie Melkan et dont les Frères véhiculent les principes est réellement aussi terrible qu’il est présenté, ou bien est-ce là ce qu’en font les Frères de la foi ?

On va vite découvrir un autre culte, païen, qui, sous les yeux de Melkan, le Porteur de lumière, et d’actes horribles perpétrés, va nous sembler extrêmement violent. Pourtant, sur notre chemin, vont se dresser des personnages très nuancés, et on va peu à peu comprendre que rien n’est blanc ou noir. Dans la lumière se tapit l’obscurité, et vice versa. Les guerres sont souvent le fait de deux camps…

Après un démarrage un peu « long » pour entrer dedans (je parle pour moi), je me suis vite immergée dans le récit. J’ai beaucoup aimé le fait que plus qu’une romance, il s’agit d’une histoire avec une intrigue vaste qui prend une grosse partie de la place. Cela rend le scénario bien plus intéressant que si tout avait été centré sur la romance, du moins c’est mon avis. C’est ce que je recherche en fantasy, donc là pour moi c’était exactement ce que j’attendais !

Le récit est long mais ne traîne pas en longueur. Les auteurs prennent le temps de dérouler aussi bien l’intrigue que les interactions entre les personnages, les machinations qui s’ourdissent dans l’ombre, etc. Je trouve même que certains passages auraient gagné à être plus développés : je pense notamment aux diverses « règlements de situation ». Par exemple : une grande bataille qui ne dure qu’un chapitre, c’était un peu facile à mon goût. J’aurais aimé plus de profondeur dans ces moments. Mais j’entends que les auteurs voulaient peut-être garder le format one-shot, ce qui aurait été plus compliqué en prenant le temps de davantage développer ces passages. N’en reste pas moins comme un léger sentiments de facilités dans certaines parties du scénario. N’oublions pas non plus qu’il s’agit du premier récit en fantasy « classique » des auteurs, il est donc normal qu’il soit perfectible.

Les personnages, eux, ne sont ni blancs ni noirs. Chacun a ses secrets, chacun a ses zones d’ombre, même Melkan, qui est pourtant le Porteur de Lumière et un modèle pour son peuple. Personnellement j’ai eu un peu de mal avec sa psychorigidité et la manière dont il a abandonné Adris, qui n’est ni acceptable, ni justifiable, même si on sait pourquoi il l’a fait. Il a agi avec cruauté et égoïsme. J’ai eu du mal à l’apprécier pendant un moment, même si j’ai tout de suite aimé suivre ses pas. J’avais plus souvent envie de le secouer pour lui dire d’arrêter de jouer au plus con ;) Mais ça n’a pas rendu ses chapitres moins intéressants, pas du tout !

Adris est décrit son opposé, mais je trouve finalement que tous les deux se ressemblent beaucoup. C’est comme s’il exprimait ce que Melkan réprime. Si tous les deux se complètent d’une certaine manière, c’est surtout parce qu’ils ont suivi des chemins différents, qui les ont poussés, pour l’un, à devenir presque aussi froid et rigide que la glace (je dis cela, mais Melkan n’en garde pas moins un cœur en or, qu’il nous démontre de bien des façons dans le récit), pour l’autre à devenir si sauvage qu’il en paraît au premier abord arrogant, violent et un peu imbus de sa personne.

Tout comme pour Melkan, j’ai mis du temps à apprivoiser Adris. En fait, tous les deux font un peu n’importe quoi pendant une bonne partie du récit, pour les mêmes raisons : manque de communication, majoritairement, mais admettons-le, également une famille abusive et une religion trop répressive.

Un autre personnage est assez incontournable et principal : Jayss. Lui, je l’ai beaucoup aimé au début, moins au fil du roman. J’ai apprécié son côté lumineux et mystérieux, et la complexité du personnage est un gros plus à l’intrigue. Mais j’ai trouvé qu’il disparaissait un peu trop vite et qu’on l’a trop mis de côté d’un coup, ce qui l’a rendu finalement un peu désagréable à mes yeux.

Mon personnage préféré : le chevalier Rowan, sans hésitation ! Le bras droit de Melkan est un homme exceptionnel, sur lequel on peut compter. Il a aussi un très bon sens de l’humour, lié à une discrétion qui sait se placer aux bons moments tout en trouvant comment distiller les bons conseils de manière très sobre pile quand il le faut. Sans lui, je ne suis pas certaine qu’on serait arrivés au bout de cette histoire ;) Bref, coup de cœur pour ce chevalier au grand cœur, loyal et, ma foi, un peu « commère » sur les bords, mais chut, il sait quand il faut garder les secrets des autres, et quand il faut les divulguer en partie…

Le Prince Maudit, c’est donc une très belle histoire fantasy, qui a ses failles mais aussi ses grandes qualités, et que j’ai pris plaisir à lire. Une belle découverte de plus, d’autant que j’ai la chance d’avoir pu acquérir la version reliée qui est de toute beauté !


Points positifs : une écriture dynamique et entraînante ; un univers fantasy original et immersif ; de superbes cartes au début, ainsi que des bonus intéressants ; un scénario avec une intrigue complexe et plein de rebondissements ; une histoire qui n’est pas centrée sur la romance, même si elle reste principale ; des personnages riches et complexes que l’on prend plaisir à accompagner.

Points négatifs : coquilles et maladresses d’écriture ; certaines « facilités » dans le dénouement de certaines situations.




jeudi 14 décembre 2023

[Chronique] Cinder Ella - Axel Rolf & Evan Regan

  Cinder Ella - Axel Rolf & Evan Regan









Titre: Cinder Ella
Auteurice: Axel Rolf et Evan Regan
Auto-édition
Genre: roman, romance LGBT+, conte revisité



SERVICE PRESSE



Résumé:

Toutes les histoires d’amour sont-elles faites pour se terminer par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » ?

Cinder Ella est le prostitué le plus convoité de La Tour de Verre. Dans cette maison close de La Nouvelle-Orléans déguisée en nightclub huppé, La Marâtre et ses deux fils prennent un malin plaisir à faire de son quotidien un enfer. Prisonnier et résolument découragé par la vie, Cinder se laisse un jour tenter par une proposition dangereuse mais terriblement alléchante. Le deal du Parrain est simple : en échange d’une porte de sortie, il doit se rendre à un Gala afin d’y séduire un homme et en repartir avant les douze coups de minuit. Sa cible ? Prince Méneval, le jeune héritier d’une illustre famille louisianaise et champion d’escrime à l’arrogance légendaire.
Cinder et Prince sont loin de se douter que leur rencontre sera le déclencheur de leur déchéance. Car sur l’échiquier du pouvoir, le roi est encore plus vulnérable que les pions.

Chronique d'Aurélie

Tout d’abord, un grand merci à Axel et Evan pour ce service-presse et leur gentillesse, ainsi que les échanges avec eux !

J’avais suivi de loin la sortie de ce roman, qui m’avait tout de suite intriguée, mais à l’époque je n’arrivais guère à lire, donc j’ai laissé mon envie de côté. Et puis récemment, le quatrième volume de la série « Il était une fois… » (constituée de revisites de contes qui se lisent totalement indépendamment), Snow White, est sorti, et j’ai eu la chance de pouvoir le lire en service-presse. Comme ça a été un coup de cœur, je me suis dit que j’allais en profiter pour lire les autres volumes.

J’ai donc décidé de commencer par Cinder Ella, qui me faisait de l’œil. Tous me tentent énormément, mais j’aime les histoires parlant de prostitution et le fait que le récit se déroule à New Orleans m’a particulièrement attirée.

C’est donc avec joie que je me suis lancée dans cette nouvelle lecture, qui en effet est totalement différente de Snow White. Nous entrons dans l’univers sombre de Cinder, prostitué forcé dans une maison de passe friquée de la Nouvelle-Orléans se dissimulant sous couvert d’être un club VIP. Nous y retrouvons les codes de Cendrillon, mais totalement remaniés : la Marâtre est littéralement le nom que prend la belle-mère de Cinder, propriétaire du bordel, se servant de son beau-fils qu’elle déteste pour s’enrichir en le prostituant et en le menaçant. Les deux « sœurs » sont ici des jumeaux, vigiles gardant férocement le bordel et haïssant tout autant Cinder. Ce qui est bien sûr très réciproque.

J’ai trouvé les interactions entre Cinder et ces personnages très intéressantes. Axel et Evan se sont attachés à garder certains codes tout en les modernisant et en les détournant. La relation de Cinder et Warren, l’un des frères, est particulièrement intéressante (quoique très malaisante, volontairement). J’aurais souhaité que La Marâtre prenne plus de place, afin que l’on perçoive davantage la menace qu’elle représente, mais d’un autre côté, justement elle est un peu cette ombre menaçante qu’on ne peut pas tout à fait saisir, maîtresse de la Tour de Verre, exigeante, parfois cruelle, ayant le bras très long, cette femme que l’on fuit et qui garde ses secrets…

Cinder, lui, nous intrigue immédiatement. En entrant dans son domaine, on ne peut que compatir avec lui, et ce malgré sa personnalité bien trempée, son âme de fer, son désir de fuir ses propres émotions. On les sent courir sous sa peau, bien cadenassées mais non moins présentes. Et surtout, on découvre un jeune homme solitaire, un peu sauvage mais finalement empli de bienveillance, qui se retrouve à faire face à des choix impossibles et à tenter de survivre dans un monde qui lui en veut sans réelle raison (même s’il y a une raison à la haine de la Marâtre, elle n’excuse et ne justifie en rien les crimes de cette dernière).

Cinder, donc, est un personnage attachant mais qui sait nous tenir à distance, comme s’il refusait que nous nous emparions totalement de son univers… Cela ne nous donne que plus envie d’apprendre à le connaître.

De l’autre côté de la balance, il y a Prince. Si Cinder est l’ombre, il est la lumière. On découvre d’abord un homme fier, un peu arrogant mais pas méchant, un bon fond et une bonne dose d’orgueil, un sportif qui fuit les responsabilité que son grand-père tente de lui mettre sur le dos et dont il n’a jamais voulu. Lui, tout ce qui l’intéresse, c’est sa carrière d’escrimeur et les mecs qu’il baise avec… souvent trop peu de discrétion.

Le reste, il s’en fout.

Cet homme habitué à gagner, qui contrôle son univers malgré la force d’âme de ce grand-père qui voudrait bien le contrôler davantage, de son côté, va se retrouver à devoir affronter un champ de ruines qu’il ne maîtrise plus. Toute sa vie s’effondre du jour au lendemain, et son corps aussi bien que les réponses lui échappent…

S’il peut parfois être agaçant, à chercher à se raccrocher à son ancienne vie finalement assez futile et à vouloir tout de même être « au-dessus », on ne peut qu’être touché par lui au fur et à mesure où il réalise qu’il ne maîtrise plus rien, qu’on lui a tout volé et qu’il ne lui reste plus rien de ce passé dont il était si (trop) fier. Ses remises en question nous le rendent plus attachant, et sa quête de réponse est passionnante. Il nous embarque avec lui sans mal. Parfois, ses exigences nous donnent un peu envie de le secouer, mais la vie et ses ennemis (et Cinder, aussi) s’en chargent très bien pour nous. Tous les coups que prend Prince le rendent plus humain, plus troublant, plus accessible. C’est un personnage que j’ai beaucoup apprécié, malgré une personnalité un poil désagréable au départ (mais bon en même temps au moins il a toujours été franc, c’est quelque chose que j’apprécie chez lui !).

Mélange de romance et d’enquête, ce roman nous emporte dans un tourbillon d’émotions, d’aventures, de peurs et de joies qui ne vont pas nous laisser indifférents. Le rythme est parfois lent, parfois haletant, mais jamais ennuyant. En fond, des airs de jazz viennent caresser nos oreilles, et l’ambiance si particulière de New Orleans et de ses environs (les bayous, notamment) m’a totalement embarquée. Moi qui suis plus auditive que visuelle, j’ai apprécié ces nombreuses références à la musique qui m’ont permis de m’engloutir davantage dans l’histoire et d’appréhender mieux encore l’atmosphère.

Malgré quelques petites maladresses, le style des auteurs est rythmé, agréable, fluide et entraînant. Difficile de fermer le livre une fois plongée dedans ! Il n’y a bien que la fatigue des derniers jours qui m’a obligée à fractionner mes lectures, mais à chaque fois que j’ai dû m’arrêter, je ne pouvais m’empêcher de lire les premières phrases du chapitre suivant et d’être terriblement frustrée de devoir relâcher ma liseuse…

Les scènes de sexe, elles, sont très variées, pas omniprésentes mais bien là tout de même, que ça soit entre Cinder et Prince ou dans la maison de passe. C’est quelque chose que j’apprécie dans le style d’Axel et Evan : il n’y a pas une surenchère de sexe, chaque scène a du sens et on  n’est pas étouffé par trop d’érotisme inutile, malgré tout la sensualité est présente et la tension monte facilement, avec des protagonistes qui s’aimantent et se cherchent. J’ai apprécié le fait qu’il n’y ait pas de censure sur ces moments de prostitution, cela permet d’entrer dans la tête de Cinder de manière plus profonde, et comme c’est un des thèmes centraux de l’histoire, ça tombait aussi sous le sens. Une chose que j’ai particulièrement aimée : la protection est bien présente, particulièrement dans le bordel où tous les actes sont protégés. Merciiii pour cette représentation positive et safe du sexe, si importante, que l’on voit hélas si peu ! <3

Une autre chose que j’ai énormément aimée dans cette histoire : les représentations que l’on y trouve. New Orleans oblige, beaucoup de personnages racisés, méchants comme gentils, dont Cinder, qui est métis. On y parle aussi de handicap, je ne vous en dis pas plus à ce sujet pour ne pas vous spoiler mais j’ai beaucoup apprécié cet aspect du roman.

Un nouveau coup de cœur pour un roman haletant, musical, dynamique et troublant, dans une ambiance à la fois sombre et lumineuse, entre bayous et fêtes, entre quête de justice et mafia… Merci infiniment pour cette très belle lecture <3


Points positifs : une écriture dynamique et entraînante ; une ambiance immersive et musical ; un cadre magique (Nouvelle-Orléans) ; de nombreuses représentations variées et inclusives ; des personnages troublants, attachants, humains ; une enquête de fond qui apporte son lot de mystère autant que de rebondissements ; des scènes de sexe protégées

Points négatifs : quelques maladresses d’écritures.









mardi 14 novembre 2023

[Chronique] Snow White - Axel Rolf & Evan Regan

 

 Snow White - Axel Rolf & Evan Regan







Titre: Snow White
Auteurice: Axel Rolf et Evan Regan
Auto-édition
Genre: roman, romance LGBT+, polar, conte revisité



SERVICE PRESSE



Résumé:

« Le voyage vers la vérité est semé d’embûches. »

Le sol est tapissé de pommes rouges, lorsque la petite ville de Ruby Creek est touchée par la disparition de Snow White, un adolescent de dix-huit ans. R.J Hunter, un célèbre détective hanté par une série de crimes non résolus, décide de couvrir l'affaire. Quand il fait la rencontre de Damon McQueen, le beau-père de la victime, son enquête prend une tournure inattendue.

Jeune et séduisant écrivain, veuf depuis peu, Damon a hérité du domaine d’Apple Ridge qui appartenait à sa compagne, la mère de Snow White. Pour Hunter, il semble être le coupable idéal. Mais alors que Damon essaye lui aussi de retrouver le disparu, il entraîne le détective dans une alliance aussi fragile qu’intime.

Les secrets sont monnaie courante dans cette bourgade de Caroline du Nord, et Hunter devra démêler les mensonges de la vérité s’il veut retrouver Snow White… avant qu’il ne soit trop tard.

**

Snow White fait partie de la série "Il était une fois" dont chaque tome est une histoire indépendante. Les livres peuvent être lus dans l'ordre souhaité.

Tome 1 : RED HOOD

Tome 2 : CINDER ELLA

Tome 3 : BEL AND THE BEAST

**



Chronique d'Aurélie

Tout d’abord, un grand merci à Axel et Evan pour ce service-presse et leur gentillesse, ainsi que les échanges avec eux !

Ce roman m’a fait de l’œil dès son annonce. En fait, pour dire la vérité, toute la série des contes revisités me faisait envie, mais j’ai traversé un grand désert littéraire, là, avec presque aucune lecture, particulièrement en français, donc je m’étais contentée de les suivre de loin. Mais la sortie de Snow White et l’annonce de l’ouverture des services presse pour ce roman m’a donné envie de sauter le pas. Quoi de mieux qu’un service presse pour se motiver et relancer la machine ? (même s’il me reste d’anciens SP pas encore lus, et j’en suis désolée, la nouveauté était aussi un facteur important pour m’y remettre après tant de mois à faible régime…)

Bref, à peine Snow White dans ma liseuse, je me suis lancée. Si les trois premiers jours, j’ai lu à la lenteur d’un escargot (voire pas du tout), c’était surtout pour des raisons personnelles m’empêchant de me plonger à fond dans l’histoire. En fait, à peine les premiers mots parcourus, j’avais déjà envie de me lancer à corps perdu dans ce roman et d’en avaler les pages.

Ce qui s’est finalement passé au cours des dernières quarante-huit heures avant l’écriture de cette chronique qui m’ont vue lire énormément, quitte à me coucher extrêmement tard le dernier soir (mais bon, de toute façon, c’était la nouvelle lune, autant s’occuper O :) ).

Si l’écriture d’Axel et Evan comporte quelques maladresses (mais extrêmement peu de coquilles, par contre, ce qui est vraiment très appréciable <3 ), leur style est profondément immersif. Au-delà de leur plume, dynamique et aiguisée, c’est l’ambiance qu’ils ont tout de suite su poser sur cette histoire qui m’a totalement embarquée.

Cette atmosphère assez unique nous transporte immédiatement à Ruby Creek, une petite ville où l’on sent immédiatement qu’il se passe des choses pas claires. Avant même l’enlèvement de Snow, j’avais déjà cette sensation pesante sur les épaules, prémisse des évènements à venir.

Je lis très peu de polars, pour une bonne raison : quand ils sont bien écrits, l’ambiance qui s’en dégage me fait flipper au point de stresser à l’idée de sortir de mon lit la nuit venue ou même de dormir dos à la porte une fois la lumière éteinte. Ce qui ne veut pas dire que je n’apprécie pas une bonne intrigue bien ficelée. Un des avantages des bons polars : ça fait bosser les méninges. Peut-être trop chez moi, ce qui fait que quand l’histoire est prenante comme celle-ci, je suis littéralement projetée dedans. Résultat : la peur est au rendez-vous, le stress et l’anxiété sont bien présents, l’envie dévorante de découvrir qui tire les cordes, pourquoi, comment. Mes pensées en sont imbibées et l’enquête se poursuit dans mes rêves.

C’est exactement l’effet que m’a fait ce roman. Une immersion totale, parfois un peu trop angoissante, mais c’est la preuve que la magie s’est opérée. Je me suis tout de suite accrochée aux pas de Hunter et de Damon (avec un faible pour les chapitres de Hunter, et une petite préférence pour le personnage de Damon, même si c’est en duo qu’ils sont le plus intéressants !). Avec eux, j’ai réfléchi, tenté de démêler le vrai du faux, passé au crible chaque indice, chaque suspect. S’il m’est arrivé d’avoir des doutes pour certains (globalement avérés, même si pas forcément comme je m’y attendais), je suis restée en haleine tout de long, à m’empêtrer avec nos deux détectives (le vrai et l’improvisé), et à jubiler à chaque découverte, chaque avancée, à m’inquiéter à chaque retournement de situation.

Le tout est d’une cohérence incroyable, qui ne peut que vous donner du fil à retordre et vous faire exploser quelques neurones au passage. En tous les cas, une fois plongé dans l’histoire, il devient très compliqué de s’en échapper avant la fin ! D’ailleurs, hier soir, je me suis dit au moins 6 fois « c’est le dernier chapitre » avant de trouver une excuse pour lire le suivant, et au réveil, j’ai totalement ignoré les réseaux sociaux pour poursuivre ma lecture…

Une phrase lâchée par Snow au début résume magnifiquement ce roman, je trouve : « Ici… dans cette ville, personne n’est profondément bon ou honnête. Ce sont juste de bons comédiens. ». Ne vous arrêtez pas aux apparences. Ne vous arrêtez pas à la première idée que vous vous faites d’un personnage. Il se peut qu’il y ait un fond de vrai dans cet idée première, mais soyez certain-es d’une chose : à Ruby Creek, tout le monde a un secret…

Les personnages sont complexes, hauts en couleur (ou pas forcément en couleur, car c’est un de ces romans qu’on perçoit en tonalités un peu sombres, comme si un filtre dramatique était posé sur l’histoire), creusés, profondément humains. Qu’ils soient bons ou mauvais, à peu près sains d’esprits ou psychopathes en puissance, chacun révèle des facettes variées d’une même pièce. C’est également le cas de Damon et Hunter, les deux héros. Héros oui… mais est-ce que cela les rend pourtant innocents ? À vous de le découvrir. La fin était à la hauteur de cette grande fresque orchestrée avec beaucoup d’habileté.

Snow White, c’est donc un polar haletant et très bien maîtrisé, mais c’est aussi une histoire d’amours et de haines, de famille, de « clans », et bien sûr une romance. Les sentiments, les émotions sont donc bien présents, et ce malgré le premier aperçu très abrupt que l’on peut se faire de Hunter… N’oubliez pas ce que l’on a dit : il faut creuser derrière les apparences…

N’oublions pas également qu’il s’agit d’un conte revisité. S’il n’a évidemment absolument rien à voir avec le conte de Blanche Neige (à part peut-être ce côté un peu « horrifique » des contes de Grimm), on y retrouve tous les protagonistes, gérés avec une intelligence que j’ai beaucoup appréciée. Les sept nains, la belle-mère, le prince, Blanche Neige, bien sûr… tout y est. Et je ne vous en dis pas plus, car c’est captivant de découvrir ces personnages au fil des pages !

Petit bémol côté « romance », ou plutôt côté sexe, parce que j’ai adoré la romance, justement. Je ne vous parlerai pas de cette dernière pour ne pas vous spoiler, parce qu’elle se construit au fil de l’histoire et qu’il est bon de la découvrir en même temps que le reste. Mais côté sexe, alors, le positif, c’est que ce roman possède de belles scènes érotiques absolument pas « too much » et pas très nombreuses, ce qui les rend savoureuses. Mon bémol, c’est l’absence totale de protection. Alors, nous sommes aux USA, où les gens semblent avoir autant d’informations à ce sujet qu’un nouveau-né au sortir du ventre de sa mère (je veux dire, dans la réalité), donc le sexe sans protection est potentiellement réaliste en soi. En lui-même, le sexe non protégé ne me dérange donc pas puisqu’il est potentiellement réaliste, mais j’avoue que j’apprécie quand une note ou un avertissement nous prévient et nous informe qu’il ne faut pas faire comme les personnages. Ça a manqué ici, ce qui est dommage car malheureusement trop peu de gens sont assez informés, et ce genre d’histoire peut influencer de vraies personnes (particulièrement la jeunesse, même si c’est un roman pour public averti) en leur donnant un mauvais exemple sans explication.

Enfin, ce n’est qu’un tout petit bémol, dont je tiens à parler car cela me tient beaucoup à cœur. Cela n’a pas pour autant gâché ma lecture. Ce roman est un coup de cœur que j’ai dévoré, et qui me donne infiniment envie de lire les autres de la série ! Je me lancerai prochainement, j’ai hâte de découvrir ce qu’Axel et Evan nous ont concocté !

Une histoire à découvrir, vraiment <3

 

Points positifs : une ambiance immersive ; un polar haletant qui nous tient en haleine du début à la fin ; des personnages très travaillés, attachants ou désagréables, mais toujours profondément humains ; un scénario ciselé et extrêmement cohérent ; une intrigue indémêlable tout en étant d’une logique évidente ; de nombreuses références à l’univers de Blanche Neige, dont c’est une revisite.

Points négatifs : quelques maladresses d’écritures ; sexe non protégé sans avertissement donné.









dimanche 21 juin 2020

[Chronique] Ma femme s'appelle Eric - Neil Gallen

Ma femme s'appelle Eric - Neil Gallen










Titre: Ma femme s'appelle Eric
Autrice: Neil Gallen
Auto-Édition
Genre: romance LGBTQI+, romance MM, cabaret, queer, danse, travestissement





SERVICE PRESSE





Résumé:


Théodore est un homme simple, gay, discret, mais assumé, au quotidien stable. Du moins, il le suppose.
Eric se glisse tous les soirs dans la peau de la jolie Erika, serveuse transformiste au Manoir Pourpre.
Théodore et Eric ne se regardent pas. Ils ne se connaissent pas, non plus, noyés dans leurs différences. Mais quand la vie de l’un éclate sans crier gare, l’histoire décide de tisser des liens d’une toute autre manière...




Chronique d'Aurélie


Tout d’abord un grand merci à Neil Gallen pour sa gentillesse, sa disponibilité et ce service-presse que j’avais hâte de découvrir.

Alors une chose à savoir, c’est que quand j’ai vu la couverture et le titre, à sa sortie, je me suis dit qu’il faudrait que je le lise un jour prochain. Et à force de voir passer les post de Neil sur Insta, je me suis décidée à la contacter pour le demander en service-presse. Je n’ai pas attendu longtemps pour le commencer, quand je l’ai reçu. Et encore, j’avais une autre lecture à faire avant, mais je rongeais mon frein… Il n’y avait pas qu’un petit quelque chose qui me disait que j’allais adorer ce livre. Tout me le criait.

Je ne fais pas souvent attention aux couvertures, et je ne juge jamais un roman sur cet élément. Les goûts et les couleurs, toussa toussa. Mais quand je flashe sur une couverture, en général c’est comme une sorte d’intuition. À l’heure actuelle, aucun de mes coups de cœur instantané sur une couverture n’a mené à une mauvaise lecture. Au contraire.

Et bien sûr, ce roman ne fait pas exception. C’est un coup de cœur. Un superbe et inoubliable coup de cœur. Je l’ai fini avec un sourire immense, et une larme à l’œil. Pas parce que la fin est triste, non. Parce que j’étais émue avec les héros, et puis que je n’avais pas envie de finir, mais qu’en même temps, j’étais juste tellement dans l’émotion pure de l’instant.

L’ambiance de ce roman est tout ce que j’aime. Tout ce que j’ai envie de voir dans un livre. J’aime le queer, et là, évidemment, j’ai été servie. On est à fond dans le thème. Que ce soit l’univers de la nuit et des ambiances festives des boîtes gays, le quotidien qui nous fait découvrir à la fois le « normal » et la différence des personnages, et le Moulin…

Le Moulin, quoi. Atmosphère cabaret, danse, rires étouffés, froufrous et maquillage, comment voulez-vous résister à cette magie-là ? C’est décrit à merveille, sans pousser trop loin dans les descriptions, justement. Dès le second chapitre, nous entrons avec Eric dans le Moulin Pourpre, côté loges, et nous en découvrons les coulisses. Puis, avec Théo, nous admirons le spectacle du cabaret, nous pénétrons dans le restaurant, aux côtés de ces serveuses aux allures féminines… qui cachent bien leurs attributs derrière leurs jupes courtes et leurs sourires sexy. Ce sont leurs voix, d’abord, qui troublent, interloquent, questionnent.

Bienvenue au Moulin Pourpre.

Les ambiances, donc, se posent et s’enchainent, agréables, surprenantes, festives, feutrées, joyeuses, colorées. Parfois aux antipodes les unes des autres, à l’image d’Eric/Erika et des autres hôtesses du Moulin, que l’on ne reconnait parfois pas lorsqu’elles se transforment… Qui se cache derrière ce maquillage, ces longs cils, cette apparence gracieuse et féminine ? Les apparences sont si trompeuses, quand il s’agit de l’art de se travestir…

Une autre partie de l’ambiance que j’ai adoré, c’est le fait que l’histoire se déroule à Bordeaux. C’est étrange, car ce n’est pas dit dès le départ, pourtant à peine ai-je commencé à explorer les rues de la ville avec Théo et Eric que je me suis sentie transportée à Bordeaux. Je m’y suis complétement projetée, d’emblée. Alors forcément, quand j’ai appris, au cours du roman, que c’était bel et bien là que se déroulait l’histoire, c’était déjà validé, ressenti, apprécié.

C’est important, pour moi, que ce livre se passe dans une telle ville. La plupart des romances MM se passent aux États-Unis, ou à la limite à Paris. Je trouve ça génial de replacer une histoire d’amour, des histoires de vie, dans un contexte plus « local ». C’est comme si cela donnait du relief au roman. Comme si c’était vraiment une histoire du quotidien, avec des personnages que l’on pourrait croiser au coin d’une rue. Cela donne du cachet, et une atmosphère inégalable. C’est une des nombreuses choses qui m’ont plu dans ce livre.

Le style d’écriture est par moment un peu déstabilisant, mais vous le savez, je suis assez pointilleuse pour ne pas dire pointue et bornée, à ce sujet, et franchement, ce n’est pas réellement gênant. Cela ne m’a pas fait sortir du roman, et globalement, je l’ai trouvé bien écrit, de toute manière. En tout cas, et encore une fois, Neil a un don pour poser des ambiances, et des contrastes. Et pour vous rendre addicte au point d’avoir passé quatre nuits d’affilée à lire jusqu’à plus de 4 heures du matin : le livre est gros et je lis lentement… mais je vous jure que la nuit comme la journée, j’avais toujours énormément de mal à le lâcher ! Je voulais toujours savoir ce qui allait se passer ensuite, et je me disais à chaque fois « allez un dernier chapitre », et ça durait bien 5-6 chapitres comme ça, l’affaire ;-)

L’atmosphère de ce récit n’est pas la seule chose qui m’a tout à fait conquise. Les personnages sont extraordinaires. Théo est un amour, trop gentil, trop bienveillant pour son propre bien, il en impose par sa carrure, mais il est tellement doux. Il ne mérite clairement pas tout ce qui lui arrive de négatif dans sa vie, pourtant je dirais que ces évènements dramatiques et désagréables vont le pousser à sortir de son carcan, de son petit confort qui finalement le mène de catastrophe en catastrophe et, grâce à Eric, de s’envoler vers de nouveaux horizons, de nouveaux espoirs, une existence plus trépidante, plus agréable, et entouré de bonnes personnes. Le contraste entre le Théo du début et de la fin est bluffant, on apprend à respirer avec lui, et le voir épanoui vaut tout l’or du monde. J’ai eu un gros coup de cœur pour ce personnage qui, en plus, m’a rappelé certaines de mes propres facettes, ce qui m’a nécessairement rapprochée de lui. Mais comment ne pas aimer ce jeune homme un peu paumé, adorable, taciturne et timide, dépassé par les évènements et sa vie qui se barre en confettis, franchement ?

Eric est son opposé de bien des manières, et pourtant ce ne sont pas tellement leurs différences qui vont les aimanter, mais la réalisation qu’au fond, ils ont tellement de points communs, ou tellement de parties de l’autres qu’ils admirent, qu’ils apprécient, qui les touchent et les rapprochent. Cela et leur facilité à se livrer l’un à l’autre, cette confiance mutuelle qui s’installe si naturellement, si spontanément entre eux. J’ai énormément aimé ce personnage également. De toute façon, aimer l’un sans l’autre est impossible, je pense. Chaque moment passé ensemble leur a creusé une place un peu plus profonde dans mon cœur. Mais évidemment, je n’ai pas apprécié Eric seulement quand il est avec Théo. C’est une personne au grand cœur, qui a un peu traversé l’enfer, se retrouve projeté dans une ville loin de chez lui, dont il ne connait rien. Extraverti et amical, il n’est pas long à se faire des connaissances, puis des amis, surtout dans ce lieu de travail si particulier dans lequel il a échoué.

Et autour de lui, les différents employés du Moulin Pourpre sont tous de belles découvertes, pour le coup. Ce n’est pas seulement l’ambiance, le lieu qui plaît, ou la présence d’Eric, qui évolue dans cet endroit. Gabriel, Guillaume, Thomas sont adorables, et tant d’autres encore, plus effacés, mais non moins présents. Chacun a son histoire, chacun a son bagage. Ils sortent tous un peu du tableau, chacun à sa manière. J’ai eu l’impression d’entrer dans un monde qui m’ouvrait ses portes, et de me faire des amis géniaux, à force de les côtoyer, de les découvrir.

De l’autre côté, il y a les « amis » et la famille de Théo. Eux aussi se démarquent, mais pas forcément en bien. Malgré tout, j’ai envie de faire une petite mention spéciale pour Kyle, personnage qui m’a marquée, et que j’espère revoir dans d’autres volumes du Moulin Pourpre. Il a quelque chose de touchant qui ne m’a pas du tout laissée indifférente.

Je pourrais encore parler des heures durant de ce roman. En retracer chaque facette. Comment réduire ce pavé, au cours duquel je ne me suis pas ennuyée une seule seconde (sauf pour le repas de Noël mais c’était un ennui avec Théo, pas un ennui de lecture ;-) ), et qui m’a conquise de tant de façons. Je ne peux que vous conseiller de vous y plonger à votre tour, de suivre les pas de Théo et d’Eric, de les laisser vous ouvrir la porte de leurs appartements, de leur cœur et de leurs pensées et, avec eux, de rire et pleurer, vous émouvoir ou vous énerver (je vous jure qu’à un moment donné, j’ai littéralement gueulé « mais putain quel enfoiré ! » à un moment crucial, ce qui m’a valu un blâme de mes enfants ;’) ).

Bref, ce livre est un coup de cœur. Mon coup de cœur de l’année, même, je dirais. Parce qu’il a touché tellement de choses importantes, qu’il est si réel, et si vibrant. Un florilège d’émotions, de joies et de peines, une histoire de vie. Ou plutôt de vies, multiples, colorées, diversifiées, contrastées.
À lire et à relire, absolument.

Vivement le second volume <3

(Petite précision : ce roman est un one-shot. Mais une série est prévue au Manoir Pourpre, mettant en scène différents couples et protagonistes).



Points positifs : les thèmes abordés sont peu abordés habituellement, et ils le sont avec brio ; un roman queer !!! ça se suffit en soi comme argument ; des ambiances magnifiques et immersives, très contrastées, dans lesquelles on se plonge avec grand plaisir ; un niveau d’additivité fortement élevé ; des paillettes et des nuances pastels absolument merveilleuses ; deux personnages principaux géniaux ; un duo fabuleux, qui fonctionne malgré ses différences ; une romance qui fait énormément de bien au cœur malgré des sujets parfois très difficiles ; des personnages secondaires attachants ou détestables, qui ne laissent pas indifférent.

Points négatifs : quelques très légères incohérences par moment et un style d’écriture parfois un peu particulier, mais rien de vraiment gênant, ma lecture n’en a pas été perturbée (j‘ai juste une légère tendance à remarquer les détails).



mardi 26 mai 2020

[Chronique] GayScort Agency 1 - Marie HJ

GayScort Agency, tome 1: Owen - Marie HJ











Titre: Gayscort Agency
Autrice: Marie HJ
Auto-Édition
Genre: romance MM, contemporain, tranche de vie, escortisme, feel-good





SERVICE PRESSE





Résumé:


GayScort Agency.
Notre désir : Votre plaisir.
Tout le monde poursuit un rêve dans la vie.
Celui de Lou se résume en quatre lettres : O.W.E.N.
C’est peut-être la solution la plus simple, finalement. Fantasmer sur l’inconnu, idéaliser sans risque, rêver de cet homme sans le connaître, si ce n’est son goût prononcé pour le Latte Noisette, spécialité de Lou.
Cependant, lorsqu’une carte de visite tombe entre les mains de meilleurs amis bien intentionnés, l’utopie se rapproche dangereusement du champ des possibles et le monde du jeune étudiant menace de basculer.
Toucher du doigt (ou de plusieurs, si possible) son idéal, tomber follement amoureux (comme si ce n’était pas déjà le cas), perdre pied (ça, ce n’est pas vraiment une nouveauté non plus), tout en espérant une happy end ?

L’histoire est-elle réellement envisageable, franchement ?



Chronique d'Aurélie


Tout d’abord, un grand merci à Marie pour ce service-presse et sa gentillesse. Elle est toujours très accessible, drôle et adorable, c’est un vrai plaisir d’échanger avec elle ^^

Même si vous le savez, je préfère de loin les romans difficiles, j’avais envie d’explorer les univers de Marie, qui écrit de manière très variée, et que j’ai découverte grâce à « Pray for me » qui, vous le savez si vous avez lu ma chronique (sinon filez la lire : https://amabooksaddict.blogspot.com/2020/02/chronique-pray-for-me-marie-hj.html), est un très beau coup de cœur pour moi.

Alors, je préfère clairement ses romans plus durs, mais c’est très personnel, je suis du genre à plus avoir besoin de lire un livre qui fait pleurer quand je suis déprimée, par exemple, du coup forcément, je suis beaucoup plus touchée par les mots de Marie quand ils vibrent d’émotions douloureuses. Ceci dit, Lou et Owen ont également leur charme, et c’est d’eux que nous allons parler aujourd’hui.

L’histoire commence de manière légère et envolée, sur Lou et ses frasques. J’ai adoré le personnage de Lou, même s’il est parfois un peu too much (il va pas toujours très bien dans sa tête ;) ), il est aussi adorable que rempli d’idées farfelues, qui vont le mener à se retrouver dans des situations qu’il a du mal à gérer, ce qu’il fait malgré tout majoritairement avec humour et une relative bonne humeur.

Lou est quelqu’un de doux mais dynamique (à sa manière, ne lui demandez pas de faire du sport, quand même), attentionné et intelligent, affectueux et timide. Enfin, surtout avec Owen, ce beau mec qui vient tous les jours lui prendre un latte noisette, et à qui il n’arrive pas à adresser la parole (et accessoirement, il tripe sur ses mitaines, j’adhère d’ailleurs aux goûts de Lou, les mitaines, c’est le Bien).

Donc, au début de cette histoire, monsieur Lou, qui fête son anniversaire de 21 ans, souhaite perdre son pucelage, et harcèle ses amis et colocs, tous hétéros, pour qu’ils accèdent à son désir fou. C’est complètement décalé, on imagine Lou tout vierge dans une orgie… Bon, heureusement, il existe une meilleure solution, nommée GSA (Gay scort agency). Ou plutôt… son patron, qui n’est plus escort mais souhaite le redevenir, juste pour le joli Lou, un peu mystérieux à ses yeux, qui ne cesse de le séduire sans même le vouloir : son manque de chaleur quand il le sert est-il lié à sa timidité, ou bien Owen n’est-il pas du tout à son goût ?

Quiproquos, péripéties et non-dits vont amener ces deux-là à se rapprocher, et à réaliser pas à pas qu’ils sont réellement attirés l’un par l’autre… et peut-être bien plus que cela.

La première moitié du roman est fraiche, légère, pétillante, et même si j’ai mis du temps à la lire (plus parce que j’étais épuisée ces derniers temps que parce que ça ne me passionnait pas), je me suis rapidement attachée à Lou, Owen et leur entourage. C’est d’ailleurs une des forces de Marie : les proches, les personnages secondaires sont eux aussi attachants (ou parfois détestables, mais en tout cas très présents).

J’ai eu plus de mal avec la seconde partie, ou du moins, tout le passage en Angleterre. Je n’ai pas trop accroché à l’ambiance, et les non-dits entre nos deux héros m’ont parfois agacée, mais je pense que c’est parce que ça tranchait beaucoup avec la légèreté si bienfaisante de leur rencontre et de leur rapprochement. Je n’ai pas non plus détesté, j’étais juste moins dedans (et puis je ne suis pas tellement fan des mariages, ça joue aussi, et non, je ne parle pas d’un mariage entre Lou et Owen tsss de suite ;) ).

Les derniers chapitres retrouvent cette atmosphère lumineuse et tendre que j’ai appréciée, j’ai donc pu conclure l’histoire avec le sourire, malgré les nombreuses tribulations de nos deux tourtereaux qui se cherchent et jouent parfois un peu à chat.

La plume de Marie est envolée et légère, dynamique comme Lou, par contre j’ai trouvé pas mal de contresens, d’expressions déplacées et d’incohérences, en fait surtout sur la seconde partie. Sans que ce soit trop lourd (sans doute que je suis trop maniaque), cela m’a parfois fait sortir de l’histoire et demandé un temps avant de me replonger dedans. Heureusement, Lou et Owen sont tellement attachants que je reprenais généralement très vite le fil.

Parfois, je galérais à me représenter certaines scènes, et certaines autres manquaient de réalisme. Vous me direz, on est dans un feel-good humoristique, la précision est-elle bien nécessaire ? À mes yeux, oui, après en effet, il n’y a pas non plus eu mort d’homme, évidemment, ce sont, à chaque fois, des détails. Et comme, encore une fois, Lou et Owen savent nous séduire, on se concentre surtout sur eux et leur romance.

Petit passage qui m’a fait tiquer sur le moment, bien qu’il ne porte pas à conséquence sur le récit, mais je tiens à en parler, pas pour la critique, mais plus parce que je crois que c’est une opinion publique commune qui à mes yeux est un préjugé à réfléchir. Je tiens avant tout à préciser que suite à une discussion avec Marie, j'ai pu comprendre ce passage différemment, et que ce qui va suivre est plus une réflexion sur un préjugé que l'on revoit souvent plus que sur ce qu'a voulu dire Marie (que je cite plus bas pour vous expliquer son point de vue à elle). Owen fait un petit discours intérieur sur le fait qu’à ses yeux, les escorts sont plus que de vulgaires putains, qu’ils offrent un service non seulement sexuel mais aussi/surtout humain (attention, écoute, soutien, etc.) à leurs clients. C’est exactement le rôle que peut tenir tout.e prostitué.e, en vérité, hélas on a souvent une assez mauvaise opinion de ce boulot et un regard un peu faussé dessus (contrairement aux escorts qui, peut-être plus mis.es en lumière et évoluant dans une sphère sociale plus « clean », sont plus souvent valorisé.e.s alors qu’au final, ça n’est pas négatif de vendre son corps et son temps, qu’on soit pute de rue ou pute de luxe, on s’occupe des gens qui ont besoin de chaleur humaine, d’attention, parfois d’une oreille à l’écoute, voilà tout ^^).

Bon, ceci dit, comme je l'ai dit plus haut, en vérité Marie n'a pas du tout voulu critiquer par ce passage le métier des prostitué.e.s, fussent-elles de « vulgaires putains », voici ses mots pour éclairer ce petit passage "je crois qu'il y a une vraie incompréhension au sujet du terme "vulgaires putains" qui ne désigne pas du tout les prostitués mais une insulte commune et souvent entendu de prsonnes ne se respectant pas eux mêmes. C'est d'ailleurs pour cette raison que je n'ai pas employé le terme prostitué. la comparaison n'a jamais été dans ce sens. Ici Owen explique qu'on le juge négativement sans connaître les détails de ce qu'il fait pour vivre. Pour ma part je ne compare pas les prostitués à de vulgaires putains, ça ne me serait même pas venu à l'idée (...) je considère presque que prostitué et escort sont la même chose a qqs détails près". Merci Marie pour ces paroles qui ont éclairé ma compréhension du passage. Sur le coup à la lecture, j’ai vraiment compris des paroles d’Owen qu'il parlait des prostitué.e.s, les éclairages de Marie permettront peut-être à certain.e.s d'entre vous, comme moi, de mieux comprendre ce qu'Owen a voulu dire en vérité.

Ceci dit cette petite parenthèse de défenseuse des travailleureuses du sexe m'a permis de parler d'un sujet souvent bourré de préjugés et qui me tient à cœur. Et c'est d'ailleurs aussi ce que j'ai apprécié, dans cet ouvrage, un feel-good avec un escort, c'est une idée originale dont le principe m'a beaucoup plu! Pardonnez ma digression qui, je l’espère, a été constructive, sinon pour ma chronique, au moins pour faire réfléchir celleux qui ne percevaient pas les choses comme cela.

Dans tous les cas, j’ai passé un agréable moment avec Owen et Lou. Ces deux-là sont attachants, et leur duo est lumineux, étrangement tout doux, aussi. L’ambiance du café dans lequel bosse Lou, tout autant que de l’agence d’Owen, est un chouette plus pour poser une histoire pétillante et légère, un peu délirante, malgré quelques obstacles de taille (mais heureusement, Lou a des amis casse-c**** qui savent comment le prendre et le ramener sur le « droit chemin », à savoir : celui de son bonheur).

Une lecture rafraichissante avec deux personnages vraiment adorables.



Points positifs : une ambiance légère et lumineuse très agréable ; des personnages adorables et lumineux auxquels on s’attache facilement ; des personnages secondaires très présents et vraiment chouettes ; une romance toute mignonne et pétillante.


Points négatifs : pas mal d’erreurs de langage (malgré un style d’écriture globalement chouette) et d’incohérences/manques de réalisme qui m’ont parfois fait sortir du récit (mais on s’y replonge bien, et ça ne gênera sans doute pas grand-monde à part moi ;) )