Le Prince Maudit - Axel Rolf et Evan Regan
Âge: 16+
One-shot
Résumé:
L’un porte la lumière, l’autre est noyé dans l’obscurité.
Melkan est l’héritier du trône d’Eldora, l’un des plus puissants royaumes de
l’Empire. À seulement vingt-deux ans, il est le général de la garde azurine et
a déjà accompli de nombreux faits d’armes. Sa réputation a pourtant attiré
l’animosité de son jeune demi-frère, Adris.
Fougueux, rebelle et indiscipliné, le cadet des Démélior incarne le contraire
de Melkan. Les deux hommes s’évitent autant qu’ils se méprisent. Pour Adris, le
prince légitime l’évince et l’empêche de gagner sa place à la cour. Mais il est
loin d’avoir cerné les véritables intentions de son rival.
Alors que les forces obscures se rassemblent au sein de
Belvalon, la cité royale, il se pourrait bien que Melkan soit le seul capable
de protéger Adris. Car l’étau de mensonges, de complots et de trahisons se
referme doucement sur le Prince Maudit, et des vérités longtemps restées
cachées sont sur le point d’éclater.
* * *
Roman destiné à un public averti.
Chronique d'Aurélie
Tout
d’abord, un grand merci à Axel et Evan pour ce service-presse et leur
gentillesse, ainsi que les échanges avec eux ! C’est toujours un vrai
plaisir de discuter avec eux, mais aussi, bien sûr, de lire leurs histoires si
variées.
J’apprécie
beaucoup la plume des auteurs. Ici elle se plie à l’ambiance fantasy, ce qui
est un gros plus. J’ai été un peu déstabilisée par l’emploi du présent et de la
première personne (pourtant c’est toujours le cas avec Axel et Evan, mais en
fantasy c’est moins commun), ce qui m’a demandé un peu de temps pour m’adapter,
mais une fois dedans, ça a roulé tout seul ! L’écriture est fluide, quoique,
cette fois-ci, j’aie trouvé vraiment beaucoup de coquilles et de maladresses
dans les tournures de phrases et expressions. Pour les coquilles, j’en ai parlé
aux auteurs qui ont repassé un coup de correction dessus, donc ça doit moins
être le cas désormais, ceci dit ! :)
J’ai
donc eu un peu de mal à entrer dans le récit, en partie à cause du présent et
de la première personne, en partie aussi à cause de ma fatigue. Pourtant, on
entre directement dans le vif du sujet, et je trouve que dès le premier
chapitre, l’univers est très bien posé. On découvre Eldora sous les yeux de
Melkan, et j’ai beaucoup aimé l’originalité de ce monde assez peu magique (il y
en a quand même, de la magie, mais point que j’ai beaucoup apprécié : elle
provient de la foi dans le ou les dieux). J’ai adoré les Tíotan, ces bêtes
géantes qui « fusionnent » en quelque sorte avec les membres des familles
royales. D’ailleurs j’ai beaucoup aimé la manière dont Adris traite son loup,
Fenris, et la manière dont Melkan sera amené à prendre conscience que pour sa
part, il traite son lion, Nergal, comme un serviteur et non comme l’ami fidèle
qu’il devrait être.
On
découvre donc d’abord Eldora, que l’on peut tout de suite situer sur les cartes
en début de roman (en plus j’ai la version papier en plus de numérique, et les
cartes y sont belles et grandes ! Un plaisir de les explorer, alors que
sur la version kindle c’est plus compliqué car assez petit, format oblige). Peu
à peu, avec Melkan et Adris (mais aussi d’autres protagonistes qui auront leur
point de vue au fil du récit), nous allons ouvrir nos horizons et découvrir le
reste du monde.
J’ai
beaucoup aimé le concept de religion de l’univers, et notamment des principaux
royaumes. Déjà, c’est un monde très médiéval, assez sombre, j’apprécie
énormément ce genre d’atmosphère. Quant à la religion principale, il s’agit d’un
monothéisme qui s’inspire de nos religions tout en étant à part, qui offre des
bénédictions et des pouvoirs, mais qui n’en parait pas moins rigide voire
cruel. Mais est-ce que le dieu que prie Melkan et dont les Frères véhiculent
les principes est réellement aussi terrible qu’il est présenté, ou bien est-ce
là ce qu’en font les Frères de la foi ?
On
va vite découvrir un autre culte, païen, qui, sous les yeux de Melkan, le
Porteur de lumière, et d’actes horribles perpétrés, va nous sembler extrêmement
violent. Pourtant, sur notre chemin, vont se dresser des personnages très
nuancés, et on va peu à peu comprendre que rien n’est blanc ou noir. Dans la
lumière se tapit l’obscurité, et vice versa. Les guerres sont souvent le fait
de deux camps…
Après
un démarrage un peu « long » pour entrer dedans (je parle pour moi),
je me suis vite immergée dans le récit. J’ai beaucoup aimé le fait que plus qu’une
romance, il s’agit d’une histoire avec une intrigue vaste qui prend une grosse
partie de la place. Cela rend le scénario bien plus intéressant que si tout
avait été centré sur la romance, du moins c’est mon avis. C’est ce que je
recherche en fantasy, donc là pour moi c’était exactement ce que j’attendais !
Le
récit est long mais ne traîne pas en longueur. Les auteurs prennent le temps de
dérouler aussi bien l’intrigue que les interactions entre les personnages, les
machinations qui s’ourdissent dans l’ombre, etc. Je trouve même que certains
passages auraient gagné à être plus développés : je pense notamment aux
diverses « règlements de situation ». Par exemple : une grande
bataille qui ne dure qu’un chapitre, c’était un peu facile à mon goût. J’aurais
aimé plus de profondeur dans ces moments. Mais j’entends que les auteurs voulaient
peut-être garder le format one-shot, ce qui aurait été plus compliqué en
prenant le temps de davantage développer ces passages. N’en reste pas moins
comme un léger sentiments de facilités dans certaines parties du scénario. N’oublions
pas non plus qu’il s’agit du premier récit en fantasy « classique » des
auteurs, il est donc normal qu’il soit perfectible.
Les
personnages, eux, ne sont ni blancs ni noirs. Chacun a ses secrets, chacun a
ses zones d’ombre, même Melkan, qui est pourtant le Porteur de Lumière et un
modèle pour son peuple. Personnellement j’ai eu un peu de mal avec sa
psychorigidité et la manière dont il a abandonné Adris, qui n’est ni
acceptable, ni justifiable, même si on sait pourquoi il l’a fait. Il a agi avec
cruauté et égoïsme. J’ai eu du mal à l’apprécier pendant un moment, même si j’ai
tout de suite aimé suivre ses pas. J’avais plus souvent envie de le secouer
pour lui dire d’arrêter de jouer au plus con ;) Mais ça n’a pas rendu ses
chapitres moins intéressants, pas du tout !
Adris
est décrit son opposé, mais je trouve finalement que tous les deux se
ressemblent beaucoup. C’est comme s’il exprimait ce que Melkan réprime. Si tous
les deux se complètent d’une certaine manière, c’est surtout parce qu’ils ont suivi
des chemins différents, qui les ont poussés, pour l’un, à devenir presque aussi
froid et rigide que la glace (je dis cela, mais Melkan n’en garde pas moins un cœur
en or, qu’il nous démontre de bien des façons dans le récit), pour l’autre à
devenir si sauvage qu’il en paraît au premier abord arrogant, violent et un peu
imbus de sa personne.
Tout
comme pour Melkan, j’ai mis du temps à apprivoiser Adris. En fait, tous les
deux font un peu n’importe quoi pendant une bonne partie du récit, pour les mêmes
raisons : manque de communication, majoritairement, mais admettons-le,
également une famille abusive et une religion trop répressive.
Un
autre personnage est assez incontournable et principal : Jayss. Lui, je l’ai
beaucoup aimé au début, moins au fil du roman. J’ai apprécié son côté lumineux
et mystérieux, et la complexité du personnage est un gros plus à l’intrigue.
Mais j’ai trouvé qu’il disparaissait un peu trop vite et qu’on l’a trop mis de
côté d’un coup, ce qui l’a rendu finalement un peu désagréable à mes yeux.
Mon
personnage préféré : le chevalier Rowan, sans hésitation ! Le bras
droit de Melkan est un homme exceptionnel, sur lequel on peut compter. Il a
aussi un très bon sens de l’humour, lié à une discrétion qui sait se placer aux
bons moments tout en trouvant comment distiller les bons conseils de manière
très sobre pile quand il le faut. Sans lui, je ne suis pas certaine qu’on
serait arrivés au bout de cette histoire ;) Bref, coup de cœur pour ce
chevalier au grand cœur, loyal et, ma foi, un peu « commère » sur les
bords, mais chut, il sait quand il faut garder les secrets des autres, et quand
il faut les divulguer en partie…
Le
Prince Maudit, c’est donc une très belle histoire fantasy, qui a ses failles
mais aussi ses grandes qualités, et que j’ai pris plaisir à lire. Une belle
découverte de plus, d’autant que j’ai la chance d’avoir pu acquérir la version
reliée qui est de toute beauté !
Points positifs : une écriture dynamique et entraînante ; un univers
fantasy original et immersif ; de superbes cartes au début, ainsi que des
bonus intéressants ; un scénario avec une intrigue complexe et plein de
rebondissements ; une histoire qui n’est pas centrée sur la romance, même
si elle reste principale ; des personnages riches et complexes que l’on
prend plaisir à accompagner.
Points négatifs : coquilles et maladresses d’écriture ; certaines « facilités » dans le dénouement de certaines situations.




