dimanche 21 juin 2020

[Chronique] Ma femme s'appelle Eric - Neil Gallen

Ma femme s'appelle Eric - Neil Gallen










Titre: Ma femme s'appelle Eric
Autrice: Neil Gallen
Auto-Édition
Genre: romance LGBTQI+, romance MM, cabaret, queer, danse, travestissement





SERVICE PRESSE





Résumé:


Théodore est un homme simple, gay, discret, mais assumé, au quotidien stable. Du moins, il le suppose.
Eric se glisse tous les soirs dans la peau de la jolie Erika, serveuse transformiste au Manoir Pourpre.
Théodore et Eric ne se regardent pas. Ils ne se connaissent pas, non plus, noyés dans leurs différences. Mais quand la vie de l’un éclate sans crier gare, l’histoire décide de tisser des liens d’une toute autre manière...




Chronique d'Aurélie


Tout d’abord un grand merci à Neil Gallen pour sa gentillesse, sa disponibilité et ce service-presse que j’avais hâte de découvrir.

Alors une chose à savoir, c’est que quand j’ai vu la couverture et le titre, à sa sortie, je me suis dit qu’il faudrait que je le lise un jour prochain. Et à force de voir passer les post de Neil sur Insta, je me suis décidée à la contacter pour le demander en service-presse. Je n’ai pas attendu longtemps pour le commencer, quand je l’ai reçu. Et encore, j’avais une autre lecture à faire avant, mais je rongeais mon frein… Il n’y avait pas qu’un petit quelque chose qui me disait que j’allais adorer ce livre. Tout me le criait.

Je ne fais pas souvent attention aux couvertures, et je ne juge jamais un roman sur cet élément. Les goûts et les couleurs, toussa toussa. Mais quand je flashe sur une couverture, en général c’est comme une sorte d’intuition. À l’heure actuelle, aucun de mes coups de cœur instantané sur une couverture n’a mené à une mauvaise lecture. Au contraire.

Et bien sûr, ce roman ne fait pas exception. C’est un coup de cœur. Un superbe et inoubliable coup de cœur. Je l’ai fini avec un sourire immense, et une larme à l’œil. Pas parce que la fin est triste, non. Parce que j’étais émue avec les héros, et puis que je n’avais pas envie de finir, mais qu’en même temps, j’étais juste tellement dans l’émotion pure de l’instant.

L’ambiance de ce roman est tout ce que j’aime. Tout ce que j’ai envie de voir dans un livre. J’aime le queer, et là, évidemment, j’ai été servie. On est à fond dans le thème. Que ce soit l’univers de la nuit et des ambiances festives des boîtes gays, le quotidien qui nous fait découvrir à la fois le « normal » et la différence des personnages, et le Moulin…

Le Moulin, quoi. Atmosphère cabaret, danse, rires étouffés, froufrous et maquillage, comment voulez-vous résister à cette magie-là ? C’est décrit à merveille, sans pousser trop loin dans les descriptions, justement. Dès le second chapitre, nous entrons avec Eric dans le Moulin Pourpre, côté loges, et nous en découvrons les coulisses. Puis, avec Théo, nous admirons le spectacle du cabaret, nous pénétrons dans le restaurant, aux côtés de ces serveuses aux allures féminines… qui cachent bien leurs attributs derrière leurs jupes courtes et leurs sourires sexy. Ce sont leurs voix, d’abord, qui troublent, interloquent, questionnent.

Bienvenue au Moulin Pourpre.

Les ambiances, donc, se posent et s’enchainent, agréables, surprenantes, festives, feutrées, joyeuses, colorées. Parfois aux antipodes les unes des autres, à l’image d’Eric/Erika et des autres hôtesses du Moulin, que l’on ne reconnait parfois pas lorsqu’elles se transforment… Qui se cache derrière ce maquillage, ces longs cils, cette apparence gracieuse et féminine ? Les apparences sont si trompeuses, quand il s’agit de l’art de se travestir…

Une autre partie de l’ambiance que j’ai adoré, c’est le fait que l’histoire se déroule à Bordeaux. C’est étrange, car ce n’est pas dit dès le départ, pourtant à peine ai-je commencé à explorer les rues de la ville avec Théo et Eric que je me suis sentie transportée à Bordeaux. Je m’y suis complétement projetée, d’emblée. Alors forcément, quand j’ai appris, au cours du roman, que c’était bel et bien là que se déroulait l’histoire, c’était déjà validé, ressenti, apprécié.

C’est important, pour moi, que ce livre se passe dans une telle ville. La plupart des romances MM se passent aux États-Unis, ou à la limite à Paris. Je trouve ça génial de replacer une histoire d’amour, des histoires de vie, dans un contexte plus « local ». C’est comme si cela donnait du relief au roman. Comme si c’était vraiment une histoire du quotidien, avec des personnages que l’on pourrait croiser au coin d’une rue. Cela donne du cachet, et une atmosphère inégalable. C’est une des nombreuses choses qui m’ont plu dans ce livre.

Le style d’écriture est par moment un peu déstabilisant, mais vous le savez, je suis assez pointilleuse pour ne pas dire pointue et bornée, à ce sujet, et franchement, ce n’est pas réellement gênant. Cela ne m’a pas fait sortir du roman, et globalement, je l’ai trouvé bien écrit, de toute manière. En tout cas, et encore une fois, Neil a un don pour poser des ambiances, et des contrastes. Et pour vous rendre addicte au point d’avoir passé quatre nuits d’affilée à lire jusqu’à plus de 4 heures du matin : le livre est gros et je lis lentement… mais je vous jure que la nuit comme la journée, j’avais toujours énormément de mal à le lâcher ! Je voulais toujours savoir ce qui allait se passer ensuite, et je me disais à chaque fois « allez un dernier chapitre », et ça durait bien 5-6 chapitres comme ça, l’affaire ;-)

L’atmosphère de ce récit n’est pas la seule chose qui m’a tout à fait conquise. Les personnages sont extraordinaires. Théo est un amour, trop gentil, trop bienveillant pour son propre bien, il en impose par sa carrure, mais il est tellement doux. Il ne mérite clairement pas tout ce qui lui arrive de négatif dans sa vie, pourtant je dirais que ces évènements dramatiques et désagréables vont le pousser à sortir de son carcan, de son petit confort qui finalement le mène de catastrophe en catastrophe et, grâce à Eric, de s’envoler vers de nouveaux horizons, de nouveaux espoirs, une existence plus trépidante, plus agréable, et entouré de bonnes personnes. Le contraste entre le Théo du début et de la fin est bluffant, on apprend à respirer avec lui, et le voir épanoui vaut tout l’or du monde. J’ai eu un gros coup de cœur pour ce personnage qui, en plus, m’a rappelé certaines de mes propres facettes, ce qui m’a nécessairement rapprochée de lui. Mais comment ne pas aimer ce jeune homme un peu paumé, adorable, taciturne et timide, dépassé par les évènements et sa vie qui se barre en confettis, franchement ?

Eric est son opposé de bien des manières, et pourtant ce ne sont pas tellement leurs différences qui vont les aimanter, mais la réalisation qu’au fond, ils ont tellement de points communs, ou tellement de parties de l’autres qu’ils admirent, qu’ils apprécient, qui les touchent et les rapprochent. Cela et leur facilité à se livrer l’un à l’autre, cette confiance mutuelle qui s’installe si naturellement, si spontanément entre eux. J’ai énormément aimé ce personnage également. De toute façon, aimer l’un sans l’autre est impossible, je pense. Chaque moment passé ensemble leur a creusé une place un peu plus profonde dans mon cœur. Mais évidemment, je n’ai pas apprécié Eric seulement quand il est avec Théo. C’est une personne au grand cœur, qui a un peu traversé l’enfer, se retrouve projeté dans une ville loin de chez lui, dont il ne connait rien. Extraverti et amical, il n’est pas long à se faire des connaissances, puis des amis, surtout dans ce lieu de travail si particulier dans lequel il a échoué.

Et autour de lui, les différents employés du Moulin Pourpre sont tous de belles découvertes, pour le coup. Ce n’est pas seulement l’ambiance, le lieu qui plaît, ou la présence d’Eric, qui évolue dans cet endroit. Gabriel, Guillaume, Thomas sont adorables, et tant d’autres encore, plus effacés, mais non moins présents. Chacun a son histoire, chacun a son bagage. Ils sortent tous un peu du tableau, chacun à sa manière. J’ai eu l’impression d’entrer dans un monde qui m’ouvrait ses portes, et de me faire des amis géniaux, à force de les côtoyer, de les découvrir.

De l’autre côté, il y a les « amis » et la famille de Théo. Eux aussi se démarquent, mais pas forcément en bien. Malgré tout, j’ai envie de faire une petite mention spéciale pour Kyle, personnage qui m’a marquée, et que j’espère revoir dans d’autres volumes du Moulin Pourpre. Il a quelque chose de touchant qui ne m’a pas du tout laissée indifférente.

Je pourrais encore parler des heures durant de ce roman. En retracer chaque facette. Comment réduire ce pavé, au cours duquel je ne me suis pas ennuyée une seule seconde (sauf pour le repas de Noël mais c’était un ennui avec Théo, pas un ennui de lecture ;-) ), et qui m’a conquise de tant de façons. Je ne peux que vous conseiller de vous y plonger à votre tour, de suivre les pas de Théo et d’Eric, de les laisser vous ouvrir la porte de leurs appartements, de leur cœur et de leurs pensées et, avec eux, de rire et pleurer, vous émouvoir ou vous énerver (je vous jure qu’à un moment donné, j’ai littéralement gueulé « mais putain quel enfoiré ! » à un moment crucial, ce qui m’a valu un blâme de mes enfants ;’) ).

Bref, ce livre est un coup de cœur. Mon coup de cœur de l’année, même, je dirais. Parce qu’il a touché tellement de choses importantes, qu’il est si réel, et si vibrant. Un florilège d’émotions, de joies et de peines, une histoire de vie. Ou plutôt de vies, multiples, colorées, diversifiées, contrastées.
À lire et à relire, absolument.

Vivement le second volume <3

(Petite précision : ce roman est un one-shot. Mais une série est prévue au Manoir Pourpre, mettant en scène différents couples et protagonistes).



Points positifs : les thèmes abordés sont peu abordés habituellement, et ils le sont avec brio ; un roman queer !!! ça se suffit en soi comme argument ; des ambiances magnifiques et immersives, très contrastées, dans lesquelles on se plonge avec grand plaisir ; un niveau d’additivité fortement élevé ; des paillettes et des nuances pastels absolument merveilleuses ; deux personnages principaux géniaux ; un duo fabuleux, qui fonctionne malgré ses différences ; une romance qui fait énormément de bien au cœur malgré des sujets parfois très difficiles ; des personnages secondaires attachants ou détestables, qui ne laissent pas indifférent.

Points négatifs : quelques très légères incohérences par moment et un style d’écriture parfois un peu particulier, mais rien de vraiment gênant, ma lecture n’en a pas été perturbée (j‘ai juste une légère tendance à remarquer les détails).



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