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dimanche 11 mai 2025

[Chronique] Swinging Hearts - Toworu Miyata

   

    Swinging Hearts - Toworu Miyata





Titre: Swinging Hearts
Auteurice: Toworu Miyata
Éditions Taifu comics
Genre: yaoi, tranche de vie, amis d'enfance, harcèlement sexuel 
Âge: 14+
One-shot



SERVICE PRESSE


Résumé:

Issei a quitté le village qui l’a vu grandir pour poursuivre ses études en ville. Ce tout nouveau départ est l’occasion pour lui de renouer avec Chihiro, un ami d’enfance avec lequel il avait soudainement coupé les ponts durant le lycée. Issei, plus déterminé que jamais, entend bien séduire l’objet de ses convoitises en usant de tout un tas de stratagèmes pour gagner ses faveurs !

Seulement, le cœur de Chihiro se révèle plus difficile à ravir que prévu…

Se retrouver pour enfin concrétiser un amour de jeunesse.


Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat.

La couverture est vraiment jolie, chargée d’émotions, et poétique dans ce choix de colorisation et de couleurs.

Les dessins à l’intérieur sont jolis, très expressifs, immersifs.

Petit bémol pour la scène érotique qui est censurée. Cependant, cela plus le fait qu’elle est très courte me permet de classer le manga dans les 14+ mais il vaut mieux être averti malgré tout de sa présence.

Issei et Chihiro sont donc deux amis d’enfance qui se sont perdus du vue car Issei a vu Chihiro embrasser un garçon et n’a pas su comment réagir. Ils se retrouvent des années plus tard, et Issei se rend compte qu’en fait, il était jaloux, à l’époque, et qu’il est amoureux de Chihiro…

Les deux personnages sont mignons, leur relation est douce et archi respectueuse, de bout en bout. Elle prend son temps, et ça n’en rend les choses que plus paisibles.

Issei et Chihiro ont des caractères opposés, mais qui vont très bien ensemble. Ils s’entendent tous les deux super bien, ça fait du bien une telle relation !

Le manga traite pourtant de thèmes plus difficiles, et notamment le harcèlement sexuel et la reconstruction après ce genre de situation. C’est bien traité et là aussi très respectueux.

L’évolution de la relation est basée sur cette peur qu’a Chihiro du contact, et la douceur, le respect, la patience d’Issei quand il découvre ce que cache Chihiro (et même avant, d’ailleurs, c’est très doux et bienveillant). La consensualité est présente à chaque étape, pour chaque contact, même non sexuel.

La scène érotique prend vraiment toute sa valeur dans ce contexte, et elle est parfaite (mis à part la censure). Elle est dans la continuité des problèmes de Chihiro, de ses peurs, de son besoin d’y aller pas à pas, ce qu’Issei respecte. Elle sort du cadre des habituels yaoi et est vraiment très émouvante. On peut la résumer par les quelques mots que dit Issei : « Alors tu vois, aujourd’hui, je serai comblé même si on s’en tient à simplement se découvrir l’un et l’autre ».

Une très belle histoire, d’une immense douceur malgré le thème traité, qui vaut vraiment le détour <3


Points positifs : de beaux dessins ; des personnages attachants, d’une grande douceur, aux caractères opposés mais qui pourtant se complètent parfaitement ; une relation douce, respectueuse, saine, qui fait un bien fou ; le thème du harcèlement sexuel, très bien traité, avec pertinence, douceur et force.

Points négatifs : censure de la scène érotique, mais c’est très vite passé.







[Chronique] Aki et Haru 1 - Makoto Taji

   

    Aki et Haru, tome 1 - Makoto Taji







Titre: Aki et Haru
Auteurice: Makoto Taji
Éditions Taifu comics
Genre: yaoi, tranche de vie, nourriture
Âge:14+
Série en cours, 1 tome paru



SERVICE PRESSE


Résumé:


Aki et Haru doivent faire face au plus grand défi de leur vie étudiante : se nourrir ! Heureusement pour ces deux colocataires, l’un aime cuisiner et l’autre adore manger. Un équilibre parfait ! Les petits plats de Aki apporte à Haru toute l’énergie dont il a besoin pour se concentrer sur ses études, tandis que l’enthousiame de Haru pour sa cuisine motive Aki à concocter des plats toujours meilleurs. La complicité qui semble les lier ne cesse d’étonner leurs amis. Laissez-vous tenter par cette tranche de vie rafraîchissante et pleine de saveurs !


Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat.

La couverture m’a donné très envie de lire le manga. J’aime beaucoup son dynamisme, et le dessin est vraiment chouette. On y découvre Aki et Haru en train de manger, et on perçoit immédiatement leur grande complicité.

Les dessins à l’intérieur sont très chouettes, même si je leur ai trouvé un petit côté « vieillot », qui n’enlève rien, cependant.

Alors bon… je ne suis pas le public cible. Je ne m’attendais pas à un livre qui ne se centre que sur la bouffe, je pensais qu’il y aurait davantage d’histoire dedans. Je n’apprécie pas du tout ce genre de manga centré sur la nourriture à 90%, ça ne m’intéresse pas.

Les recettes qui peuplent les pages seront sans doute intéressantes pour des personnes qui ne sont pas, comme moi, véganes. Mais si vous aimez découvrir la cuisine japonaise, ce manga dynamique et bon enfant est pour vous !

Histoire est mignonne, sous forme de tranche de vie, mais clairement sous développée. Je n’ai pas réussi à m’y intéresser suffisamment. Malgré tout, les personnages restent attachants, ils sont joyeux, solaires et gentils. L’ambiance est agréable aussi : dynamique et positive.

On suit ici deux amis d’enfance qui s’aiment mais sont les seuls à ne pas l’avoir compris. Ne vous attendez pas à de la romance dans ce premier tome : il n’y en pas. Juste de l’amitié, et des personnages autour qui ont très bien capté que ces deux-là devraient être en couple, seulement ils ne s’en rendent pas du tout compte et ne se comportent pas comme des garçons amoureux qui n’osent pas se le dire. Ça ne me dérange pas en soi, c’était assez apaisant, même !

Un manga pas pour moi hélas, mais qui saura contenter les amateurices de nourriture japonaise, j’en suis certain-e !


Points positifs : de chouettes dessins ; une ambiance positive, douce et joyeuse ; des personnages attachants ; des recettes pour les amateurices.

Points négatifs : pas réellement d’histoire, ça ne parle à peu près que de bouffe, et ce n’est pas mon rayon.






jeudi 30 janvier 2025

[Chronique] L'amour au micro-onde! 1 & 2 - Kakine

   

L'amour au micro-onde! tomes 1 et 2 - Kakine







Titre: L'amour au micro-onde!
Auteurice: Kakine
Éditions Taifu comics
Genre: manga, yaoi, tranche de vie, romance
Âge: 14+
Série en 2 tomes



SERVICE PRESSE



Résumé:

« Vous ne vous y attendiez pas, mais Waki est là ! C’est la rubrique culinaire de Waki ! »

C’est ainsi que Waki, un beau présentateur télé, débarque par surprise dans l’appartement de Kami. Waki n’a pas un sens du goût très développé, mais il compense par un appétit et une bonne humeur qui ravissent les téléspectateurs. La cuisine de Kami plaît beaucoup à Waki et ils finissent par déjeuner ensemble durant leurs pauses midi. Cependant, alors qu’ils se rapprochent peu à peu l’un de l’autre, Kami commence à prendre peur à l’idée d’être blessé à nouveau…


Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce partenariat.

J’ai tout de suite accroché avec les deux couvertures, qui m’ont vraiment donné envie de lire cette histoire ! Les illustrations sont belles et la dynamique de ces deux couvertures est vraiment attirante ! Les dessins à l’intérieur sont très jolis aussi, je les ai beaucoup aimés.

Il y a un peu de sexe, mais naturellement censuré : entendez par là qu’on n’y voit pas grand-chose, ce qui fait que ce manga est accessible à un plus large public, ce qui je trouve est un point très positif !

Le début de cette histoire est un peu chaotique et pas super accrocheur. Au démarrage je me suis senti-e un peu déçu-e car j’en attendais beaucoup, ayant flashé sur les couvertures. Je n’ai pas trop apprécié le fait que l’émission TV se croit en droit d’entrer chez les gens sans que ceux-ci y consentent, je ne pense pas que ça soit très réaliste même si j’ignore comment ça se passe au Japon, en tout cas ça m’a un peu rebuté-e.

Une fois dans l’histoire, cependant, j’ai bien accroché ! L’histoire d’amour, d’abord, est d’une grande douceur malgré les peurs de Kami qui vont créer des épreuves pour nos deux héros. Cela reste une histoire feel-good pleine de bons sentiments, qui fait du bien au cœur.

Concernant les peurs et les doutes de Kami, j’ai trouvé cela plutôt réaliste. Parfois, cela m’a un peu questionné-e, je l’avoue, je trouve qu’il en fait trop, mais d’un autre côté, la société japonaise est plus fermée sur les questions d’homosexualité que la nôtre, et je me suis dit que les ressentis de Kami devaient finalement être assez « communs » au Japon. La honte, le fait de ne pas s’estimer en droit de trouver l’amour, ce sont des sentiments qui je pense sont bien réels, et ce même en France, d’ailleurs, quand on a grandi dans un moule qui « promeut » l’hétérosexualité, si je puis dire.

J’ai adoré les deux mamans et leur réaction, justement ! Toutes les deux très différentes, mais un condensé de bonnes intentions et d’amour, chacune à sa manière ! Je ne vous en dis pas plus à ce niveau-là 😉

Le personnage secondaire de Taguchi, ami de Kami, m’a beaucoup fait rire, également. J’ai aimé le bonus le concernant, et j’ai trouvé que ses doutes, sa culpabilité et ses questionnements étaient très justes, malgré ses réactions parfois pas très sympas.

J’ai trouvé des longueurs par moment, dans cette histoire, et comme je le disais, le scénario manque parfois de réalisme. Malgré cela, il s’agit d’un manga positif, lumineux, qui se lit sans prise de tête et qui m’a fait passer un très bon moment !


Points positifs : des personnages attachants et dynamiques ; de l’humour et de l’amour ; un récit feel-good et positif, malgré des doutes, des épreuves et des questionnements ; les peurs et pensées autour de l’homosexualité sont bien amenées et très réalistes.

Points négatifs : scénario pas toujours réaliste ; démarrage un peu trop chaotique ; des longueurs.











lundi 13 janvier 2025

[Chronique] Good morning sunshine - Tajimakoto

  

Good morning sunshine - Tajimakoto



Titre: Good morning sunshine
Auteurice: Tajimakoto
Éditions Taifu comics
Genre: manga, yaoi, tranche de vie, romance
Âge: 16+
One-shot



SERVICE PRESSE



Résumé:

« Et si on essayait l’amour sans drama ? <3 »

Nouvel étudiant aux beaux-arts, Subaru Tosaka découvre que son voisin n’est autre que Yôhei Yumoto, l’auteur de la peinture qui l’avait convaincu de passer le concours d’entrée.

Au fil du temps, les deux étudiants se rapprochent et finissent par découvrir que l’affection qu’ils éprouvent l’un pour l’autre est réciproque. Ils commencent alors à sortir ensemble… Mais comment passe-t-on de voisins à amoureux ? Que savent-ils vraiment l’un de l’autre, au juste ?

Peu importe les obstacles, ces deux-là sont bien décidés à les surmonter ensemble avec les meilleures armes possibles : bienveillance, communication et gentillesse !


Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat !

J’ai énormément accroché à la couverture. Même si le style du dessin y est assez spécial, j’ai tout de suite trouvé l’image attirante, remplie de douceur et de complicité. On a l’impression qu’on va entrer dans une bulle de coton dès qu’on aura démarré le manga, c’est très apaisant et agréable !

Les dessins sont jolis, un peu particuliers, mais je les ai beaucoup aimés. Ils sont tout doux et lumineux.

Il y a deux scènes érotiques, très courtes et assez soft, mais non censurées (ce qui est un avantage).

Ce manga met en scène deux personnages tout doux, atypiques et attachants. Il s’agit de deux étudiants en art qui fréquentent la même école et sont aussi voisins. Leurs interactions sont nombreuses et tout se fait petit à petit, avec une douceur incroyable, qui m’a fait beaucoup de bien.

La romance est toute mimi, sans réel défi. Ce n’est pas une critique, au contraire : c’est agréable, parfois, d’avoir droit à une relation de ce genre sans qu’il y ait forcément d’obstacles, de disputes, etc. En tout cas moi j’ai apprécié à sa juste valeur cette petite bulle de tendresse et de complicité que Subaru et Yôhei se construisent.

L’ambiance est d’une douceur et d’une bienveillance incroyable. Je crois que douceur est le maître mot, pour cette histoire, mais il est important aussi de noter que la communication et le respect sont bien présents. Les discussions peuvent parfois être sérieuses ou gêner les personnages, mais toujours, ils se respectent et s’écoutent, ce qui fait un bien fou.

Seul bémol qui m’a gêné·e et influe sur la note car cela m’a régulièrement sorti·e de l’histoire : le manque de transition entre les différentes scènes. L’histoire est parfois trop décousue, et manque parfois de structure. Par exemple, les deux personnages se rapprochent, s’embrassent pour la première fois, se disent qu’ils s’aiment, et d’un coup on passe à la scène suivante sans débriefing, sans savoir vraiment ce qu’il s’est passé entre eux. C’est déstabilisant et dommage, il manque parfois un quelque chose pour que l’émotion reste présente.

Malgré cet écueil, c’est une très belle histoire, que j’ai pris vraiment beaucoup de plaisir à lire, et que je relirai avec joie quand j’aurai un moment de déprime, car elle fait du bien au cœur !


Points positifs : des personnages attachants et tout doux ; une ambiance lumineuse et positive ; domaine de l’art bien développé et bien amené ; une relation d’une immense douceur, avec beaucoup de respect et de tendresse.

Points négatifs : manque de transitions entre les scènes.








dimanche 29 septembre 2024

[Chronique] Coeurs Sucrés - Aurore Kopec

  

 Vieux Livres et Gourmandises tome 3: Cœurs Sucrés - Aurore Kopec






Titre: Vieux Livres et Gourmandises 3: Coeurs Sucrés
Autrice: Aurore Kopec
Éditions Textes gais
Genre: romance LGBTQIA+, handicap, personnage racisé (sikh), pompier, tranche de vie
3 tomes + un recueil de nouvelles



SERVICE PRESSE


Résumé:

Anatéo voit tous ses amis se caser. Nathaël et Charlie ont trouvé leur grand amour. Lui qui s’estimait heureux entouré de ses proches et de ses livres, découvre qu’il aimerait lui aussi goûter à ce bonheur à deux. Mais il est convaincu que son fauteuil roulant et les petits tracas liés à son corps défaillant sont un handicap à une vie amoureuse épanouie.
Pompier, gay et de confession sikhe, Ravindra peine à s’intégrer. Il se sent seul loin de sa famille et de sa communauté. Jusqu’à sa rencontre avec ce jeune homme en fauteuil roulant que le destin ne cesse de mettre sur son chemin. Mais comment le retrouver dans une si grande ville ? Et surtout, cet homme aura-t-il envie de le revoir ?

Chronique d'Aurélie

Tout d’abord, un grand merci à Aurore pour ce beau service-presse.

Je tiens également à m’excuser pour le temps que j’ai mis, plus à écrire ma chronique qu’à lire le livre. La période a été agitée de mon côté <3

J’avais hâte de plonger dans ce roman, pour plusieurs raisons : d’abord, vous le savez si vous avez lu mes avis précédents (sinon, vous le découvrez ici !), Cœurs Sucrés s’inscrit dans la série des Vieux Livres et Gourmandises, mais chaque tome en est indépendant, centré sur un nouveau couple. Ainsi, nous avons suivi Nathaël et Chris dans Tatouages et Macarons, puis Charlie, Will et Raphaël dans Le garçon vanille- chocolat. Ce tome 3 est consacré à Anatéo et un petit nouveau, Ravindra.

Pour lire cet opus, vous n’avez pas besoin d’avoir lu les précédents. Comme je le disais, ils sont tous indépendants, ce qui permet d’entrer dans l’histoire comme bon vous semble, par le livre qui vous tente le plus. Les livres se suivent cependant chronologiquement parlant, vous retrouverez donc au fil des tomes des informations sur les personnages précédents.

C’est aussi une des choses que j’apprécie dans cette série : chaque tome nous focalise sur un nouveau duo, mais nous y retrouvons les personnages que nous avons appréciés dans les tomes d’avant et nous les voyons évoluer eux aussi. Ils restent très présents, à l’exception de Raphaël que nous voyons très peu (mais qui aura son histoire dans le recueil de nouvelles qui fait suite à ces trois tomes, de ce que j’en sais !).

Toute la série aborde des thèmes profonds, variés et importants. Dans Cœurs Sucrés, c’est de handicap que nous allons parler… entre autres. Car Aurore ne traite jamais « juste » un thème dans ses livres. Elle aime nous proposer des histoires réelles, or on le sait, la vraie vie ne se limite pas à une problématique par « chapitre » vécu. Ici, les thèmes croisés sont nombreux. On y aborde bien sûr très vite fait les thèmes précédents (notamment transidentité et intersexuation avec Will et Charlie). Anatéo, jeune bibliothécaire en fauteuil roulant, était déjà présent dans les tomes précédents lui aussi, mais cette fois-ci c’est son tour d’entrer en piste et de sortir du « club des célibataires » qui ne contient plus que lui comme unique membre.

J’ai adoré la manière dont Aurore traite du handicap. C’est un thème fort, pas facile à aborder quand on n’est pas concerné·e. La recherche d’informations est bien présente, le sujet traité avec justesse, et le tout sans « drama ». J’ai remarqué que ce n’est pas rare que dès qu’on parle de handicaps comme la paraplégie, on tombe vite dans l’excès de tragique. Mais les personnes en fauteuil, si elles doivent relever des défis dont on n’a pas toujours idée, ne sont pas enfermées dans le négatif et vivent leur handicap au quotidien comme leur propre « normalité ». J’ai aimé voir en Anatéo un personnage positif qui a des difficultés à cause de notre société qui ne s’adapte pas aux différents handicaps, mais qui vit vraiment sa vie sans passer son temps à se plaindre ou à souffrir de ces problématiques. J’ai trouvé que tout était abordé avec douceur et pertinence, beaucoup de respect, et une véritable justesse jusque dans la manière dont le quotidien d’Anatéo est abordé. J’ai aussi apprécié que tout ne tourne pas autour de son handicap. Oui, il surmonte des défis que les personnes valides ne vivent et ne comprennent parfois pas. Il y a des moments plus difficiles, des accidents compliqués, des gestes « différents » qu’on aborde avec pudeur mais sans honte, car il n’y a pas de raison d’en avoir honte (même si Anatéo en a parfois honte, ce qu’on comprend aussi vu la société dans laquelle on vit). Mais il est aussi et surtout plus que cela, un être humain avec un travail, des émotions, des loisirs, et ami·es… Il y a une réelle volonté dans les mots d’Aurore de montrer à quel point Anatéo est finalement une personne comme une autre malgré les écueils de « plus » qu’il a à surmonter, le tout avec énormément de naturel.

Ravindra, de son côté, a lui-même affaire à de nombreux défis. Racisé, sikh, il doit composer entre ses origines, sa religion, et sa vie en-dehors d’une communauté qui l’accepte et le comprend. Ravindra fait des compromis pour s’intégrer tout en restant intègre avec ses convictions et sa culture. Il fait face à de nombreuses critiques, presque du harcèlement de la part de certains de ses collègues qui ne le comprennent pas et le jugent ne serait-ce que sur sa couleur de peau, mais aussi sur ses différences, mais aussi parfois de la part de sa famille qui estime qu’il s’éloigne un peu trop de leur culture. En plus, Ravindra est gay, mais suite à de mauvaises expériences dans son ancien boulot, il n’ose pas faire de coming-out à son nouveau travail. Les questions autour du coming-out et de sa nécessité sont intéressantes et bien conduites, les problématiques autour du personnage de Ravindra captivantes. Encore une fois, Aurore a été creuser en profondeur pour nous offrir un personnage réaliste. J’ai appris beaucoup de choses autour de la religion et de la culture sikhs, et j’ai apprécié le voyage, même en restant en France. J’ai aimé les doutes et les craintes de Ravindra, qui est très heureux avec lui-même mais galère à trouver sa place dans la société, parfois ayant peur à raison, parfois simplement parce qu’il n’ose pas faire confiance (avec son vécu, on le comprend, ceci dit).

J’ai également beaucoup aimé le fait que Ravindra est pompier. Là aussi, Aurore a fait un super travail de fond sur ce métier qui me touche particulièrement, mon père ayant été sapeur-pompier professionnel toute son existence. Les termes, l’ambiance en caserne, les interventions sont très réalistes et montrent une image des pompiers qui est loin du glamour que l’on trouve habituellement en romance, ce qui est très chouette. Petit bémol de ce côté-là malgré tout, j’ai trouvé un certain « négativisme » dans cette vision des pompiers, avec beaucoup d’évènements lourds et à mon goût pas assez d’interventions plus « légères » (évidemment, qui dit intervention de pompiers dit rarement « légèreté », je vous l’accorde, mais tout est très relatif). Aurore appuie un peu beaucoup sur les horreurs du métier, le fait que c’est usant psychiquement, et Ravindra considère souvent qu’être pompier est si prenant niveau temps que c’est presque totalement incompatible avec une vie de couple ou de famille, ce qui n’est pas mon expérience en tant que fille de pompier. J’ai trouvé cela parfois un peu dommage car cela peut donner une vision négative de ce métier certes prenant et pas toujours facile, mais aussi fabuleux et profondément utile. Ceci dit, c’est aussi ma vision personnelle et après discussion avec Aurore, je comprends également son besoin de montrer aussi cet aspect moins « reluisant » d’un métier qu’on traite peut-être justement trop souvent avec légèreté. Le sujet reste très bien traité, et ce petit bémol est, je pense, très personnel ! Il n’a de plus rien gâché à la magie de cette histoire positive, douce, et d’une romance des plus adorables.

La romance, justement, prend son temps avec une douceur et une mignonnerie à toute épreuve. Entre Anatéo et Ravindra, c’est du petit bonbon. Cette histoire est un condensé de tolérance et de bienveillance qui fait un bien fou ! J’ai tout simplement adoré la relation d’Anatéo et Ravindra, je les ai trouvés parfaits ensemble, y compris dans leurs doutes, dans leurs questionnements, dans leurs moments difficiles…

J’ai apprécié aussi de découvrir les proches de nos deux amoureux transis D’un côté, la famille de Ravindra, traditionnelle et différente à la fois, puisqu’il s’agit d’une famille tout ce qu’il y a de plus « normale »… pour une famille sikhs. Quand nous les retrouvons aux côtés de Ravindra, nous sommes dans un autre univers, et c’étaient de supers immersions. De l’autre côté, la famille d’Anatéo est composée de deux papas, ce que j’ai adoré également. Sont d’ailleurs posées des questions importantes concernant le regard que porte la société sur deux hommes élevant un fils ensemble, un fils qui s’avère… lui aussi attiré par les hommes. Même si j’ai été surprise de la réaction d’un des deux papas à cette annonce, que j’ai trouvée trop forte et totalement injuste, ça n’en est pas moins une situation que l’on peut comprendre, dans un contexte où tous les regards sont portés sur ce genre de famille et où l’on attend forcément de l’enfant qu’il devienne hétéro, sans quoi il aurait forcément été « perverti » par ses deux parents du même genre… Bref, une réflexion de vie intéressante à travers cette famille atypique qui doit encore et toujours retrouver ses marques dans un monde qui ne veut pas d’eux, même si la société accepte mieux, aujourd’hui, ce genre de configurations familiales…

Enfin, pour terminer, comment ne pas aborder, bien sûr, la magie de cet univers gourmand qui met l’eau à la bouche du début à la fin ! Pâtisseries et boissons chaudes aux noms délicieux, plats sikhs et ateliers de gâteaux pour Noël, de quoi vous donner faim tout du long ! Un livre pour les gourmands qui veulent rêver à de bons plats sans prendre un seul gramme 😉 Bon, ça a des côtés frustrants, mais j’adore cet aspect de cette série colorée et sucrée à souhait !

Un troisième opus à la hauteur, et peut-être mon préféré des trois, même si je garde un faible pour le tome 2, ne serait-ce que pour les thèmes abordés. Une série qui traite de sujets importants, de manière douce, plutôt feel-good malgré certaines situations difficiles, avec beaucoup de justesse et de bienveillance. Merci encore une fois Aurore pour ce merveilleux moment de lecture ! <3

Points positifs : une plume énergique et agréable ; des personnages principaux attachants et adorables ; des personnages secondaires que l’on prend plaisir à retrouver (héros des tomes précédents) et à voir évoluer ; des thématiques et problématiques très importantes, notamment le thème du handicap très bien abordé ; une immense diversité ; un cadre toujours aussi gourmand, qui met l’eau à la bouche et titille les papilles ; une immense bienveillance dans les sujets traités et beaucoup d’informations qui passent comme une lettre à la poste.

Points négatifs : un peu perdue parfois pour savoir qui parle ou qu’il fait l’action avec les « il » qui ne se rapportent pas toujours au sujet précédent ; un univers de pompiers un peu trop sombre à mon goût (mais je comprends aussi le choix de l’autrice).






samedi 7 septembre 2024

[Chronique] L'histoire de papa, papa et moi 1 - Roji

 

L'histoire de papa, papa et moi, tome 1 - Roji




Titre: L'histoire de papa, papa et moi
Auteurice: Roji
Éditions Taifu comics
Genre: manga, yaoi, tranches de vie, homoparentalité
Âge: tout public
série en cours, 1 tome paru (il peut se lire en one-shot)



SERVICE PRESSE



Résumé:

On n’est peut-être pas liés par le sang, mais c’est notre enfant !

Le mariage homosexuel légalisé, c’est au tour de l’adoption d’être ouverte à toutes et à tous. Nao et Ai, en couple depuis l’université, ont le bonheur d’accueillir au sein de leur foyer le petit Hiro. Nao est un grand sensible à la larme facile, et Ai, un véritable électron libre. Ces deux opposés polaires vont devoir braver les pleurs nocturnes, les adieux déchirants à la crèche et le regard des autres mères ensemble ! Le jeune couple s’apprête à découvrir la véritable vie des parents, entre doutes et certitudes.

Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat !

Quand j’ai vu le titre et la couverture de ce manga, j’ai tout de suite eu envie de le découvrir ! Une histoire d’homoparentalité, c’est rare et précieux…

La couverture est très jolie, elle dégage beaucoup de tendresse. Nous y retrouvons Nao et Ai avec le petit Hiro endormi, et tous les trois forment une très jolie petite famille complice et aimante.

Les dessins sont mignons comme tout, très expressifs, ils vont parfaitement bien avec l’histoire !

Nous suivons ici le quotidien de Nao et Ai alors qu’ils viennent d’accueillir le petit Hiro dans leur vie. Nous allons les suivre, tous les trois, depuis la naissance d’Hiro, donc, jusqu’au CM1, dans ce premier tome qui peut se lire en one-shot. Entre deux « aventures » quotidiennes, nous reviendrons également sur le passé de Nao et Ai, leur rencontre, la construction de leur relation…

J’ai beaucoup aimé ces deux axes qui donnent à cette histoire beaucoup de dynamisme. Sous forme de tranches de vie d’une grande douceur, positives et à la fois réalistes, nous apprenons à connaître cette petite famille hors norme, et nous nous attachons à eux trois. J’ai beaucoup apprécié la manière dont cette histoire nous montre que personne n’est parfait, mais qu’en faisant de son mieux et en se soutenant, on arrive à s’en sortir, même si ce n’est pas tous les jours facile d’élever un enfant ! Nous assistons aux nuits blanches, aux doutes, aux pleurs, aux rires, aux émerveillements des premières fois… Ensemble, Nao et Ai affrontent les épreuves, les traversent et grandissent, un peu en même temps que Hiro !

Voir grandir Hiro et avec lui découvrir à quel point ses parents évoluent était aussi touchant. Il y a une tendresse infinie, dans ce manga qui représente très bien la parentalité, même si au début de l’histoire je ne me reconnaissais pas trop dans certaines visions très japonaises, je crois, de la vie et de la parentalité. Je dois dire que j’ai eu un peu « peur » au début, je n’étais pas certaine d’accrocher, mais je me suis ensuite laissé totalement happer dans l’histoire, et j’ai vraiment adoré !

Un coup de cœur douceur que je prendrai plaisir à relire !

 

Points positifs : de jolis dessins tout doux ; un couple soudé, touchant et attachant ; un bébé trop mignon qui grandit et évolue, et avec lui ses parents qui se « font » à leur rôle ; une histoire de parentalité réaliste, positive mais qui touche juste.

 

Points négatifs : le début ne m’a pas transcendé.






vendredi 7 juin 2024

[Chronique] Tu me coupes le souffle 2 - Zeniko Sumiya


       Tu me coupes le souffle, tome 2 - Zeniko Sumiya




Titre: Tu me coupes le souffle
Autrice: Zeniko Sumiya
Éditions Taifu comics
Genre: manga, yaoi, musique, sex friends, rivaux
Âge: 16+
Série en cours, 2 tomes parus



SERVICE PRESSE


Résumé:

En tout cas, entre nous ça a été plutôt rapide sexuellement parlant.

Suzuki et Yano sont enfin en couple et décident d'emménager ensemble. Leur cohabitation se passait à merveille jusqu'à ce que Shizuki apprenne que Yano a des problèmes avec son père. Alors que Shizuki voudrait soutenir Yano et en apprendre plus sur lui, celui-ci refuse de lui ouvrir son cœur. Shizuki est ainsi de plus en plus en proie au doute, et voilà que Shibasaki, l'ami d'enfance de Yano, très au fait de son passé, fait son apparition dans la fanfare !


Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat.

La couverture est à l’image du tome 1, mais montre l’évolution de notre duo de musiciens. Ils sont complices et ils ont l’air heureux, même si Shizuki ne l’exprime pas avec autant d’extraversion que Yano.

Les dessins à l’intérieur sont jolis, plus que ceux des couvertures. J’aime beaucoup l’expressivité des personnages et le visage de Shizuki, souvent si neutre. La mangaka sait bien nous transmettre ses émotions malgré son manque d’expressivité, justement.

Dans ce tome, nos deux amoureux vont se construire une vie commune, notamment en décidant d’habiter ensemble. On suit leur quotidien qui se pose, c’est une vraie tranche de vie très douce. Nous les suivons dans leur nouvelle vie commune, dans les répétitions de la fanfare (même si celles-ci sont encore moins présentes que dans le tome 1, seul point négatif de cette série qui parle de musique mais… ne parle pas tellement de musique, en fait, du moins pour le moment).

Au sein de la fanfare, Shizuki et Yano sont encore simplement « amis », ce qui va mener à des questions sur leur emménagement commun, et obliger le couple à réfléchir à ce qu’ils souhaitent dire ou ne pas dire.

Nous allons aussi nous confronter à la famille de Yano, et ça ne sera pas tout rose. Cela donnera lieu aussi à des tensions du couple, alors que Shizuki ne comprend pas pourquoi Yano lui cache des choses sur son passé. Yano est très secret à ce sujet. L’arrivée d’un de ses amis d’enfance va rajouter de nouveaux questionnements pour Shizuki, de nouveaux malaises pour Yano…

J’ai apprécié que cet ami ne soit pas, comme trop souvent dans les mangas où le couple se pose dans son quotidien, une « menace », le type amoureux d’un des deux héros depuis toujours. Quand je l’ai vu apparaître, j’ai craint un twist scénaristique de ce genre, mais pas du tout, et ça m’a beaucoup plu ! Du coup j’ai pu vraiment apprécier ce nouveau personnage qui va avoir son importance dans ce tome.

Un très bon second volume, pour une série douce et agréable dont le seul écueil est le manque de « musicalité » malgré le sujet de base <3


Points positifs : des dessins dynamiques, esthétiques, très expressifs ; des personnages drôles et attachants ; un début de relation original et intéressant ; une histoire légère et remplie d’humour ; un manga large public malgré les thématiques.

Points négatifs : comme dans le premier volume, bien qu’il s’agisse d’une histoire entre deux musiciens, j’ai trouvé la musique trop peu présente.







jeudi 2 mai 2024

[Chronique] A tropical fish yearns for snow 9 - Makoto Hagino

 

 A tropical fish yearns for snow, tome 9 - Makoto Hagino




Titre: A tropical fish yearns for snow
Autrice: Makoto Hagino
Éditions Taifu yuri
Genre: manga, yuri, feel-good, tranche de vie
Âge: 14+
Série en 9 tomes parus



SERVICE PRESSE


Résumé:

Le temps a passé depuis que Koyuki et Konatsu se sont rencontrés au club d'aquariophilie du lycée Nanahama.

Au milieu de tous ces bouleversements, les deux jeunes filles tiennent bon, elles chérissent avec une tendresse inchangée le lien qu'elles ont tissé grâce à la salamandre.

L'automne approche et le départ de Koyuki se fait imminent. Alors que la fête de l'école bat son plein, Konatsu rassemble son courage pour enfin éclaircir ses derniers doutes...

Qu'adviendra-t-il de leur histoire une fois leurs chemins séparés ?


Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat et pour leur continuelle gentillesse.

La couverture est à l’image des précédentes, toujours dans les tons de bleu, toujours la même énergie positive et tout en douceur. Une illustration qui représente nos deux héroïnes souriantes et épanouies, pour un dernier tome à la hauteur de la série !

Les dessins à l’intérieur sont de vrais petits bonbons de douceur et de beauté. J’aime définitivement le style de la mangaka, l’expressivité et la « mignonnerie » des personnages...

Je l’ai répété plusieurs fois, mais « douceur » est vraiment le maître mot de ce manga. Nous avons eu droit à des hauts et des bas, des questionnements, des peurs, des incompréhensions et des quiproquos, mais sans jamais entrer dans la violence. Les émotions ont parfois fluctué, mais elles l’ont fait en épargnant notre cœur.

Cette série est un yuri, mais l’histoire d’amour en est très particulière. Je me suis demandé jusqu’à la fin si c’était vraiment de l’amour romantique ou de l’amour amical très fort. Finalement, ça ne change rien, ça reste de l’amour… C’est une des choses que j’ai appréciées, dans ce manga, d’ailleurs : on y parle d’amour sous tellement de formes ! On y parle d’amitié, on y parle de sentiments, on y parle d’amour familial, on y parle d’attachement… de confiance et de complicité. C’est sans doute en partie ce qui donne à cette histoire sa douceur et sa tendresse.

Je profite de ce dernier tome pour faire un point plus global sur la série. C’est un petit bijou qui se lit tout seul. Même s’il y a parfois eu quelques longueurs (comme dans la vraie vie, surtout quand on est deux ados !), je ne me suis pas ennuyée, au contraire : on y suit les mille questionnements de deux jeunes filles et de leurs proches, alors que leur vie évolue et qu’elles s’ouvrent au monde, aux possibilités de la vie.

Le tout est narré avec un immense respect, malgré la différence des personnages. Koyuki, particulièrement, est atypique, pourtant elle est acceptée par tout le monde. Même si elle a parfois des doutes, même si elle est introvertie et dans sa bulle, les autres la perçoivent comme un être humain à part entière, une personnalité intéressante qu’ils aimeraient connaître davantage mais qui leur échappe un peu. J’ai énormément aimé cet aspect, cet appel discret à la tolérance. C’est une belle leçon de vie, je trouve que cette histoire qui rapproche des personnages très différents et crée entre eux des liens sincères et respectueux <3

Une très belle série qui fait énormément de bien au cœur !


Points positifs : de très beaux dessins ; beaucoup de douceur, de tendresse et de joie ; des personnages attachants, touchants et lumineux ; le thème de la solitude est intéressant ; le fait que Koyuki est l’élève phare de son lycée tout en étant super originale et un peu mise de côté m’a beaucoup touchée ; un dernier tome tout doux qui conclut magnifiquement la série.

Points négatifs : pas trouvés