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dimanche 21 juin 2026

[Chronique] Fangs and Roses - Alex Conan

 


Titre : Fangs and Roses

Auteur : Alex Conan

Editions : Bookmark

Collection : MxM

Genres : Romantasy, LGBTQIA+

Pages : 400

Sortie : 16 Février 2026

Prix : Numérique - Papier






Résumé : Deux âmes sœurs : l’une ignore l’existence de leur lien, l’autre essaie désespérément de l’oublier.


Adrian est l'un des capitaines de l'Agence, une entreprise de sécurité privée, et le Descendant de la race des Loups.
Kieren est un vampire arrogant et naïf qui enchaîne les petits boulots et se laisse guider par sa soif de découvertes et de sensations nouvelles.

À première vue, ils n’ont rien en commun... sinon une nuit qu’ils ont partagée deux ans plus tôt et dont Kieren ne garde aucun souvenir. Une nuit où Adrian a reconnu en lui son âme sœur, avant que Kieren ne disparaisse sans laisser de trace.
Le loup a tenté de l’oublier, jusqu’à ce Kieren resurgisse dans sa vie comme nouvelle recrue de l’Agence.

Lancés sur la trace d’un tueur en série vampire, ils vont devoir apprendre à travailler ensemble. Si ce n’est pour sauver leur lien, au moins pour sauver leur vie.






Avis : Nous nous retrouvons aujourd'hui pour une nouvelle chronique livresque et celle-ci concerne Fangs and Roses, un roman que j'avais précommandé pour le pop-up store des éditions Bookmark à Lille.

 

Dans cette histoire, nous faisons la rencontre de Adrian, un Descendant des Loups et l'un des capitaines de l'Agence. Deux ans plus tôt, il a fait la rencontre d'un humain avec qui il a partagé une nuit. Il n'a jamais pu l'oublier puisqu'il s'agit de son âme soeur. 

Alors quand il voit débarquer son âme soeur, à l'Agence, en tant que Consultant et vampire de Type 4, qui ne semble même pas le reconnaître, ça semble énorme à encaisser. 

 

Kieren est un vampire qui enchaîne les petits boulots jusqu'à trouver celui de l'Agence. Il est du genre arrogant et un peu naïf, tout en ayant l'une des pires mémoires possibles. Très vite, le lecteur se rend compte qu'il cache quelque chose et ce quelque chose, je l'admets, je l'avais deviné. Je me suis cependant très vite attachée à lui, tout comme tous les personnages de l'histoire, d'ailleurs.

 

Adrian est un Descendant des Loups, ce qui fait de lui un Loup plus imposant et puissant, qui est respecté des siens. Du moins, sauf de certaines personnes de sa famille, suite à ce qu'il s'est passé avec ses parents. Il a un frère et deux soeurs qui sont bien présentes pour lui, et dans l'histoire. Personnellement, j'ai beaucoup aimé Adrian mais j'ai surtout adoré Mika, sa soeur "la plus proche".

 

Kieren et Adrian doivent composer avec ce lien d'âme soeur que le premier ignore et que le second essai d'oublier. Cependant, des cadavres surnaturels surgissent : mages, loups, sorcières... Tout indiqué qu'un vampire est responsable... Jusqu'à ce qu'un vampire de l'Agence soit retrouvé. Commence alors une chasse à la montre pour retrouver ce tueur en série qui s'en prend aux créatures surnaturelles avant qu'il ne fasse une nouvelle victime.

 

Nous ne sommes peut-être pas sur une intrigue très originale mais je dois bien admettre que les histoires surnaturelles, avec des liens d'âme soeur, avec une pluie d'enquêtes policières, c'est mon péché mignon. Alors quand, en plus, il est question de vampires et, surtout, d'une liaison entre deux puissantes races, je signe tout de suite.

J'ai été agréablement surprise par cette histoire qui m'a tout de suite accroché. Les personnages sont attachants, l'intrigue m'a bien embarqué et la plume de l'auteur est immersive, en plus d'être prenante et addictive.

 

Cette histoire est un tome unique, ce que j'apprécie - il est vrai - mais je ne dis pas spécialement non à une suite, même très courte, dans laquelle nous retrouvons tout ce petit monde. Cette meute qui a su prendre une place dans mon coeur.

 

Pour résumé, nous avons là une très bonne surprise et un roman que j'ai dévoré bien trop rapidement - ce qui faisait bien longtemps.





dimanche 19 avril 2026

[Chronique] Jackson & Leland, Tome 3 - Alice Winters

 



Saga : Jackson & Leland

Titre : Comment resserrer les liens sans se faire tirer dessus quand on est un tueur à gages

Tome : 3

Auteur : Alice Winters

Edition : Bookmark

Collection : MxM

Genres : Romance MM, Policier

Pages : 416

Sortie : 31 Octobre 2022

Prix : Numérique - Papier






Résumé : Leland

Est-ce vraiment trop demander qu’un petit mariage tranquille ? De toute évidence oui, parce que quelqu’un essaie de tuer l’un d’entre nous... encore.

En général, c’est plutôt mon truc à moi, et je me joindrais volontiers à la fête, en poussant ma chansonnette de meurtrier, si la personne derrière tout ça ne souhaitait pas la mort de Jackson. Et je ferais tout pour le garder en vie.
Ces gens n’ont aucune idée de l’erreur qu’ils ont commise, en prenant mon homme pour cible, parce que je ne les lâcherai pas.

Mais ce n’est que quand j’ai l’impression que tout est perdu que je commence à prendre conscience que j’ai désormais une famille prête à se tenir à mes côtés et à tout faire pour qu’on règle les choses selon nos propres termes.

Jackson
Quand quelqu’un me prend pour cible, je vois bien qu’il ou ils attendent quelque chose de moi. Le problème, c’est que je ne sais pas du tout quoi. Et si je ne le découvre pas rapidement, j’ai bien peur que Leland m’étouffe, en voulant me surprotéger.

Le problème, c’est que le temps nous est compté et, avec ma tête mise à prix, difficile de savoir où et quand quelqu’un va tenter sa chance. Ensemble, Leland et moi devons trouver qui dit la vérité, dans ce jeu de vie ou de mort, parce que j’ai bien l’intention d’épouser l’homme de mes rêves, et personne ne m’en empêchera – surtout avec Leland à mes côtés.

#Humour #MM #Enquêtes #EnemiesToLovers






Avis : Nous nous retrouvons aujourd'hui pour ma chronique sur le troisième tome de Jackson et Leland.


Jackson et Leland vont se marier et prépare le grand jour avec beaucoup de soin. Cependant, le passé militaire de Jackson refait surface et il se retrouve en grand danger. Autant dire que nous nous retrouvons avec un Leland encore plus obsédé par la protection de son homme qu'en temps normal.

J'ai beaucoup aimé cette nouvelle enquête. Nous en avons eu une liée au passé de Leland et c'est Jackson qui est ici à l'honneur. C'était intéressant d'en apprendre davantage sur son passé tout en observant l'évolution de sa relation avec Leland et la folie de ce dernier.

Leland est totalement dingue mais c'est un personnage que j'adore. Si vous imaginez les pires folies, qu'elles soient dangereuses ou non, vous pouvez être certain qu'il a déjà tenté. C'est un personnage qui me fait beaucoup rire de par sa folie et j'aime énormément le voir évoluer au côté de Jackson, évidemment, mais aussi au côté de Henry et Cassel.
Jackson est beaucoup plus terre à terre et droit dans ses bottes, du moins quand Leland n'est pas de la partie. Étrangement, à son contact, il a tendance à être aussi fou... Enfin presque puisque c'est très difficile d'arriver au niveau de Leland.

J'ai vu récemment qu'un "tome bonus" allait sortir et mettait en avant Cassel et Jérémy. J'ai hâte de voir ces deux-là se rapprocher - et j'ai déjà hâte de revoir Jackson et Leland. Je dis ça comme si la saga était terminée alors que pas du tout puisqu'il y a encore un tome 4 et un tome 5 qui sont sorties. Je les ai d'ailleurs tous les deux dans ma PAL donc je suis impatiente de lire tout ça. 

Je considère cette saga comme une saga "doudou" puisque je suis toujours de bonne humeur en retrouvant les personnages. Leland a toujours le mot ou l'action surprenante qui me fera rire, et Jackson est un personnage que j'aime énormément. Le duo fonctionne bien et ils sont entourés de personnages tous plus intéressants les uns que les autres. 
Je suis très heureuse de m'être replongé dans cette saga et j'ai hâte de me lire la suite. 

Pour résumer, nous avons une suite à la hauteur de mes attentes et un duo comiquement attachant, comme toujours.



dimanche 22 février 2026

[Chronique] H.E.R.O, Tome 7 - Victoria Sue

 



Saga : H.E.R.O

Titre : Mission Accomplie

Auteur : Victoria Sue

Edition : Bookmark

Collection : MxM

Genres : Romance, MM, Policier, Nouvelles

Pages : 200

Sortie : 25 Novembre 2024

Prix : Numérique - Papier






Résumé : Retrouvez vos héros préférés dans ce recueil de courtes histoires pour un ultime au revoir ! Ces nouvelles traitent de l'amour, de le trouver alors que l'on croyait que l'on n'en serait jamais digne. De la famille que l'on se crée alors que l'on a été rejeté par celle dans laquelle on est né. Elles parlent d'enfants chassés par ceux qui auraient dû les aimer le plus. Elles parlent de secondes chances, et même de premières chances. Mais surtout, elles parlent de gens qui affichent des cicatrices, des marques visibles, de ceux qui en possèdent d'autres cachées, et de ceux qui tombent amoureux de ce qu'il y a dessous, derrière, ces traces. Et qui aiment quand même leurs porteurs. 

#MM #Romance #Action #HumainAugmenté 

Ce tome clôt la série H.E.R.O.






Avis : Je suis heureuse de vous retrouver aujourd'hui pour, certes, une nouvelle chronique mais une chronique qui clôt une saga que j'aime beaucoup.

Il est vrai qu'avec ma panne de lecture, je n'ai quasiment pas acheté de livres en trois ans de temps donc ma PAL n'a pas réellement augmenté mais elle dépasse tout de même les 100 livres et j'ai toujours eu l'envie de la faire descendre. C'est donc ce que je m'applique à faire depuis ma reprise de la lecture et je suis donc bien heureuse de pouvoir dire ouvertement que j'ai terminé une saga.


Ce tome est un recueil de plus ou moins longues histoires nous permettant de retrouver Talon et Finn, mais aussi toute l'unité et les nombreux enfants augmentés qui ont trouvé refuge au sein de cette grande famille. 

Cet article ne sera pas très long car je ne vois pas spécialement ce que je pourrais dire si ce n'est que cette lecture / conclusion fut légèrement "douce amère". J'ai beaucoup aimé cette conclusion car on retrouve globalement tout le monde et chacun d'eux a un happy end. Cependant, j'ai ressenti un petit manque car tous les couples ne sont pas mis en avant. Je m'y attendais au vu du format et l'aspect très court du livre mais je ne m'attendais pas spécialement à ressentir un tel manque.

Heureusement, ce n'est qu'un soupçon de négatif dans mon ressenti puisque mon avis générale sur la sage est très positif tant j'ai apprécié chaque duos, chaque enquêtes et chaque personnages. Si le premier tome vous fait de l'oeil, je ne peux que vous encourager à vous lancez car la saga en vaut le détour.


Je clôture donc cette saga avec, dans l'ensemble, un avis très positif et je reviens prochainement pour une nouvelle chronique littéraire.




lundi 22 décembre 2025

[Chronique] La Dernière Province 3- Anouchka Labonne

  

 La Dernière Province, tome 3: Rébellion - Anouchka Labonne






Titre: La Dernière Province
Autrice: Anouchka Labonne
Éditions Voy'El
Genre: roman, LGBT+, fantasy, steampunk, esclavage
Trilogie



SERVICE PRESSE



Résumé:

« Je ne pars pas pour la liberté des miens, avoua Sao d'une voix penaude. Je pars pour sauver un homme. Juste un homme tout seul. Il est peut-être même déjà mort à l'heure qu'il est. »

La mission de Sao et Armas a brutalement pris fin lorsque ce dernier a été enlevé. Tandis qu'à Port-Méridien et dans le reste de l'Empire Rébellion avance ses pions, Sao est contraint d'emprunter des chemins de traverse pour tenter par tous les moyens de retrouver son compagnon de route. Empêtré dans les rouages de la révolte, il doit faire ses premiers pas d'homme libre loin de tout ce qu'il connait. Ce dernier tome conclut avec finesse et émotion la trilogie de La Dernière Province, emmenant à son terme la quête de Sao... et la vôtre.


Chronique d'Aurélie

Tout d’abord je remercie infiniment Anouchka pour sa proposition de service-presse, ainsi que les éditions Voy’el pour leur disponibilité et leur gentillesse. C’est toujours un plaisir de travailler et d’échanger avec vous !

Si j’ai un peu moins apprécié ce dernier opus que les deux précédents, la trilogie reste pour moi un gros coup de cœur que j’ai adoré lire. L’univers tout comme la plume de l’autrice sont immersifs, et c’est avec plaisir que j’ai retrouvé Sao pour suivre la fin de ses aventures.

J’ai eu un tout petit peu de mal à raccrocher les wagons au début, mais c’est parce que je n’avais plus en tête la fin du tome précédent, je ne me souvenais plus des évènements et je n’avais pas la possibilité de relire les deux premiers tomes pour démarrer celui-ci. Je suis cependant rapidement entré·e dans l’histoire, une fois les évènements remis en place dans ma tête autant que dans le texte. Ce démarrage est entraînant car rempli de rebondissements, de tensions, mais aussi de nouvelles rencontres.

Nous retrouvons donc Sao alors qu’Armas a disparu, capturé par les hommes de son ancien maître. Notre pauvre esclave désormais affranchi se retrouve à gérer à la fois ses blessures, reçues au cours du combat qui lui a arraché Armas, ses émotions concernant les évènements, ses sentiments qui explosent, sa toute nouvelle liberté, à laquelle il n’est pas habitué… J’ai adoré suivre les méandres de l’esprit de Sao qui doit apprivoiser sa liberté. Il est heureux et soulagé de l’être, libre, mais ce n’est pas si facile de changer de statut, et donc complètement de vie, comme ça, en un claquement de doigts ! Il a des peurs, des doutes, des angoisses, il ne sait pas trop quoi faire de son existence, désormais.

Heureusement, il peut tout de même se focaliser sur un premier but : celui de retrouver la trace d’Armas. Ne sachant pas où chercher, il finit par tomber sur un prostitué qui l’emmène au Cloître, une communauté d’hommes et de femmes prostitué·es (ainsi que de leurs enfants), qui va l’accueillir pour plusieurs raisons que je vous laisse découvrir dans le roman.

J’ai adoré toute la partie qui se passe au Cloître ! La manière dont Sao doit lutter contre ses préjugés, liés à sa culture de naissance. Ses rencontres avec différents membres du Cloître, les amitiés qui se forgent. Sao se remet en question et découvre dans ces gens des hommes, des femmes et enfants/ados adorables, souriants, solidaires, qui l’accueillent malgré ses a priori. Sao évolue, et se rapproche de plusieurs personnages qui vont être primordiaux pour la suite.

J’ai tout de suite accroché avec Gavrell, cet adolescent qui va devenir l’un des personnages centraux de ce tome 3. J’ai mis un peu plus de temps à adopter également Doun et Vikka, mais puisque ces trois-là vont suivre Sao dans son périple, nous aurons le temps d’apprendre à les connaître et à les apprécier fortement : à la fin, ce sont un peu des ami·es pour nous aussi…

On apprend également la place que les prostitué·es joue dans Rébellion, n’oubliant jamais, même dans les moments joyeux, le cœur du scénario.

La part belle est d’ailleurs donnée à la prostitution, dans ce tome 3, et j’ai beaucoup aimé cet axe. La prostitution est vue ici de manière décomplexée et sans préjugés, de façon positive (quand elle est choisie, bien sûr, je ne parle pas des esclaves sexuel·les, dont le commerce est dénoncé dans ce livre) et traitée avec délicatesse, avec les points de vue de plusieurs personnages qui la vivent très différemment, mais font leurs propres choix. La façon dont Sao va percevoir la prostitution va évoluer, il va questionner ses préjugés, et c’est beau <3

C’est donc ainsi que Sao va entreprendre un grand périple en camion avec Gavrell, Doun et Vikka. Sao, accompagné de trois putes ? Qui l’aurait cru ? Et pourtant, ces trois-là sont devenu·es ses ami·es et, même plus que cela… un peu sa famille de cœur. Entre eux quatre se dessinent une véritable loyauté, un amour infini, une solidarité à toute épreuve et une complicité qui ne va faire que grandir. Ils vont se rapprocher et apprendre à se connaître, tissant des liens qui ne sauraient se briser. C’était beau, émouvant, et à la fois très frais, car cette joyeuse équipée ne manquera pas d’humour et de chaleur humaine !

Le début du voyage est donc bon enfant malgré les craintes de Sao, notamment pour Armas, maintenant qu’il sait où celui-ci a été envoyé. Il a peur d’arriver trop tard, ça le stresse, mais il ne peut pas s’empêcher aussi de profiter de l’amitié de ses trois compagnons. Il craint également les barrages de soldats, car même s’il est libre, il ne peut s’empêcher d’avoir peur qu’on l’emprisonne à nouveau…

Il se passe plein de choses intéressantes, tout du long de ce voyage, souvent « accessoires » mais cela donne du cachet et du réalisme à l’histoire. Ça fait aussi du bien de ne pas toujours se focaliser sur le but et d’en profiter pour découvrir un peu plus l’univers et les compagnon·nes de route de Sao.

Cependant, je dois admettre qu’au bout d’un moment j’ai trouvé que cela devenait long, surtout que Sao tourne en rond dans sa tête. Autant j’aime ses questionnements, autant les relire trois, quatre, cinq fois m’a un peu lassé·e par moment, surtout quand ils n’évoluent pas (sur d’autres sujets, au contraire c’est intéressant car il évolue, justement).

Je dirais donc que ce voyage est en deux temps : le côté découverte, aventure, liens qui se tissent, qui est génial, et la seconde partie qui commence à tirer en longueur et où on a envie que ce soit un peu raccourci (en tout cas, moi je me suis un peu désintéressé·e des évènements vers la moitié du voyage, je dirais).

Quand on arrive enfin à la Rousière, on retrouve enfin un peu d’action car les évènements se précipitent. J’avoue pourtant avoir trouvé le passage trop rapide et trop détaché, pour le coup. J’aurais voulu entrer dans le combat, ressentir les émotions des différents protagonistes, l’énergie du lieu, mais c’était très extérieur, comme si c’était écrit en point de vue externe (pourtant, c’était écrit du point de vue de Sao, comme tout le récit). D’un autre côté, je dois admettre que ce parti pris montre aussi l’impuissance de Sao face à ce qu’il se passe, ce qui est un choix que je respecte. C’est surtout que personnellement, j’ai eu du mal à tout saisir et à entrer dans la scène, comme on n’a pas d’images pour comprendre comme dans un film ou une série et que je n’ai aucune imagination visuelle, je suis passé·e un peu à côté de la scène.

Les retrouvailles avec Armas sont touchantes, par contre, un grand moment de douceur et d’amour, une petite plage de tendresse, mais c’est aussi un moment clé où les personnages s’expliquent et se livrent. Leur rapprochement n’est plus celui de deux amants, mais celui de deux hommes qui veulent s’ouvrir totalement à l’autre et lui font confiance. C’était très beau, c’est un moment que j’ai adoré <3

Cette parenthèse entre amour et amitié (puisque Gavrell, Doun et Vikka sont toujours là elleux aussi) nous mène à revenir à la maison de justice. J’avoue qu’autant j’attendais beaucoup ce passage, autant je ne l’ai finalement pas trop aimé. J’y ai trouvé non seulement des longueurs mais aussi, au contraire, beaucoup trop de facilités scénaristiques (même si certaines « facilités » ne font qu’empirer les choses, c’était très « mécanisé ») et de manque de réalisme. Je ne vais pas en parler en détail pour ne pas spoiler l’histoire, mais j’avoue avoir été déçu·e de cette partie finalement trop longue et trop courte à la fois, qui m’a laissé·e sur ma faim.

Concernant la fin, je l’ai beaucoup aimée. On manque d’informations sur certains personnages, ce qui est dommage car on les a appréciés tout du long et on les voit, en plus, dans ce passage, donc j’aurais apprécié de savoir vraiment ce qu’ils deviennent, quelle voie ils ont choisi, etc. Ça m’a attristé·e qu’on ne sache presque rien sur eux alors qu’on s’est attachés à eux…

Par contre, on découvre davantage d’informations sur Rébellion, ses dirigeants et ses buts, ce qui nous manquait est expliqué avec autant de précision que de pudeur, dans le sens où c’est une organisation complexe et secrète : on a les informations qu’il nous fallait tout en gardant le mystère général, j’ai adoré cette conclusion pour l’organisation. Le point de vue de Sao y est bien respecté puisqu’on ne sait pas tout, on n’a pas toutes les réponses, et rien n’est fini pour l’Empire, les esclaves, etc. Mais l’histoire, elle, se conclut ici avec tous les éléments dont on avait besoin pour être « apaisé·es », et ça fonctionne super bien !

Un gros coup de cœur pour les dernières phrases de cet épilogue, ces derniers moments qui terminent parfaitement bien cette magnifique histoire <3 Je n’en dis pas plus sur les choix de l’autrice pour cette fin, mais ces derniers paragraphes m’ont fait oublier les longueurs et fait refermer le livre avec le sourire et l’esprit encore aux côtés de Sao…

Un dernier tome un peu longuet par moment, et avec des passages qui ont manqué de réalisme et ont été parfois trop « faciles » (en positif comme en négatif, ce qui sert le scénario mais perd en cohérence), mais j’ai passé un très bon moment de lecture global, vécu beaucoup d’émotions au cours de cette très belle conclusion pour une série coup de cœur, à découvrir absolument <3 Une trilogie qui fait voyager, réfléchir, se remettre en question, qui nous apprend des choses sur les traditions des Mongols, dont sont inspirés les Uriés. Une histoire d’amour en filigrane, pleine de rebondissements et de délicatesse, très bien menée et attachante, et des histoires d’amitié, de confiance, de communauté magnifiques. Merci pour cette merveilleuse lecture <3

 

Points positifs : une plume légère, dynamique et efficace qui nous plonge dans l’ambiance immédiatement ; un univers bien développé, intéressant et construit, qui sait aussi révéler ses surprises ; des personnages attachants et profondément humains, avec leurs forces mais aussi leurs faiblesses, leurs espoirs et leurs doutes ; une belle place faite à la prostitution, souvent mal perçue et mal représentée en fiction ; une fin de trilogie plaisante qui conclut magnifiquement la série.

Points négatifs : quelques longueurs et, a contrario, des facilités scénaristiques et « rapidités » qui auraient pu être développées.




lundi 13 octobre 2025

[Chronique] Le fils du Père Noël - Sascha Lahaie

 

 Le fils du Père Noël - Sascha Lahaie






Titre: Le fils du Père Noël
Auteurice: Sascha Lahaie
JS Éditions
Genre: fantasy queer, feel-good, romance de Noël
Âge: tout public
One-shot



SERVICE PRESSE


Résumé:

Une romance de Noël ? Non merci, c’est trop cliché ! Une mission professionnelle pile pour Noël ? Bah, c'est au moins une bonne excuse pour ne pas le fêter... C'était sans compter sur une tempête de neige, un rouquin un peu trop séduisant et une poignée d'elfes du Père Noël bien décidés à générer une romance tout comme dans les films ! Une chose est sûre, Jonathan n'a pas fini de grincer des dents.

Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un immense merci à Jeanne (JS Éditions) pour sa gentillesse et ce service-presse que j’ai eu la chance d’avoir en papier (avec des chouettes goodies en prime ! <3 ).

On ne va pas y aller par quatre chemins.

De 1, je déteste autant Noël que Jonathan, le personnage principal râleur, désagréable et adorable malgré lui de cette histoire.

De 2, je ne lis pas de romances à l’eau de rose et je déteste les clichés.

Et… j’ai a-do-ré cette histoire ! C’est un coup de cœur douceur, humour et bulle d’amour que j’ai dévoré en même pas trois jours.

Alors pourquoi ai-je demandé ce service-presse, à la base, me direz-vous, puisque c’est une romance de Noël et qu’en plus, tout est basé sur les clichés autour des romances de Noël ?

D’abord parce que je connais JS Éditions et que je ne doutais pas que nous aurions là une pépite queer qui vaudrait le détour. Ensuite parce que quand j’ai vu l’annonce, j’étais justement en train de lire en avant-première une novella de l’auteurice (Niell et le phare du chaos) et que je kiffais tellement que je ne doutais pas que ce roman me plairait.

Ensuite, parce que le résumé a su me séduire, et le concept aussi. Une romance de Noël avec un personnage qui déteste Noël ? Des chapitres qui s’appellent « cliché n° 1, N°2 », etc… au lieu de « chapitre 1, 2… » ? Des clichés assumés pour une ambiance humoristique qui s’annonçait excellente ?

J’ai craqué. Pas certain·e de mon coup à 100%, mais la couverture, le résumé, le concept, tout me donnait envie de tenter. Parce que je me suis dit que je n’étais pas borné·e et que c’était cool aussi de se réconcilier un peu avec la fête que je déteste le plus au monde à l’aide d’un livre à la fois queer, drôle et contentant (sans doute) une belle histoire d’amour derrière ses allures comiques et « too much ».

Alors, diagnostic ?

Pari réussi !

J’ai été embarqué·e dès les premières lignes par la plume de Sascha, et j’ai eu du mal à lâcher le livre. Heureusement que je ne lis vraiment pas vite, sinon je l’aurais sifflé en quelques heures, le bouquin. Je l’ai lu avec un immense sourire, quelques éclats de rire et une totale non-envie de faire autre chose de ma journée (et de ma nuit, même si dormir semble aussi vital qu’inévitable).

On démarre l’histoire avec Jonathan, notre râleur de compétition, qui… eh bien, râle. C’est Noël dans une semaine, il déteste cette période de l’année, il déteste ses collègues, il déteste aussi son patron. Et son boulot. Enfin, non, il aime ce qu’il fait, après tout, c’est ce qu’il voulait faire dans la vie, n’est-ce pas ? Mais peut-être qu’il est dans le déni pour une chose ou deux. Ça, il va le découvrir à son propre détriment, en grinçant des dents… d’abord, parce que ses aventures et rencontres vont l’agacer. Puis parce que sourire… Non ! Mais non ! Il ne va quand même pas se décrisper et PROFITER, quand même !

Bref, j’ai adoré le caractère bien tranché de Jonathan. Derrière sa manière de râler pour tout se cache un homme qui… eh bien, se cache de lui-même. Parce qu’il a laissé tomber, vous voyez. Ses rêves, ses espoirs, tout ça, quoi. C’est un adulte, non ? Un adulte, c’est sérieux, et c’est heureux dans sa vie de m… pardon, dans sa vie merveilleuse qui ne lui plaît pas mais pourquoi souhaiterait-il autre chose ?

C’est dans ce contexte que notre Jonathan, qui n’aspire qu’à ce qu’on lui foute la paix et qu’on évite de lui adresser la parole (manquerait plus qu’on lui demande d’engager la conversation !) se voit assigner une mission à l’autre bout du pays : se rendre à un rendez-vous urgent avec un client. Son patron, un sale con (disons les choses comme elles sont et comme Jonathan les pense), ne lui laisse aucun choix, et comme il faudrait voir à ce que l’entreprise ne perde pas trop d’argent, quand même, il l’y envoie en bus.

Et évidemment, il se met à neiger sur la route. Genre, vraiment neiger. Tempête, route barrée, toussa toussa. Quand l’étrange chauffeur de bus propose à tout le monde de descendre dans la dernière ville du coin pour essayer de choper un train, un avion ou un hôtel, Jonathan, lui, décide de continuer avec lui, puisque notre bonhomme jovial et particulièrement suspect va, pour sa part, reprendre la route. Mais avec la neige toujours plus forte, voilà que le bus est obligé de s’arrêter dans un petit village local nommé… Christmas Town.

Mais on n’était pas en France, au fait ?

D’où il sort, ce bled étrange dans lequel il y a une soi-disant maison d’hôtes peuplée de…

Attendez, pourquoi ils ont des oreilles pointues, les gars, ici ?

Et pourquoi l’hôte, un type bien trop souriant et expansif (et séduisant mais plutôt mourir que de le reconnaître) aux cheveux roux et au sourire de renard, nommé Ambroise, les appelle… « les elfes » ?

De toute façon, à ce moment-là du récit, ça devient n’importe quoi. Parce que le type en question dit être le fils du Père Noël et que tout ça est vraiment trop bizarre.

Et si c’était une secte ?

Il y a anguille sous roche, mais vous pensez que Jonathan a envie d’enquêter ? Oh, non ! Il préfère se casser dès le lendemain sous la neige, quitte à risquer de mourir de froid…

Bon, le voilà coincé dans un village des plus étranges, forcé à côtoyer des « elfes » joyeux et un peu stressés, qui prennent mal que Jonathan affirme « détester Noël » (évite de dire ça devant eux, s’il te plaît, ils vont avoir une crise cardiaque et il y aura des morts), un « patron » nommé « Père Noël » aussi mystérieux que louche et un jeune homme… aussi séduisant que chiant.

Mais vraiment.

Pourquoi ce satané Ambroise veut-il absolument sympathiser avec lui ? Et pourquoi essaie-t-il sans cesse de le manipuler pour le faire travailler alors qu’il est censé être un client de la maison d’hôtes ?

Dans tout cela, des elfes complotent pour créer une romance, en se basant sur les romances de Noël télévisées, la neige refuse de partir, il y a des rennes, PUTAIN DES FUCKING RENNES !!! dans ce bled, et Jonathan est persuadé qu’il est tombé chez des fous, ou dans une étrange secte obsédée par Noël.

Ah, et le fameux « fils du Père Noël » affirme être lassé par Noël…

Tout ça n’a vraiment aucun sens.

Jonathan rêve de s’enfuir de là au plus vite.

Mais d’un autre côté…

Eh bien, il est quand même charmant, Ambroise.

Attirant.

Attachant, même.

Bon, je ne vais pas en dire plus. Il faut lire ce roman déjanté, magique, drôle, touchant…

Et j’ai dit drôle ?

Il fait du bien, ce livre ! Du bien au cœur, du bien au moral. Il donne un smile, mais un smile…

Ah, et les nombreuses références cachées (ou pas) que l’on peut trouver entre les lignes, on en parle ? J’ai éclaté de rire au « titre » que lâche Ambroise (les vrais comprendront) et ne parlons pas de la censure des gros mots des elfes.

J’ai aimé aussi les petites réflexions. Sur l’écologie. Sur le consentement. Sur le respect, les limites, la viande, aussi. C’est léger. C’est discret. Mais c’est présent. C’est tout en douceur, et pourtant c’est bel et bien là, et ça fait du bien aussi…

Bref, un coup de cœur, j’vous dis. Qu’est-ce que vous faites encore là ? Non parce que la collecte est encore en cours, et il faut foncer l’acheter, surtout que l’objet papier est incroyable, avec ses étoiles transparentes en relief, son joli jaspage et sa mise en page dynamique et immersive… J’avoue que je suis content·e d’avoir eu la chance de lire ce format, car ça a contribué à me plonger dans l’ambiance !


Points positifs : une écriture douce, dynamique, envolée ; beaucoup d’humour ; une jolie romance queer ; des sujets plus profonds traités avec finesse et douceur, presque sans qu’on s’en aperçoive ; de l’énergie à en revendre ; des tas de références cachées, certaines à mourir de rire ; des répliques inoubliables ; des personnages attachants et vrais malgré leur côté « too much ».

Points négatifs : pas trouvés



mardi 30 septembre 2025

[Chronique] Dernier printemps avant la chute - Naël Legrand

   Dernier printemps avant la chute - Naël Legrand



Titre: Dernier printemps avant la chute
Auteurice: Naël Legrand
Illustrateurice: Mixtépi
Éditions YBY
Genre: roman chorale, fantasy, révolution
Âge: 16+
One-shot



SERVICE PRESSE


Résumé:

Héros·ïnes queers, lutte des classes, révolution, fantasy cynique, tendre et saisissant

La ville de Drak est au bord de la famine. Face à une guilde marchande toute puissante qui monopolise les ressources, la colère du peuple gronde. Dans la foule, un elfe affamé, un forgeron amoureux, une mage incendiaire, un milicien pacifiste, une prostituée révoltée…
Et le capitaine Merlange, le seigneur Amfer, la cheffe des Assassins Chantelame ? Les têtes pensantes de cette cité corrompue attendront leur tour : la Commune drakéenne se raconte à travers ces acteurs oubliés qui ont osé lutter et espérer, avant de disparaître dans les marges de l’Histoire.

Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un immense merci à YBY Éditions pour leur gentillesse continuelle, leur disponibilité et… ce roman coup au cœur.

J’ai mis longtemps à le lire en entier, pour plusieurs raisons. D’abord parce que je l’ai commencé en vacances, et en rentrant, j’avais autre chose à faire, j’ai dû le laisser de côté… et je n’ai pas réussi à m’y remettre pour la seconde raison : quoique fantasy, ce roman est très, très actuel. Et on va dire que je n’avais pas les épaules de le poursuivre à ce moment-là, donc j’ai pris soin de moi et l’ai repris quand je l’ai pu.

Que ce soit lors de ma première lecture (environ 50% du roman) ou de la seconde (les 50% restants), j’ai été immédiatement immergé·e dans l’histoire. Pourtant, ce récit est très particulier, puisqu’il s’agit d’un roman chorale où chaque chapitre nous mène sur les pas d’un personnage, le tout étant relié par les évènements mais pas toujours par des liens entre lesdits personnages. C’était donc un défi que de parvenir à s’intéresser à l’histoire alors qu’il était compliqué de s’attacher aux personnages sur la longueur (entre les morts, celleux qu’on ne revoit pas, celleux qui ne sont pas toujours du côté des révolutionnaires et ont des opinions avec lesquelles on n’adhère pas toujours…). Pourtant, ce défi a été relevé haut la main, puisque je me suis totalement laissé engloutir dans le fil du récit.

Il m’est difficile de trouver les mots pour parler de ce roman. C’est une expérience à part entière. La plume de Naël nous entraîne toujours plus loin, nous déborde d’émotions, allant de la colère à la tristesse, de la joie des petites victoires à l’incompréhension, à la peur… Qu’on se le dise, tout ne va pas bien se passer lors de cette révolution populaire et militaire, c’est même un euphémisme. Il est difficile de ne pas se laisser toucher, entraîner, bouleverser par le cours de l’histoire, et par sa conclusion.

Tout n’a pas été positif, pour moi, dans ce roman, mais c’est un choix de l’auteur que je respecte totalement, et je n’ai sincèrement aucune critique à faire ni sur la forme, ni sur le contenu du récit. Il est dangereusement réel, au point qu’il met parfois mal à l’aise, qu’il nous ébranle dans nos fondations et… nous laisse un goût amer sur la langue.

Le goût de ces révolutionnaires qui y croient, qui luttent de toutes leurs forces, qui se sacrifient, qui utopisent un monde différent, quand le monde n’est peut-être pas prêt à changer, quand l’inexorable finit par se refermer sur les luttes, quand la colère et la violence ne suffisent pas.

Ce récit, c’est une claque, qui m’a un peu séché·e, je l’avoue, surtout parce qu’il est incroyable de réalisme, particulièrement en ce moment. Il fait tant d’échos. Oui, il s’agit d’un autre monde (toujours très développé, entre humour, ironie, fatalisme et précision, comme les précédents romans de l’auteur), mais on se rappelle de nos propres luttes, pas celles des siècles passées, non, celles de notre monde actuel, de notre réalité, et ça fait mal. Ça pousse à la réflexion. Ça ne donne pas toujours de l’espoir, et en même temps, des portes sont ouvertes sur « autre chose ». Et surtout, cela dénonce des systèmes, des mécanismes qui devraient changer, et qui ont pourtant tant de mal à bouger…

Les personnages, comme je l’ai dit, prennent la main l’affaire d’un chapitre avant de changer. On y retrouve les points de vue de certain·es héro·ïne·s des romans précédents, puisque Dernier printemps avant la chute se déroule dans le même univers que L’Âme au poing et Une idée d’incandescence. D’autres, une foule d’autres personnages, héro·ïne·s de quelques heures, ou simplement témoins de ce qu’il se passe, connu·es ou inconnu·es, puissant·es ou tout en bas de l’échelle, vont se joindre à elleux et dresser un tableau criant de réalité, une scène qui sort du cadre et se déroule sous nos yeux impuissants. Certain·es vivront, d’autres mourront. Toustes auront à subir des pertes et des revers du sort. Toustes assisteront aux mêmes évènements, mais n’auront pas toujours le même point de vue à ce sujet…

Cerise sur le gâteau, tous ces personnages sont queers et nous présenteront avec simplicité ou complexité, évidence ou difficulté, des facettes d’un monde multicolore qui sombre pourtant dans le noir, le gris, le rouge de la révolution et de la violence. Dans tout cela, des corps s’aiment, des âmes s’accrochent, se percutent, se retrouvent ou se perdent. C’est finalement dans cette diversité qui fait le charme d’une ville qui semble avoir oublié de juger ce genre de « différences » que nous trouverons l’espoir qu’il nous manque pour continuer à avancer vers demain. Surtout quand les portes se mettent à chuchoter et les témoins silencieux à imaginer des bulles d’amour qui avaient pourtant depuis longtemps éclaté…

Un coup au cœur que cette pépite qu’il faut lire avec l’âme accrochée, qui ne vous laissera pas indifférent·es et vous immergera dans un monde lointain… et pourtant bien trop proche du nôtre.


Points positifs : une écriture addictive et immersive ; une ambiance immersive ; un univers bien décrit, qui embarque totalement ; des personnages variés, aussi bien dans leurs origines, opinions qu’identités (orientations sexuelles / romantiques et identités de genre) ; du queer à la fois engagé et presque « normalisé », sans jamais amoindrir les défis de certains personnages ; une révolution intense, qui vous prend aux tripes et fait écho à notre propre monde.

Points négatifs : peut laisser sur les rotules à la fin.



lundi 26 mai 2025

[Chronique] À tes côtés - Élise Delaunay

  À tes côtés - Élise Delaunay




Titre: À tes côtés
Auteurice: Élise Delaunay
J.S Éditions
Genre: historique, romance FF, deuxième guerre mondiale, espionnage, LGBTQIA+



SERVICE PRESSE



Résumé:

Et si l’amour avait son propre code ?

1942,

Elizabeth intègre Bletchley Park pour y aider les Alliés à décoder les messages secrets des Allemands. Dans son équipe, elle rencontre Marie, jeune femme brillante dont elle tombe aussitôt sous le charme.

Mais en temps de guerre, un tel amour est-il seulement possible ?


Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un immense merci à J.S Éditions pour ce beau service presse et sa gentillesse, mais aussi sa patience car j’ai mis « un peu » de temps à finir le roman.

Ne vous y trompez pas ! J’ai tout de suite été embraqué-e dans l’histoire. À chaque fois que je pouvais plonger dedans, c’était une véritable immersion. Si j’ai mis autant de temps (pas loin de deux mois !), c’est d’une part parce que j’avais justement peu de temps et que j’étais très fatigué-e, et d’autre part qu’il s’agit quand même d’un sacré pavé. Là aussi, que du bonheur, je n’ai pas eu un moment d’ennui, au contraire. Du début à la fin, j’ai pris un véritable plaisir à parcourir les pages de ce livre et à remonter le temps aux côtés de Lizzie, Mary et Anna.

Tout d’abord, l’écriture de ce roman est un peu particulière, mais très adaptée à l’époque. J’ai beaucoup aimé cet aspect du roman, je l’ai trouvé très immersif grâce à cette plume originale qui sait se plier au passé.

Je dois noter que j’ai trouvé quand même un certain nombre de coquilles et d’erreurs de concordances des temps, mais rien qui soit non plus trop grave. J’ai vu bien pire dans bien des livres édités par de plus grosses maisons d’édition.

[Edit! La maison d'édition m'a annoncé que la version numérique avait été recorrigée, et que la version papier le sera également à la prochaine impression. Merci à l'équipe d'être si consciencieuse!]

Ce roman est, donc, une romance historique qui prend place pendant la seconde guerre mondiale en Angleterre. Pour la petite anecdote, parce qu’elle a fait partie de ma lecture, quand j’ai commencé le livre, mon fils est rentré du lycée (terminale) et m’a raconté avoir regardé un documentaire sur le décryptage des codes allemands pendant la guerre… et c’est pile le sujet du livre ! Pour le coup, cela m’a permis d’encore plus m’immerger, puisque nous en avions parlé ensemble. Cela a rendu les choses plus réelles encore pour moi.

L’époque est très bien renseignée, non seulement sur la société, le côté historique, les mœurs, mais aussi dans les personnalités de nos héroïnes, leurs réactions, leurs façons de parler… C’est un gros point, pour moi, car il n’y a rien que je déteste plus qu’un roman historique avec des personnages qui pensent comme nous et sont trop « modernes » dans leur psyché. Ici, j’avais vraiment l’impression de rencontrer des femmes des années 40, d’autant plus que le récit est à la première personne (au passé), ce qui nous permet véritablement d’entrer dans la tête de Lizzie.

Lizzie est un personnage que j’ai beaucoup aimé, et que j’ai trouvé tout de suite accrocheur ! Nous suivons le récit entièrement de son point de vue, avec cette sensation à la fois d’y être, et qu’elle nous raconte son passé. C’est une jeune femme née dans une famille fortunée, mais qui est « différente » et n’a pas envie de se plier aux injonctions de la société, particulièrement à celle de se marier. Lesbienne, elle n’est évidemment pas « out », mais elle refuse pourtant de se conformer aux attentes qu’on pourrait avoir d’elle et de faire croire qu’elle aime les hommes. Elle assume ses préférences et le ferait haut et fort si elle le pouvait. Elle est décidée, affirmée mais attentionnée malgré tout, et très intelligente. Elle possède un esprit aiguisé et très réaliste, qui n’en sait pas moins rêver, particulièrement quand cela implique la jolie Marie…

J’ai moins accroché avec Marie. Le personnage est superbement mené, et totalement nécessaire à l’histoire. J’ai aimé son évolution sur la fin (mais chut, à vous de la découvrir !). Elle a un caractère qui colle parfaitement avec l’époque, une femme un peu effacée, qui essaie pour sa part de ne pas trop sortir du cadre et qui déteste se faire remarquer. Sa froideur est tout l’inverse du personnage haut en couleur qu’est Lizzie. Je l’ai trouvée un peu trop égoïste, même si j’ai souvent compris le pourquoi de ses choix et actions. J’ai apprécié le contraste entre sa personnalité publique, assez froide, donc, et son côté plus lumineux quand elle est avec Lizzie, sa manière, parfois, de lâcher la bride et de se libérer de ce que l’on attend d’elle. C’est un personnage solide en apparence, mais finalement assez fragile, qui a du mal à faire ses propres choix, et quand on connaît son histoire, on comprend bien pourquoi.

J’ai adoré Anna, par contre ! Troisième personnage incontournable, amie et presque sœur de Lizzie et Marie, elle loge avec les deux autres chez les Langley, qui hébergent les trois jeunes femmes non loin de leur lieu de travail. Anna est quelqu’un de gentil, très ouverte d’esprit, elle apporte une sacrée fraîcheur par sa jeunesse et son caractère solaire. Le roman ne serait clairement pas le même sans elle !

L’histoire se déroule sur plusieurs années, pendant la quasi-totalité de la guerre, en fait, pour se continuer après la libération dans les derniers chapitres. Comme je le disais, ce contexte est extrêmement intéressant, et très documenté. On a vraiment la sensation de faire une plongée dans l’Histoire, et j’ai appris beaucoup de choses sur la période, et particulièrement sur l’espionnage anglais contre les Allemands.

Malgré la guerre et le contexte social d’époque qui rend forcément la romance compliquée, j’ai trouvé dans ce livre beaucoup de douceur et de tranquillité. Il se passe beaucoup de choses, parfois légères, parfois difficiles, mais j’ai vraiment eu un sentiment de sérénité tout du long, qui m’a fait beaucoup de bien.

Un coup de cœur pour cette romance à la fois douce et agitée, mais profondément captivante, et ce roman très immersif.

 

Points positifs : une plume originale qui se marie très bien avec l’époque ; une grande recherche historique pour une immersion totale ; des personnages attachants et hauts en couleur ; une thématique vraiment intéressante et très bien menée.

Points négatifs : quelques fautes et erreurs dans les temps des verbes.