Tout
d’abord, un grand merci à Axel et Evan pour ce service-presse et leur
gentillesse, ainsi que les échanges avec eux !
Ce
roman m’a fait de l’œil dès son annonce. En fait, pour dire la vérité, toute la
série des contes revisités me faisait envie, mais j’ai traversé un grand désert
littéraire, là, avec presque aucune lecture, particulièrement en français, donc
je m’étais contentée de les suivre de loin. Mais la sortie de Snow White et l’annonce
de l’ouverture des services presse pour ce roman m’a donné envie de sauter le
pas. Quoi de mieux qu’un service presse pour se motiver et relancer la machine ?
(même s’il me reste d’anciens SP pas encore lus, et j’en suis désolée, la
nouveauté était aussi un facteur important pour m’y remettre après tant de mois
à faible régime…)
Bref,
à peine Snow White dans ma liseuse, je me suis lancée. Si les trois premiers
jours, j’ai lu à la lenteur d’un escargot (voire pas du tout), c’était surtout
pour des raisons personnelles m’empêchant de me plonger à fond dans l’histoire.
En fait, à peine les premiers mots parcourus, j’avais déjà envie de me lancer à
corps perdu dans ce roman et d’en avaler les pages.
Ce
qui s’est finalement passé au cours des dernières quarante-huit heures avant l’écriture
de cette chronique qui m’ont vue lire énormément, quitte à me coucher
extrêmement tard le dernier soir (mais bon, de toute façon, c’était la nouvelle
lune, autant s’occuper O :) ).
Si
l’écriture d’Axel et Evan comporte quelques maladresses (mais extrêmement peu
de coquilles, par contre, ce qui est vraiment très appréciable <3 ), leur
style est profondément immersif. Au-delà de leur plume, dynamique et aiguisée,
c’est l’ambiance qu’ils ont tout de suite su poser sur cette histoire qui m’a
totalement embarquée.
Cette
atmosphère assez unique nous transporte immédiatement à Ruby Creek, une petite
ville où l’on sent immédiatement qu’il se passe des choses pas claires. Avant
même l’enlèvement de Snow, j’avais déjà cette sensation pesante sur les
épaules, prémisse des évènements à venir.
Je
lis très peu de polars, pour une bonne raison : quand ils sont bien
écrits, l’ambiance qui s’en dégage me fait flipper au point de stresser à l’idée
de sortir de mon lit la nuit venue ou même de dormir dos à la porte une fois la
lumière éteinte. Ce qui ne veut pas dire que je n’apprécie pas une bonne
intrigue bien ficelée. Un des avantages des bons polars : ça fait bosser
les méninges. Peut-être trop chez moi, ce qui fait que quand l’histoire est
prenante comme celle-ci, je suis littéralement projetée dedans. Résultat :
la peur est au rendez-vous, le stress et l’anxiété sont bien présents, l’envie
dévorante de découvrir qui tire les cordes, pourquoi, comment. Mes pensées en sont
imbibées et l’enquête se poursuit dans mes rêves.
C’est
exactement l’effet que m’a fait ce roman. Une immersion totale, parfois un peu
trop angoissante, mais c’est la preuve que la magie s’est opérée. Je me suis
tout de suite accrochée aux pas de Hunter et de Damon (avec un faible pour les
chapitres de Hunter, et une petite préférence pour le personnage de Damon, même
si c’est en duo qu’ils sont le plus intéressants !). Avec eux, j’ai
réfléchi, tenté de démêler le vrai du faux, passé au crible chaque indice,
chaque suspect. S’il m’est arrivé d’avoir des doutes pour certains (globalement
avérés, même si pas forcément comme je m’y attendais), je suis restée en
haleine tout de long, à m’empêtrer avec nos deux détectives (le vrai et l’improvisé),
et à jubiler à chaque découverte, chaque avancée, à m’inquiéter à chaque
retournement de situation.
Le
tout est d’une cohérence incroyable, qui ne peut que vous donner du fil à
retordre et vous faire exploser quelques neurones au passage. En tous les cas, une
fois plongé dans l’histoire, il devient très compliqué de s’en échapper avant
la fin ! D’ailleurs, hier soir, je me suis dit au moins 6 fois « c’est
le dernier chapitre » avant de trouver une excuse pour lire le suivant, et
au réveil, j’ai totalement ignoré les réseaux sociaux pour poursuivre ma
lecture…
Une
phrase lâchée par Snow au début résume magnifiquement ce roman, je trouve :
« Ici…
dans cette ville, personne n’est profondément bon ou honnête. Ce sont
juste de bons comédiens. ». Ne vous arrêtez pas aux apparences. Ne vous arrêtez pas à
la première idée que vous vous faites d’un personnage. Il se peut qu’il y ait
un fond de vrai dans cet idée première, mais soyez certain-es d’une chose :
à Ruby Creek, tout le monde a un secret…
Les personnages sont complexes, hauts en couleur (ou pas forcément
en couleur, car c’est un de ces romans qu’on perçoit en tonalités un peu
sombres, comme si un filtre dramatique était posé sur l’histoire), creusés,
profondément humains. Qu’ils soient bons ou mauvais, à peu près sains d’esprits
ou psychopathes en puissance, chacun révèle des facettes variées d’une même
pièce. C’est également le cas de Damon et Hunter, les deux héros. Héros oui…
mais est-ce que cela les rend pourtant innocents ? À vous de le découvrir.
La fin était à la hauteur de cette grande fresque orchestrée avec beaucoup d’habileté.
Snow White, c’est donc un polar haletant et très bien
maîtrisé, mais c’est aussi une histoire d’amours et de haines, de famille, de « clans »,
et bien sûr une romance. Les sentiments, les émotions sont donc bien présents,
et ce malgré le premier aperçu très abrupt que l’on peut se faire de Hunter… N’oubliez
pas ce que l’on a dit : il faut creuser derrière les apparences…
N’oublions pas également qu’il s’agit d’un conte revisité. S’il
n’a évidemment absolument rien à voir avec le conte de Blanche Neige (à part
peut-être ce côté un peu « horrifique » des contes de Grimm), on y
retrouve tous les protagonistes, gérés avec une intelligence que j’ai beaucoup
appréciée. Les sept nains, la belle-mère, le prince, Blanche Neige, bien sûr…
tout y est. Et je ne vous en dis pas plus, car c’est captivant de découvrir ces
personnages au fil des pages !
Petit bémol côté « romance », ou plutôt côté sexe,
parce que j’ai adoré la romance, justement. Je ne vous parlerai pas de cette
dernière pour ne pas vous spoiler, parce qu’elle se construit au fil de l’histoire
et qu’il est bon de la découvrir en même temps que le reste. Mais côté sexe,
alors, le positif, c’est que ce roman possède de belles scènes érotiques
absolument pas « too much » et pas très nombreuses, ce qui les rend
savoureuses. Mon bémol, c’est l’absence totale de protection. Alors, nous
sommes aux USA, où les gens semblent avoir autant d’informations à ce sujet qu’un
nouveau-né au sortir du ventre de sa mère (je veux dire, dans la réalité), donc
le sexe sans protection est potentiellement réaliste en soi. En lui-même, le
sexe non protégé ne me dérange donc pas puisqu’il est potentiellement réaliste,
mais j’avoue que j’apprécie quand une note ou un avertissement nous prévient et
nous informe qu’il ne faut pas faire comme les personnages. Ça a manqué ici, ce
qui est dommage car malheureusement trop peu de gens sont assez informés, et ce
genre d’histoire peut influencer de vraies personnes (particulièrement la
jeunesse, même si c’est un roman pour public averti) en leur donnant un mauvais
exemple sans explication.
Enfin, ce n’est qu’un tout petit bémol, dont je tiens à
parler car cela me tient beaucoup à cœur. Cela n’a pas pour autant gâché ma
lecture. Ce roman est un coup de cœur que j’ai dévoré, et qui me donne
infiniment envie de lire les autres de la série ! Je me lancerai
prochainement, j’ai hâte de découvrir ce qu’Axel et Evan nous ont concocté !
Une histoire à découvrir, vraiment <3
Points positifs : une ambiance immersive ; un polar haletant qui nous
tient en haleine du début à la fin ; des personnages très travaillés,
attachants ou désagréables, mais toujours profondément humains ; un
scénario ciselé et extrêmement cohérent ; une intrigue indémêlable tout en
étant d’une logique évidente ; de nombreuses références à l’univers de
Blanche Neige, dont c’est une revisite.
Points négatifs : quelques maladresses d’écritures ; sexe non
protégé sans avertissement donné.