Cinder Ella - Axel Rolf & Evan Regan
Titre: Cinder Ella
SERVICE PRESSE
Résumé:
Toutes les histoires d’amour sont-elles faites pour se
terminer par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » ?
Cinder Ella est le prostitué le plus convoité de La
Tour de Verre. Dans cette maison close de La Nouvelle-Orléans déguisée en
nightclub huppé, La Marâtre et ses deux fils prennent un malin plaisir à faire
de son quotidien un enfer. Prisonnier et résolument découragé par la vie,
Cinder se laisse un jour tenter par une proposition dangereuse mais
terriblement alléchante. Le deal du Parrain est simple : en échange d’une porte
de sortie, il doit se rendre à un Gala afin d’y séduire un homme et en repartir
avant les douze coups de minuit. Sa cible ? Prince Méneval, le jeune héritier
d’une illustre famille louisianaise et champion d’escrime à l’arrogance
légendaire.
Cinder et Prince sont loin de se douter que leur rencontre sera le déclencheur
de leur déchéance. Car sur l’échiquier du pouvoir, le roi est encore plus
vulnérable que les pions.
Cinder et Prince sont loin de se douter que leur rencontre sera le déclencheur de leur déchéance. Car sur l’échiquier du pouvoir, le roi est encore plus vulnérable que les pions.
Chronique d'Aurélie
Tout
d’abord, un grand merci à Axel et Evan pour ce service-presse et leur
gentillesse, ainsi que les échanges avec eux !
J’avais
suivi de loin la sortie de ce roman, qui m’avait tout de suite intriguée, mais
à l’époque je n’arrivais guère à lire, donc j’ai laissé mon envie de côté. Et
puis récemment, le quatrième volume de la série « Il était une fois… »
(constituée de revisites de contes qui se lisent totalement indépendamment),
Snow White, est sorti, et j’ai eu la chance de pouvoir le lire en
service-presse. Comme ça a été un coup de cœur, je me suis dit que j’allais en
profiter pour lire les autres volumes.
J’ai
donc décidé de commencer par Cinder Ella, qui me faisait de l’œil. Tous me
tentent énormément, mais j’aime les histoires parlant de prostitution et le
fait que le récit se déroule à New Orleans m’a particulièrement attirée.
C’est
donc avec joie que je me suis lancée dans cette nouvelle lecture, qui en effet
est totalement différente de Snow White. Nous entrons dans l’univers sombre de
Cinder, prostitué forcé dans une maison de passe friquée de la Nouvelle-Orléans
se dissimulant sous couvert d’être un club VIP. Nous y retrouvons les codes de
Cendrillon, mais totalement remaniés : la Marâtre est littéralement le nom
que prend la belle-mère de Cinder, propriétaire du bordel, se servant de son
beau-fils qu’elle déteste pour s’enrichir en le prostituant et en le menaçant.
Les deux « sœurs » sont ici des jumeaux, vigiles gardant férocement
le bordel et haïssant tout autant Cinder. Ce qui est bien sûr très réciproque.
J’ai
trouvé les interactions entre Cinder et ces personnages très intéressantes.
Axel et Evan se sont attachés à garder certains codes tout en les modernisant
et en les détournant. La relation de Cinder et Warren, l’un des frères, est
particulièrement intéressante (quoique très malaisante, volontairement). J’aurais
souhaité que La Marâtre prenne plus de place, afin que l’on perçoive davantage
la menace qu’elle représente, mais d’un autre côté, justement elle est un peu
cette ombre menaçante qu’on ne peut pas tout à fait saisir, maîtresse de la
Tour de Verre, exigeante, parfois cruelle, ayant le bras très long, cette femme
que l’on fuit et qui garde ses secrets…
Cinder,
lui, nous intrigue immédiatement. En entrant dans son domaine, on ne peut que
compatir avec lui, et ce malgré sa personnalité bien trempée, son âme de fer,
son désir de fuir ses propres émotions. On les sent courir sous sa peau, bien
cadenassées mais non moins présentes. Et surtout, on découvre un jeune homme
solitaire, un peu sauvage mais finalement empli de bienveillance, qui se
retrouve à faire face à des choix impossibles et à tenter de survivre dans un
monde qui lui en veut sans réelle raison (même s’il y a une raison à la haine
de la Marâtre, elle n’excuse et ne justifie en rien les crimes de cette
dernière).
Cinder,
donc, est un personnage attachant mais qui sait nous tenir à distance, comme s’il
refusait que nous nous emparions totalement de son univers… Cela ne nous donne
que plus envie d’apprendre à le connaître.
De
l’autre côté de la balance, il y a Prince. Si Cinder est l’ombre, il est la
lumière. On découvre d’abord un homme fier, un peu arrogant mais pas méchant,
un bon fond et une bonne dose d’orgueil, un sportif qui fuit les responsabilité
que son grand-père tente de lui mettre sur le dos et dont il n’a jamais voulu.
Lui, tout ce qui l’intéresse, c’est sa carrière d’escrimeur et les mecs qu’il
baise avec… souvent trop peu de discrétion.
Le
reste, il s’en fout.
Cet
homme habitué à gagner, qui contrôle son univers malgré la force d’âme de ce
grand-père qui voudrait bien le contrôler davantage, de son côté, va se
retrouver à devoir affronter un champ de ruines qu’il ne maîtrise plus. Toute
sa vie s’effondre du jour au lendemain, et son corps aussi bien que les
réponses lui échappent…
S’il
peut parfois être agaçant, à chercher à se raccrocher à son ancienne vie
finalement assez futile et à vouloir tout de même être « au-dessus »,
on ne peut qu’être touché par lui au fur et à mesure où il réalise qu’il ne
maîtrise plus rien, qu’on lui a tout volé et qu’il ne lui reste plus rien de ce
passé dont il était si (trop) fier. Ses remises en question nous le rendent
plus attachant, et sa quête de réponse est passionnante. Il nous embarque avec
lui sans mal. Parfois, ses exigences nous donnent un peu envie de le secouer,
mais la vie et ses ennemis (et Cinder, aussi) s’en chargent très bien pour
nous. Tous les coups que prend Prince le rendent plus humain, plus troublant,
plus accessible. C’est un personnage que j’ai beaucoup apprécié, malgré une
personnalité un poil désagréable au départ (mais bon en même temps au moins il
a toujours été franc, c’est quelque chose que j’apprécie chez lui !).
Mélange
de romance et d’enquête, ce roman nous emporte dans un tourbillon d’émotions, d’aventures,
de peurs et de joies qui ne vont pas nous laisser indifférents. Le rythme est
parfois lent, parfois haletant, mais jamais ennuyant. En fond, des airs de jazz
viennent caresser nos oreilles, et l’ambiance si particulière de New Orleans et
de ses environs (les bayous, notamment) m’a totalement embarquée. Moi qui suis
plus auditive que visuelle, j’ai apprécié ces nombreuses références à la
musique qui m’ont permis de m’engloutir davantage dans l’histoire et d’appréhender
mieux encore l’atmosphère.
Malgré
quelques petites maladresses, le style des auteurs est rythmé, agréable, fluide
et entraînant. Difficile de fermer le livre une fois plongée dedans ! Il n’y
a bien que la fatigue des derniers jours qui m’a obligée à fractionner mes
lectures, mais à chaque fois que j’ai dû m’arrêter, je ne pouvais m’empêcher de
lire les premières phrases du chapitre suivant et d’être terriblement frustrée
de devoir relâcher ma liseuse…
Les
scènes de sexe, elles, sont très variées, pas omniprésentes mais bien là tout
de même, que ça soit entre Cinder et Prince ou dans la maison de passe. C’est
quelque chose que j’apprécie dans le style d’Axel et Evan : il n’y a pas
une surenchère de sexe, chaque scène a du sens et on n’est pas étouffé par trop d’érotisme
inutile, malgré tout la sensualité est présente et la tension monte facilement,
avec des protagonistes qui s’aimantent et se cherchent. J’ai apprécié le fait
qu’il n’y ait pas de censure sur ces moments de prostitution, cela permet d’entrer
dans la tête de Cinder de manière plus profonde, et comme c’est un des thèmes
centraux de l’histoire, ça tombait aussi sous le sens. Une chose que j’ai
particulièrement aimée : la protection est bien présente, particulièrement
dans le bordel où tous les actes sont protégés. Merciiii pour cette
représentation positive et safe du sexe, si importante, que l’on voit hélas si
peu ! <3
Une
autre chose que j’ai énormément aimée dans cette histoire : les
représentations que l’on y trouve. New Orleans oblige, beaucoup de personnages
racisés, méchants comme gentils, dont Cinder, qui est métis. On y parle aussi
de handicap, je ne vous en dis pas plus à ce sujet pour ne pas vous spoiler
mais j’ai beaucoup apprécié cet aspect du roman.
Un
nouveau coup de cœur pour un roman haletant, musical, dynamique et troublant,
dans une ambiance à la fois sombre et lumineuse, entre bayous et fêtes, entre
quête de justice et mafia… Merci infiniment pour cette très belle lecture <3
Points positifs : une écriture dynamique et entraînante ; une ambiance immersive et
musical ; un cadre magique (Nouvelle-Orléans) ; de nombreuses
représentations variées et inclusives ; des personnages troublants,
attachants, humains ; une enquête de fond qui apporte son lot de mystère
autant que de rebondissements ; des scènes de sexe protégées
Points négatifs : quelques maladresses d’écritures.

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