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dimanche 11 mai 2025

[Chronique] See u one Friday, Baby violet 1& 2 - Hiro Eguchi

        

  See u one Friday, Baby violet tome 1 et 2 - Hiro Eguchi







































Titre: See u on Friday, Baby violet
Auteurice: Hiro Eguchi
Éditions Taifu Comics
Genre: manga, seinen, érotisme
Âge: 16+
Série en 2 tomes (le tome 1 peut se lire seul)



SERVICE PRESSE


Résumé:


Sumire Mizuno, une employée de bureau modèle, cache un secret des plus inavouables : elle possède un compte anonyme sur les réseaux sociaux, sur lequel elle poste des photos d’elle en petite tenue. Elle a une forte libido, mais elle n’ose pas rencontrer des hommes…

Mais voilà que Shûji Murasaki, le jeune designer d’une entreprise partenaire, la démasque ! Alors qu’elle est persuadée qu’il va la faire chanter pour abuser d’elle, ce dernier se contente de lui demander de l’aider à peaufiner le design des sous-vêtements qu’il crée pour son travail. Plutôt mignon, sans mauvaises intentions ? Sumire décide de profiter de cette occasion inéspérée : elle accepte sa proposition, mais en contrepartie, elle voudrait coucher avec lui <3 


Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat.

J’aime beaucoup cette nouvelle collection érotique mais soft malgré tout, intéressante, positive, et plutôt safe.

Les couvertures des deux tomes annoncent la couleur : on plonge dans une romance très sexy. Les dessins sont très sympas, les scènes de sexe dynamiques et plutôt graphiques. Seul bémol à ce niveau : on voit beaucoup plus de « détails » de Sumire que de Shûji, dont le sexe n’est jamais visible, et je trouve que c’est un peu déséquilibré.

La relation de Sumire et Shûji va très vite se pimenter, se basant sur un « contrat » et non sur une romance, du moins… au départ ! Ils trouvent leur contentement mutuel dans leurs séances du vendredi, même si peu à peu, ils vont aussi apprendre à se connaître et à se faire confiance.

C’est très chaud, mais tout est dans le consentement, même si j’ai trouvé que dans le second tome, c’était hélas plus flou. Ça reste à la limite, et il y a globalement beaucoup de respect entre les deux partenaires.

J’ai beaucoup apprécié les caractères des personnages, surtout dans le tome 1 (que j’ai largement préféré, même si c’était sympa de lire le tome 2 également). Sumire a des côtés timides, mais dès qu’elle se lâche, elle est très assurée et assumée. Shûji, lui, semble très assuré au premier abord, il est même assez directif, mais il est super attentif et à l’écoute. Il a aussi un côté très sérieux pendant les essayages de sous-vêtements, même quand ça chauffe beaucoup, car il est là pour le travail, au départ.

Les scènes de sexe, pour revenir dessus, sont très variées, ce que j’ai beaucoup apprécié. Même si Sumire a envie d’être pénétrée, le focus n’est pas du tout mis là-dessus, mais plus sur des actes comme la masturbation, les sextoys… C’est très sympa !

La romance, elle, démarre en douceur, et elle est très cute. Dans le tome 2, on se centrera sur le couple (même s’il y aura toujours beaucoup de sexe, parfois trop au détriment de l’histoire, selon moi, alors que le tome 1 ne m’a pas du tout fait cette sensation !)/

Les personnages sont décomplexés et matures, même si Sumire est vierge, il n’y a pas de tabou, et c’était vraiment chouette à voir !


Points positifs : de beaux dessins très imagés ; des personnages dynamiques, aux caractères intéressants et attachants ; une romance toute douce et très cute qui se déroule petit à petit ; de la complicité et de l’érotisme ; aucun complexe et des scènes à la fois variées et sans tabou ; beaucoup de respect et de consensualité.

Points négatifs : un peu trop de sexe dans le tome 2 ; toujours dans le tome 2, des scènes érotiques avec une consensualité parfois un peu plus floue même si ça reste globalement plutôt respectueux.









dimanche 16 mars 2025

[Chronique] La Belle et l'Ogre - Ssman

      

   La Belle et l'Ogre - Ssman





Titre: La Belle et l'Orgre
Auteurice: Ssman
Éditions Taifu Crispy Love
Genre: manga, seinen, fantasy
Âge: 16+
One-shot



SERVICE PRESSE


Résumé:


Lorsque leur peau se touchent, un courant électrique les traverse… Une alchimie physique suffit-elle à lier deux cœurs ?

Dans ce monde cohabitent cinq clans : les ogres, les loups, les renardes, les corbeaux et les humains, qui vivent tous en harmonie. Au sein de celui des ogres, la famille Shinonome est particulièrement réputée, et lorsque l’un de ses héritiers cherche une compagne, la société entière s’agit. Tous sauf peut-être Hana Mochizuki, une jeune femme gentille et droite, pour qui le mariage est le cadet de ses soucis. Alors quand un beau motard débarque dans sa vie en lui demandant de l’épouser, affirmant que le destin en a décidé ainsi, elle n’a pas l’intention de gober ça sans réagir !


Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat !

La couverture m’a tout de suite attiré·e par son esthétisme. On pourrait avoir l’impression qu’Hana est en position délicate, mais je trouve le regard de Mitsuki est chargé de tendresse.

Les dessins sont superbes, avec beaucoup d’émotions. J’ai particulièrement adoré les scènes où Mitsuki se change en ogre, dommage qu’il n’y en ait pas eu davantage !

C’est une romance feel-good, positive, douce, et à la fois mature et érotique. Le départ est un peu rapide, mais comme cela part du postulat que les ogres ont une âme-sœur, ce n’est pas si dérangeant, et ça restait agréable à lire, d’autant que les personnages sont remplis de bienveillance.

L’univers est original, particulièrement le fait que les 5 clans vivent ensemble en harmonie sans se cacher ni que personne ne « domine ». Chaque clan a ses propres spécificités. Par exemple, les ogres sont tous des hommes, les renardes toutes des femmes. J’aurais cependant apprécié que ces clans soient plus détaillés. J’espère que nous verrons d’autres mangas dans cet univers.

Les scènes de sexe sont sympas, hot, sensuelles, sans être porno. Elles sont bourrées de tendresse et de complicité, et très mature. La consensualité est très présente, ce que je trouve génial.

Comme je le disais, j’aime quand Mitsuki se change en ogre. Je le trouve trop beau, comme ça, avec ses cornes et tout ! C’est dommage qu’on ne voie pas les autres ogres sous leur véritable apparence, c’est le petit bémol de l’histoire, je trouve.

Les personnages sont attachants, leur relation a beau ne pas tomber sous le sens, elle se construit avec beaucoup de douceur, de positivité, de complicité et de maturité.

J’ai adoré, aussi, à quel point ce manga est décomplexé. On révèle qu’un des frères de Mitsuki est en couple avec un homme (un autre ogre), ou encore on découvre qu’une renarde amie de Mitsuki est bisexuelle, mais sans en faire d’histoire, simplement avec naturel, comme des choses normales et parfaitement intégrées dans l’histoire et dans la vie des personnages. Je trouve ça génial, ce genre de représentations discrètes tout en prenant une place naturelle dans le récit.

Une très belle découverte, qui m’a fait beaucoup de bien au cœur !


Points positifs : des personnages attachants ; un duo qui s’explore et se forge une relation tout en douceur, en respect et en érotisme ; un univers original ; des dessins magnifiques, particulièrement le côté fantasy !

Points négatifs : j’aurais aimé qu’on explore encore plus l’univers, et notamment voir les personnages non humains sous leur véritable forme.




[Chronique] XXX Lecture - Hiro Eguchi

     

    XXX Lecture - Hiro Eguchi








Titre: XXX Lecture
Auteurice: Hiro Eguchi
Éditions Taifu Crispy Love
Genre: manga, seinen
Âge: 16+
recueil de trois histoires



SERVICE PRESSE


Résumé:


À la fois beaux, attentifs et doués ? Impossible ! Et pourtant, c’est bien ce genre d’hommes qui craque pour Juri, Chiya et Nami. Qu’il s’agisse d’un inconnu aux airs de voyou, d’un ancien camarade de classe ou d’un simple ami, elles vont explorer avec eux les plaisirs du cœur et du corps <3

Dans ce recueil de trois histoires aussi sexy que romantiques, découvrez l’image que se font les femmes des princes charmants modernes !


Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat !

Je dois avouer que quand j’ai vu la couverture, j’ai craint un peu que cette histoire parte dans le non-consentement. Mais Taifu Comics avait promis des histoires safes tout en étant érotiques, et à la lecture du résumé, j’ai eu envie de me lancer.

Malgré mes réserves concernant la couverture, je la trouve magnifique. Le dessin est érotique, sensuel, intrigant et très beau !

Les illustrations à l’intérieur sont superbes et très expressives. Seul bémol : les seins des héroïnes qui sont un peu chelous.

Ce manga se décompose en trois histoires : une principale, plus longue, une second un peu plus courte, et une dernière assez brève. J’ai aimé les trois, même si j’ai un faible pour la première.

Celle-ci raconte les retrouvailles de deux amis du collège qui se croisent par hasard dans la rue. Takeru est amoureux de Juri depuis cette époque, mais il ne lui en a jamais rien dit. À cette période, c’était un geek à lunettes que Juri n’avait pas trop remarqué (bon, elle savait quand même qui il était, il était dans sa classe après tout). À présent, Takeru est un homme charismatique, splendide, qui est devenu acteur porno et qui aime sa profession.

Juri, pour sa part, est une belle jeune femme qui a des problèmes sexuels : elle n’arrive pas à jouir et a mal à la pénétration. C’est d’ailleurs une des raisons de ses précédentes ruptures ave ses petits-amis. Takeru et Juri en parlent ensemble et décident de tenter de débloquer Juri en lui faisant découvrir le plaisir pas à pas.

Cette histoire est bourrée d’érotisme, mais ce que j’ai le plus aimé, c’est que tout est consensuel et doux. Takeru est extrêmement à l’écoute de Juri. Cette dernière sait ce qu’elle veut, même si elle est parfois perturbée par ce qui naît en elle. C’est mature, sain et positif. Il y a aussi beaucoup de tendresse entre eux, ce n’est pas que du cul gratuit sans émotions. Un lien se crée, de la confiance et, peu à peu, des sentiments et beaucoup de complicité.

C’est donc une très belle histoire, même si elle est trop courte à mon goût !

J’ai aimé aussi que la profession de Takeru soit aussi respectée. Il est travailleur du sexe, et ça ne pose pas de problème. Même s’il va évoluer en cours de récit, Juri respecte ses choix et sa profession, et ce jusqu’à la fin. Je ne vous en dis pas plus, mais c’est quelque chose qui m’a vraiment plu et que j’ai trouvé très positif.

La seconde histoire est celle d’une couturière et d’un acteur qui ressemble à un yakuza. Je l’ai trouvée un peu trop rapide, mais elle reste jolie et sensuelle. Le premier baiser n’était pas consenti, mais le reste de la relation est respectueuse et douce.

La dernière histoire parle de deux amis d’enfance et collègues artistes : Nami est peintre, Kei est sculpteur. Nami accepte une commande pour une peinture érotique, mais elle est vierge et estime n’avoir pas d’expérience pour peindre ce genre de choses. Elle a beau s’y essayer, elle n’arrive pas à trouver l’inspiration. Kei finit par lui proposer d’explorer avec lui car elle veut aller voir une escorte pour mieux cerner les thématiques érotiques.

La relation est douce, ludique et complice. Je l’ai beaucoup appréciée et ai regretté qu’elle ne soit pas plus longue.

Ce recueil est donc un condensé de belles émotions, d’érotisme, mais aussi de respect et de consensualité. C’est mature, c’est assumé, c’est immersif. Les histoires passent trop vite et sont trop courtes, mais je les ai adorées, particulièrement la première et la troisième. Une super découverte pour une collection naissante qui promet déjà beaucoup !


Points positifs : des personnages attachants, matures, respectueux ; trois histoires douces et érotiques, avec beaucoup de sensualité, mais aussi de consensualité ; de belles relations très adultes qui font du bien au cœur.

Points négatifs : histoires un peu courtes, on en aurait voulu davantage !




lundi 12 décembre 2022

[Chronique] Love me for who I am 2 - Kata Konayama

    

Love me for who I am, tome 2 - Kata Konayama







Titre: Love me for who I am
Autrice: Kata Konayama
Éditions Ototo
Collection Mues
Genre: manga, seinen, LGBT+, non-binarité
Âge: 14+
2 tomes parus, série en cours



SERVICE PRESSE




Résumé:


Tetsu et Mogumo, une personne non-binaire, sont de plus en plus inséparables.
Alors que tout se passait pour le mieux, Kotone, l’amie d’enfance de Mogumo, prend soudain Tetsu à partie et condamne violemment son comportement. Elle argue notamment qu’une idylle entre Mogumo et lui relèverait de l’homosexualité, et que Mogumo en pâtirait. Seulement, sont-ce les seules raisons de la colère de Kotone ?
Pendant ce temps, au café Question, Sacchan décide d’organiser un évènement pour les vacances d’été. Tout le personnel se rassemble le week-end pour mettre au point les costumes et les nouveaux plats prévus pour l’occasion.


Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un grand merci à Ototo pour ce beau partenariat et pour leur continuelle gentillesse et disponibilité.

Et aussi d’avoir accepté de me fournir ce tome 2 en service-presse bien après sa sortie, que j’avais manqué ! Quand on sait à quel point j’avais adoré le tome 1, c’est quand même un comble… Enfin, erreur réparée, et me voici avec une nouvelle chronique coup de cœur pour ce second opus <3

Je trouve la couverture vraiment très différente du tome 1 ! Mais c’est normal puisqu’on y montre un autre personnage, à savoir Kotone et ses problématiques. Cette illustration nous dépeint une jeune fille éplorée, en larmes, qui semble complètement perdue et a le cœur brisé.

Les dessins à l’intérieur sont toujours aussi beaux, doux et mignons. Ils sont un vrai plaisir visuel et nous permettent une totale immersion dans l’histoire. Je suis tombée en amour avec eux.

L’histoire suit son cours là où nous l’avions laissée : Tetsu stresse et doute, suite à l’intervention de Kotone qui s’est dressée sur le chemin de son amour pour Mogumo. Lui qui se laissait totalement entraîner par ses sentiments sans avoir pris le temps de réfléchir à leurs implications va se retrouver face à la réalité : Mogumo est non-binaire, iel ressemble physiquement beaucoup à une fille, mais iel est né-e dans un corps mâle. Est-ce une relation « homosexuelle » que Tetsu s’apprête à engager avec iel en sortant avec iel ?

En fait la question est intéressante, car là où on en est de notre société, elle se pose véritablement. Il serait tellement plus simple de dire qu’on aime une personne, peu importe ce qu’elle a entre les jambes. Mais ce manga nous rappelle que la société n’est pas d’accord avec cette assertion et pourrait potentiellement nous juger ou nous faire subir des horreurs lorsque l’on sort du modèle cis-hétéro. C’est donc intéressant que Tetsu se pose ces questions-là, et sa réponse est tellement touchante !

De son côté, Kotone est plus développée dans ce tome, et elle est elle aussi très touchante. Sa dispute avec Tetsu, la manière dont elle manque de respect à Mogumo lors de cette dispute, en lea figeant dans son « identité » de garçon (ce qu’iel n’est pas, même si iel en a le corps) cachait en vérité une histoire difficile, remplie de déceptions, de souffrances et d’obstacles. On s’en doutait, Kotone est lesbienne, et elle a mal vécu son rapport aux filles, se retrouvant incapable de révéler à ses crushes son amour pour elles, tout autant qu’elle a « peur » des garçons. Elle est profondément secouée par l’identité de Mogumo, qu’elle tente de considérer comme une fille, parce qu’elle l’aime, sans plus y parvenir tout à fait. C’est un personnage un peu brisé, qui cherche sa voie et s’acharne à garder la tête hors de l’eau tout en repoussant malgré elle les mains tendues. Il est possible que le café Question et ses incroyables employé-es l’aident dans ce besoin qu’elle a de reconnaissance, elle aussi.

J’ai adoré ces problématiques qui se rajoutent à celle de la non-binarité, et de la transidentité, qu’on va davantage creuser, notamment avec le personnage de Sacchan. Sacchan s’assume en tant que femme trans, mais pas totalement. Sa famille la perçoit encore comme un homme, en tout cas, jusqu’à présent Tetsu l’appelait « grand frère ». Cela va évoluer dans ce tome, alors que la présence de Mogumo permet aux autres de se questionner et, qu’ensemble, ils apprennent à s’assumer et à s’affirmer davantage.

Le cadre, toujours le café Question, est sécurisant et apporte donc de la douceur à ces problématiques complexes et parfois douloureuses. Ce second tome est plus agité, plus sombre, d’une certaine manière, mais les moments passés au café, qui restent centraux, posent une atmosphère bienveillante et tranquille sur l’histoire, ce que j’apprécie énormément : malgré les problématiques difficiles, ce manga reste un feel-good qui fait vraiment du bien !

Encore un coup de cœur pour ce tome 2… J’ai hâte de découvrir la suite de cette histoire !


Points positifs : de très beaux dessins ; beaucoup de douceur et de joie ; des personnages attachants et lumineux ; des sujets graves traités avec justesse, malgré le côté feel-good du récit ; un climat rassurant et agréable, sécuritaire, autant pour les personnages que pour nous lecteurices ; la transidentité et les orientations sexuelles y sont davantage développées avec des personnages trans, bis, lesbiens…

Points négatifs : pas trouvés



samedi 19 février 2022

[Chronique] Love me for who I am 1 - Kata Konayama

   

Love me for who I am, tome 1 - Kata Konayama










Titre: Love me for who I am
Autrice: Kata Konayama
Éditions Ototo
Collection Mues
Genre: manga, seine, LGBT+, non-binarité
Âge: 14+
1 tome paru, série en cours



SERVICE PRESSE




Résumé:


Au lycée, Mogumo semble ne pas avoir d’amis, et ne paraît pas non plus chercher à s’en faire. Pourtant, son camarade Tetsu connaît exactement le lieu où Mogumo pourrait rencontrer des personnes qui lui ressemblent : le maid café que tient sa sœur, où le service est assuré par des otokonoko, des garçons habillés en fille. Ni une ni deux, Tetsu propose à Mogumo d’y travailler… Mais qui a dit que Mogumo était un garçon ?


Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un grand merci à Ototo pour ce beau partenariat et pour leur continuelle gentillesse et disponibilité.

J’étais ravie de voir sortir un manga parlant de non-binarité, et ça m’intriguait énormément, étant moi-même non-binaire.

La couverture est très jolie. Le dessin de Mogumo est splendide, et il s’en dégage beaucoup de douceur, ce qui est très représentatif de l’ambiance de ce manga tout en délicatesse.

Les dessins à l’intérieur sont à tomber, je suis sous le charme des traits de la mangaka. On s’attache tout de suite aux personnages, tant ils sont adorables physiquement parlant. Évidemment, ce n’est pas là leur seule qualité, mais c’est quelque chose d’important, je trouve, que d’apprécier les dessins pour entrer dans l’univers d’un manga.

L’histoire part sur un malentendu. Tetsu veut aider Mogumo, et il est persuadé d’avoir en face de lui un garçon aimant se travestir, c’est pourquoi il l’emmène au Maid café de sa sœur qui, il le pense, lui permettra de rencontrer d’autres « garçons » comme lui.

Le principe de ce Maid café, à la base, c’est qu’il accueille des maids qui sont des otokonoko, à savoir des garçons aimant se déguiser en fille. Sauf qu’on réalise vite que ce café est avant tout un lieu qui permet d’accueillir des personnes assignées garçon à la naissance, qui ne se sentent pas à l’aise dans ce monde et ont besoin de ce petit havre pour se sentir plus comprises, acceptées, ou simplement en sécurité.

Au début, j’ai un peu grincé des dents, car certains personnages sont transgenres et sont genrés au masculin. J’ai cru un moment que c’était ou une erreur de traduction, ou une maladresse, mais heureusement ce n’était pas le cas, et au contraire, j’ai trouvé cela très touchant pour le personnage de Mei. C’est très bien mené. Au début, Mei se croit illégitime dans son identité de genre, à savoir qu’elle se sent fille, mais est née dans un corps mâle. Elle est persuadée qu’elle n’a pas le droit de l’exprimer complètement, encore moins de le vivre. Grâce aux changements qui vont s’opérer peu à peu dans le Maid café avec la présence déstabilisante de Mogumo, elle va s’octroyer ce droit, se sentir à l’aise pour se genrer au féminin au contact de ses collègues qui sont un peu comme une famille bienveillante et acceptante, et j’ai trouvé cela très beau.

Les autres personnages ont chacun·e leur problématique : la sœur de Tetsu est transgenre (même si Tetsu l’appelle encore « son frère », j’espère que cela changera ou qu’une explication sera donnée à ce choix), Suzu est gay, Ten est fan de cosplay. Quant à Tetsu, qui travaille aussi au Maid café en cuisine, il va être amené à se poser beaucoup de questions, parce qu’il ressent énormément d’attirance pour Mogumo. Il ignore s’il est gay, ou bi, ou si c’est juste Mogumo qui l’attire, et du coup il va être amené à réfléchir à son orientation romantique afin de décider s’il veut donner vie à ces sentiments ou non.

Mogumo, quant à iel, est non-binaire. J’ai trouvé le sujet bien amené, avec douceur mais pas seulement. C’est angoissant, pour Mogumo, de se trouver sans cesse incompris·e, d’avoir la sensation d’être différent·e et de ne pas se sentir légitime au regard des autres. Iel-même est très sûr de qui iel est, ni une fille, ni un garçon, même s’iel explore encore son identité de genre. Mais c’est difficile à expliquer, et l’incompréhension des autres lui crée beaucoup d’angoisse. Iel préfère donc généralement s’isoler, mais le petit groupe qui va désormais l’entourer lui fera beaucoup de bien, et lui permettra d’explorer son identité tout autant que son orientation amoureuse en toute sécurité.

La relation Mogumo/Tetsu est tellement cute ! Iels sont trop mignon·nes, tous les deux, leur amour réciproque est évident, même s’iels vont faire face à de nombreux doutes et obstacles. Tout le monde est fan de leur duo, dans le petit groupe, et va tenter de les aider, mais dans le monde extérieur, ça ne sera pas toujours le cas !

Si nos deux protagonistes principaux sont à la fois touchants, adorables et attachants, c’est également le cas des autres personnages. On ne peut être indifférent à la détresse de Mei, à ce que peut traverser au quotidien Sacchan en tant que personne transgenre, à la bonne humeur de Ten et de Suzu, à leur bienveillance et à leur amitié…

Ce manga est un condensé de bonne humeur et de tendresse, tout en traitant des sujets importants et parfois graves, sans tenter de les rendre plus légers. Les sentiments des personnages sont très bien amenés et percutants, leurs doutes, angoisses, souffrances ne sont pas mis de côté. On y parle de dysphorie de genre sans compromis, tout en gardant un ton résolument positif et feel-good.

À la fin, on trouve une double page écrite consacrée à la non-binarité, ce qui est un beau plus. Évidemment cela reste succinct (même si c’est déjà génial de trouver ce bonus) mais des liens et conseils de lecture vous permettront de vous renseigner davantage si vous le souhaitez.

Une très belle découverte que ce manga, un premier tome qui est un petit coup de cœur douceur, et que ma fille, non-binaire également, a beaucoup aimé elle aussi, se reconnaissant beaucoup dans le personnage de Mogumo <3


Points positifs : de très beaux dessins ; beaucoup de douceur et de joie ; des personnages attachants et lumineux ; des sujets graves traités avec justesse, malgré le côté feel-good du récit ; un climat rassurant et agréable, sécuritaire, autant pour les personnages que pour nous lecteurices.

Points négatifs : pas trouvés