Love me for who I am, tome 1 - Kata Konayama
Titre: Love me for who I am
Âge: 14+
1 tome paru, série en cours
SERVICE PRESSE
Résumé:
Au lycée, Mogumo semble ne pas avoir d’amis, et ne paraît pas non plus chercher à s’en faire. Pourtant, son camarade Tetsu connaît exactement le lieu où Mogumo pourrait rencontrer des personnes qui lui ressemblent : le maid café que tient sa sœur, où le service est assuré par des otokonoko, des garçons habillés en fille. Ni une ni deux, Tetsu propose à Mogumo d’y travailler… Mais qui a dit que Mogumo était un garçon ?
Chronique d'Aurélie
Tout
d’abord un grand merci à Ototo pour ce beau partenariat et pour leur
continuelle gentillesse et disponibilité.
J’étais
ravie de voir sortir un manga parlant de non-binarité, et ça m’intriguait
énormément, étant moi-même non-binaire.
La
couverture est très jolie. Le dessin de Mogumo est splendide, et il s’en dégage
beaucoup de douceur, ce qui est très représentatif de l’ambiance de ce manga
tout en délicatesse.
Les
dessins à l’intérieur sont à tomber, je suis sous le charme des traits de la
mangaka. On s’attache tout de suite aux personnages, tant ils sont adorables
physiquement parlant. Évidemment, ce n’est pas là leur seule qualité, mais c’est
quelque chose d’important, je trouve, que d’apprécier les dessins pour entrer
dans l’univers d’un manga.
L’histoire
part sur un malentendu. Tetsu veut aider Mogumo, et il est persuadé d’avoir en
face de lui un garçon aimant se travestir, c’est pourquoi il l’emmène au Maid
café de sa sœur qui, il le pense, lui permettra de rencontrer d’autres « garçons »
comme lui.
Le
principe de ce Maid café, à la base, c’est qu’il accueille des maids qui sont
des otokonoko, à savoir des garçons aimant se déguiser en fille. Sauf qu’on
réalise vite que ce café est avant tout un lieu qui permet d’accueillir des
personnes assignées garçon à la naissance, qui ne se sentent pas à l’aise dans
ce monde et ont besoin de ce petit havre pour se sentir plus comprises,
acceptées, ou simplement en sécurité.
Au
début, j’ai un peu grincé des dents, car certains personnages sont transgenres
et sont genrés au masculin. J’ai cru un moment que c’était ou une erreur de
traduction, ou une maladresse, mais heureusement ce n’était pas le cas, et au
contraire, j’ai trouvé cela très touchant pour le personnage de Mei. C’est très
bien mené. Au début, Mei se croit illégitime dans son identité de genre, à
savoir qu’elle se sent fille, mais est née dans un corps mâle. Elle est
persuadée qu’elle n’a pas le droit de l’exprimer complètement, encore moins de
le vivre. Grâce aux changements qui vont s’opérer peu à peu dans le Maid café
avec la présence déstabilisante de Mogumo, elle va s’octroyer ce droit, se
sentir à l’aise pour se genrer au féminin au contact de ses collègues qui sont
un peu comme une famille bienveillante et acceptante, et j’ai trouvé cela très
beau.
Les
autres personnages ont chacun·e leur problématique : la sœur de Tetsu est
transgenre (même si Tetsu l’appelle encore « son frère », j’espère
que cela changera ou qu’une explication sera donnée à ce choix), Suzu est gay,
Ten est fan de cosplay. Quant à Tetsu, qui travaille aussi au Maid café en cuisine,
il va être amené à se poser beaucoup de questions, parce qu’il ressent
énormément d’attirance pour Mogumo. Il ignore s’il est gay, ou bi, ou si c’est
juste Mogumo qui l’attire, et du coup il va être amené à réfléchir à son
orientation romantique afin de décider s’il veut donner vie à ces sentiments ou
non.
Mogumo,
quant à iel, est non-binaire. J’ai trouvé le sujet bien amené, avec douceur
mais pas seulement. C’est angoissant, pour Mogumo, de se trouver sans cesse
incompris·e, d’avoir la sensation d’être différent·e et de ne pas se sentir
légitime au regard des autres. Iel-même est très sûr de qui iel est, ni une
fille, ni un garçon, même s’iel explore encore son identité de genre. Mais c’est
difficile à expliquer, et l’incompréhension des autres lui crée beaucoup d’angoisse.
Iel préfère donc généralement s’isoler, mais le petit groupe qui va désormais l’entourer
lui fera beaucoup de bien, et lui permettra d’explorer son identité tout autant
que son orientation amoureuse en toute sécurité.
La
relation Mogumo/Tetsu est tellement cute ! Iels sont trop mignon·nes, tous
les deux, leur amour réciproque est évident, même s’iels vont faire face à de
nombreux doutes et obstacles. Tout le monde est fan de leur duo, dans le petit
groupe, et va tenter de les aider, mais dans le monde extérieur, ça ne sera pas
toujours le cas !
Si
nos deux protagonistes principaux sont à la fois touchants, adorables et
attachants, c’est également le cas des autres personnages. On ne peut être
indifférent à la détresse de Mei, à ce que peut traverser au quotidien Sacchan
en tant que personne transgenre, à la bonne humeur de Ten et de Suzu, à leur
bienveillance et à leur amitié…
Ce
manga est un condensé de bonne humeur et de tendresse, tout en traitant des
sujets importants et parfois graves, sans tenter de les rendre plus légers. Les
sentiments des personnages sont très bien amenés et percutants, leurs doutes,
angoisses, souffrances ne sont pas mis de côté. On y parle de dysphorie de
genre sans compromis, tout en gardant un ton résolument positif et feel-good.
À
la fin, on trouve une double page écrite consacrée à la non-binarité, ce qui
est un beau plus. Évidemment cela reste succinct (même si c’est déjà génial de
trouver ce bonus) mais des liens et conseils de lecture vous permettront de
vous renseigner davantage si vous le souhaitez.
Une
très belle découverte que ce manga, un premier tome qui est un petit coup de cœur
douceur, et que ma fille, non-binaire également, a beaucoup aimé elle aussi, se
reconnaissant beaucoup dans le personnage de Mogumo <3
Points positifs : de très beaux dessins ; beaucoup de douceur et de joie ; des personnages attachants et lumineux ; des sujets graves traités avec justesse, malgré le côté feel-good du récit ; un climat rassurant et agréable, sécuritaire, autant pour les personnages que pour nous lecteurices.
Points négatifs : pas trouvés
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