samedi 19 février 2022

[Chronique] Love me for who I am 1 - Kata Konayama

   

Love me for who I am, tome 1 - Kata Konayama










Titre: Love me for who I am
Autrice: Kata Konayama
Éditions Ototo
Collection Mues
Genre: manga, seine, LGBT+, non-binarité
Âge: 14+
1 tome paru, série en cours



SERVICE PRESSE




Résumé:


Au lycée, Mogumo semble ne pas avoir d’amis, et ne paraît pas non plus chercher à s’en faire. Pourtant, son camarade Tetsu connaît exactement le lieu où Mogumo pourrait rencontrer des personnes qui lui ressemblent : le maid café que tient sa sœur, où le service est assuré par des otokonoko, des garçons habillés en fille. Ni une ni deux, Tetsu propose à Mogumo d’y travailler… Mais qui a dit que Mogumo était un garçon ?


Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un grand merci à Ototo pour ce beau partenariat et pour leur continuelle gentillesse et disponibilité.

J’étais ravie de voir sortir un manga parlant de non-binarité, et ça m’intriguait énormément, étant moi-même non-binaire.

La couverture est très jolie. Le dessin de Mogumo est splendide, et il s’en dégage beaucoup de douceur, ce qui est très représentatif de l’ambiance de ce manga tout en délicatesse.

Les dessins à l’intérieur sont à tomber, je suis sous le charme des traits de la mangaka. On s’attache tout de suite aux personnages, tant ils sont adorables physiquement parlant. Évidemment, ce n’est pas là leur seule qualité, mais c’est quelque chose d’important, je trouve, que d’apprécier les dessins pour entrer dans l’univers d’un manga.

L’histoire part sur un malentendu. Tetsu veut aider Mogumo, et il est persuadé d’avoir en face de lui un garçon aimant se travestir, c’est pourquoi il l’emmène au Maid café de sa sœur qui, il le pense, lui permettra de rencontrer d’autres « garçons » comme lui.

Le principe de ce Maid café, à la base, c’est qu’il accueille des maids qui sont des otokonoko, à savoir des garçons aimant se déguiser en fille. Sauf qu’on réalise vite que ce café est avant tout un lieu qui permet d’accueillir des personnes assignées garçon à la naissance, qui ne se sentent pas à l’aise dans ce monde et ont besoin de ce petit havre pour se sentir plus comprises, acceptées, ou simplement en sécurité.

Au début, j’ai un peu grincé des dents, car certains personnages sont transgenres et sont genrés au masculin. J’ai cru un moment que c’était ou une erreur de traduction, ou une maladresse, mais heureusement ce n’était pas le cas, et au contraire, j’ai trouvé cela très touchant pour le personnage de Mei. C’est très bien mené. Au début, Mei se croit illégitime dans son identité de genre, à savoir qu’elle se sent fille, mais est née dans un corps mâle. Elle est persuadée qu’elle n’a pas le droit de l’exprimer complètement, encore moins de le vivre. Grâce aux changements qui vont s’opérer peu à peu dans le Maid café avec la présence déstabilisante de Mogumo, elle va s’octroyer ce droit, se sentir à l’aise pour se genrer au féminin au contact de ses collègues qui sont un peu comme une famille bienveillante et acceptante, et j’ai trouvé cela très beau.

Les autres personnages ont chacun·e leur problématique : la sœur de Tetsu est transgenre (même si Tetsu l’appelle encore « son frère », j’espère que cela changera ou qu’une explication sera donnée à ce choix), Suzu est gay, Ten est fan de cosplay. Quant à Tetsu, qui travaille aussi au Maid café en cuisine, il va être amené à se poser beaucoup de questions, parce qu’il ressent énormément d’attirance pour Mogumo. Il ignore s’il est gay, ou bi, ou si c’est juste Mogumo qui l’attire, et du coup il va être amené à réfléchir à son orientation romantique afin de décider s’il veut donner vie à ces sentiments ou non.

Mogumo, quant à iel, est non-binaire. J’ai trouvé le sujet bien amené, avec douceur mais pas seulement. C’est angoissant, pour Mogumo, de se trouver sans cesse incompris·e, d’avoir la sensation d’être différent·e et de ne pas se sentir légitime au regard des autres. Iel-même est très sûr de qui iel est, ni une fille, ni un garçon, même s’iel explore encore son identité de genre. Mais c’est difficile à expliquer, et l’incompréhension des autres lui crée beaucoup d’angoisse. Iel préfère donc généralement s’isoler, mais le petit groupe qui va désormais l’entourer lui fera beaucoup de bien, et lui permettra d’explorer son identité tout autant que son orientation amoureuse en toute sécurité.

La relation Mogumo/Tetsu est tellement cute ! Iels sont trop mignon·nes, tous les deux, leur amour réciproque est évident, même s’iels vont faire face à de nombreux doutes et obstacles. Tout le monde est fan de leur duo, dans le petit groupe, et va tenter de les aider, mais dans le monde extérieur, ça ne sera pas toujours le cas !

Si nos deux protagonistes principaux sont à la fois touchants, adorables et attachants, c’est également le cas des autres personnages. On ne peut être indifférent à la détresse de Mei, à ce que peut traverser au quotidien Sacchan en tant que personne transgenre, à la bonne humeur de Ten et de Suzu, à leur bienveillance et à leur amitié…

Ce manga est un condensé de bonne humeur et de tendresse, tout en traitant des sujets importants et parfois graves, sans tenter de les rendre plus légers. Les sentiments des personnages sont très bien amenés et percutants, leurs doutes, angoisses, souffrances ne sont pas mis de côté. On y parle de dysphorie de genre sans compromis, tout en gardant un ton résolument positif et feel-good.

À la fin, on trouve une double page écrite consacrée à la non-binarité, ce qui est un beau plus. Évidemment cela reste succinct (même si c’est déjà génial de trouver ce bonus) mais des liens et conseils de lecture vous permettront de vous renseigner davantage si vous le souhaitez.

Une très belle découverte que ce manga, un premier tome qui est un petit coup de cœur douceur, et que ma fille, non-binaire également, a beaucoup aimé elle aussi, se reconnaissant beaucoup dans le personnage de Mogumo <3


Points positifs : de très beaux dessins ; beaucoup de douceur et de joie ; des personnages attachants et lumineux ; des sujets graves traités avec justesse, malgré le côté feel-good du récit ; un climat rassurant et agréable, sécuritaire, autant pour les personnages que pour nous lecteurices.

Points négatifs : pas trouvés



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire