lundi 12 décembre 2022

[Chronique] Love me for who I am 2 - Kata Konayama

    

Love me for who I am, tome 2 - Kata Konayama







Titre: Love me for who I am
Autrice: Kata Konayama
Éditions Ototo
Collection Mues
Genre: manga, seinen, LGBT+, non-binarité
Âge: 14+
2 tomes parus, série en cours



SERVICE PRESSE




Résumé:


Tetsu et Mogumo, une personne non-binaire, sont de plus en plus inséparables.
Alors que tout se passait pour le mieux, Kotone, l’amie d’enfance de Mogumo, prend soudain Tetsu à partie et condamne violemment son comportement. Elle argue notamment qu’une idylle entre Mogumo et lui relèverait de l’homosexualité, et que Mogumo en pâtirait. Seulement, sont-ce les seules raisons de la colère de Kotone ?
Pendant ce temps, au café Question, Sacchan décide d’organiser un évènement pour les vacances d’été. Tout le personnel se rassemble le week-end pour mettre au point les costumes et les nouveaux plats prévus pour l’occasion.


Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un grand merci à Ototo pour ce beau partenariat et pour leur continuelle gentillesse et disponibilité.

Et aussi d’avoir accepté de me fournir ce tome 2 en service-presse bien après sa sortie, que j’avais manqué ! Quand on sait à quel point j’avais adoré le tome 1, c’est quand même un comble… Enfin, erreur réparée, et me voici avec une nouvelle chronique coup de cœur pour ce second opus <3

Je trouve la couverture vraiment très différente du tome 1 ! Mais c’est normal puisqu’on y montre un autre personnage, à savoir Kotone et ses problématiques. Cette illustration nous dépeint une jeune fille éplorée, en larmes, qui semble complètement perdue et a le cœur brisé.

Les dessins à l’intérieur sont toujours aussi beaux, doux et mignons. Ils sont un vrai plaisir visuel et nous permettent une totale immersion dans l’histoire. Je suis tombée en amour avec eux.

L’histoire suit son cours là où nous l’avions laissée : Tetsu stresse et doute, suite à l’intervention de Kotone qui s’est dressée sur le chemin de son amour pour Mogumo. Lui qui se laissait totalement entraîner par ses sentiments sans avoir pris le temps de réfléchir à leurs implications va se retrouver face à la réalité : Mogumo est non-binaire, iel ressemble physiquement beaucoup à une fille, mais iel est né-e dans un corps mâle. Est-ce une relation « homosexuelle » que Tetsu s’apprête à engager avec iel en sortant avec iel ?

En fait la question est intéressante, car là où on en est de notre société, elle se pose véritablement. Il serait tellement plus simple de dire qu’on aime une personne, peu importe ce qu’elle a entre les jambes. Mais ce manga nous rappelle que la société n’est pas d’accord avec cette assertion et pourrait potentiellement nous juger ou nous faire subir des horreurs lorsque l’on sort du modèle cis-hétéro. C’est donc intéressant que Tetsu se pose ces questions-là, et sa réponse est tellement touchante !

De son côté, Kotone est plus développée dans ce tome, et elle est elle aussi très touchante. Sa dispute avec Tetsu, la manière dont elle manque de respect à Mogumo lors de cette dispute, en lea figeant dans son « identité » de garçon (ce qu’iel n’est pas, même si iel en a le corps) cachait en vérité une histoire difficile, remplie de déceptions, de souffrances et d’obstacles. On s’en doutait, Kotone est lesbienne, et elle a mal vécu son rapport aux filles, se retrouvant incapable de révéler à ses crushes son amour pour elles, tout autant qu’elle a « peur » des garçons. Elle est profondément secouée par l’identité de Mogumo, qu’elle tente de considérer comme une fille, parce qu’elle l’aime, sans plus y parvenir tout à fait. C’est un personnage un peu brisé, qui cherche sa voie et s’acharne à garder la tête hors de l’eau tout en repoussant malgré elle les mains tendues. Il est possible que le café Question et ses incroyables employé-es l’aident dans ce besoin qu’elle a de reconnaissance, elle aussi.

J’ai adoré ces problématiques qui se rajoutent à celle de la non-binarité, et de la transidentité, qu’on va davantage creuser, notamment avec le personnage de Sacchan. Sacchan s’assume en tant que femme trans, mais pas totalement. Sa famille la perçoit encore comme un homme, en tout cas, jusqu’à présent Tetsu l’appelait « grand frère ». Cela va évoluer dans ce tome, alors que la présence de Mogumo permet aux autres de se questionner et, qu’ensemble, ils apprennent à s’assumer et à s’affirmer davantage.

Le cadre, toujours le café Question, est sécurisant et apporte donc de la douceur à ces problématiques complexes et parfois douloureuses. Ce second tome est plus agité, plus sombre, d’une certaine manière, mais les moments passés au café, qui restent centraux, posent une atmosphère bienveillante et tranquille sur l’histoire, ce que j’apprécie énormément : malgré les problématiques difficiles, ce manga reste un feel-good qui fait vraiment du bien !

Encore un coup de cœur pour ce tome 2… J’ai hâte de découvrir la suite de cette histoire !


Points positifs : de très beaux dessins ; beaucoup de douceur et de joie ; des personnages attachants et lumineux ; des sujets graves traités avec justesse, malgré le côté feel-good du récit ; un climat rassurant et agréable, sécuritaire, autant pour les personnages que pour nous lecteurices ; la transidentité et les orientations sexuelles y sont davantage développées avec des personnages trans, bis, lesbiens…

Points négatifs : pas trouvés



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