samedi 27 juillet 2019

[Chronique] MADK - Ryo Suzuri

MADK, tome 1 - Ryo Suzuri










Titre: MADK
Autrice: Ryo Suzuri
Éditions Taifu comics
Genre: manga, yaoi
Âge: 16+
Série en cours, 1 tome paru



SERVICE PRESSE





Résumé:


Considéré comme déviant par ses pairs, Makoto est ostracisé à cause de ses penchants morbides. Afin de satisfaire ses derniers, il s'est tourné vers la sorcellerie et alors qu'il tente sans trop y croire d'invoquer un démon, voilà qu’apparaît J, archiduc des Enfers . Le superbe démon lui accorde un vœu en échange de son âme, sans se douter que le lycéen va lui faire une requête inattendue : manger sa chair et ses entrailles !

Makoto pensait sombrer dans le repos éternel une fois son souhait exaucé, mais J semble avoir d’autres projets pour lui...


Chronique d'Aurélie


Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat et pour leur continuelle gentillesse et disponibilité.

J’avais très hâte de découvrir ce manga qui m’intriguait beaucoup. Le thème est original, et j’avais envie d’en savoir davantage.

La couverture m’a énormément attirée. Très sombre, très esthétique, autant dans la pose des personnages que dans les couleurs (dégradé de gris, fond simple mais argenté). Le dessin y est très beau, on dirait une danse. Mais une danse macabre, qui va très bien avec l’ambiance globale du manga. Je trouve le titre super esthétique, également. De haut en bas, il barre le dessin mais pas les visages, en lettres qui semblent tracées à la main dans du sang.

Cela pose immédiatement l’atmosphère glauque et morbide du manga.

J’ai eu énormément de mal avec les dessins à l’intérieur, par contre. En fait ce n’est pas tellement que je les trouve laids, bon, ils sont très particuliers, mais on se fait aux visages très particuliers, aux yeux immenses cernés de noir, etc. Cela met là aussi plutôt dans l’ambiance hyper sombre et volontairement malsaine du manga. Non, en fait, même si au départ j’ai eu besoin d’un temps d’adaptation face à ce style, ce n’est pas vraiment ça qui m’a gênée, mais bien le fouillis des illustrations. Toutes les scènes « d’action » (sexe, moments d’excitation ou de colère, disputes, affrontements) sont hyper floues. Difficile de comprendre, parfois, de cerner exactement ce qui se passe.

Ça, ça m’a pas mal gênée, même si je m’y suis fait au fil du manga, et qu’à la fin je me suis dit que j’avais bien envie de découvrir la suite lorsqu’elle sortira. Malgré tout à cause de ce côté hyper brouillon, j’ai eu énormément de mal à entrer dans l’histoire.

En fait, c’est assez déstabilisant, parce que ce manga est volontairement malsain, comme je le disais, morbide, trash, horrifique, mais on reste sur sa faim, à cause des dessins trop « flous ». Je ne suis pas nécessairement fan d’horreur et de gore, pour dire vrai, mais quitte à lire quelque chose qui va dans ce sens, j’aime bien qu’on aille au fond des choses. Du coup ça m’a un peu agacée de ne pas toujours cerner ce qui se passait, d’avoir cette sensation de malaise, mais pas complète, vous voyez ? Comme s’il manquait quelque chose pour être vraiment dans cet état de malaise profond que l’histoire aurait dû me procurer.

C’est d’autant plus dommage qu’à la fin, il y a deux superbes illustrations très trash, magnifiques. Bon, vraiment gores, hein, mais c’est beau dans la manière dont c’est assumé. J’aurais aimé que tous les dessins soient de cette qualité, et aussi explicites.

L’histoire en elle-même est très « creepy ». C’est voulu, assumé, et ma foi, c’est bien fait. En soi, je ne suis pas super fan car j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages, mais je pense qu’encore une fois c’est à cause du côté brouillon des dessins. Bon, le personnage de Makoto est tellement spécial qu’il est aussi difficile de s’y accrocher, mais je trouve ça intéressant, parce que justement, il est différent, il est rejeté parmi les humains, ostracisé, et on comprend pourquoi, parce que nous aussi, il nous met mal à l’aise. C’est super bien mené et ça fait réfléchir. À partir du moment où il atterrit chez les démons, on réalise aussi que malgré tout, c’est un garçon gentil et plutôt doux, malgré ses idées, pulsions et désirs bizarres et macabres.

J’ai beaucoup aimé le personnage de J, qui est aussi mystérieux que sympathique. Même si sa façon d’être sympathique passe parfois par des actes flippants comme décapiter son amant avant qu’il ne se fasse baiser pour le punir de se montrer un peu rétif. Il est presque drôle, ce démon si particulier, et il est plutôt attachant. Et super canon, aussi.

J’aime d’ailleurs beaucoup l’idée que dans ce monde, les démons ne sont pas méchants en soi. Certes, ils ont des passe-temps étranges, ils ne se soucient pas vraiment de consentement et dirigent d’une main de fer leurs serviteurs et « soumis », cependant ils sont plutôt sympathiques et gentils. Comme Datensho qui semble tout doux (même s’il est flippant, avec son visage sans orifices, y compris les yeux lol), ou Fjord qui est adorable. Fjord qui est le personnage avec lequel j’ai le plus accroché pour l’instant je dirais. Il est doux, adorable, attentionné, même s’il fait ce qu’on lui dit, ce qui peut aller contre la volonté des autres, il essaie de faire se sentir bien la seconde partie et de ne pas causer de mal inutile.

En plus, ces démons sont sexy et ont des attributs… ma foi, originaux et intéressants ;-) Dommage là aussi que les scènes érotiques aient été aussi brouillons, parce que ce qu’on en voit était très prometteur ;-)

Du coup, je suis assez mitigée sur ce premier opus, j’ai eu du mal à y entrer, mais je dois avouer qu’une fois dedans, je n’avais pas envie de le voir se finir, et maintenant, j’ai hâte de savoir la suite, qui s’annonce palpitante. En tout cas, une chose est sûre, ce manga est plus qu’original, il peut choquer par son côté décalé, gore et malsain, mais c’est très assumé, et ça change tellement des autres yaoi que rien que pour ça il vaut le coup !



Points positifs : un univers original ; une histoire comme aucune autre ; des personnages malsains mais plutôt attachants.

Points négatifs : les dessins sont très particuliers, beaucoup d’entre eux sont tellement flous et « brouillons » qu’on ne voit pas trop ce qui se passe ; c’est de l’horreur mais on a la sensation que la mangaka a voulu en faire quelque chose de « mainstream », presque tout public, ce qui casse le côté malsain et l’intensité qui aurait pu s’en dégager, résultat on reste sur sa faim.


Note : 3,3/5



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