Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Horreur. Afficher tous les articles

samedi 13 avril 2024

[Chronique] Sanctify 3 - Godsstation

 

    Sanctify, tome 3 - Godsstation






Titre: Sanctify
Autrice: Fox
Dessinatrice: Zhixin Peng
Éditions Taifu comics
Genre: 18+
Série en 3 tomes



SERVICE PRESSE


Résumé:


Lance Hunter, l'exorciste solitaire, s'est lancé dans une enquête dont les ramifications semblent mener aux pires individus que la Terre ait portés : les Versuvorax, qui sont à l'origine de nombreux massacres d'une rare cruauté.

Alors qu'il travaille toujours seul, cette fois-ci, il s'est étonnement laissé convaincre d'être accompagné par l'agent William Gilbert. L'affabilité et la sympathie de ce jeune policier à son égard ont eu raison de sa misanthropie...

Au fil de leurs pérégrinations, le mystère s'épaissit et une drôle de relation se noue entre les deux hommes. Seront-ils à la hauteur de ce qui les attend ?


Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat.

Vous le savez si vous avez lu mes précédentes chroniques, cette série est un coup de cœur pour moi, et ce dernier opus ne démérite en rien, bien au contraire !

J’aime la douceur de cette couverture, malgré son côté très sombre. Comme un rêve du passé, nous retrouvons un couple à nouveau réuni, qui s’étreint avec autant d’amour que de soulagement. Cette illustration est d’une tendresse que je trouve vraiment touchante.

Les dessins à l’intérieur sont… pfouaaah comment les décrire ? Ils sont toujours aussi beaux, mais c’est même plus que cela, chacun d’eux est un petit bijou. Les détails sont incroyables, les ambiances magnifiques. L’érotisme (peu présent, finalement, mais présent tout de même par touches à chaque tome) est foudroyant et sans censure. Rien que pour ses illustrations, ce manga est un coup de cœur…

Difficile de parler de ce tome 3. L’intrigue, qui s’était installée dans les deux premiers tomes, prend ici toute son ampleur. J’ai eu l’impression d’écouter un opéra allant crescendo, jusqu’à une apothéose d’émotions, une explosion aussi bien métaphorique que littérale. Comme vous vous en doutez si vous avez déjà lu les deux premiers tomes, nous allons avoir ici la réponse à toutes nos questions, et découvrir qui est derrière les crimes de la croix inversée.

Je n’ai pas envie de spoiler l’histoire, au cas où vous n’auriez pas lu les deux premiers tomes. Je vais donc rester plus imprécise. Les éléments distillés tout du long se révèlent enfin et s’assemblent pour que nous puissions voir la globalité de la fresque qui s’est dessinée peu à peu.

J’avais deviné la plupart des éléments qui sont révélés à la fin, mais cela n’a rien gâché à mon plaisir, bien au contraire. Le dénouement est très différent de ce à quoi je m’attendais, et l’émotion était plus qu’au rendez-vous. Pour moi, cette histoire est un vrai chef d’œuvre que je relirai avec plaisir, même si ça reste une histoire difficile et bouleversante (et très violente).

Ici, les notions de bien et de mal se floutent, frontières fragiles entre deux mondes. D’un côté, le groupe qui a massacré les orphelins : la plupart des membres ont reconstruit une vie paisible et douce, tentant de s’absoudre de leurs affreux péchés. Peut-on les pardonner ? Peuvent-ils être rédemptés après ce qu’ils ont commis ? Je n’ai pas la réponse, sincèrement. De l’autre, celui qui se venge dans l’ombre. Ses actes sont atroces et il n’hésite pas à s’en prendre à des innocents, mais quand on sait pourquoi, ce qui lui est arrivé, ce qui l’a conduit à se noyer dans sa folie et dans sa vengeance… comment lui en vouloir tout à fait ? Ou plutôt, comment ne pas être déchiré par sa détresse et sa peine ? J’ai beaucoup aimé cette réflexion qui nous pousse à juger et en même temps à nous retenir de juger, cette plongée dans les méandres de la folie humaine… C’était beau et horrible à la fois.

La fin m’a déstabilisée, et j’espère que nous aurons droit au spin-off annoncé rapidement, parce que c’était inattendu et bien trop intrigant pour que ce ne soit pas difficile d’être laissé dans ces conditions !

Une trilogie magistrale, magnifique et poétique, dur, triste et belle à la fois, à lire absolument, pour les cœurs bien accrochés…


Points positifs : de très beaux dessins ; un univers profond, fouillé, sombre et complexe ; des éléments du passé qui viennent s’ajouter à l’intrigue et l’approfondissent tout en nous donnant une meilleure compréhension de l’univers ; des personnages complexes, torturés, très travaillés ; une conclusion bouleversante pour une intrigue brillante.

Points négatifs : pas trouvés









mardi 23 janvier 2024

[Chronique] The Night Beyond the Tricornered Window 8 - Tomoko Yamashita

     

 The Night Beyond the Tricornered Window, tome 8 - Tomoko Yamashita







Titre: The Nigth Beyond the Tricornered Window
Autrice: Tomoko Yamashita
Éditions Taifu comics
Genre: manga, yaoi, thriller, fantastique
Âge: 16+
Série en cours, 8 tomes parus



SERVICE PRESSE



Résumé:


Mikado et Hiyakawa reçoivent une étrange lettre, qui contient l'adresse URL d'une application de messages vocaux écrite par Erika. Tandis que tout le monde décide de coopérer pour déceler la véritable identité du professeur, Hiyakawa décide d'agir seul. Devant l'absurdité de la situation, Mikado tente de le raisonner, mais Hiyakawa le projette dans un "ailleurs" dont il aura bien du mal à s'échapper...


Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat.

Je suis toujours sous le charme de cette série haletante et trépidante, si bien rythmée, qu’il est difficile de lâcher une fois plongé dedans.

Les couvertures sont désormais blanches. J’aime beaucoup le choix de cette série, avec 5 tomes noirs et 5 tomes blancs, je trouve cela original et percutant, surtout qu’en effet, on sent dans l’histoire qu’on a changé d’axe. Si les premiers tomes avaient un côté horrifique qui faisait peur, désormais nous sommes plus dans l’intrigue, ce qui rend l’histoire moins sombre (bon, elle reste sombre mais l’ambiance est moins angoissante).

Les dessins sont toujours magnifiques, et j’aime encore une fois l’originalité de cette série qui n’hésite pas à casser les codes et à utiliser des techniques surprenantes, notamment pour imager les différentes malédictions.

Le scénario bat désormais son plein, alors que nos héros se confrontent au « professeur », suite au tome précédent. Ils vont aussi devoir se confronter à leurs propres sentiments, à leurs propres choix, et tenter de s’expliquer. Or, la communication est parfois très compliquée, avec Hiyakawa, ce qui va donner lieu à des incompréhensions et réactions parfois inattendues.

Ce tome se recentre sur Mikado et Hiyakawa. Même si les personnages sont très embrouillés dans leur relation, incapables de poser des mots sur ce qu’ils ressentent, on sent qu’on est à un tournant de ce côté-ci également.

Un des gros plus de cette série, pour moi, c’est que la romance est très peu présente. C’est un filigrane très fin, discret, qui laisse toute la place à l’intrigue de s’exprimer. Pourtant, elle n’est pas non plus absente, ce qui donne une dimension plus profonde à l’histoire. C’est un très bon thriller qui nous tient en haleine, avec tous les éléments que j’aime et qui s’entremêlent parfaitement !

Je ne me lasse pas de cette série, et à chaque fin de tome je suis frustrée de devoir arrêter ma lecture et attendre la suite. C’est la raison pour laquelle parfois, quand deux tomes sortent de manière rapprochée, j’attends pour avoir la possibilité d’en lire deux d’un coup… Vivement le tome suivant ! <3


Points positifs : des dessins dynamiques, sympas et originaux ; un univers bien mené, atypique et creusé ; un scénario bien ficelé ; une ambiance à couper le souffle ; des personnages intrigants et attachants, que nous avons envie de côtoyer davantage pour en apprendre plus ; une intrigue qui se creuse avec des éléments qui se recoupent et des révélations inattendues ; la relation de Mikado et Hiyakawa prend un tournant dans ce tome.

Points négatifs : pas trouvés 






jeudi 8 septembre 2022

[Chronique] MADK 1 et 2 - Ryo Suzuri

 MADK, tomes 1 et 2 - Ryo Suzuri









Titre: MADK
Autrice: Ryo Suzuri
Éditions Taifu comics
Genre: manga, yaoi, horreur
Âge: 16+
Série en cours, 2 tomes parus



SERVICE PRESSE



Résumé:


Considéré comme déviant par ses pairs, Makoto est ostracisé à cause de ses penchants morbides. Afin de satisfaire ses derniers, il s'est tourné vers la sorcellerie et alors qu'il tente sans trop y croire d'invoquer un démon, voilà qu’apparaît J, archiduc des Enfers . Le superbe démon lui accorde un vœu en échange de son âme, sans se douter que le lycéen va lui faire une requête inattendue : manger sa chair et ses entrailles !

Makoto pensait sombrer dans le repos éternel une fois son souhait exaucé, mais J semble avoir d’autres projets pour lui...



Chronique d'Aurélie

Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat et pour leur continuelle gentillesse et disponibilité.

Cela faisait si longtemps que je n’avais pas lu le tome 1 que j’en avais oublié l’histoire. M’était restée une idée mitigée du premier volume, que j’avais aimé mais sans plus. J’avais tout de même eu envie de découvrir la suite, car cela m’intriguait.

Quelle n’a pas été ma surprise, en reprenant ce manga, de plonger totalement dans l’histoire ! À la première lecture, j’ai complètement manqué le bouquin tout entier, du moins c’est la sensation que j’en ai après coup, et c’est pourquoi j’ai choisi, pour le second tome, de plutôt faire une chronique globale reprenant les tomes 2. Je voulais rendre hommage à un manga à côté duquel je suis complètement passée la première fois.

Les couvertures sont très esthétiques. On y sent le côté horrifique, et en même temps elles sont élégantes, presque poétiques. C’est une danse sensuelle et macabre à la fois, qui ne laisse pas indifférent : ces illustrations peuvent gêner ou fasciner, mais difficile de passer à côté.

Je reste sur mon avis de la première fois concernant les dessins à l’intérieur : les traits sont particuliers mais on s’y fait vite, et je les trouve plutôt beaux, au final, par contre le travail sur l’érotisme gore est pour moi le gros point négatif de l’œuvre : je les trouve trop brouillons. J’ai eu la sensation que la mangaka ne voulait pas aller à fond dans ce qu’elle peut faire, comme le montrent les illustrations tout à fait à la fin, où elle sait nous montrer du vrai gore très travaillé, que je trouve magnifique et dérangeant à la fois. Je reste donc sur ma faim de ce côté, et c’est ce qui fait que pour le moment, les deux tomes ne sont pas des coups de cœur, malgré une lecture vraiment palpitante. J’ai eu l’impression que l’on manquait en partie certaines scènes à cause de cet aspect du manga, et notamment cette sensualité trash et macabre qui gagnerait à être précisée.

C’est pour moi le seul défaut de cette œuvre. À la relecture, je me demande comment j’ai pu louper cette histoire à ce point. Peut-être que je n’étais pas dans un bon jour, que j’étais fatiguée et que je n’ai pas compris les implications subtiles de ce petit chef d’œuvre. Niveau intrigue, univers, scénario, recherche, c’est clairement un coup de cœur.

Le départ est un peu particulier et ardu : Makoto possède une déviance qui le pousse à être isolé du reste des humains, jusqu’au jour où il parvient à réaliser un rituel qui lui permet de se lier avec un démon. Son contrat : le dévorer en entier, vivant bien sûr, jusqu’à ce qu’il se sente satisfait. La contrepartie est bien évidemment son âme.

Mais si J, le démon qui lui apparaît, aurait dû récolter son âme, il trouve Makoto si fascinant qu’il décide plutôt d’en faire un démon. De prime abord, on envisage le caprice de seigneur, il n’en est finalement rien, et nous le découvrirons peu à peu, particulièrement à travers l’intrigue du tome 2.

Le monde des démons est un monde à part, dont les règles diffèrent des nôtres. Ici, la violence n’est pas vainqueure, d’autant que les démons ne peuvent pas mourir… à une exception près, exception que je ne vous révèlerai pas car elle est capitale dans le manga. C’est un des points que je trouve excellent dans cette histoire, d’ailleurs, cette hiérarchie démoniaque basée non pas sur la force, mais sur le pouvoir des mots. Les meilleurs, les plus hauts placés, les plus puissants sont ceux qui savent les manier avec la finesse d’un artiste. Je trouve ce concept fascinant, intelligent et extrêmement pertinent.

Par ailleurs, pour moi, le fait que ce monde possède ses règles à lui, faites d’un côté d’élégance et de l’autre de barbarie, cadre avec une vision du démon aussi originale qu’intéressante. À bien y réfléchir, c’est exactement comme cela que je pourrais me représenter le monde des démons : d’un côté les violents, qui se croient forts mais peuvent être vaincus d’un simple mot, de l’autre ces créatures qui peuvent sembler si frêles mais mènent leur art à son paroxysme et écrasent le monde de leurs désirs. Le tout dans une débauche sans limite, où violence, gore et érotisme sont légion, et pour cause : ils sont immortels, ils ont une imagination immense, ils sont cruels, ils sont pervers.

En un mot : ce sont des démons.

Je crois que je pourrais parler des heures de ce manga. Je n’en reviens pas, encore une fois, de l’avoir loupé à ce point la première fois ! Mais d’un autre côté, je suis contente d’avoir pu le relire de manière aussi fraîche et neuve et d’avoir pour cela pu profiter de deux tomes au lieu d’un.

Histoire de ne pas écrire une chronique de 8000 mots, je n’ajouterai cependant que quelques mots sur Makoto, dont l’évolution à travers ces deux tomes est très bien menée et rend le personnage très attachant. Au départ, je ne le trouvais pas très engageant, mais il est redoutable, intelligent, parfois attentionné parfois cruel, sûr de lui au fur et à mesure qu’il avance dans ses buts personnels, balbutiant pourtant parfois, chose qu’il sait qu’il ne doit jamais montrer… Il est passé, à mes yeux, de « creepy » à génial, et à la fin du second tome, j’étais vraiment très enthousiasmée par son évolution et sa personnalité, aussi barré soit-il.

Quant à J… Je ne saurais même pas quoi dire sur lui. Il faut le découvrir pour se faire une opinion sur lui… ou ne pas s’en faire. Le second tome nous aide aussi à apprivoiser davantage les autres personnages, en plus de l’univers, et certains sont finalement très attachants également ! Mais toujours dangereux, bien sûr…

Un incontournable tel qu’il n’en existe que peu. Le côté brouillon des scènes violentes pourra être un avantage pour celles et ceux qui ne sont pas fans de gore hyper détaillé mais ont envie de plonger dans un univers aussi malsain que captivant, grandiose et un peu angoissant. J’attends avec énormément d’impatience le troisième tome, qui devrait être le dernier…

 

Points positifs : un univers original ; une histoire comme aucune autre ; des personnages malsains mais plutôt attachants (et de plus en plus au fil de l’histoire) ; un scénario creusé et intéressant, avec un concept de pouvoir par les mots que j’ai trouvé captivant et extrêmement intelligent.

Points négatifs : les dessins sont très particuliers, beaucoup d’entre eux sont tellement flous et « brouillons » qu’on ne voit pas trop ce qui se passe ; c’est de l’horreur mais on a la sensation que la mangaka a voulu en faire quelque chose de « mainstream », presque tout public, ce qui casse un peu le côté malsain et l’intensité qui aurait pu s’en dégager, résultat on reste sur sa faim de ce côté-là. Cela pourra cependant convenir davantage aux personnes qui souhaiteraient profiter de l’histoire sans avoir à soutenir du gore trop détaillé…




mercredi 9 décembre 2020

[Chronique] Killing Stalking 1 - Koogi

 

  Killing Stalking, tome 1 - Koogi


















Titre: Killing Stalking
Autrice: Koogi
Éditions Taifu comics
Genre: manga, webcomic, thriller, horreur
Âge: 18+
1 tome paru, série en cours



SERVICE PRESSE




Résumé:


Bum Yoon, un jeune homme frêle et effacé, tombe sous le charme de Sangwoo, un camarade d'université très populaire. Le hasard les amène à effectuer leur service militaire dans la même caserne, et l’obsession de Bum Yoon pour Sangwoo en ressort grandie. Son besoin de l’alimenter se faisant de plus en plus pressant, par un après-midi comme un autre, Bum s'introduit chez lui…

À cet instant, il est loin d’imaginer les conséquences que cet acte « amoureux » aura sur sa propre vie.




Chronique d'Aurélie


Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat et pour leur continuelle gentillesse et disponibilité.

J’étais très intriguée par ce manga. Je ne m’attendais pour autant pas du tout à un produit aussi beau. Le format est plus grand qu’un manga traditionnel, la couverture est en papier glacé texturé, et toutes les pages sont en couleur sur du papier glacé.

Bref, un produit de très belle facture, qu’on a plaisir à avoir entre les mains.

La couverture indique la couleur, autant que le titre, d’ailleurs : c’est un manga trash, violent, et quand on voit les regards des deux personnages, on sait tout de suite qu’ils sont fous à lier. C’est malaisant et magnifique à la fois, quand j’ai découvert la couverture sur les réseaux pour la première fois ça m’a donné envie de le découvrir.

Les dessins sont très particuliers, mais très bien faits. Je trouve les personnages super beaux, et la folie y est très bien retranscrite. Les personnages font peur, ou mettent pour le moins mal à l’aise. C’est vraiment trash, et malsain, mais c’est volontaire et assumé. C’est du beau travail, franchement. Personnellement j’ai adoré les traits de Koogi, la manière dont la mangaka joue sur la beauté de Sangwoo, qui contraste avec son sadisme et sa profonde psychose qui, par moment, le rendent laid. Quant à Bum Yoon, il a l’air constamment dépressif, blasé et torturé (de l’intérieur, avant de l’être aussi par Sangwoo).

Que dire sur cette histoire ? Elle est surprenante. Je me suis laissé happer dedans, et je n’ai pas décroché jusqu’au bout. C’est très troublant, complètement malaisant, et absolument prenant. Ce n’est pas du tout mon style d’histoire habituel, mais j’avoue m’être prise au jeu.

Je n’ai pas spécialement accroché avec les personnages, mais pour autant, ils ne sont pas « déplaisants ». Je mets des guillemets, parce qu’évidemment qu’ils sont déplaisants de bien des manières, ce sont de vrais psychopathes. Particulièrement Sangwoo, bien évidemment, mais il n’est pas le seul. Sincèrement, le personnage de Bum Yoon est passablement dérangé aussi. Pour le coup, leur duo dysfonctionnel… fonctionne, en tout cas pour le lecteur. Et quand arrive la fin, on n’a qu’une seule envie : savoir ce qui va se passer (d’autant plus que ça finit sur un gros cliffhanger de malade, je dis ça, je dis rien…).

Il y a quand même des petites choses qui m’ont dérangée dans le scénario. Quand Bum Yoon pénètre par effraction chez Sangwoo, ce dernier n’est pas chez lui. Mais une fois Bum Yoon enfermé chez Sangwoo (je vais éviter de trop vous en dire, vous découvrirez pourquoi il y est enfermé en lisant le manga ;-) ), Sangwoo ne sort plus de chez lui, ni pour aller faire ses courses, ni pour rien. Du coup ça devient un huis-clos, le principe est hyper intéressant, mais ça a manqué de cohérence, ou au moins d’explications. Cela paraît un petit détail, et ça l’est, je ne devrais sans doute même pas m’arrêter dessus, mais je me suis posé la question plusieurs fois dans des moments de grosse tension et pour le coup, ça a un peu fait retomber la mayonnaise à ces moments-là.

Ceci dit, pour le reste, l’histoire est, pour l’instant, très bien menée. L’ambiance est excellente, la tension omniprésente, et les temps de pause sont tellement denses, tellement tendus, qu’on n’a pas le temps de s’ennuyer une seconde.

Ce manga n’est pas un coup de cœur, pour moi, mais on ne peut pas nier qu’il est très addictif, et franchement, je suis assez bluffée. J’ai hâte de découvrir la suite de cette histoire complètement jetée qui m’a tenue en haleine du début à la fin.


Points positifs : des personnages complètement fous, hyper travaillés ; une intrigue qui tient en haleine ; une ambiance démentielle, originale et addictive ; de très beaux dessins, très expressifs ; une superbe édition et des dessins tout en couleur.

Points négatifs : des petites incohérences qui m’ont perturbée et ont par moment fait retomber un peu la tension.













jeudi 23 janvier 2020

[Chronique] Sutures - Livia

Sutures - Livia











Titre: Sutures
Autrice: Livia
YBY Éditions
Genre: novella, fantastique, horreur





SERVICE PRESSE





Résumé:


Policier mis à pied pour faute grave, Gordon est rappelé brutalement à son devoir : son supérieur vient de déposer un jeune témoin, Maximilien, devant la porte de son cottage écossais. Le corps du garçon et son air hagard attestent d'un passé de souffrances et de sévices. Dans le silence imposé par le mutisme de son invité, l'ancien flic se fait spectateur de l'étrangeté grandissante de Maximilien.
Pourtant, cette confrontation étouffante, au-delà des non-dits, les rapproche plus que de raison...




Chronique d'Aurélie


Tout d’abord un immense merci à YBY Éditions pour cette nouvelle belle découverte. Je tenais aussi à m’excuser car suite une petite panne, j’ai mis bien longtemps à lire cette nouvelle-ci, qui pourtant m’intriguait et m’attirait.

Le style de l’autrice est fabuleux. Moderne et délié, rythmé et fourni, il nous plonge immédiatement dans l’histoire, et laisse planer sur nous de plus en plus de mystères. Une fois entré dans le récit, impossible de s’en échapper, il faut aller au bout. Les secrets et incompréhensions s’accumulent alors que des lumières se font, des éléments surnaturels viennent remplacer la « cohérence du réel » (je mets des guillemets car c’est positif, le récit en soi ne manque pas de cohérence, c’est plus les personnages qui ne parviennent plus à voir la cohérence de l’enquête alors que le réel se peuple de magie).

Il s’agit donc d’une histoire fantastique, au cours de laquelle les éléments se mettent peu à peu en place, alors qu’on en découvre davantage sur les personnages et sur l’intrigue. Au départ, on est dans l’obscurité complète, ou presque : Gordon doit s’occuper de Maximilien, un jeune qui a très visiblement été séquestré et torturé, qui est polytraumatisé, et qui ne parle plus suite à ce qu’il a subi. L’on apprend également que Gordon est un flic qui a été mis à pied, et que sa faute concernerait la mort de sa fille.

C’est peu de choses, mais évidemment cela va nous amener à vouloir en savoir davantage, à la fois sur Maximilien, et sur Gordon. En cela, le récit se fait rapidement haletant, nous donnant à réfléchir tout en nous plongeant dans un rythme de plus en plus rapide, mais aussi… de plus en plus dément.

Point culminant de cette tension sous-jacente, ce moment où Gordon pète les plombs contre Max et où tout se met à s’agiter et exploser autour de lui. Que s’est-il passé ? Il ne parvient plus à discerner la réalité de ce fouillis émotionnel et hallucinatoire qui s’est emparé de lui. Et si seulement c’était là la seule étrangeté liée à Maximilien… Mais non. Peu à peu, les éléments vont s’assembler, ils semblent fous, mais ils tiennent la route, surtout quand une plongée dans le passé de Maximilien va permettre à Gordon d’en découvrir davantage sur la mort de sa fille.

La relation des deux hommes est très particulière. Gordon se sent en charge de Max, et en même temps il n’a pas l’envie ou la force de gérer le poids qu’est ce jeune homme « muet » et traumatisé qui l’apitoie et le met mal à l’aise à la fois. Qui n’a pas toujours un comportement décent, et pour lequel il éprouve à la fois l’affection d’un père… et un désir parfois incroyable, qui l’embarrasse et lui fait peur. Et puis viennent tous ces éléments surnaturels qui l’inquiètent, et parfois le terrifient. Mais qui lui donnent aussi de l’espoir, parce que peut-être que grâce à eux… Oui, peut-être que sa fille pourrait obtenir justice.

À un moment donné, la tension s’effondre soudain pour laisser place à un drame. À cet instant-là, j’étais complètement sous le charme de ce duo cassé et étrange, et je me suis laissé émouvoir, profondément toucher par les évènements. J’ai même versé ma petite larme, à la fois parce que c’était triste… et beau malgré tout.

Je pensais que ce moment-là correspondrait à la fin, avec son lot de mystères également, et de questions sans réponses, mais qui faisaient sens. Sauf que non, et j’avoue être mitigée par la suite et fin de l’histoire. Ce n’est pas que je n’ai pas apprécié, en vérité, j’ai continué à lire jusqu’au bout avec cette même soif d’avancer. Je dirais surtout que j’étais surprise de voir l’histoire continuer, et qu’à mes yeux cette suite manquait un poil d’explications.

En clair : c’est peut-être simplement mon propre ressenti mais je n’ai finalement pas vraiment compris qui était Max, ce qu’il cherchait, ce qu’il voulait… et ça m’a un peu déstabilisée. Je suis restée avec un petit goût d’inachevé, en refermant ce livre, mais, malgré cette sensation je dois dire que j’ai été sous le charme de cette histoire du début à la fin, que j’en ai apprécié la brutalité, le côté très sombre, parfois perdu quelque part entre le glauque et l’horreur, tout en gardant une forme de poésie et de douceur, un petit fond de nostalgie tout du long.

Cela reste donc une très belle découverte, pour moi, dont j’ai réellement apprécié la lecture. Un récit qui vous tient en haleine, trépidant et tendu, mais aussi parfois tendre et mélancolique.



Points positifs : une très belle plume, moderne, rythmée et haletante ; une intrigue fantastique qui prend aux tripes et qui tient en haleine tout du long ; des personnages troubles et touchants à la fois.

Points négatifs : une fin qui m’a laissé un peu sur ma faim avec beaucoup de questions sans réponse (même si dans le surnaturel c’est le principe de ne pas forcément répondre aux questions évidemment).

Petite mise à jour: suite à ma chronique, l'autrice m'a expliqué que Sutures aurait un second volet, ce qui explique la fin ouverte et le nombre de questions en suspens. C'est une grande joie pour moi! :) 




Note : 4,2/5



lundi 19 août 2019

[Chronique] Chronicles, Tome 1 : L'Eveil - Dario Alcide

Littérature de l'Imaginaire

Saga : Chronicles
Titre : L'éveil
Tome : 1
Auteur : Dario Alcide
Autoédition
Genres : Fantastique, Horreur
Pages : 288
Sortie : 10 Juin 2019
Prix : NumériquePapier





SERVICE PRESSE





Résumé : Venus est une orpheline, violente et solitaire, soldat d’élite pour la société la plus secrète qui soit : la LOTUS. Ce matin du 1er janvier 2001, alors qu’elle se souvient avoir reçu un tir mortel, elle ouvre les yeux dans la demeure dévastée de sa dernière cible et découvre qu’elle est un Vampire. Perdue entre sa nouvelle nature qu’elle rejette en bloc, les immortels prêts à tout pour la supprimer, le FBI dont le seul souhait est de la mettre derrière les barreaux et la LOTUS qui semble avoir des plans bien particuliers pour elle, Venus va devoir se battre pour survivre.





Avis : Pour commencer, un grand merci à Dario Alcide pour la proposition et l'envoi de ce roman numérique.

Pour tout vous dire, je n'étais et ne suis pas spécialement emballée par la couverture mais le résumé m'a tout de suite intrigué (forcément, ça parle de vampires) et j'étais très curieuse de découvrir ce titre. J'ai déjà pu lire Caïn dont j'avais apprécié la lecture et j'étais impatiente de découvrir un nouveau titre de l'auteur.

Nous faisons ici la rencontre de Vénus, une jeune fille qui travaille au sein d'une organisation top secrète qu'on appelle la LOTUS. C'est un soldat d'élite qui a diverses missions à exécuter et qui les exécute pour le mieux.  Lors de l'une d'entre elles, Vénus reçoit un tir mortel et se réveille dans une demeure dévastée. Légèrement désorientée, elle s'en va retrouver sa mère adoptive en France et c'est comme ça qu'elle découvre sa véritable nature qui n'est autre que vampire. 

Nous allons donc suivre, en quelque sorte, sa quête "d'identité" mais aussi et surtout ses missions et cette découverte du monde vampirique.

Pour le coup, c'est une histoire dans laquelle on ne s'ennuie pas tant il y a de l'action. Ce n'est pour autant pas "trop" et l'auteur aborde le mythe du vampire d'une manière que j'ai pas mal apprécié. 
J'ai beaucoup aimé le fait que le roman soit "divisé" de la sorte : la condition de vampire de Vénus mais également les missions du LOTUS et l'enquête du FBI. C'est d'ailleurs comme ça que nous en apprenons plus sur les vampires de ce récit et c'est un point très intéressant. 
Un autre point positif c'est que nous avons là des vampires et une ambiance qui, je trouve, sont très différents de ce qu'on peut trouver généralement.

Comme je le disais, ce n'est pas la première fois que je lis l'auteur et je dois dire que j'apprécie toujours autant sa plume. Son univers est riche et il saura vous marquer par bien des moyens, je n'en doute pas une seule seconde.




samedi 27 juillet 2019

[Chronique] MADK - Ryo Suzuri

MADK, tome 1 - Ryo Suzuri










Titre: MADK
Autrice: Ryo Suzuri
Éditions Taifu comics
Genre: manga, yaoi
Âge: 16+
Série en cours, 1 tome paru



SERVICE PRESSE





Résumé:


Considéré comme déviant par ses pairs, Makoto est ostracisé à cause de ses penchants morbides. Afin de satisfaire ses derniers, il s'est tourné vers la sorcellerie et alors qu'il tente sans trop y croire d'invoquer un démon, voilà qu’apparaît J, archiduc des Enfers . Le superbe démon lui accorde un vœu en échange de son âme, sans se douter que le lycéen va lui faire une requête inattendue : manger sa chair et ses entrailles !

Makoto pensait sombrer dans le repos éternel une fois son souhait exaucé, mais J semble avoir d’autres projets pour lui...


Chronique d'Aurélie


Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat et pour leur continuelle gentillesse et disponibilité.

J’avais très hâte de découvrir ce manga qui m’intriguait beaucoup. Le thème est original, et j’avais envie d’en savoir davantage.

La couverture m’a énormément attirée. Très sombre, très esthétique, autant dans la pose des personnages que dans les couleurs (dégradé de gris, fond simple mais argenté). Le dessin y est très beau, on dirait une danse. Mais une danse macabre, qui va très bien avec l’ambiance globale du manga. Je trouve le titre super esthétique, également. De haut en bas, il barre le dessin mais pas les visages, en lettres qui semblent tracées à la main dans du sang.

Cela pose immédiatement l’atmosphère glauque et morbide du manga.

J’ai eu énormément de mal avec les dessins à l’intérieur, par contre. En fait ce n’est pas tellement que je les trouve laids, bon, ils sont très particuliers, mais on se fait aux visages très particuliers, aux yeux immenses cernés de noir, etc. Cela met là aussi plutôt dans l’ambiance hyper sombre et volontairement malsaine du manga. Non, en fait, même si au départ j’ai eu besoin d’un temps d’adaptation face à ce style, ce n’est pas vraiment ça qui m’a gênée, mais bien le fouillis des illustrations. Toutes les scènes « d’action » (sexe, moments d’excitation ou de colère, disputes, affrontements) sont hyper floues. Difficile de comprendre, parfois, de cerner exactement ce qui se passe.

Ça, ça m’a pas mal gênée, même si je m’y suis fait au fil du manga, et qu’à la fin je me suis dit que j’avais bien envie de découvrir la suite lorsqu’elle sortira. Malgré tout à cause de ce côté hyper brouillon, j’ai eu énormément de mal à entrer dans l’histoire.

En fait, c’est assez déstabilisant, parce que ce manga est volontairement malsain, comme je le disais, morbide, trash, horrifique, mais on reste sur sa faim, à cause des dessins trop « flous ». Je ne suis pas nécessairement fan d’horreur et de gore, pour dire vrai, mais quitte à lire quelque chose qui va dans ce sens, j’aime bien qu’on aille au fond des choses. Du coup ça m’a un peu agacée de ne pas toujours cerner ce qui se passait, d’avoir cette sensation de malaise, mais pas complète, vous voyez ? Comme s’il manquait quelque chose pour être vraiment dans cet état de malaise profond que l’histoire aurait dû me procurer.

C’est d’autant plus dommage qu’à la fin, il y a deux superbes illustrations très trash, magnifiques. Bon, vraiment gores, hein, mais c’est beau dans la manière dont c’est assumé. J’aurais aimé que tous les dessins soient de cette qualité, et aussi explicites.

L’histoire en elle-même est très « creepy ». C’est voulu, assumé, et ma foi, c’est bien fait. En soi, je ne suis pas super fan car j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages, mais je pense qu’encore une fois c’est à cause du côté brouillon des dessins. Bon, le personnage de Makoto est tellement spécial qu’il est aussi difficile de s’y accrocher, mais je trouve ça intéressant, parce que justement, il est différent, il est rejeté parmi les humains, ostracisé, et on comprend pourquoi, parce que nous aussi, il nous met mal à l’aise. C’est super bien mené et ça fait réfléchir. À partir du moment où il atterrit chez les démons, on réalise aussi que malgré tout, c’est un garçon gentil et plutôt doux, malgré ses idées, pulsions et désirs bizarres et macabres.

J’ai beaucoup aimé le personnage de J, qui est aussi mystérieux que sympathique. Même si sa façon d’être sympathique passe parfois par des actes flippants comme décapiter son amant avant qu’il ne se fasse baiser pour le punir de se montrer un peu rétif. Il est presque drôle, ce démon si particulier, et il est plutôt attachant. Et super canon, aussi.

J’aime d’ailleurs beaucoup l’idée que dans ce monde, les démons ne sont pas méchants en soi. Certes, ils ont des passe-temps étranges, ils ne se soucient pas vraiment de consentement et dirigent d’une main de fer leurs serviteurs et « soumis », cependant ils sont plutôt sympathiques et gentils. Comme Datensho qui semble tout doux (même s’il est flippant, avec son visage sans orifices, y compris les yeux lol), ou Fjord qui est adorable. Fjord qui est le personnage avec lequel j’ai le plus accroché pour l’instant je dirais. Il est doux, adorable, attentionné, même s’il fait ce qu’on lui dit, ce qui peut aller contre la volonté des autres, il essaie de faire se sentir bien la seconde partie et de ne pas causer de mal inutile.

En plus, ces démons sont sexy et ont des attributs… ma foi, originaux et intéressants ;-) Dommage là aussi que les scènes érotiques aient été aussi brouillons, parce que ce qu’on en voit était très prometteur ;-)

Du coup, je suis assez mitigée sur ce premier opus, j’ai eu du mal à y entrer, mais je dois avouer qu’une fois dedans, je n’avais pas envie de le voir se finir, et maintenant, j’ai hâte de savoir la suite, qui s’annonce palpitante. En tout cas, une chose est sûre, ce manga est plus qu’original, il peut choquer par son côté décalé, gore et malsain, mais c’est très assumé, et ça change tellement des autres yaoi que rien que pour ça il vaut le coup !



Points positifs : un univers original ; une histoire comme aucune autre ; des personnages malsains mais plutôt attachants.

Points négatifs : les dessins sont très particuliers, beaucoup d’entre eux sont tellement flous et « brouillons » qu’on ne voit pas trop ce qui se passe ; c’est de l’horreur mais on a la sensation que la mangaka a voulu en faire quelque chose de « mainstream », presque tout public, ce qui casse le côté malsain et l’intensité qui aurait pu s’en dégager, résultat on reste sur sa faim.


Note : 3,3/5