Le soldat qui m'a rendu mes nuits - Yoh Matsumoto
Titre: Le soldat qui m'a rendu mes nuits
Âge: 16+
One-shot
SERVICE PRESSE
Résumé:
1950, Japon
Seishirou, ancien soldat traumatisé par la
guerre, peine chaque soir à trouver le sommeil. Afin d’occuper ses nuits et de
gagner sa croûte, il travaille comme serveur dans un cabaret près d’une base
militaire américaine. Un soir, il est approché par Jim, un soldat américain qui
parle couramment japonais. Seishirou est intrigué par la douceur du sourire de
Jim, qui lui avoue être attiré par lui. Le Japonais aperçoit alors une chance d’améliorer
son quotidien difficile…
L’histoire douce-amère d’un rayonnant soldat
américain et d’un ex-soldat japonais insomniaque.
Chronique d'Aurélie
Tout
d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat !
La
couverture m’a tout de suite embarqué·e dans l’univers de Sieshirou et Jim. Je
la trouve magnifique, romantique et douce, et en même temps, on sent que l’histoire
ne sera pas facile. Le dessin est splendide, tout comme les illustrations à l’intérieur
du manga, qui sont de toute beauté.
Les
scènes de sexe, assez rares, sont censurées, mais assez légèrement, et comme
presque tout est fait pour qu’on ait droit à de l’érotisme sans trop en voir,
ce n’est pas gênant outre-mesure.
Il
s’agit d’un manga historique, et si vous me suivez depuis un moment, vous savez
que l’historique est mon genre favori ! J’ai donc pris un immense plaisir
à lire cette histoire qui se déroule dans le Japon d’après-guerre, dans les
années 50, alors que les Américains s’attardaient sur le territoire japonais.
C’est
une histoire d’amour entre deux soldats, qu’on pourrait dire de deux camps « ennemis »,
mais en vérité ce n’est pas tant un élément important dans l’histoire, surtout
que Seishirou n’est plus soldat et que la guerre ayant été perdue, les Japonais
cherchent avant tout à survivre et à utiliser les Américains, s’ils le peuvent,
comme support pour s’en sortir, voire pour s’exiler aux États-Unis. C’est d’ailleurs
le cas de Seishirou, qui va d’abord voir l’attirance et l’affection de Jim
comme une chance de pouvoir recommencer sa vie ailleurs, protégé par un soldat
américain qui rentrera sans doute au pays couvert de gloire.
L’ambiance
de ce récit étant une ambiance d’après-guerre, elle est nostalgique. On y a
droit à des soirées et des nuits endiablées, dans des bars, dans des lieux de
plaisir ou de jeux, et pourtant on y ressent la condition difficile des
japonais, peuple de vaincus qui fait tout pour arriver à survivre au jour le
jour. On y sent les tensions Japonais/Américain, et en même temps cette
cohabitation plutôt paisible laisse une sensation d’amertume mélancolique, d’autant
plus que Sei ne peut plus dormir à cause des ravages de la guerre, au cours de
laquelle il a perdu son frère, des amis… On y sent donc les dégâts occasionnés
par la guerre terminée, les fantômes du passé qui resurgissent par bribes,
laissant au récit ce goût un peu particulier d’une époque perdue entre passé,
présent et un futur qui semblait encore bouché, ou faits d’espoirs fous.
Les
deux personnages sont attachants, dans leur personnalité, leurs
complémentarités, leurs différences. Jim est gay et s’assume en tant que tel, même
si ce n’est pas facile à cette époque, même pour un soldat américain. Sei, lui,
ne l’est pas. Il aime les femmes, mais perçoit dans l’intérêt de Jim une porte
de sortie. Il rêve de gagner les USA et se dit qu’en séduisant Jim, il pourrait
partir avec lui.
Évidemment,
à force de côtoyer le lumineux, souriant et adorable Jim, toujours si
attentionné, il va l’affectionner de plus en plus, jusqu’à en tomber amoureux.
Il aime la douce sérénité de cet homme, sa positivité, son immense intérêt pour
la culture japonaise. Le fait qu’il parle japonais est étonnant et touche Sei
qui, pour sa part, ne parle guère que quelques mots d’anglais, et va apprendre
cette langue sous la bienveillante tutelle de son ami et amant.
La
romance est douce, lente, progressive, complexe. C’est une époque où l’homosexualité
était mal vue, plus encore quand il s’agissait d’une relation entre un Japonais
et un Américain. Même s’il y avait beaucoup d’histoires cachées entre des
soldats américains et des hommes japonais, ce n’était pas dit, c’était gardé
très secret. Jim admet que même aux USA, c’est compliqué pour lui d’être
homosexuel, car c’était bien plus tabou encore aux États-Unis qu’au Japon, où
ce genre de relations étaient encore tolérées à l’époque, quoiqu’elles
pouvaient poser l’opprobre sur la famille des concernés. Malgré tout, Jim
refuse d’être quelqu’un d’autre que lui-même, et s’il joue le jeu de la société
en cachant son orientation sexuelle et en demandant à Sei d’être discret concernant
leur relation, n’empêche qu’il ne cherche pas non plus à se caser avec une
femme et à fonder une famille pour sauver les apparences.
Le
sexe, entre les personnages, est complice, explorateur et assez réaliste. Sei n’est
pas homosexuel et n’a jamais connu d’homme. Jim est doux, patient, maladroit,
parfois, aussi, tout dans le contrôle. Il ne veut pas faire de mal à Sei, et
veut aussi se protéger en prenant son temps. C’est beau et un peu magique, même
si c’est aussi très « cru » et réel.
Cette
histoire est donc une magnifique histoire un peu douce-amère, tragique, entre
douceur et drame. La fin reste très positive, je ne vous en dirai rien mais je
ne peux que vous conseiller de foncer, car ce manga est un gros coup de cœur,
pour moi, que je suis content·e d’avoir découvert ! <3
Points positifs : des personnages attachants, très travaillés, doux et complices, mais aussi très différents l’un de l’autre ; une romance historique dans un monde d’après-guerre, avec une ambiance douce-amère magnifique et prenante ; une relation interdite, tragique mais magnifique, touchante et bouleversante.
Points négatifs : pas trouvés

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