jeudi 17 octobre 2019

[Chronique] Nous dansions sur l'air du numérique - Emrys

Nous dansions sur l'air du numérique - Emrys








Titre: Nous dansions sur l'air du numérique
Auteur: Emrys
YBY Éditions 
Genre: romance LGBT+, novella, danse, virtuel, handicap, tranche de vie, SF



SERVICE PRESSE





Résumé:


2039. Nao, étudiant parisien, découvre les joies et les déboires de la danse virtuelle lorsqu’il se connecte pour la première fois au serveur de sa chorégraphe. Il y rencontre Saoirse, avatar aux mouvements mystérieusement parfaits qui l’entraîne dans un pas de deux numérique toujours plus envoûtant.




Chronique d'Aurélie


Tout d’abord un immense merci à YBY Éditions pour cette nouvelle belle découverte ! Je ne m’attendais pas du tout à cette lecture, et je me suis régalée.

Il s’agit ici de science-fiction, et d’un récit découpé de manière particulière, en fait, un récit dans un récit. Nous y suivons deux récits, donc, tous les deux à la première personne. Dans le premier, qui démarre par une introduction, puis un texte en italique qui va ponctuer notre lecture du second récit de commentaires et de renseignements divers et variés, nous ignorons au départ l’identité du personnage dont c’est le point de vue.

Je ne vous dirai pas qui parle pour vous laisser le découvrir. Cela m’a, au fil de la lecture, beaucoup touchée. Il s’agit d’un récit qui se déroule dans le futur de l’histoire principale, qui va nous expliquer les bases de l’évolution technologique, à la fois en 2039 et une trentaine d’années plus tard (si je ne me trompe pas).

La technologie a changé entre ces deux périodes, et, au départ, le personnage principal va nous parler un peu plus de ces changements, s’adressant à un public dont nous ignorons tout à l’origine. S’agit-il d’étudiants ? De personnes proches ? Toujours est-il que le narrateur se met à leur portée pour leur raconter ces évolutions et nous aider, nous lecteurices, à comprendre de quoi on parle au cours de l’histoire.

Il nous rapporte aussi des réflexions sur Nao, personnage central du second récit, pour qui il semble éprouver plus qu’une vive affection. Il est clair qu’il l’a plus que bien connu, et aimé. Il nous explique comment il a remis la main sur un manuscrit dans lequel Nao a consigné son passé, après un grand bug technologique qui a fait perdre à l’humanité toutes ses données numériques. Celui-ci voulait en conserver une trace sûre, et a tout retranscrit manuellement des évènements qui se sont déroulés pour lui dans son propre passé, et qui lui tenaient tant à cœur.

Le second récit, donc, est écrit du point de vue de Nao. Jeune étudiant à la vie mal réglée, épileptique, vivant seul dans un appartement miteux avec sa sœur Sora, ou plutôt vivotant entre ses études, la danse, son peu de moyens et le monde virtuel dans lequel tout le monde, à son époque, vit en grande partie. Grâce aux casques IONIC, les gens peuvent désormais s’immerger dans le monde virtuel et y vivre de nombreuses expériences de « vie » plus ou moins réelles. Les sensations sont présentes, on peut y pratiquer toutes sortes d’activités en ayant la sensation de les vivre pour de vrai… ou presque. Subsistent de nombreux bug qui rendent l’expérience parfois troublante, ou agaçante.

Quant à Nao, il est également limité par le fantôme de ses crises, qui menacent à tout moment pour peu qu’il reste trop longtemps connecté et immergé dans le virtuel…

C’est lors d’une session de danse virtuelle avec sa prof et amie Lauren que Nao va rencontrer Saoirse (se prononce Sircha), un homme capable d’apprivoiser ces bugs, de se les approprier, rendant ainsi sa danse parfaite. Nao est aussitôt fasciné par ses capacités et sa fluidité, sa virtuosité, même. Quelle ne va pas être sa joie quand celui-ci va lui proposer une session à deux, pour l’aider à apprivoiser ces sessions virtuelles.

Les deux hommes vont alors développer une forte complicité, une vraie connexion, au fil des sessions qu’ils vont partager. Et nous, au fil du récit, on va voir Saoirse tantôt homme, tantôt femme, et découvrir une personne pleine de mystère, dont on ne sait rien du réel, mais qui est traversée par des émotions allant de la joie de danser avec Nao, à, parfois, une immense tristesse. Saoirse cache de grands secrets que, comme Nao, nous brûlons de découvrir.

Cette histoire est assez magique, car elle s’émancipe du réel pour créer une bulle autour des deux personnages, pour les rapprocher dans un univers virtuel, et les faire tomber pas à pas amoureux, sans pourtant tout connaitre l’un de l’autre. Ou du moins, autant Saoirse sait beaucoup de choses sur Nao, autant l’inverse n’est pas vrai : Nao n’ayant jamais vu Saoirse ne sait pas s’iel est homme ou femme, ce à quoi iel ressemble, ni pourquoi iel ne peut pas danser dans la réalité. Saoirse se refuse à le rencontrer irl, tout en disant en mourir d’envie : iel ne veut pas que Nao soit déçu par iel, qu’il le/la fuie, ou simplement le perdre.

Mais Nao, lui, va au-delà des apparences. Il s’éprend peu à peu d’une personne, pas d’un corps, mais d’une âme. Saoirse devient son/sa partenaire, mais aussi son/sa confident.e, l’appui sur lequel il veut pouvoir compter. Il brûle de le/la rencontrer, quel que soit son physique, quels que soient ses problèmes. C’est terriblement touchant, ce dépassement de la matière qui nous montre une autre façon d’aimer. Une façon tout simplement plus humaine, plus acceptante, également.

Vous remarquerez que j’ai utilisé l’écriture inclusive pour cette partie de ma chronique, concernant Saoirse, puisqu’on ignore s’il s’agit d’un homme ou d’une femme, et qu’en fin de compte, passées les premières questions, on découvre que l’on s’en fiche. En fait, en écrivant cette chronique, je viens de réaliser qu’à la fin de l’histoire, je ne me souviens pas qu’il ait été dit si Saoirse est un homme ou une femme, et qu’en fait, ça n’a plus d’importance. L’important c’est cet amour immense qu’ils auront tous les deux partagé. Cette histoire touchante, un peu bouleversante, qui renverse nos certitudes et nous permet de découvrir non pas deux hommes, ou un homme et une femme, mais deux personnes, magnifiques dans leur acceptation mutuelle et leur immense complicité, leur connexion l’un à l’autre, également.

Enfin, la conclusion m’a émue aux larmes. C’était beau, juste, un peu tragique, et triste, mais aussi rempli d’espoir et d’amour, comme tout ce récit. Ça a été un très beau coup de cœur, de ceux qui débarquent tout doucement, finissent par vous embarquer complètement, et vous laisse, au final, rêveur, le sourire aux lèvres, les larmes aux yeux.


Points positifs : une très belle plume, poétique, tendre et douce ; deux récits imbriqués l’un dans l’autre, qui nous permettent de comprendre l’histoire tout en nous apportant des éléments importants, techniques ou touchants ; de très beaux personnages et une histoire d’amour universel, magnifique et émouvante.

Points négatifs : pas trouvés


Note : 4,8/5


4 commentaires:

  1. Vraiment tu donnes envie de lire ce livre !! merci beaucoup ma chérie gros bisous

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    1. Merci pour ton retour sur ma chronique! J'espère qu'il te plaira, il vaut le détour! Bisous <3

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  2. Un immense merci pour cette chronique! Avoir des retours est toujours un plaisir mais quand ils sont aussi bons, c'est la joie! Je suis ravie que la nouvelle t'ait plu, bonnes lectures à toi :)

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    1. avec plaisir pour le retour, merci à toi pour ce beau voyage très touchant... <3

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