Nous dansions sur l'air du numérique - Emrys
Titre: Nous dansions sur l'air du numérique
Auteur: Emrys
YBY Éditions
Genre: romance LGBT+, novella, danse, virtuel, handicap, tranche de vie, SF
SERVICE PRESSE
Résumé:
2039.
Nao, étudiant parisien, découvre les joies et les déboires de la danse
virtuelle lorsqu’il se connecte pour la première fois au serveur de sa
chorégraphe. Il y rencontre Saoirse, avatar aux mouvements mystérieusement
parfaits qui l’entraîne dans un pas de deux numérique toujours plus envoûtant.
Chronique d'Aurélie
Tout
d’abord un immense merci à YBY Éditions pour cette nouvelle belle découverte !
Je ne m’attendais pas du tout à cette lecture, et je me suis régalée.
Il
s’agit ici de science-fiction, et d’un récit découpé de manière particulière,
en fait, un récit dans un récit. Nous y suivons deux récits, donc, tous les
deux à la première personne. Dans le premier, qui démarre par une introduction,
puis un texte en italique qui va ponctuer notre lecture du second récit de
commentaires et de renseignements divers et variés, nous ignorons au départ l’identité
du personnage dont c’est le point de vue.
Je
ne vous dirai pas qui parle pour vous laisser le découvrir. Cela m’a, au fil de
la lecture, beaucoup touchée. Il s’agit d’un récit qui se déroule dans le futur
de l’histoire principale, qui va nous expliquer les bases de l’évolution
technologique, à la fois en 2039 et une trentaine d’années plus tard (si je ne
me trompe pas).
La
technologie a changé entre ces deux périodes, et, au départ, le personnage
principal va nous parler un peu plus de ces changements, s’adressant à un
public dont nous ignorons tout à l’origine. S’agit-il d’étudiants ? De
personnes proches ? Toujours est-il que le narrateur se met à leur portée
pour leur raconter ces évolutions et nous aider, nous lecteurices, à comprendre
de quoi on parle au cours de l’histoire.
Il
nous rapporte aussi des réflexions sur Nao, personnage central du second récit,
pour qui il semble éprouver plus qu’une vive affection. Il est clair qu’il l’a
plus que bien connu, et aimé. Il nous explique comment il a remis la main sur un
manuscrit dans lequel Nao a consigné son passé, après un grand bug
technologique qui a fait perdre à l’humanité toutes ses données numériques. Celui-ci
voulait en conserver une trace sûre, et a tout retranscrit manuellement des
évènements qui se sont déroulés pour lui dans son propre passé, et qui lui tenaient
tant à cœur.
Le
second récit, donc, est écrit du point de vue de Nao. Jeune étudiant à la vie
mal réglée, épileptique, vivant seul dans un appartement miteux avec sa sœur Sora,
ou plutôt vivotant entre ses études, la danse, son peu de moyens et le monde virtuel
dans lequel tout le monde, à son époque, vit en grande partie. Grâce aux casques
IONIC, les gens peuvent désormais s’immerger dans le monde virtuel et y vivre de
nombreuses expériences de « vie » plus ou moins réelles. Les
sensations sont présentes, on peut y pratiquer toutes sortes d’activités en
ayant la sensation de les vivre pour de vrai… ou presque. Subsistent de
nombreux bug qui rendent l’expérience parfois troublante, ou agaçante.
Quant
à Nao, il est également limité par le fantôme de ses crises, qui menacent à
tout moment pour peu qu’il reste trop longtemps connecté et immergé dans le
virtuel…
C’est
lors d’une session de danse virtuelle avec sa prof et amie Lauren que Nao va
rencontrer Saoirse (se prononce Sircha), un homme capable d’apprivoiser ces bugs,
de se les approprier, rendant ainsi sa danse parfaite. Nao est aussitôt fasciné
par ses capacités et sa fluidité, sa virtuosité, même. Quelle ne va pas être sa
joie quand celui-ci va lui proposer une session à deux, pour l’aider à
apprivoiser ces sessions virtuelles.
Les
deux hommes vont alors développer une forte complicité, une vraie connexion, au
fil des sessions qu’ils vont partager. Et nous, au fil du récit, on va voir
Saoirse tantôt homme, tantôt femme, et découvrir une personne pleine de
mystère, dont on ne sait rien du réel, mais qui est traversée par des émotions
allant de la joie de danser avec Nao, à, parfois, une immense tristesse.
Saoirse cache de grands secrets que, comme Nao, nous brûlons de découvrir.
Cette
histoire est assez magique, car elle s’émancipe du réel pour créer une bulle
autour des deux personnages, pour les rapprocher dans un univers virtuel, et
les faire tomber pas à pas amoureux, sans pourtant tout connaitre l’un de l’autre.
Ou du moins, autant Saoirse sait beaucoup de choses sur Nao, autant l’inverse n’est
pas vrai : Nao n’ayant jamais vu Saoirse ne sait pas s’iel est homme ou
femme, ce à quoi iel ressemble, ni pourquoi iel ne peut pas danser dans la
réalité. Saoirse se refuse à le rencontrer irl, tout en disant en mourir d’envie :
iel ne veut pas que Nao soit déçu par iel, qu’il le/la fuie, ou simplement le perdre.
Mais
Nao, lui, va au-delà des apparences. Il s’éprend peu à peu d’une personne, pas
d’un corps, mais d’une âme. Saoirse devient son/sa partenaire, mais aussi
son/sa confident.e, l’appui sur lequel il veut pouvoir compter. Il brûle de le/la
rencontrer, quel que soit son physique, quels que soient ses problèmes. C’est
terriblement touchant, ce dépassement de la matière qui nous montre une autre
façon d’aimer. Une façon tout simplement plus humaine, plus acceptante,
également.
Vous
remarquerez que j’ai utilisé l’écriture inclusive pour cette partie de ma
chronique, concernant Saoirse, puisqu’on ignore s’il s’agit d’un homme ou d’une
femme, et qu’en fin de compte, passées les premières questions, on découvre que
l’on s’en fiche. En fait, en écrivant cette chronique, je viens de réaliser qu’à
la fin de l’histoire, je ne me souviens pas qu’il ait été dit si Saoirse est un
homme ou une femme, et qu’en fait, ça n’a plus d’importance. L’important c’est
cet amour immense qu’ils auront tous les deux partagé. Cette histoire
touchante, un peu bouleversante, qui renverse nos certitudes et nous permet de
découvrir non pas deux hommes, ou un homme et une femme, mais deux personnes,
magnifiques dans leur acceptation mutuelle et leur immense complicité, leur
connexion l’un à l’autre, également.
Enfin,
la conclusion m’a émue aux larmes. C’était beau, juste, un peu tragique, et
triste, mais aussi rempli d’espoir et d’amour, comme tout ce récit. Ça a été un
très beau coup de cœur, de ceux qui débarquent tout doucement, finissent par
vous embarquer complètement, et vous laisse, au final, rêveur, le sourire aux
lèvres, les larmes aux yeux.
Points
positifs : une très
belle plume, poétique, tendre et douce ; deux récits imbriqués l’un dans l’autre,
qui nous permettent de comprendre l’histoire tout en nous apportant des
éléments importants, techniques ou touchants ; de très beaux personnages
et une histoire d’amour universel, magnifique et émouvante.
Points
négatifs : pas
trouvés
Note : 4,8/5

Vraiment tu donnes envie de lire ce livre !! merci beaucoup ma chérie gros bisous
RépondreSupprimerMerci pour ton retour sur ma chronique! J'espère qu'il te plaira, il vaut le détour! Bisous <3
SupprimerUn immense merci pour cette chronique! Avoir des retours est toujours un plaisir mais quand ils sont aussi bons, c'est la joie! Je suis ravie que la nouvelle t'ait plu, bonnes lectures à toi :)
RépondreSupprimeravec plaisir pour le retour, merci à toi pour ce beau voyage très touchant... <3
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