mercredi 15 août 2018

[Chronique] Jackass! - Scarlet Beriko

Jackass! - Scarlet Beriko








Titre: Jackass!
Auteur: Scarlet Beriko
Éditions Taifu comics
Genre: manga, yaoi
Âge: 18+
One-shot



SERVICE PRESSE




Résumé:


Alors qu’Hara Keisuke se changeait pour son cours de sport, il se retrouve à enfiler un collant oublié par sa soeur dans son survêtement. Cette situation bien gênante trouve une solution grâce à son meilleur ami Shimoda qui l'exfiltre discrètement direction l'infirmerie. Cependant, cet invité surprise va révéler le secret de Shimoda : celui-ci voue une véritable passion aux belles jambes vêtues de collants noirs !



Chronique d'Aurélie


Tout d’abord, un immense merci à Taifu comics pour l’envoi de ce manga, et également, pour la gentillesse de leur accueil et la disponibilité de Guillaume. C’est toujours un plaisir d’accomplir ces partenariats avec vous !

Voici donc le second Scarlet Beriko que je découvre, et je dois le dire, je suis séduite.

D’abord par le trait de ses dessins. La couverture est expressive, jolie et drôle, que ce soit la 1ère de couverture ou sa 4ème (j’adore le tee-shirt de Katsu ! ;-) ). On y découvre une foule de personnages aux expressions très variées, qui annonce tout de suite la couleur : il y aura bien des rebondissements dans cette histoire ! En soi, les dessins de cette couverture ne sont pas magnifiques, mais ils apportent un immense peps qui nous promet un manga drôle, léger, mais aussi rempli d’émotions.

J’aime beaucoup les dessins de cette mangaka. Les traits sont doux, les personnages mignons ou diablement sexy. Notamment un certain Masa (Shimoda, mais j’ai eu du mal à comprendre quel était son prénom et quel était son nom de famille, enfin bon, Kei l’appelle Masa, de toute manière). Scarlet Beriko aime travailler les jolies coupes de cheveux et les visages un peu androgynes, et j’aime particulièrement sa façon de dessiner les yeux. Ils sont super séduisants et sexy. Particulièrement ceux de Masa, mais j’adore aussi ceux de Katsu, avec ses très longs cils magnifiques. Les expressions sont également très bien rendues, très travaillées, et apportent un gros plus au niveau des émotions transmises par ce manga. En clair, les dessins sont touchants et renforcent le côté adorable et émouvant de l’histoire.

J’ai eu du mal à rentrer dans le manga, au tout début. J’ai dû relire les 10 première pages plusieurs fois, revenir en arrière, les refeuilleter pour comprendre, mais je dois dire que je me suis laissé embrouiller par le résumé. Comme on y parle de Shimoda et qu’au début, les personnages qui entourent Kei s’appellent Katsu et Masa, je ne comprenais pas ce qui se passait. Il faut le dire aussi, avec leurs cheveux noirs, au départ, j’ai confondu Katsu et Masa, justement. Sans doute parce que dans le résumé, on parle de Shimoda (Masa) qui est le meilleur ami de Kei, alors qu’au départ, on le voit presque vivre avec Katsu (qui en plus est gay), j’avais donc mal compris qui était qui.

Mais après relecture et en oubliant un peu le 4ème de couverture, je me suis très vite fondue dans l’histoire. Le côté un peu brouillon (à mes yeux) du début s’estompe rapidement, et chaque personnage se met bien en place, avec une apparence et une personnalité très particulière, qui leur est propre. Et les trois personnages principaux sont très attachants.

C’est une des originalités de ce manga : il n’y a pas deux, mais trois personnages principaux. Le couple (enfin, futur couple, et laissez-moi vous dire que ce n’est pas gagné entre ces deux meilleurs amis pris d’une soudaine « folie passionnelle ») est bien sûr l’élément central de l’histoire, mais Katsu, un grand ami de Kei, est lui aussi très important et possède des passages qui lui sont consacrés. Et j’aime vraiment le petit et séduisant Katsu, avec ses grands yeux et sa façon unique et mature de s’assumer, son humour et sa sensualité, et son assurance. Il a une vision de la vie assez pince-sans-rire, même s’il est drôle et généralement exubérant et joyeux. Il est plutôt désillusionné, du moins, quand il s’agit de lui-même. Parce que quand il s’agit de Kei, il va au contraire le pousser à y croire et à garder espoir.

Katsu a lui-même sa propre histoire d’amour, plus mature que celle de Kei et Masa, avec un homme plus âgé (l’infirmier du lycée). À la base, je ne pensais pas forcément accrocher avec cette histoire-là, mais Katsu nous la rend attachante et intéressante, et la dynamique du triangle amoureux qui n’en est pas un (avec le gay refoulé qu’est Miyoshi), est vraiment sympa.

Quant à Kei et Masa, leur romance est vraiment touchante et attachante. Elle est très torturée, parce que ces deux-là n’ont rien en commun à part leur amitié, et qu’en prime, en changeant d’axe relationnel, forcément, se posent pour eux des milliers de questions. Ni l’un ni l’autre n’a envie de perdre son ami pour une liaison chaotique, mais dans le même temps, il leur est assez impossible de résister aux pulsions qui les poussent l’un vers l’autre. Et bien sûr, niveau dialogue et communication, plus proche de zéro, tu meurs.

J’ai adoré suivre leurs péripéties, leurs doutes et leurs espoirs, cette amitié qui se transforme peu à peu en amour naissant, alors qu’ils sont persuadés que l’autre ne perçoit pas les choses à leur manière. En fait, ils croient tous les deux plus ou moins que l’autre se sert d’eux pour sa satisfaction physique (ou fantasmagorique). Surtout avec la très originale approche fétichiste que Masa assume complètement une fois que Kei la découvre à ses dépens (Masa est fanatique de belles jambes, surtout revêtues de collants en nylon, et il trouve que Kei a les plus belles jambes du monde). Ce qui crée des quiproquos et des tensions qui font mal au cœur, quand on a vraiment envie qu’ils se regardent en face et qu’ils s’avouent leurs sentiments mutuels, même si ceux-ci sont balbutiants et pas très précis. Mais cela donne lieu aussi à des scènes érotiques et sensuelles magnifiques, drôles et touchantes, et à des explorations  toujours plus poussées entre ces deux jeunes hommes perdus dans leurs émotions et désirs.

Et ce qui est magique, dans cette représentation du monde de l’adolescence, c’est que jusqu’à la fin, ils ont des doutes. Pas les mêmes, ni pour les mêmes raisons, mais ils se posent constamment des questions et ont peur, simplement, que tout vole en éclat.

C’est une magnifique histoire que j’ai découverte avec Jackass ! Une intrigue bien menée, des personnages attachants et magnifiques, des histoires croisées qui ne manquent pas de piment, et bien sûr, des scènes érotiques à tomber par terre (sur ce point-là petit regret sur la censure dans les scènes érotiques, je déteste décidément ces gros traits blancs censés cacher les parties importantes des sexes, quel dommage de faire de si belles scènes et de les censurer…). La seule chose qui m’a manqué pour que ce soit un vrai coup de cœur, c’est un peu plus de clarté : j’ai trouvé certaines scènes un peu rapides ou brouillons, comme le début, par exemple. Mais cela reste un très, très bon moment de lecture ! <3



Points positifs : des dessins super jolis et très expressif ; une histoire pétillante, drôle, entre complexité et simplicité ; de l’érotisme brûlant ; des personnages attachants qu’on apprend à vraiment apprécier ; le thème du fétichisme est un joli plus qui donne lieu à des quiproquos, gênes et belles scènes érotiques.

Points négatifs : certains passages sont un peu rapides ou brouillons ; toujours autant de mal avec la censure sur les scènes érotiques.




Note : 4,6/5


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire