mardi 26 mai 2020

[Chronique] GayScort Agency 1 - Marie HJ

GayScort Agency, tome 1: Owen - Marie HJ











Titre: Gayscort Agency
Autrice: Marie HJ
Auto-Édition
Genre: romance MM, contemporain, tranche de vie, escortisme, feel-good





SERVICE PRESSE





Résumé:


GayScort Agency.
Notre désir : Votre plaisir.
Tout le monde poursuit un rêve dans la vie.
Celui de Lou se résume en quatre lettres : O.W.E.N.
C’est peut-être la solution la plus simple, finalement. Fantasmer sur l’inconnu, idéaliser sans risque, rêver de cet homme sans le connaître, si ce n’est son goût prononcé pour le Latte Noisette, spécialité de Lou.
Cependant, lorsqu’une carte de visite tombe entre les mains de meilleurs amis bien intentionnés, l’utopie se rapproche dangereusement du champ des possibles et le monde du jeune étudiant menace de basculer.
Toucher du doigt (ou de plusieurs, si possible) son idéal, tomber follement amoureux (comme si ce n’était pas déjà le cas), perdre pied (ça, ce n’est pas vraiment une nouveauté non plus), tout en espérant une happy end ?

L’histoire est-elle réellement envisageable, franchement ?



Chronique d'Aurélie


Tout d’abord, un grand merci à Marie pour ce service-presse et sa gentillesse. Elle est toujours très accessible, drôle et adorable, c’est un vrai plaisir d’échanger avec elle ^^

Même si vous le savez, je préfère de loin les romans difficiles, j’avais envie d’explorer les univers de Marie, qui écrit de manière très variée, et que j’ai découverte grâce à « Pray for me » qui, vous le savez si vous avez lu ma chronique (sinon filez la lire : https://amabooksaddict.blogspot.com/2020/02/chronique-pray-for-me-marie-hj.html), est un très beau coup de cœur pour moi.

Alors, je préfère clairement ses romans plus durs, mais c’est très personnel, je suis du genre à plus avoir besoin de lire un livre qui fait pleurer quand je suis déprimée, par exemple, du coup forcément, je suis beaucoup plus touchée par les mots de Marie quand ils vibrent d’émotions douloureuses. Ceci dit, Lou et Owen ont également leur charme, et c’est d’eux que nous allons parler aujourd’hui.

L’histoire commence de manière légère et envolée, sur Lou et ses frasques. J’ai adoré le personnage de Lou, même s’il est parfois un peu too much (il va pas toujours très bien dans sa tête ;) ), il est aussi adorable que rempli d’idées farfelues, qui vont le mener à se retrouver dans des situations qu’il a du mal à gérer, ce qu’il fait malgré tout majoritairement avec humour et une relative bonne humeur.

Lou est quelqu’un de doux mais dynamique (à sa manière, ne lui demandez pas de faire du sport, quand même), attentionné et intelligent, affectueux et timide. Enfin, surtout avec Owen, ce beau mec qui vient tous les jours lui prendre un latte noisette, et à qui il n’arrive pas à adresser la parole (et accessoirement, il tripe sur ses mitaines, j’adhère d’ailleurs aux goûts de Lou, les mitaines, c’est le Bien).

Donc, au début de cette histoire, monsieur Lou, qui fête son anniversaire de 21 ans, souhaite perdre son pucelage, et harcèle ses amis et colocs, tous hétéros, pour qu’ils accèdent à son désir fou. C’est complètement décalé, on imagine Lou tout vierge dans une orgie… Bon, heureusement, il existe une meilleure solution, nommée GSA (Gay scort agency). Ou plutôt… son patron, qui n’est plus escort mais souhaite le redevenir, juste pour le joli Lou, un peu mystérieux à ses yeux, qui ne cesse de le séduire sans même le vouloir : son manque de chaleur quand il le sert est-il lié à sa timidité, ou bien Owen n’est-il pas du tout à son goût ?

Quiproquos, péripéties et non-dits vont amener ces deux-là à se rapprocher, et à réaliser pas à pas qu’ils sont réellement attirés l’un par l’autre… et peut-être bien plus que cela.

La première moitié du roman est fraiche, légère, pétillante, et même si j’ai mis du temps à la lire (plus parce que j’étais épuisée ces derniers temps que parce que ça ne me passionnait pas), je me suis rapidement attachée à Lou, Owen et leur entourage. C’est d’ailleurs une des forces de Marie : les proches, les personnages secondaires sont eux aussi attachants (ou parfois détestables, mais en tout cas très présents).

J’ai eu plus de mal avec la seconde partie, ou du moins, tout le passage en Angleterre. Je n’ai pas trop accroché à l’ambiance, et les non-dits entre nos deux héros m’ont parfois agacée, mais je pense que c’est parce que ça tranchait beaucoup avec la légèreté si bienfaisante de leur rencontre et de leur rapprochement. Je n’ai pas non plus détesté, j’étais juste moins dedans (et puis je ne suis pas tellement fan des mariages, ça joue aussi, et non, je ne parle pas d’un mariage entre Lou et Owen tsss de suite ;) ).

Les derniers chapitres retrouvent cette atmosphère lumineuse et tendre que j’ai appréciée, j’ai donc pu conclure l’histoire avec le sourire, malgré les nombreuses tribulations de nos deux tourtereaux qui se cherchent et jouent parfois un peu à chat.

La plume de Marie est envolée et légère, dynamique comme Lou, par contre j’ai trouvé pas mal de contresens, d’expressions déplacées et d’incohérences, en fait surtout sur la seconde partie. Sans que ce soit trop lourd (sans doute que je suis trop maniaque), cela m’a parfois fait sortir de l’histoire et demandé un temps avant de me replonger dedans. Heureusement, Lou et Owen sont tellement attachants que je reprenais généralement très vite le fil.

Parfois, je galérais à me représenter certaines scènes, et certaines autres manquaient de réalisme. Vous me direz, on est dans un feel-good humoristique, la précision est-elle bien nécessaire ? À mes yeux, oui, après en effet, il n’y a pas non plus eu mort d’homme, évidemment, ce sont, à chaque fois, des détails. Et comme, encore une fois, Lou et Owen savent nous séduire, on se concentre surtout sur eux et leur romance.

Petit passage qui m’a fait tiquer sur le moment, bien qu’il ne porte pas à conséquence sur le récit, mais je tiens à en parler, pas pour la critique, mais plus parce que je crois que c’est une opinion publique commune qui à mes yeux est un préjugé à réfléchir. Je tiens avant tout à préciser que suite à une discussion avec Marie, j'ai pu comprendre ce passage différemment, et que ce qui va suivre est plus une réflexion sur un préjugé que l'on revoit souvent plus que sur ce qu'a voulu dire Marie (que je cite plus bas pour vous expliquer son point de vue à elle). Owen fait un petit discours intérieur sur le fait qu’à ses yeux, les escorts sont plus que de vulgaires putains, qu’ils offrent un service non seulement sexuel mais aussi/surtout humain (attention, écoute, soutien, etc.) à leurs clients. C’est exactement le rôle que peut tenir tout.e prostitué.e, en vérité, hélas on a souvent une assez mauvaise opinion de ce boulot et un regard un peu faussé dessus (contrairement aux escorts qui, peut-être plus mis.es en lumière et évoluant dans une sphère sociale plus « clean », sont plus souvent valorisé.e.s alors qu’au final, ça n’est pas négatif de vendre son corps et son temps, qu’on soit pute de rue ou pute de luxe, on s’occupe des gens qui ont besoin de chaleur humaine, d’attention, parfois d’une oreille à l’écoute, voilà tout ^^).

Bon, ceci dit, comme je l'ai dit plus haut, en vérité Marie n'a pas du tout voulu critiquer par ce passage le métier des prostitué.e.s, fussent-elles de « vulgaires putains », voici ses mots pour éclairer ce petit passage "je crois qu'il y a une vraie incompréhension au sujet du terme "vulgaires putains" qui ne désigne pas du tout les prostitués mais une insulte commune et souvent entendu de prsonnes ne se respectant pas eux mêmes. C'est d'ailleurs pour cette raison que je n'ai pas employé le terme prostitué. la comparaison n'a jamais été dans ce sens. Ici Owen explique qu'on le juge négativement sans connaître les détails de ce qu'il fait pour vivre. Pour ma part je ne compare pas les prostitués à de vulgaires putains, ça ne me serait même pas venu à l'idée (...) je considère presque que prostitué et escort sont la même chose a qqs détails près". Merci Marie pour ces paroles qui ont éclairé ma compréhension du passage. Sur le coup à la lecture, j’ai vraiment compris des paroles d’Owen qu'il parlait des prostitué.e.s, les éclairages de Marie permettront peut-être à certain.e.s d'entre vous, comme moi, de mieux comprendre ce qu'Owen a voulu dire en vérité.

Ceci dit cette petite parenthèse de défenseuse des travailleureuses du sexe m'a permis de parler d'un sujet souvent bourré de préjugés et qui me tient à cœur. Et c'est d'ailleurs aussi ce que j'ai apprécié, dans cet ouvrage, un feel-good avec un escort, c'est une idée originale dont le principe m'a beaucoup plu! Pardonnez ma digression qui, je l’espère, a été constructive, sinon pour ma chronique, au moins pour faire réfléchir celleux qui ne percevaient pas les choses comme cela.

Dans tous les cas, j’ai passé un agréable moment avec Owen et Lou. Ces deux-là sont attachants, et leur duo est lumineux, étrangement tout doux, aussi. L’ambiance du café dans lequel bosse Lou, tout autant que de l’agence d’Owen, est un chouette plus pour poser une histoire pétillante et légère, un peu délirante, malgré quelques obstacles de taille (mais heureusement, Lou a des amis casse-c**** qui savent comment le prendre et le ramener sur le « droit chemin », à savoir : celui de son bonheur).

Une lecture rafraichissante avec deux personnages vraiment adorables.



Points positifs : une ambiance légère et lumineuse très agréable ; des personnages adorables et lumineux auxquels on s’attache facilement ; des personnages secondaires très présents et vraiment chouettes ; une romance toute mignonne et pétillante.


Points négatifs : pas mal d’erreurs de langage (malgré un style d’écriture globalement chouette) et d’incohérences/manques de réalisme qui m’ont parfois fait sortir du récit (mais on s’y replonge bien, et ça ne gênera sans doute pas grand-monde à part moi ;) )



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