jeudi 7 février 2019

[Chronique] Given 4 - Natsuki Kizu

Given, tome 4 - Natsuki Kizu










Titre: Given
Autrice: Natsuki Kizu
Éditions Taifu comics
Genre: manga, yaoi
Âge: tout public
Série en cours, 4 tome paru



SERVICE PRESSE





Résumé:


Alors que Mafuyu se lance dans la composition d’un nouveau morceau, il se voit conseillé par Ugetsu, le colocataire d’Akihiko, qui lui en apprend un peu plus sur sa relation avec ce dernier et sur son passé.
De son côté, Haruki, impressionné par la progression fulgurante et le talent de Mafuyu, commence à douter de lui et à se questionner sur sa place dans le groupe.

C’est à ce moment qu’il reçoit une proposition inattendue de la part de Take : aider temporairement le groupe de son ex.



Biographie de l'autrice:


Si la carrière de Kizu Natsuki a débuté il y a peu, son talent pour mettre en scène des récits réalistes et émouvants a rapidement trouvé écho dans le cœur des lecteurs japonais. À travers ses histoires, l’auteure ne recherche pas l’originalité, elle veut avant tout nous faire découvrir le quotidien de personnages en proie aux doutes, et nous faire suivre leur remise en question, leur évolution.
Sa force est celle de nous offrir des récits qui nous font réfléchir sur de simples actions, mais également des trajectoires de vie.
De cette façon, Kizu Natsuki prend plaisir à revisiter des thématiques déjà exploitées en leur apportant un côté poétique et une certaine maturité.




Chronique d'Aurélie


Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat et pour la gentillesse de leur accueil. Je suis tellement ravie d’avoir pu enfin découvrir ce quatrième tome que j’attendais avec énormément d’impatience.

Comme toujours, la couverture est à couper le souffle. On y voit les quatre protagonistes principaux de cette histoire, Ue, Mafuyu, Haruki et Akihiko, chacun bien campé dans son personnage. On retrouve leurs caractères dans les expressions de leurs visages, la candeur pour Mafuyu, malgré tout ce qu’il a traversé, le désespoir pour Haruki alors qu’il est de plus en plus perdu, autant dans son amour à sens unique pour Akihiko que dans sa sensation de n’être plus à sa place dans son propre groupe, la nervosité qui caractérise tellement Uenoyama, et cet air mystérieux et détaché d’Akihiko, qui cache tant d’émotions contenues.

La configuration est intéressante, également, puisque nous avons au-dessus Haruki, qui domine et pourtant est le seul qui se considère comme n’ayant « aucun don », et en-dessous les trois « génies », si intenses et si doués pour leur art.

Les couleurs sont contrastées, un fond clair par-dessus lequel nos personnages sont concentrés sur une mosaïque colorée. J’aime beaucoup le concept des couvertures de ce manga, je les trouve splendides et elles collent vraiment bien à l’ambiance. Un côté un peu nostalgique et en même temps, elles décrivent la richesse des mondes intérieurs de nos quatre héros.

Comme toujours, les dessins sont fabuleux. Rien à redire de ce côté-là, je suis simplement fan du style épuré et splendide de Natsuki Kizu. Au passage je tiens à faire une mention spéciale aux pages de « chapitres », qui sont tout bonnement à couper le souffle.

On retombe dans l’ambiance du tome précédent, on retourne auprès d’Akihiko et Ugetsu, dont on va découvrir un peu plus le passé. Et quel passé ! Vous le savez, depuis le tome 2, le personnage d’Ugetsu m’intrigue énormément. Eh bien c’est confirmé, j’ai eu un coup de cœur immense pour ce personnage qui, je trouve, relance la dynamique des tomes 1 et 2, qu’on avait un peu perdue dans le tome 3 (qui restait cependant très bon, mais plus « léger » que les précédents).

Comment ne pas être ému face à l’histoire d’Ugetsu et Akihiko ? Deux jeunes hommes qui s’aiment depuis longtemps, avec une force immense, incommensurable. Pourtant, Ugetsu lutte contre cet amour, tout en sachant très pertinemment à quel point Akihiko compte pour lui : « Je ne suis pas très expressif. Akihiko pense que je suis le dernier des salopards… J’aime Akihiko à mourir. »

Je pourrais parler plus en profondeur de mon amour pour ce personnage déchiré de l’intérieur, qui aime un homme comme un fou mais choisit la musique, la souffrance qui le ravage d’accomplir ce choix tout en étant incapable de s’éloigner de son grand amour… et celle d’Akihiko, qui l’aime lui aussi de toutes ses forces, mais ne peut obtenir son cœur. Du moins, c’est ce qu’il croit, alors que ce cœur, il le possède entièrement… C’est l’esprit qui se bat contre cette passion.
Leur romance m’a vraiment énormément touchée, et, n’en déplaise aux fans d’Haruki, que j’adore, au passage, je souhaite véritablement qu’ils puissent s’aimer librement et concilier leur relation avec cette âme vibrante d’artiste qui pousse Ugetsu à se reclure en lui-même, et à rejeter son amant.

Cependant, c’est clairement triste de voir à quel point Haruki lui aussi est amoureux d’Akihiko, à quel point ça le rend malheureux cet amour à sens unique. J’espère qu’il trouvera sa voie tout en conservant l’amitié d’Akihiko, même si ce n’est pas très bien parti pour l’instant.

Ce personnage s’approfondit énormément dans ce quatrième opus, ses questionnements ne sont pas que d’ordre amoureux, et c’est un gros plus, je trouve. Haruki a beau être passionné par ce qu’il fait, et très certainement doué, il n’est pas un génie comme ses trois compagnons. Il galère à les suivre, et se pose beaucoup de questions sur sa place parmi eux. Mérite-t-il de continuer à jouer à leurs côtés ? Est-il capable de se placer à leur niveau ? ses doutes sont forts et les tensions avec Akihiko ne l’aident pas, bien que ce dernier lui permette de reconsidérer ses propres qualités, et de réaliser qu’il a réellement sa place dans ce petit groupe soudé qui part un peu à vau-l’eau…

Quant à Ue et Mafuyu, en bons ados bien balbutiants, ils essaient d’avancer dans leur relation, mais ce n’est pas facile. La communication n’est pas leur fort, pourtant, grâce aux enseignements musicaux d’Ugetsu, Mafuyu apprend à progresser aussi dans sa vie quotidienne, et dans sa liaison avec Ue. Ils sont touchants, ces deux-là, un peu trop effacés, mais le tome étant centré sur les trois autres protagonistes, forcément, ils sont moins présents. C’est malgré tout le petit truc dommage de cette histoire, on était complètement centrés sur eux deux dans les deux premiers tomes, et leur histoire a un goût d’inachevé. D’autant qu’à chaque fois qu’on les voit, séparément ou ensemble, c’est un vrai plaisir de les retrouver, et de suivre leur amour un peu chaotique et timide. J’espère donc qu’on les apercevra plus dans le prochain tome, que j’attends avec une immense impatience, évidemment <3

Les bonus à la fin m’ont bien fait rire, c’était un petit plus appréciable et léger.

Une série, donc, que je conseille fortement, et que mon fils de 12 ans se régale également à lire, d’ailleurs. Un must-have rempli d’émotions, de fraicheur, de bouleversements et de magie <3 




Points positifs : des dessins magnifiques qui retranscrivent les émotions et l’ambiance musicale ; une histoire poignante, touchante et unique ; le monde des ados et le monde de la musique sont très bien rendus ; le personnage d’Ugetsu est un immense coup de cœur pour moi, sa romance avec Akihiko m’a beaucoup remuée.

Points négatifs : la romance Uenoyama/Mafuyu mériterait d’être un peu plus creusée.



Note : 4,8/5



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