vendredi 23 novembre 2018

[Chronique] Un oisillon sur le rivage - Yuu Minaduki

Un oisillon sur le rivage - Yuu Minaduki










Titre: Un oisillon sur le rivage
Autrice: Yuu Minaduki
Éditions IDP, Hana collection
Genre: manga, yaoi
Âge: 14+
One-shot





Résumé:


Yûichi a perdu ses parents et sa sœur dans un accident de voiture. Celle-ci laisse derrière elle son fils unique, Ayumu, et Yûichi a bien du mal à s'adapter à sa nouvelle vie en compagnie de ce petit garçon introverti. Heureusement, le charmant et mystérieux gérant de l'épicerie du quartier sait leur faciliter l'existence, autant grâce à ses mets délicieux que par sa gentillesse étrangement intéressée. Mais ce que cachent ces beaux yeux tristes, mélange de solitude, de jalousie et d'espoir, pourrait bien chambouler la vie de la petite famille.




Chronique d'Aurélie


Depuis maintenant 4 mois, je me suis abonnée à IDP manga pour recevoir 10 mangas tous les deux mois. Plus rentable que de les acheter individuellement (genre beaucoup plus rentable !), sachant que je suis devenue addicte aux mangas, c’était la solution téléphonée. Résultat : je découvre de tout, des mangas que j’aurais achetés, d’autres non, mais cela permet de varier les plaisirs et de découvrir parfois de très belles perles.

« Un oisillon sur le rivage » fait clairement partie de cette catégorie. Une couverture qui est en soi déjà un coup de cœur, elle m’a fait penser au genre de couvertures de « Hidamari ga Kikoeru », presque une peinture, douce, tendre, on dirait une aquarelle. Elle pose immédiatement une ambiance extrêmement délicate, et du coup, en la découvrant, j’ai tout de suite su que ce manga serait un coup de cœur. Surtout avec un enfant dans l’histoire, en prime !

Les dessins sont de petits bijoux. Tout doux, mais très beaux, remplis d’émotions, ils sont un très gros plus dans l’histoire. Peu de détails, on est très focalisé sur les expressions, et des expressions, il en passe sur les visages !! Particulièrement sur celui de Yûichi, qui est le plus expressif, mais ce qui m’a touché, ce sont les sentiments qui se cachent derrière les visages d’Ayumu et Ryo. Ces deux-là sont beaucoup dans la retenue, le petit Ayumu tout en neutralité blasée, Ryo, lui, plus dans le sourire de façade, pourtant dans leurs yeux on lit tout leur monde intérieur, leurs doutes, leurs peurs, leurs souffrances.

Si cette histoire est une histoire toute douce, elle n’en est pas moins tragique, d’une certaine manière. J’y ai pleuré à plusieurs reprises, même si la fin est magique, belle et remplie d’espoir et de tendresse. Les passés de nos trois héros qui se cherchent, se découvrent et s’apprivoisent, sont tristes, tellement qu’on ne peut pas ne pas s’en émouvoir. D’autant qu’on sent à quel point ils sont blessés et fragilisés, et à quel point, du coup, naissent des incompréhensions, tensions et douleurs à cause de ces passés difficiles.

Yûichi et Ayumu débarquent dans une nouvelle ville, un nouveau logement, et ils doivent s’adapter. Yûichi fait jeune, et on s’étonne qu’il soit père, mais Ayumu est en vérité le fils de sa sœur aînée, morte dans un accident avec ses parents. Venant d’une famille unie, aimant son neveu, Yûichi a décidé de l’adopter et de prendre soin de lui. Mais ce n’est pas facile, Ayumu est traumatisé et très hermétique, ne laissant rien paraitre de ses émotions et refusant de communiquer, et Yûichi se sent très seul, et très incompétent. Il s’en veut constamment de ne pas être capable de faire plus pour celui qui est désormais son fils, et qui a tant perdu. Il estime n’avoir pas les épaules, mais il veut le meilleur pour Ayumu.

Si Ayumu est aussi hermétique, selon lui, c’est parce qu’il ne sait pas lui apporter tout ce qu’il lui faut, amour, attention, etc, aussi culpabilise-t-il énormément. Mais au fond, n’est-ce pas surtout parce qu’Ayumu a peur que, comme les autres, son oncle-père se détourne de lui et ne le rejette s’il ose s’exprimer ? Il sait bien que son nouveau papa fait tout son possible pour lui, qu’il a pris un boulot qu’il n’aimait pas et changé d’environnement pour subvenir à ses besoins, il sait qu’il est un poids (même si Yûichi l’adore), et il ne se sent pas en droit de pleurer, critiquer, râler, montrer ses émotions, simplement… surtout que si Ayumu a perdu sa mère et ses grands-parents, Yûichi, nécessairement, a aussi perdu ces proches-là.

Forcément, quoi de plus émouvant qu’un adulte soudainement jeune père qui galère et se sent incapable, et un enfant qui jugule ses émotions pour épargner les sentiments de son nouveau papa et se tracer un chemin dans son cœur… Avec tout ce que cela implique de réflexions au quotidien, de doutes, de souffrance, et de tendresse aussi. Ils sont beaux tous les deux, je les ai vraiment adorés, et ils m’ont bouleversée aux larmes.

Et que dire de Ryo… Mon dieu qu’il m’a touchée !! C’est le genre de personnage que j’adore, il est la gentillesse incarnée, il semble tellement sûr de lui, mais en fait il se sent misérable, indigne, sale et mauvais. Pourtant il est là pour Yûichi et Ayumu dès le début, et s’il affirme qu’au départ, il s’intéressait seulement à Ayumu parce qu’il se reconnaissait dans cet enfant et son passé, on voit bien qu’il est ébranlé par leur duo, par l’adorabilité de Yûichi (il n’y a pas d’autre mot !!), par le fait que, même dépassé, celui-ci s’occupe d’Ayumu, pense à lui, tout le temps, le priorise… Ryo est à la fois admiratif, un peu jaloux (vu son propre passé très dur :’( ), fasciné et bouleversé, parce qu’il réalise que oui, on peut être aimé même quand on a perdu ses parents. Il flashe en fait sur la relation qu’entretiennent Yûchi et Ayumu avant même de flasher sur Yûichi, je dirais. Ça le remue en profondeur, ça l’oblige à se remettre en question, à s’ouvrir aussi à ces émotions qu’il ne pensait plus pouvoir ressentir…

Certes, du coup, Ryo réagit souvent mal, il tente de manipuler son monde, quand il se sent acculé, il rejette l’autre, tente de le pousser à bout en le provoquant, ou remet son masque de séducteur, mais on comprend vite quel homme attentionné, aimant et surtout en manque d’amour il est. Il cherche son port, son ancre, et la trouver en Yûichi et Ayumu le secoue énormément. Et nous secoue avec, nécessairement. Finalement, l’oisillon sur le rivage, pour moi, est autant Ryo qu’Ayumu…
Ce manga est une perle rare. Les larmes versées étaient des larmes d’émotion, de tendresse, un peu de souffrance, mais celle d’une proche qui voit les siens se débattre et tenter d’apprendre à s’aimer malgré les épreuves. Un immense moment de lecture qui m’a fait énormément de bien, et que j’ai aimé du fond de mon cœur. <3



Points positifs : des dessins magnifiques et très doux ; des personnages émouvants et terriblement attachants ; des passés difficiles, mais beaucoup de tendresse et de délicatesse ; un trio de l’impossible qui nous bouleverse complètement.

Points négatifs : pas trouvés.




Note : 4,8/5



4 commentaires:

  1. Ça fait un moment que je n'ai pas lu de manga, mais celui-là a l'air doux et touchant, il me tente bien.

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    1. il est vraiment chouette celui-ci!! doux et touchant, deux mots qui lui correspondent! j'espère qu'il te plaira :-)

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  2. merci pour cette chronique toujours excellente et qui donne envie de lire le manga ou le livre
    manga doux et la tentation sera faite
    merci aurélie

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    1. merci ma belle contente que mes chroniques te plaisent, ça fait chaud au coeur!! <3

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