vendredi 26 juillet 2019

[Chronique] Given 5 - Natsuki Kizu

Given, tome 5 - Natsuki Kizu










Titre: Given
Autrice: Natsuki Kizu
Éditions Taifu comics
Genre: manga, yaoi
Âge: tout public
Série en cours, 5 tomes parus



SERVICE PRESSE





Résumé:


Mon amour, l’amour des autres, une nouvelle musique, les gens… Je veux faire résonner tout ça en même temps.


Mafuyu n’arrive toujours pas à coucher sur le papier des paroles qui lui conviennent pour leur nouvelle chanson. Trouvera-t-il l’inspiration avant la troisième étape du concours qui approche à grands pas ? Dernière étape durant laquelle, pendant deux jours, les dix groupes finalistes vont devoir s’affronter pour remporter la victoire.




Biographie de l'autrice:


Si la carrière de Kizu Natsuki a débuté il y a peu, son talent pour mettre en scène des récits réalistes et émouvants a rapidement trouvé écho dans le cœur des lecteurs japonais. À travers ses histoires, l’auteure ne recherche pas l’originalité, elle veut avant tout nous faire découvrir le quotidien de personnages en proie aux doutes, et nous faire suivre leur remise en question, leur évolution.
Sa force est celle de nous offrir des récits qui nous font réfléchir sur de simples actions, mais également des trajectoires de vie.
De cette façon, Kizu Natsuki prend plaisir à revisiter des thématiques déjà exploitées en leur apportant un côté poétique et une certaine maturité.





Chronique d'Aurélie


Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat et pour la gentillesse de leur accueil. J’attendais ce cinquième opus avec énormément d’impatience, et j’ai sauté dessus à son arrivée. C’est toujours un vrai plaisir, mêlé de beaucoup d’émotions, que de plonger dans l’univers musical de Given.

La couverture est toujours dans la veine des autres, tout aussi splendide que les autres. On y retrouve un peu de l’ambiance des deux premiers tomes, et en effet, j’ai trouvé que ce cinquième volume se rapproche beaucoup du bouleversement gigantesque des deux premiers opus, ce chaos émotionnel et cette intensité qu’on avait un peu posée lors des tomes 3 et 4 pour plus se centrer sur les troubles des cœurs de nos quatre héros (ou 5 si on compte Ugetsu, parce que j’aime Ugetsu d’amour <3 ).

On retrouve sur cette couverture Mafuyu qui chante, guitare en main, son visage peuplé d’émotions, ses yeux tournés vers le ciel. Les éclats près de ses yeux ressemblent à des larmes, et en même temps, à des paillettes d’espoir. Ce tome est un tournant majeur dans l’histoire, et la couverture est à son image. Superbe et profondément touchante.

Je ne dirai qu’un petit mot sur les dessins, pour ceux et celles qui n’auraient pas lu mes précédentes chroniques et pas encore découvert Given : ce sont des bijoux. Le style de Natsuki Kizu est tout simplement magnifique.

Ce cinquième opus est donc, comme je le disais, riche en émotions très fortes. Quel plaisir de se reconnecter à cette intensité magique des deux premiers tomes, de replonger dans les secousses de cœurs torturés, ayant été brisés, qui jusqu’à présent étaient un peu perdus. Qui le seront encore, d’une certaine manière, mais qui peu à peu, grâce à la musique, à leur groupe, à leurs proches, vont trouver une nouvelle voie vers la lumière.

Mafuyu a beaucoup changé. La musique l’a transcendé, sa relation avec Uenoyama l’a beaucoup aidé. Elle possède encore cette fraicheur toute neuve, cette pureté, cette relation si jeune, forte et un peu balbutiante, et on commence d’ailleurs à percevoir les questions adolescentes de deux jeunes hommes épris qui n’osent se rapprocher complètement mais ont pourtant établi un vrai lien de petits-copains, encore timide, mais de plus en plus solide.

Un autre moteur de changement, pour Mafuyu, c’est sa relation avec Ugetsu. Il admire profondément ce surdoué de la musique, qui sait si bien exprimer toute une palette d’émotions par le biais de son violon, et qui va peu à peu s’ouvrir à lui, également. Grâce à lui, Mafuyu va apprendre à exprimer l’essentiel. Et à ouvrir son cœur, son âme, son esprit à l’inspiration musicale, notamment dans sa recherche de paroles pour ses chansons.

Pour le coup, la chanson, lors du concert, atteint les mêmes degrés d’émotions que la première lors du premier concert (tome 2). On y reparle de son ex décédé, mais c’est, cette fois-ci, l’espoir qui va primer. « Ça va aller ». C’est une chanson magique. On en perçoit la musicalité, autant que les émotions des différentes personnes qui entendent, écoutent, perçoivent assimilent les paroles, l’essence de la chanson.

Uenoyama est moins présent, mais les passages centrés sur lui sont importants aussi. Plus doux alors que ses sentiments se sont apaisés et qu’il devient serein, assuré, et capable de motiver leur groupe, ils sont aussi centrés sur ses questionnements concernant sa relation avec Mafuyu. Et particulièrement sur les prochains pas à accomplir. Ils sont amoureux, tous les deux, mais ils se touchent peu, s’embrassent peu, et ne couchent pas ensemble. Tout ça le stresse un peu, d’autant que lorsqu’il entend Mafuyu chanter, il a envie de le toucher, et peur de perdre les pédales. C’est touchant, mignon et émouvant.

L’histoire est beaucoup centrée également sur Akihiko, comme le laissait à penser le tome précédent. Perdu dans les méandres de sa souffrance, il est encore celui qui n'a pas su évoluer, et qui va devoir faire des choix. Il balance entre son amour pour Ugetsu, qui ne lui apporte plus que douleur, mais qu’il chérit plus que tout, et ses sentiments encore flous pour Haruki, qui sait lui apporter le sourire et la motivation. Mais surtout, ce qui le tracasse et le fait cogiter dur, c’est cette dualité en lui : aime-t-il encore la musique ? C’était toute sa vie, pourtant depuis un moment, il ne prend plus de plaisir à jouer. C’est le personnage clef de ce cinquième opus, celui qui va devoir réellement travailler sur lui et vaincre ses propres démons pour trouver sa voie, et retrouver une motivation dans la vie. Ce sera dur, laborieux, et douloureux. Cet axe m’a énormément touchée, même si pour ma part je ne voulais pas que ça se passe comme ça, c’était bouleversant de le voir souffrir, batailler contre lui-même puis renaitre grâce à la musique.

Haruki, lui, est beaucoup plus serein dans ce tome. Il suit sa voie, il s’est apaisé, persuadé que, de toute manière, Akihiko ne répondra jamais à ses sentiments. Et pour cause : Haruki a toujours eu un complexe d’infériorité face aux trois autres membres du groupe, véritables génies de la musique. Or, il va découvrir qui est l’homme qu’Akihiko aime si fort, et il ne se sent pas capable de rivaliser avec le surdoué du violon qu’est Ugetsu. Et pour le coup, le voir si calme, beaucoup plus paisible, mais aussi capable à nouveau de rire et de savourer la vie, a été un vrai plaisir.

Ugetsu enfin… Ce n’est pas un des quatre personnages principaux, mais il a grandi dans mon cœur depuis son apparition, et c’est mon personnage préféré. Il se bat lui aussi contre ses propres démons, il est si perdu, il me touche profondément. Il est beau, de toutes les manières possibles et imaginables, y compris dans ses fuites, sa violence, ses rejets, la bêtise de son comportement face à l’homme qu’il aime si fort, Akihiko. Le voir jouer du violon me fait vibrer systématiquement très fort. Voir les parallèles entre lui et Mafuyu se créer dans ce tome a été magnifique, j’ai vraiment aimé les voir se rapprocher, les similitudes se créer, comme une métaphore, voir comment Mafuyu se sert des forces d’Ugetsu pour évoluer, voir comment Ugetsu découvre des facettes de lui-même grâce à Mafuyu, voir naître l’espoir qu’à son tour il s’épanouisse et trouve une voie qui cesse de le faire souffrir, c’était autant d’éléments bouleversants, à mes yeux.

Encore un coup de cœur pour ce cinquième opus, que j’ai même beaucoup plus apprécié que les deux précédents. Cette histoire est juste magique, et profondément touchante <3



Points positifs : des dessins magnifiques qui retranscrivent les émotions et l’ambiance musicale ; une histoire poignante, touchante et unique ; le monde des ados et le monde de la musique sont très bien rendus ; le personnage d’Ugetsu est un immense coup de cœur pour moi, sa romance avec Akihiko m’a beaucoup remuée ; l’évolution des personnages est aussi bien faite qu’émouvante ; dans ce tome on renoue avec les émotions très fortes et l’intensité des deux premiers tomes.

Points négatifs : pas trouvés.



Note : 4,9/5



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