samedi 3 novembre 2018

[Chronique] Ginza Neon Paradise - Unohana

Ginza Neon Paradise - Unohana










Titre: Ginza Neon Paradise
Autrice: Unohana
Éditions Taifu comics
Genre: manga, yaoi
Âge: 16+
One-shot



SERVICE PRESSE





Résumé:


Tokyo, quartier de Ginza, 1948. Aoi retrouve Takahiko, son ami d'enfance disparu à la guerre. D’abord surpris, il ne peut contenir sa rage quand ce dernier lui dit avec un certain détachement qu’il est rentré il y a de ça deux ans, mais qu’il n’a pas trouvé le temps de le prévenir. Pourtant, Aoi a été incapable d'oublier la nuit qu'ils ont passée ensemble avant qu'il ne parte à la guerre. Le retour de Takahiko va remettre le cœur d'Aoi en marche.




Chronique d'Aurélie


Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat et pour leur continuelle gentillesse et disponibilité.

La couverture de ce manga, autant que son thème, m’ont vraiment attirée. Si les traits des personnages indiquent immédiatement une mangaka au style particulier, l’ambiance posée sur cette couverture, entre les couleurs, les lumières, la pose des personnages et la mélancolie qui en émane est très attirante et m’a tout de suite plu. Le résumé m’a convaincue que ce manga serait assez unique en son genre, il y a en a peu en yaoi qui nous parlent du passé, et j’adore l’historique !

Les dessins, à l’intérieur de ces pages, sont vraiment très spéciaux. Je ne les ai pas adorés, mais ils n’ont pas gêné ma lecture, et j’ai trouvé leur style très japonais, ce qui ne m’a pas déplu. Je suis donc un peu mitigée par ceux-ci, mais je suis vite passée au-dessus de mon impression première et me suis focalisée sur l’histoire, que j’ai adorée.

Ginza Neon Paradize nous emmène à l’époque post-Seconde Guerre Mondiale, dans un monde japonais qui a été partiellement détruit, ravagé et qui est occupé par les Américains. La période est bien retracée, l’ambiance y est vraiment à la fois nostalgique et un peu éteinte, même si pas vraiment triste non plus. Beaucoup de gens vivent dans la misère, et Aoi en fait partie malgré sa situation de traducteur pour un militaire américain. Aoi est donc une sorte de pont entre les deux mondes, celui de l’occupation, et celui du peuple. Il refuse de quitter sa pauvre demeure, et ses compagnons américains se demandent quelle en est la raison quand il pourrait vivre dans une forme de luxe et d’opulence. Mais la raison, pour Aoi, est simple : il n’a pas cessé d’espérer le retour de Takahiko, son ancien amour, parti à la guerre et jamais revenu, mais dont personne n’a pourtant annoncé la mort. Il ne cesse d’espérer, et reste figé sur le passé, refusant d’aller de l’avant alors que l’existence lui tend les bras.

L’amour d’Aoi pour Takahiko est aussi touchant que particulier. Durant tous les flashbacks, on a la sensation qu’il le déteste, et d’une certaine manière, c’est bien le cas. Il déteste le comportement de Takahiko, il déteste avoir à le voir se perdre dans le stupre et la luxure alors qu’en lui se débattent des sentiments très forts, qu’il dissimule aux yeux de tous, les siens y compris. Aoi refuse son amour pour Takahiko, mais il ne peut s’empêcher de l’aimer, et de lui accorder tout ce qu’il lui demande. C’est un personnage fort et faible à la fois, bourré de contradictions, de complexes, très pur, et très solitaire, même s’il est socialement intégré et apprécié.

Takahiko est tout l’inverse de lui. Hyper sociable, il se noie dans les plaisirs des sens, ne cesse de voleter de bras féminins en bras féminins, revenant toujours, pourtant, vers Aoi. Certes, Aoi considère qu’il ne revient que parce qu’il n’a plus d’argent ni d’endroit où dormir, mais en vérité, derrière sa désinvolture et son comportement frivole, Takahiko cache un lourd secret : il est fou amoureux d’Aoi, mais n’ose le lui dire, et ne se considère pas assez bien pour lui.

À partir de là, forcément, les quiproquos ne vont cesser d’embrouiller les deux jeunes hommes, jusqu’à ce que Takahiko soit envoyé à la guerre. Leur amour éclot alors pour ensuite se faner aussi sec alors que Takahiko disparait de la vie d’Aoi. Pourtant, leurs retrouvailles, quelques années plus tard, sera une véritable explosion de sentiments contenus, de regrets, de doutes, de peurs et de passion. Aoi et Takahiko doivent se trouver, et pour cela, ils vont beaucoup se chercher… Et ce sera loin d’être facile pour eux. Surtout si l’on rajoute le fait que le lieutenant Walters courtise Aoi et semble très attaché à lui… Vous imaginez bien, dans ces conditions, que s’avouer leurs sentiments sera, pour Aoi et Takahiko, un véritable défi…
Une très, très belle histoire, que j’ai énormément aimée. Douce-amère, touchante et très nostalgique, elle nous donne une sensation de vivre une romance en sépia, chose que j’ai vraiment adoré. Un très bon moment de lecture. <3



Points positifs : une ambiance d’après guerre très travaillée, qui est un vrai plus ; des personnages torturés très travaillés, et touchants ; une histoire d’amour complexe, nostalgique, captivante.

Points négatifs : des dessins très particuliers ; parfois j’ai eu un peu de mal avec la dualité d’Aoi.




Note : 4,7/5



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