vendredi 28 septembre 2018

[Chronique] A beautiful sunny day - Aki Ueda

A beautiful sunny day - Aki Ueda










Titre: A beautiful sunny day
Autrice: Aki Ueda
Éditions Taifu comics
Genre: manga, yaoi
Âge: 16+
One-shot



SERVICE PRESSE





Résumé:


Le métier de Harehito et Ôjirô consiste à récupérer des objets cassés. Si les mains de Harehito peuvent retaper la plupart des choses, il en est certaines qu'il est incapable de réparer... comme le cœur brisé d’Ôjirô. Depuis le jour où Harehito a « ramassé » Ôjirô, les deux hommes ne se sont plus jamais quittés, arpentant les routes à la recherche d’objets à restaurer afin de leur accorder une nouvelle vie. Si les jours se ressemblent, les deux récupérateurs ne sont pas à l’abri de quelques surprises susceptibles de leur rappeler certains souvenirs passés...




Chronique d'Aurélie


Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat et pour leur continuelle gentillesse et disponibilité. Particulièrement à Guillaume, qui a jusqu’à présent toujours été là pour m’aiguiller, répondre à mes questions et m’accorder du temps, et à qui je souhaite une bonne route puisqu’il nous quitte pour de nouveaux horizons ! <3

Je n’ai pas foncièrement accroché avec la couverture de ce manga, je dois le dire. Je suis assez mitigée, parce que j’en aime vraiment beaucoup l’idée et les couleurs, très vives, qui se prêtent à la perfection au thème du manga et à son titre (à l’écriture très stylée, au passage). C’est plus le style de graphisme qui m’a un peu perturbée, je ne suis pas super fan des dessins de cette mangaka. Ceci dit, je n’ai pu que remarquer au fil des pages que ces illustrations dont je n’apprécie pas tant que ça le trait, avaient leur charme et qu’on s’y faisait. Plus encore, à la fin de ma lecture, je dois avouer que je me suis pris à les apprécier pour leur douceur et l’expressivité des personnages.

J’ai été très touchée par cette histoire. Je m’y attendais, comme j’ai un peu tardé, j’ai fouillé les avis sur le net avant de la découvrir, et j’imaginais bien que cette lecture serait un très bon moment. Et j’ai été plus qu’agréablement surprise par cette magnifique plage de douceur, de sérénité et d’amour.

Certaines thématiques abordées par ce manga ne sont pourtant pas évidentes. Ôjirô est un personnage que la vie a brisé, qui a été abandonné par sa mère et son beau-père, livré comme un objet cassé à Hare (Harehito) parce que personne ne voulait de lui, et qu’on estimait qu’il était fichu. C’est le cas d’un autre personnage que l’on découvrira au fil des pages, d’ailleurs. Quant à Hare, justement, il n’a pas de famille. On ne sait pas grand-chose sur son passé, si ce n’est qu’il adorait son grand-père, mort depuis  bien longtemps, qui lui a légué son goût et son don pour réparer les objets cassés.

L’idée de ce manga, une entreprise de récupération et de réparation des vieux objets est très originale. On pourrait s’attendre à un manga un peu macho, avec beaucoup de testostérone et de mécanique, mais au contraire, la douceur prime dans cette histoire, sur un fond de poésie franchement touchant. Hare est un artiste plus qu’un réparateur, ses mains sont d’or, et son cœur aussi. Sa relation avec Jirô (Ôjirô) tient presque de la symbiose, même si ce dernier ne réalise pas tout de suite que ses sentiments pour celui qui l’a recueilli et accepté pleinement sont mutuels.
Malgré la complexité des histoires passées de nos deux héros, la simplicité est l’un des mots maîtres de cette œuvre. Entre Hare et Jirô, tout coule de source, ou presque. Certes, ils mettent du temps avant de s’avouer leurs sentiments mutuels, mais leur vie est simple, douce, elle défile au fil des saisons et des réparations à entreprendre. Avec, dans le fond, une histoire d’objet cassé, dont on ne sait pas vraiment la fonction, et qu’Hare manipule sans cesse. Il souhaite le réparer, comme son grand-père a tenté de le faire avec lui, mais c’est avant tout une « boîte à souvenirs », d’une certaine manière. Cet objet, cet aspect du manga donne un aspect lyrique à l’histoire, un peu mélancolique, mais tout dans la douceur et la tendresse, c’est très beau.

J’ai beaucoup aimé les deux personnages. Hare pour son sourire perpétuel, sa gentillesse touchante, ses doigts si habiles et la passion qu’il déploie pour ce qu’il fait. Jirô pour sa timidité, ses émotions refoulées et la manière dont, quand il sort de sa réserve, il fait à la fois preuve de lâcher-prise, d’initiative et d’autorité (et de fougue, aussi !). Deux personnages qui pourraient sembler complexes mais qui, à vivre ensemble, savourent simplement l’existence.

Une superbe lecture, qui m’a fait énormément de bien et m’a donné le sourire. Le passage avec le beau-père de Jirô était un peu trop simple à mes yeux, ce qui fait que ce n’est pas tout à fait un coup de cœur, mais j’ai adoré ce moment passé avec Jirô et Hare, leur relation, la douceur de leur vie entourés des « enfants » innombrables d’Hare.



Points positifs : des personnages très touchants, aux caractères auxquels on s’attache d’emblée ; une belle poésie pour une histoire toute douce ; un thème très original ; une relation magnifique, simple et complice.

Points négatifs : le passage avec le beau-père de Jirô est un peu trop « simple » vu ce que ce dernier a fait par deux fois ; au début, j’ai eu un peu de mal avec les dessins, mais au fil de l’histoire, j’ai appris à les apprécier.



Note : 4,6/5



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