samedi 4 août 2018

[Chronique] Hana no Breath - Caly

Hana no Breath, le souffle des fleurs - Caly






Titre: Hana no Breath, le souffle des fleurs
Auteur: Caly
Éditions H2T
Genre: manga, shojo-ai, tranche de vie, 
Âge: tout public
Deux tomes, le second paraitra le 16 août 2018




Résumé:


Azami, 16 ans, ne comprend pas la passion de ses amies pour le Yuri et le Yaoi... Elle, elle n’aime QUE les garçons, et surtout le beau Gwen, avec qui elle rêve de sortir depuis le début de l’année ! Intelligent, sportif, un peu plus âgé qu'elle et surtout mignon, il a tout du petit ami idéal. Mais comment réagira-t-elle quand elle découvrira que Gwen est en réalité une fille ?!



Chronique d'Aurélie


J’ai découvert Hana no Breath sur le tumblr de la Rainbowthèque, que j’explore régulièrement (c’est pour moi une source de littérature LGBT que j’aime beaucoup). J’ai accroché immédiatement avec la couverture et, en lisant le résumé, je me suis tout de suite lancée, sans l’once d’une hésitation : les thèmes me plaisaient énormément, je pensais bien acquérir là un petit bijou.

En prime, il s’agit d’un manga français, oui oui, vous avez bien lu ! Les éditions H2T sont des éditions bien françaises qui publient des bandes dessinées et mangas d’auteurs français. C’est rare, et c’est un gros plus, je trouve ! (même si j’adore les mangas japonais, évidemment).

La couverture est vraiment super jolie. Toute douce, annonçant une histoire mignonne, une vraie romance à la shojo. Et c’est bien un manga classé en shojo, mais en shojo… ai. Ce qui change tout et fait là tout l’intérêt de ce petit trésor. Pour en revenir à l’illustration, on perçoit ici Gwen comme un garçon, tel.le qu’Azami le/la perçoit au début. De plus, cette illustration montre toute la tendresse qui va rapidement lier Gwen et Azami, une fois la première surprise passée.

Les dessins, à l’intérieur de ce manga, sont très jolis. Encore une fois, une impression de douceur, mais aussi beaucoup de dynamisme, d’humour et de gaieté. Ce sont de beaux dessins qu’on savoure véritablement et qui collent parfaitement à l’ambiance posée mais énergique, tendre mais drôle de cette histoire.

On entre tout de suite dans le vif du sujet. Ici, pas question de tourner en rond. On démarre sur les chapeaux de roue, avec Azami qui va déclarer sa flamme à Gwen dans les vestiaires pour garçons… pour se trouver nez à nez avec Gwen en soutien-gorge ! Cœur brisé, colère et drame, pour une déclaration d’amour tragique, à laquelle, ô surprise, Gwen répond par la positive !

Ce début est rempli d’humour, mais aussi touchant dans la manière dont ces deux adolescentes vont accepter leur amour mutuel et constituer avec, d’une manière aussi simple qu’inattendue. Parce que comme dit Azami, « tu crois que les sentiments ça se change comme du papier toilette peut-être ? ». Eh bien non ! Azami n’a pas changé d’avis, et le fait que Gwen soit une fille n’y change rien : elle est amoureuse !

C’est un manga qui nous parle, entre autre, d’acceptation. Et d’amour dans tout ce qu’il a de plus pur et de plus positif. Azami, une fois sa surprise passée, ne renonce pas à son amour pour Gwen, et c’est finalement avec simplicité qu’elle va accepter de sortir avec elle. Quant à Gwen, si elle est plus complexe en tant que personne, elle n’en a pas moins tout aussi simplement accepté qu’elle était amoureuse d’Azami. Avant Azami, elle ignorait aimer les filles, mais elle tient tant à Azami que ça ne lui pose pas de souci de découvrir ses préférences amoureuses.

Sous couvert de douceur, de tendresse et d’humour, c’est un manga finalement assez profond que nous découvrons peu à peu. Les questionnements d’Azami concernant Gwen et sa façon d’agir, de s’habiller, par exemple, sont très intéressants. Ce n’est, en fait, pas le fait que Gwen soit une fille, qui la dérange : elle l’accepte très bien une fois la surprise passée, et passe très aisément du « il » au « elle » (sauf en public, elle respecte le désir de Gwen de se faire passer pour un garçon). Ce qui l’interroge, c’est le comportement de Gwen, au final : est-ce que son amoureuse agit et s’habille comme un garçon (comme le « prince charmant », selon Azami) pour lui faire plaisir, ou bien parce que c’est sa façon d’être ? Et comment doit-elle se comporter face aux gens qui savent la vérité sur Gwen : est-elle une petite-amie ? Ou bien une simple amie ?
Si Azami stresse avec tous ces questionnements, elle ne les reproche pas du tout à Gwen, et respecte ses limites, ses doutes et ses réticences. Même si elle ne la comprend pas toujours, et qu’elle s’attristera de voir que Gwen n’a pas encore assez confiance en elle pour lui révéler les poids qui lui pèsent.

Quant à Gwen, elle est remplie d’interrogations à son propre sujet. Ce n’est pas très développé, c’est le petit point dommage de ce premier tome. Gwen essaie d’être un garçon aux yeux du monde, et dit à un moment que ça lui pèse, mais je n’arrive pas à saisir vraiment si ce qui lui pèse c’est d’être une fille, ou bien la mascarade qu’elle a mise en place et n’ose pas briser. Gwen est-elle non-binaire, ou bien s’est-elle emberlificotée dans un « jeu » de masques auquel elle ne voulait pas du tout jouer ? Parce qu’elle est très crédible dans son rôle masculin, et sa personnalité se plie à merveille à son apparence androgyne. D’autant qu’elle explique dès le début qu’elle n’est pas très à l’aise à porter des jupes, et qu’on voit que se maquiller, prendre soin d’elle « comme une fille » n’est pas trop sa tasse de thé.

J’aime beaucoup cet axe légèrement non-binaire et transidentitaire qui est posé dans ce premier tome. Gwen semble, à la fin, plus s’affirmer en tant que fille, mais cela n’en reste pas moins un axe de l’histoire intéressant et développé avec douceur et tact. À part au début, quand Azami, furieuse et blessée, lui reproche son apparence masculine, il n’y a pas de jugement sur ce transvestissement, ni sur son désir de passer pour un garçon.

Le sujet de l’homosexualité y est également, évidemment, abordé avec beaucoup de douceur et de finesse, même si l’on n’en reste qu’aux prémices de cette romance, pour l’instant. L’acceptation des parents d’Azami autant que Gwen peut sembler « facile », surtout celle des parents d’Azami, mais elle est amenée avec humour et tendresse, moi j’ai beaucoup apprécié. Cela va dans la veine de ce manga qui nous parle de respect, de tolérance et d’amour avec tant de simplicité, comme s’il était naturel que deux filles tombent amoureuses l’une de l’autre (ce qui est le cas, mais pas forcément dans tous les esprits). C’est assez émouvant, cette romance si adorable, avec deux héroïnes mignonnes comme tout, dont l’amour ne peut que nous toucher. Et dont nous suivons l’évolution avec plaisir.

Cette douceur, cette tendresse et cette simplicité qui transparaissent de cette œuvre en fait un manga vraiment tout public, très adapté à la jeunesse. Les adolescentes pourront aisément se reconnaitre et s’identifier aux deux héroïnes, à leurs problématiques de lycéennes, et à cet amour balbutiant qu’elles découvrent de concert. Avec fraicheur, il apportera au lecteur quel que soit son âge et son sexe, un vent de tolérance et une belle leçon d’amour, une ouverture d’esprit qui ne peut que faire du bien, et ce en toute délicatesse.

Un coup de cœur douceur pour ce premier opus. J’ai très hâte de découvrir la suite de l’histoire d’Azami et de Gwen, et de voir comment elles vont surmonter les divers obstacles qui s’imposeront à elles… et évoluer dans leur amour mutuel.



Points positifs : de très beaux dessins ; un manga français ; une histoire qui aborde avec douceur et simplicité des thématiques LGBT ; une histoire d’amour adorable et touchante, avec deux héroïnes émouvantes.

Points négatifs : manque un peu de profondeur, notamment sur le sujet de la transidentité et la personnalité de Gwen mériterait d’être plus développée.



Note : 4,7/5


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