vendredi 15 juin 2018

[Chronique] Ensorcelé - Faith Kean

Ensorcelé 

Les Chroniques de Ferin - 1 - Faith Kean





Titre: Ensorcelé
Autrice: Faith Kean
Éditions MxM Bookmark, collection Imaginaire
Genre: romance MM, bit lit, fantasy



SERVICE PRESSE




Résumé:


« Choisissez avec discernement le chemin qui vous semble le meilleur, mais soyez assurés que, comme un père, je me trouverai vigilant et attentif à chacun d'entre vous. » Rydënhad, souverain du royaume d'Infeijin, est à l'aube de son règne. Il a l'ambition d'être un bon roi, malheureusement l'avidité de la cour de Ferin cache de sombres desseins. À l'approche des Rites des Lunes, les incidents se multiplient, plongeant le palais au coeur des intrigues et des trahisons ; s'il veut survivre à ses nombreux prétendants, Rydënhad va devoir redoubler de vigilance. Et pour protéger son trône et sa lignée, il pourra compter sur la loyauté infaillible du Duc des Contées, ainsi que sur un allié venu tout droit des Terres Blanches ; un homme qui pourrait changer toutes ses certitudes et bouleverser son existence à jamais.



Chronique d'Aurélie


Tout d’abord, un immense merci à MxM Bookmark pour leur gentillesse, et ce service presse que j’attendais évidemment avec une très grande impatience.

C’est pour moi un immense plaisir de retrouver la plume de Faith Kean, si douce, si déliée, si agréable. Je l’ai trouvée même plus affinée encore que dans les Chroniques de Ren (que, vous vous en souvenez peut-être, j’avais dévorées). À part sur certains passages où j’ai encore relevé pas mal de répétitions, j’ai trouvé justement que son style s’était passablement élagué de cette tendance à la répétition. Ce qui le rend plus léger et plus fin encore. Un vrai plaisir de replonger dans ces mots, de se laisser emporter par cette plume presque poétique qui nous transporte bel et bien dans l’univers magique et merveilleux de Faith Kean.

Il s’agit là d’un univers sombre, mais pour autant toujours très féérique. Est-ce la douceur de la plume de l’autrice, la lumière qui émane de ses personnages ? Sans doute un ensemble, mais ce monde où ne brille aucun soleil, où les vampires, elfes noirs et autres créatures de la nuit sont maîtres et saignent parfois sans pitié des humains, nous apparait comme foncièrement touchant et étincelant. Et somme toute très joyeux, malgré la gravité de certaines ambiances, certains passages.

Petit bémol concernant l’univers, qui ne m’a pas gênée personnellement ayant lu avant Les Chroniques de Ren, mais qui pourrait rendre la lecture d’Ensorcelé moins palpitante pour celui qui entre dans ce monde par ce roman et ne saura peut-être pas être aussi immergé que moi : ce roman manque cruellement de background et de détails sur l’univers. On découvre le nom des lunes sans qu’il soit dit nulle part leur nombre, leur rythme, ni même qu’il soit précisé qu’il n’y a pas de soleil sur ce monde, en fait. On ne perçoit pas vraiment que les humains viennent de notre plan d’existence et qu’ils sont en quelque sorte « importés » sur Infeijin. On nous parle des dieux mais on n’en sait pas vraiment grand-chose.

Il aurait peut-être été complexe de re-détailler tout l’univers à travers le roman sans que cela l’alourdisse. Cependant, un avant-propos pour définir un peu les règles de l’univers aurait été intéressant. Et quelques précisions supplémentaires bienvenues pour le lecteur néophyte.

Cependant, cela ne gâche en rien la beauté de cette histoire, et cela ne m’a bien sûr pas perturbée outre-mesure dans ma lecture, sachant que je maîtrisais très bien ce monde et ses habitants, croyances, coutumes, pour ma part. Je n’ai pas pu m’empêcher de le remarquer tout de même.

J’étais très intriguée de découvrir l’histoire de Rydënhad et bien sûr d’Eïen. Autant dans Les Chroniques de Ren le personnage de Rydënhad ne m’a jamais paru très sympathique, autant Eïen avait su gagner mon cœur. Découvrir leur passé m’intéressait d’avance et en fait, leur histoire m’a énormément plu.

On découvre un Rydënhad jeune, plutôt idéaliste, qui en bien des points ressemble à ce qu’on connait de Ryhaïgarhad dans Les Chroniques de Ren. Têtu, peu décidé à se laisser dicter sa conduite et n’appréciant guère les intrigues et fastes de la Cour, Rydënhad est un jeune roi juste, bien décidé à faire ses preuves et à ne pas se laisser marcher dessus par les traîtres qui, autour de lui, complotent.

Nous nous retrouvons donc à Ferin, au sein du palais de Rydënhad, pour un évènement aussi festif qu’incontournable, mais dont notre jeune roi n’a que faire : il a été décidé qu’il devait prendre un consort (époux, qui sera son égal, son soutien). Il est jeune, il est seul, on murmure même qu’il serait impuissant, puisqu’il ne passe pas son temps à courir après serviteurs et jeunes nobles et fait preuve de chasteté. Pour dire vrai, Rydënhad n’est concerné que par une seule chose : son fils bien aimé, qu’il éduque et qu’il chérit plus que tout au monde.

C’est d’ailleurs très touchant de découvrir Ryhaïgarhad en petit monstre obstiné, impossible à vivre et très espiègle. J’ai adoré ses apparitions, autant que sa proximité avec Rydënhad. Leur relation est très émouvante et sonne juste. Elle permet aux lecteurs des Chroniques de Ren de découvrir une facette inconnue de Rydënhad, même si on savait qu’il aimait son fils, et à ceux qui découvrent cet univers par le biais de ce roman-ci de percevoir Rydënhad comme un homme au très grand cœur.

Mais Rydënhad n’est pas qu’un père : c’est aussi un roi. Un roi entouré d’ennemis, ou de nobles qui l’attendent au détour du chemin, persuadé qu’il n’a pas l’étoffe nécessaire pour régner. On vante ses mérites en tant que soldat, mais a-t-il la carrure d’un dirigeant ?

La réponse aux yeux du lecteur est très simple, évidente : oui, Rydënhad a tout du bon dirigeant. Il en a l’énergie, la fermeté, mais aussi la justice, et il sait s’entourer de personnes qui n’auront jamais peur de le remettre à sa place et de l’obliger à rester les deux pieds sur terre. Comme par exemple, Kiyran. Ce « frère » qui veille sur ses intérêts et est le seul possédant à la fois les confidences du roi et le droit de lui dire ce qu’il pense franchement. De se moquer de lui, également, ce qu’il ne se gêne pas pour faire…

J’adore Kiyran. Son franc-parler, son humour, la façon dont, parfois, il se paie la tête de Rydënhad est franchement amusante. Particulièrement dans le tout dernier chapitre qui est un gros clin d’œil aux lecteurs des Chroniques de Ren puisque l’histoire rattrape celle de cette trilogie et de la rencontre de Ryhaïgarhad avec Ren (et je voulais tellement avoir le point de vue blasé et furieux de Rydënhad à ce sujet !). Mais j’aime aussi son immense sérieux, son soutien indéfectible pour ce roi qu’il aime de tout son cœur. Son histoire tragique, aussi, même si elle est peu évoquée, m’a énormément touchée. Kiyran est un gros plus de l’histoire, pour moi.

Et puis il y a Eïen. Cet elfe noir hybride venu des Terres Blanches, qui débarque parmi la foule des prétendants de Rydënhad pour les Rites des Lunes, réalisant ainsi un ancien accord dont Rydënhad n’avait pas la moindre connaissance. Et lorsqu’il aperçoit Eïen… c’est le coup de foudre. Pas seulement pour ce jeune roi qui s’amourache de l’elfe plus ou moins au premier regard. Pour le lecteur également. La description physique qui est faite d’Eïen, ses manières, sa douceur, son franc-parler nuancé de courtoisie et de maladresse quand parfois, il ignore une coutume de Ferin, nous fait complètement tomber sous son charme.

Mais derrière la délicatesse de l’elfe, de son physique mince et exquis, de son raffinement et de sa légère timidité, se cache également un véritable guerrier, puissant, féroce, impitoyable. Et qu’on aime cette dualité qui fait d’Eïen un personnage unique en son genre ! Il est tout de contrastes, et sa personnalité unique, parfois changeante, fait complètement perdre la tête à Rydënhad. Et ma foi… on adhère. Oui, on souhaite qu’Eïen devienne le consort du roi. Oui, on veut le voir, comme Rydënhad le désire, lâcher la bride, se dévoiler entièrement, corps et âme, devant cet homme qu’il estime et chérit, qu’il découvre, sauve, soutient alors même qu’il n’est encore qu’un simple prétendant au titre… Eïen est l’homme parfait, qui convient si intimement à Rydënhad qu’évidemment, entre eux, les sentiments ne peuvent que naître et brûler telles des flammes inextinguibles…

C’est une très belle histoire que celle de cette rencontre unique, qui forgera les destins de ces deux hommes loyaux, fiers et émouvants. Un parfait mélange d’intrigues, de combats, d’amour et de tendresse, avec une scène érotique très belle, touchante et torride à la fois, que j’ai beaucoup appréciée. Ce roman m’a transportée dans cet univers unique et original, que j’apprécie toujours autant. Il se lit à toute allure, je n’ai pas vu passer le temps. Il me manque quelques éléments pour en faire un véritable coup de cœur, des petits passages avec des répétitions, quelques incohérences légères dans l’univers ou la maîtrise des combats, quelques facilités dans l’intrigue, mais il fait tout de même partie des meilleurs romans que j’ai lus cette année, et il m’a donné envie de replonger dans Les Chroniques de Ren… Sans compter que j’attends le prochain volume de ces Chroniques de Ferin avec une immense impatience ! <3



Points positifs : une plume poétique, douce, légère et magique, qui nous plonge complètement dans l’univers ; des personnages forts, touchants et terriblement attachants ; une intrigue complexe, palpitante ; une ambiance et un univers dans lesquels on plonge avec un immense plaisir ; une très belle romance entre Rydënhad et Eïen ; un vrai plaisir de retrouver les personnages qui nous ont marqués dans Les Chroniques de Ren ici, dans leur passé.

Points négatifs : petit manque de background et d’explications concernant l’univers ; quelques légères incohérences et « facilités » ; quelques passages avec trop de répétitions.



Note : 4,7/5


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