jeudi 8 février 2018

[Interviews] Appoline Romanens





Bonjour à tous,

On se retrouve aujourd'hui pour une nouvelle interview et c'est Appoline Romanens qui nous rejoint sur le blog.

Interview particulière puisqu'elle sera écrite en français puis en anglais.


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Bonjour Appoline et bienvenue sur Amabooksaddict,





Pour commencer, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

J’ai 23 ans et la double nationalité française et Suisse. J’ai voyagé autour de trois continents, et je suis passionnée par les langues étrangères. Je lis beaucoup, j’ai un master d’anglais et j’ai un amour fou pour les écureuils.





Depuis quel âge écrivez-vous ? Quel a été votre premier roman terminé ?

J’avais neuf ans et demi. J’avais commencé à griffonner des petites histoires un peu plus tôt mais ce que mes parents ont identifié comme mon premier poème date de Mai 2004. Ils m’ont offert une anthologie de poèmes de Victor Hugo et je l’ai dévorée. J’avais lu Les Misérables, vers mes 8 ans. En fait, les premiers livres que j’ai lu seule et que j’apprenais par cœur furent des recueils de poèmes.




Pouvez-vous nous parler de la publication de votre recueil?

Ce ne fut pas chose aisée. J’ai rencontré bien des obstacles durant le processus.

J’ai pris contact avec un éditeur parisien que j’avais rencontré il y a huit ans lorsque j’ai pris part à un concours national de poésie que j’ai gagné trois fois. Je lui ai envoyé mon “tapuscrit” et il opta pour le publier. Il n’a pas fait un travail de relecture sur le document comme il aurait pu. J’ai payé les frais d’impression et un an et demi plus tard, je tenais le livre imprimé entre mes mains.
J’étais partiellement satisfaite. Je voulais publier mes poèmes en français et en anglais en un seul volume. Je me suis rendue compte qu’une seule maison d’édition française publiait de tels poèmes mais pour un contenu jeunesse. 
J’ai apporté quelques poèmes au quartier général de Faber and Faber à Londres, dans les jardins de Bloomsbury, mais ils n’ont pas donné suite à ma demande car il me fallait un agent.
J’ai envoyé mes poèmes traduits en anglais à la plateforme d’Amazon et ai vendu quelques dizaines de copies en quelques jours. Mais Amazon garde 63% du prix des ventes.




D'où viennent vos idées pour l'écriture ?

Des créatures mythologiques depuis toujours. Les informations nationales et internationales. Ma famille, les gens que j’aime. J’ai beaucoup recours aux œuvres des figures mythiques de la poésie, notamment celles du poète américain, figure de la Beat Generation, Allen Ginsberg, mon poète-dieu, comme je l’appelle. Je parle à d’autres poètes via les réseaux sociaux, nous collaborons pour écrire un poème. Je parle à d’autres écrivains et relis leurs romans, avant le bon à tirer, comme le roman science fiction de mon cher ami John Maloney. Mettre en place des ateliers de discussion à propos de notre avancement, nos figures inspiratrices, et faire des points de grammaire est absolument essentiel. Sans compter que mon ami est capable de relire aussi bien mon anglais que mon français. Il est une figure inspiratrice. Mon ainé, et plus assagi. Un vrai correspondant littéraire épistolaire, voilà.




En quelques mots, pouvez-vous présente votre recueil? 
C’est un recueil de poèmes, sous forme de journal de voyage, qui rend compte des comportements humains. C’est un document engagé politiquement. Franc et direct dans le traitement de ses thèmes. Le livre ne considère pas l’amour, les conflits et les situations injustes, le mal et la violence comme un tabou.




Avez-vous d'autres projets à venir ?

Oui, je travaille sur un roman autobiographique en français dans lequel chaque membre de ma famille est imaginé sous les traits d’une figure mythologique. Contrairement à leur héros grecs, mes personnages sont capables de dépasser leur destin. De nos jours, dans des endroits que nous connaissons tous.
Je voudrais lancer une maison d’édition en ligne internationale avec mes collègues de l’ENSSIB (École Nationale des Sciences de l’Information et des Bibliothèques.)





Avez-vous un rituel particulier avant - pendant - après l'écriture d'un roman ?

Avant, je suis aveuglée par le fait d’être sûre de moi. Ça doit être bien. Ce n’est pas vrai. Pendant, je passe des journées entières à changer, modifier les éléments et c’est très difficile pour moi car je pense qu’un poème est comme une photographie. La modifier après la prise rend caduque l’idée que le poème était là pour capturer un certain instant. Je suis ouverte aux modifications, ceci étant dit. Ensuite, quand le livre est imprimé, je l’ai souvent avec moi pour comparer mes traductions. Je me raidis et ai un rictus quand je vois que la traduction ne convient pas où quand il y a une coquille. Là, le livre devient imparfait, mais je l’aime d’autant plus.




Une dernière chose à nous dire ?

Merci pour vos questions et d’avoir accepté que cet entretien se fasse en français et en anglais.
Laissez-moi ajouter que plus vous lisez, mieux vous écrivez. La poésie ou la prose ne doit pas être complexe. Un poème n’a pas forcément un sens unique. La poésie fonctionne différemment d’une personne à l’autre. Laissez le poème vous prendre dans son flot et vous emmener loin.


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Hello Appoline and welcome to Amabooksaddict!




To begin with, could you introduce yourself in a few words?
At 23, both a French and Swiss citizen, I’m a world-traveler, passionate about foreign languages, avid reader, M.A in American literature and lover of squirrels.





How old were you when you first started writing? What was the first novel you read?

I was nine and a half. I had begun to scribble on paper earlier on, but to my knowledge, what my parents recognized as my first poem dates back to May, 2004. I was given an anthology of poems by Victor Hugo and devoured it. I had read Les Misérables, when I was 8 or so.
The first books I read alone and learned by heart were poetry books, really.





Tell us about your publishing process.
It was no easy task, I met many an obstacle throughout the process.
I contacted a publisher in Paris whom I had met seven years ago when I was entered into a national poetry contest that I won three times. At 22, I sent him my manuscript and he agreed to publish it. He didn’t review the content like an editor should have. I paid the printing fees and after a year and a half, my printed book was in my hands. He wasn’t in charge of promoting the book. I had to learn and do all that.
I was partially satisfied. I wanted to publish my poems in one volume in both French and English. I found out that only one publishing house in France would publish such poems but it was only kid’s content.
I handed some poems over to Faber and Faber’s headquarters in London, at Bloomsbury Gardens but was rejected because I needed an agent.
I sent my translated poems to Amazon and managed to sell about ten copies of the book in English to my friends overseas overnight. But Amazon keeps 63% of the sales price.




To write, where do you get your inspiration from?

Mythological creatures from the start. The news. My family, people I love. I also heavily rely on mythical figures of poetry, like my poet-god as I call him, American poet and Beat icon Allen Ginsberg. I talk to other poets online, we collaborate to create a poem. I talk to other writers and beta read their novels, like my dear friend’s John Maloney’s science-fiction novel. Setting up discussion sessions about writing, inspiring figures and grammatical points is incredibly helpful. Not to mention he’s capable of proofreading my French and my English at the same time. He’s very inspirational. Older, wiser. A true pen friend, you know.




Could you tell us about your book in a few words?
It’s a poetry book, in the form of a travel log. It’s an account on human experience, a politically engaged document. Honest and poignant in the treatment of its theme. It doesn’t see love or conflicts or unfair situations, evil and violence as a taboo.





Do you have any upcoming/ work in progress projects?

Yes, I’m working on an autobiographical novel in French in which each family member is imagined as a mythological figure. Contrary to their Greek doppelgängers, my characters are able to overcome their fate. It’s set nowadays, in places that we’re familiar with. It’s only 31 pages long for now.
I would like to launch an international online publishing house with my colleagues at the ENSSIB (Higher Education School of Research in Information Science and Information Technology.)





Do you observe a particular ritual before-during-after the book has passed for print?

Before, I’m overwhelmed with confidence. I know it has to be good. That’s not true. During, I spend countless hours editing, changing, modifying things and it’s very hard for me because I think that a poem is like a photography. Altering it after it’s been taken defeats the purpose of capturing a certain instant. I’m open to revisions, that being said. After, when it’s all printed out, I carry it around with me and compare my translations. I tense and smirk when I see that the translation is off or when there’s a typo. Then the book becomes imperfect, but I love it all the more.





Anything else you’d like to say?

Thank you for your questions and willing to conduct this interview in both French and English.
Let me just stress that the more you read, the better you write. Poetry/prose doesn’t have to be complex. A poem doesn’t have to have one fixed meaning. Poetry works differently with each of us. Just let the text wash over you and take you there.



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L'interview touche à sa fin, merci Appoline et à très vite.

Vous pouvez la retrouver sur Twitter et LinkedIn ; son recueil est disponible sur Babelio, Amazon et sur PSF.




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