samedi 13 janvier 2018

[Chronique] Yarichin Bitch Club - Ogeretsu Tanaka

Yarichin Bitch Club, tome 1 - Ogeretsu Tanaka






Titre: Yarichin Bitch Club
Auteure: Ogeretsu Tanaka
Éditions Taifu comics
Genre: manga, yaoi
Âge: 18+
Tome 1, série en cours


Service Presse


Résumé:


Alors qu’il s’imaginait déjà une vie banchée dans une école de Tokyo, Tônô Takashi est transféré dans un lycée de campagne à cause de la mutation de son père. Arrivé dans ce nouveau campus pour garçons, il se voit obligé de rejoindre un club et choisit naïvement celui de photographie... où il est accueilli par cinq éphèbes qui s’amusent avec des sextoys ! C’est ainsi que Tônô se retrouve bien malgré lui enrôlé au Yarichin Bitch Club, le club de sexe qui fait le bonheur des élèves du lycée Mori !

Découvrez le PHÉNOMENE BOY’S LOVE de 2016, une comédie romantique totalement décalée et follement décomplexée qui vous promet une lecture plaisir enflammée !



Chronique d'Aurélie


Tout d’abord un grand merci à Taifu comics pour ce beau partenariat et pour la gentillesse de leur accueil.

Ce n’est pas le premier manga d’Ogeretsu Tanaka que je lis, et comme vous le savez, j’adore cette mangaka. Pour son humour, ses romances complexes, touchantes et souvent au moins un peu violentes, et son érotisme patenté. Ce manga-ci est assez différent de ceux que j’avais lus jusqu’ici, comme vous allez le découvrir.

La couverture est très pétillante et annonce une histoire délirante, et drôle. Et c’est tout à fait le cas. Sérieusement, je ne crois pas avoir déjà lu un manga aussi délirant que celui-ci. Le cadre est complètement dingue : un club photo transformé en sexclub dans un lycée de garçons aux pratiques plus que douteuses.

Comme d’habitude, les dessins sont de toute beauté. C’est une chose que j’adore chez Ogeretsu Tanaka, sa qualité d’illustrations, qui est juste à tomber. Son style est toujours un vrai plaisir pour les yeux. Avec plus de vulgarité dans ces dessins-là que dans d’autres mangas qu’elle a pu écrire, cependant, le sujet oblige. Je ne parle pas purement au niveau de l’acte, d’autant qu’à ce niveau-là, on est habitué à de la haute voltige de sa part, mais plus au niveau des expressions des visages lors des actes sexuels, des fluides, des positions, etc. C’est un manga très cru et très intense niveau sexe.

Ce premier tome nous présente non moins de 8 personnages plus ou moins principaux, tous intriguants et complexes. Certes, l’histoire est surtout centrée sur Tônô, et sur son point de vue à la fois frais, drôle et rempli d’émotions. Tônô est complètement flippé de se retrouver dans ce club de dingues, surtout après un transfert qu’il ne souhaitait pas. Il est puceau, n’a pas la moindre envie de s’envoyer en l’air avec un garçon… enfin, avant de rencontrer le mignon et séduisant Yacha.

Ce manga est beaucoup centré sur le sexe libéré, donc énormément érotique, et comme toujours avec Ogeretsu Tanaka, les scènes sont très hots. Cependant, derrière ce sexe débridé, on perçoit des trames extrêmement compliquées de romances qui s’esquissent. Les personnages pourraient sembler au premier abord être simplement des libertins invétérés ne cherchant que leur plaisir à travers des actes répétés et bien trop nombreux, mais ils cachent tous des secrets que l’on commence à peine à aborder avec ce premier tome, ce qui promet une suite riche en rebondissements et en aveux troublants.

De ce lot, j’ai retenu que le couple Itome/Akemi ne tourne pas rond, Itome semble avoir beaucoup à dire derrière son silence et son masque renfrogné. Le personnage de Yuri, complètement déphasé, délirant et qui cache son intelligence brillante derrière une idiotie navrante et une incapacité à se comporter normalement, est extrêmement intriguant. Et les interactions entre Tônô, Yacha, Kashima et Tamura sont étranges et passionnantes, quoique déstabilisantes.

Tônô s’intéresse de trop près à Yacha, dont on ignore les sentiments et qui est trop proche de son cousin Yû Kashima. Yacha, bien que souriant à tout le monde, semble très proche de Tônô, mais aussi de Kashima, et au contraire, il se comporte de manière très froide avec Tamura. Kashima, lui, autre nouveau venu dans le lycée et dans le Yarichin Bitch Club (et également puceau, comme Tônô) semble s’intéresser de plus en plus à Tônô dont il se rapproche. Tamura, enfin, a une obsession très visible pour Yacha, mais il s’y prend comme un manche pour  l’aborder, l’insultant, lui disant l’inverse de ce qu’il pense en vérité de lui. Tout cela est très embrouillé (émotionnellement parlant, au niveau du scénario ça ne l’est pas du tout) et promet une suite haute en couleurs et en explosions en tous genres !

Autant dire, c’était déjà le foutoir niveau sexe entre tous ces protagonistes, entre ceux qui couchent avec tout ce qui bouge et s’emmêlent gaiement les uns aux autres et ceux qui refusent l’échéance du premier mois, suite auquel ils devront avoir perdu leur virginité ou se faire dépuceler… lors d’un gang bang. Mais plus on tourne les pages, plus on réalise que c’est également le bazar niveau sentiments, et les choses ne vont pas en s’améliorant avec l’arrivée de Tônô et de Kashima.

C’est donc bel et bien une comédie romantique qui se profile, même si ce premier tome est peu centré sur l’amour, et bien plus sur le sexe et les interactions entre Tônô et tous ses nouveaux camarades, ou bien même sur eux entre eux, puisqu’on les perçoit de plus en plus, au fil des pages, comme étant de véritables protagonistes à part entière. Cela reste le manga le plus singulier et le plus extravagant que j’aie lu jusqu’à présent. L’humour y est omniprésent, le sexe également, les paroles y sont crues, sans filet et sans filtre. Après tout, il s’agit d’une histoire « de cul », à la base. J’aime beaucoup cet axe très réaliste, qui nous montre des jeunes hommes remplis de testostérone et n’ayant pas la moindre forme de retenue ou de pudeur.

Ce premier tome est plutôt léger à lire, au final. Pour ceux qui aiment l’érotisme bien trash, évidemment. Mais sinon, l’ambiance y est plutôt bon enfant et joyeuse. On pressent que certains personnages ont des passifs très douloureux, je pense notamment à Tamura et à Itome (ce n’est qu’une intuition, je n’en sais rien, au fond !), mais pour l’instant nous n’avons que peu d’éléments personnels sur chacun des personnages. Cela vient en douceur, rajoutant une touche de sérieux et de profondeur à un manga qui part sur les chapeaux de roues et ne cesse de nous surprendre au fil des pages.

Contrairement aux autres mangas d’Ogeretsu Tanaka découverts jusqu’à présent, Yarichin Bitch Club n’est pas un coup de cœur. J’ai cependant passé un excellent moment en compagnie de ces jeunes étudiants qui sont étonnamment attachants, et je n’ai pas pu décrocher de l’histoire avant la fin du tome. Malgré l’épaisseur de ce volume XXL, j’ai été déçue de devoir m’arrêter à la dernière page, et j’ai vraiment hâte de découvrir la suite, et de voir où la mangaka compte nous mener. Je le sens, les surprises seront encore nombreuses, et l’inattendu sera de mise dans un tome 2 que j’espère voir arriver très vite !



Points positifs : de magnifiques dessins ; des scènes de sexe débridées ; une histoire délirante et drôle ; des personnages haut en couleur, qu’on a envie de découvrir davantage ; un scenario qui nous projette de surprises en surprises.

Points négatifs : pas trouvés.





Note : 4,4/5




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire