mercredi 15 novembre 2017

[Chronique] Payback is a Bitch - Isabel Lucia

Payback is a Bitch - Isabel Lucia







Titre: Payback is a Bitch
Auteure: Isabel Lucia
Auto-Édition
Genre: romance M/M



SERVICE PRESSE



Résumé:


Au lycée Emerson, Aidan Webster était le souffre-douleur de Wade O'Neill, le capitaine de l'équipe de hockey. 

Un jour, dans un vestiaire désert, la rivalité entre les deux adolescents a échappé à tout contrôle… pour se terminer par une agression sexuelle et un profond traumatisme. 

Dix ans plus tard, Aidan reçoit un carton d'invitation à la soirée des anciens élèves. Toujours soumis à l'envie dévorante de se venger, il prend une décision qui ne va pas simplement changer sa vie... mais aussi celle de Wade.
Le pardon est-il encore possible entre les deux hommes qu'ils sont devenus ?

Avertissement : Ce roman M/M contient des scènes violentes susceptibles de heurter la sensibilité des lecteurs.




Biographie de l'auteure:


Isabel Lucia habite dans le sud-ouest de la France, où elle vit en colocation avec deux adolescents bruyants et un chat très bavard. Vous pouvez la suivre sur Facebook :

https://www.facebook.com/pages/Isabel-Lucia-romans-MM/538808829606083



Chronique d'Aurélie


Tout d’abord un grand merci à Isabel Lucia pour ce service presse qui m’a interpelée, ainsi que pour sa gentillesse et son amitié…

J’avais déjà lu un roman d’Isabel, et je confirme, son style m’accroche dès les premiers mots. Son écriture incisive et dynamique me transporte directement dans le roman, et je ne le lâche plus du début à la fin ! En plus, je m’ennuyais un peu, je n’arrivais pas à me motiver à lire quelque chose. J’ai ouvert Payback et… ma foi, je l’ai dévoré. Oubliés mon ennui et ma morosité !

Pourtant, on ne peut pas vraiment dire que ce livre soit joyeux ou léger. C’est même plutôt tout l’inverse. On est dans du lourd. Du difficile. Du sombre. Et c’est très bien mené, je peux donc vous dire que le cœur s’en prend plein la tronche durant toute l’histoire ! Claque après claque, et je peux vous assurer que ça commence fort dès le début.

Fait intéressant, j’ai décidé de démarrer ce roman le lendemain de la journée de lutte contre le harcèlement scolaire. Je ne me souvenais plus du résumé de l’histoire, j’ignorais donc que ça parlait de ce sujet, justement. Autant dire que j’étais dans le bain, et je suis tombée directement dans le livre, au bout de quelques mots à peine. Ça débute au quart de tour, avec beaucoup de violence et de brutalité.

Nous découvrons donc, au départ, Aidan, adolescent intelligent et un peu geek sur les bords, qui sert de souffre-douleur à Wade, jeune hockeyeur et « star » du lycée. Une situation criante de vérité et terriblement horrifiante, à laquelle on assiste hélas impuissant. Aidan, habitué aux nombreuses brimades de son camarade et à l’absence totale d’interventions des autres jeunes qui semblent trouver la situation amusante et bon enfant, se retrouve attaché et bâillonné puis balancé dans un casier, dans les vestiaires du gymnase. Jusqu’à ce que Wade revienne le chercher et… le viole.

Mais ce n’est pas un viol ordinaire dont on est spectateur. Certes, il est brutal dans le sens où il est non-consentant, mais Wade fait preuve d’une douceur et d’un savoir-faire étonnants, qui ne peuvent que questionner sur la raison de ses actes, de ce qu’il fait subir à Aidan. Comment peut-on faire preuve de tant de douceur et d’attention quand on affirme haïr quelqu’un comme Wade hait Aidan ? Pourquoi vouloir à tout prix que l’autre jouisse quand on veut accomplir un acte purement égoïste et cruel ?

On le sait, les bourreaux sont souvent victimes d’émotions qui les dépassent, et cachent généralement derrière un comportement violent, inadmissible et sadique des troubles qu’ils n’osent parfois même pas s’avouer à eux-mêmes. Comme le cas typique du gay refoulé qui va s’en prendre à un camarade assumant son homosexualité, ou celui du jaloux qui descend un autre jeune et l’humilie pour cacher sa jalousie…

On le sent tout de suite, Wade n’est pas du tout indifférent à Aidan, et il aimerait avoir les moyens d’exprimer ce qu’il éprouve autrement que de la manière horrible qu’il le fait. Je ne cherche pas à l’excuser, qu’on ne s’y méprenne pas. Mais ce que j’aime quand on entre dans la tête d’un personnage bien construit, c’est qu’on découvre son monde intérieur, ses troubles, ses raisons, même si lui-même ne les comprend pas. En clair, on prend de l’altitude avant de plonger dans la peau d’un autre que soi et d’envisager un peu les choses à sa manière. Et Wade m’a beaucoup touchée, parce qu’au fond, il est mal dans sa peau, il ne sait pas quoi faire, il est même désemparé par son propre comportement. Pourtant, il ne peut pas s’arrêter d’agir de la sorte, pas avant qu’il ne soit trop tard. Et ce n’est pas un adolescent, qui sort blessé de ce jeu cruel et violent, mais bel et bien deux.

Et si les choses s’arrêtaient là, que ces deux adolescents se reconstruisaient et disparaissaient de la vie l’un de l’autre, alors ? Ce serait bien trop simple, n’est-ce pas. Pourtant, durant les dix années qui suivent le viol d’Aidan, aucun des deux n’aura plus de nouvelle de l’autre. S’oublieront-ils ? Évidemment pas. Lorsqu’une lettre du directeur de leur ancien lycée vient les inviter à une rencontre d’anciens élèves, leur vie bascule à nouveau.

Et le titre prend alors tout son sens. Payback is a bitch. « La vengeance est une salope ». Se venger, ça peut sembler un bon moyen de réparer des dégâts occasionnés, mais c’est plus souvent une bonne manière d’entrer dans un cercle destructeur et douloureux qui peut mener… vraiment très loin. Sur des chemins en pente raide, qui risqueront d’être difficiles à remonter. Ou alors, il faudra laisser sa fierté de côté. Panser ses blessures et accepter de s’avouer la vérité. De l’avouer à l’autre, sans fard, et sans faux-semblants.

Sauf que comme on le sait, quand on a été écorché par la vie, il est souvent plus simple de se protéger pour ne pas souffrir plus encore. Alors s’ouvrir à l’autre, à cet autre qu’on a assimilé comme la source de notre mal-être ? Oser ouvrir les yeux et regarder la vérité en face ? Si c’était si facile, le monde serait bien meilleur, et les romans beaucoup plus courts.

L’intrigue est très bien menée, avec beaucoup de rebondissements, et deux histoires de vie opposées. Aidan, le souffre-douleur du lycée qui réussit dans la vie, Wade qui cache les épreuves traversées  et la vérité d’une situation horrifiante derrière une disparition subite alors qu’il était hockeyeur professionnel. La vie a bien rendu la monnaie de sa pièce à Wade, mais Aidan ne s’en doute pas une seconde, et il n’a qu’une seule idée en tête : faire payer son ancien bourreau.

Les personnages secondaires sont somme toute très discrets, même s’ils prennent parfois le contrôle de la narration. Je ne parlerais que de l’un d’eux, François, dont l’histoire m’a bouleversée. Ce personnage, si jeune, conscient de l’impossibilité de l’amour qu’il ressent, drogué, prostitué, est une épave voguant sur un océan beaucoup trop houleux, sans cesse prêt à couler. Et pourtant, il possède une joie de vivre, une douceur une gentillesse vraiment touchantes. Il est un grand plus dans ce roman.

Une histoire tumultueuse, donc, touchante, prenante, bouleversante, où amour et haine se combattent, où l’on ne sait plus qu’espérer, où l’on doute, jusqu’à la fin. Un peu d’érotisme, de la douceur, beaucoup de brutalité et des mots durs, et l’alchimie se crée. Elle penche du côté négatif de la balance, mais elle nous transporte dans une foule d’émotions qui ne peuvent pas laisser indifférents. Et qui m’ont, pour ma part, vraiment conquise.



Points positifs : une écriture aiguisée et directe ; une histoire sombre et torturée ; une romance tumultueuse et délicate ; de belles scènes très graphiques ; des personnages bien campés et très touchants.

Points négatifs : pas trouvés.




Note : 4,7/5


1 commentaire:

  1. Un énorme MERCI, Aurélie, pour cette chronique qui m'a mis les larmes aux yeux. Tu as tellement compris mon histoire et mes personnages que ça m'a émue.

    Isabel

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