jeudi 25 mai 2017

[Interviews] Elijaah Lebaron




Bonjour à tous,

On se retrouve avec une nouvelle interview et c'est Elijaah Lebaron qui nous rejoint sur le blog.





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Bonjour Elijaah et bienvenue sur Amabooksaddict,





1. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Bonjour, mon nom de plume est Elijaah Lebaron. Je suis né en 1965 en même temps que mon roman favori. Je suis l’un des gestionnaires de la communauté francophone Dune-sf.fr consacrée à Dune et Frank Herbert. J’aime la Science-Fiction, la Fantasy et par extension toutes les formes de littérature de l’imaginaire. 

Outre Frank Herbert, mes auteurs préférés de SF sont Isaac Asimov, AE Van Vogt, Philip José Farmer, Clifford D Simak, Peter F Hamilton. Du côté de la Fantasy, j’aime JRR Tolkien, Michael Moorcock, Georges RR Martin, Roger Zelazny ou Terry Goodkind. Depuis toujours je rêve de réconcilier ces deux genres opposés dans un seul roman dont la nature pourrait être changeante selon le point de vue du lecteur. C’est ce que je tente de faire avec « PERSONAÉ : l’éducation du scribe ».





2. Depuis quel âge écrivez-vous ? Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire la première fois ?

J’écris pour moi-même depuis l’âge de 23 ans. Me mettre devant une page blanche pour concevoir des choses est une forme de méditation pour moi. Sous mon crayon divers objets surgissent, des dessins, des tableaux, des plans de meubles, de la déco et aussi des histoires et des personnages. La créativité me permet d’extérioriser un feu d’artifice intérieur, un trop plein de computation intellectuelle qui parfois m’empêche de dormir. J’ai peut-être peur que ces idées s’envolent. 
Une fois mises sur papier, je peux m’y référer plus tard. Y réfléchir de nouveau pour les enrichir. Elles deviennent un support sur lequel je peux m’appuyer pour relancer mon esprit en avant pour aller au-delà de ce premier jet. 
En suivant ce processus, j’ai créé plusieurs récits pour mon seul plaisir personnel, sans jamais les rédiger réellement. Je n’avais (avec raison) aucune confiance en mes capacités d’écriture. Les histoires que je concevais étaient d’une telle grandeur, d’une telle complexité, qu’il était pour moi impossible que j’arrive à les coucher sur papier un jour.   

J’ai toujours été un gros lecteur. Plus de 25 ans plus tard, je tombe sur un OVNI littéraire « Jésus contre Hitler » écrit par Neil Jomunsi un auteur autoédité. Le concept de base de cette série de nouvelles ne correspond pas à mes goûts habituels, mais venant d’acquérir une Kindle, je me décide à satisfaire la curiosité causée par ce titre spectaculaire. Vous pouvez imaginer que la « crédibilité » de ce chef d’œuvre du Pulp n’est pas bien grande. Mais devant la bonne humeur et le côté « rentre-dedans » de cette histoire, je ne peux m’empêcher de la mettre en parallèle avec les divers projets littéraires que j’ai définis. Voilà un auteur qui, loin d’être impressionné par les difficultés, s’en joue en se concentrant sur la nervosité de son histoire et sa facilité de narration. Un vrai feel good littéraire plein de vitamines. Ce fut un déclic ! 
Je pouvais moi aussi raconter mes récits de science-fiction complexes en adoptant comme Neil Jomunsi une économie de moyen qui me permettrait d’emmener mes lecteurs droit au but. Je devais absolument essayer d’écrire comme lui. De prendre l’une de mes histoires « trop grande pour être écrite » et la délivrer au monde. Je décidais de faire mon coming-out ! 
Pour mon premier test, je détermine de repousser toutes mes peurs pour m’attaquer à l’un des plus grands chefs d’œuvre de la Science-Fiction en rassemblant mes idées autour de DUNE
Cette œuvre de Frank Herbert est le modèle de la complexité faite littérature. Cet auteur aime écrire une partie de ses histoires « entre les lignes ». Il cache dans ses romans de nombreux indices pour ses lecteurs, leur laissant le soin de les assembler pour accéder à de nouveaux niveaux de compréhension de son histoire. J’ai lu DUNE plus de trente fois, et pourtant je trouve toujours des éléments inédits de réflexion que je n’avais pas vu lors de mes précédentes visites. Malgré tout cela, Frank Herbert n’a pas répondu à toutes les questions autour de son univers. J’avais noté précieusement toutes ces questions sur un morceau de papier que j’ai décidé d’exhumer pour écrire ma première nouvelle. 
Nous étions en septembre et la communauté des fans de Frank Herbert à laquelle j’appartiens avait besoin de contenu. Je créait donc un récit en cinq chapitres sous forme de feuilleton pour la fin de l’année. « DUNE, la naissance d’un rêve » devait répondre à la question : Comment un homme envoyé par l’empereur à t il réussit à convaincre les Fremen de ne pas le tuer et de le suivre dans son délire scientifique ? 
Bien entendu cette Fan-fiction basée sur un monde et des personnages détenus par les héritiers n’est pas commercialisable. Je vous invite donc à la télécharger gratuitement.
Ebook : http://forum.dune-sf.fr/index.php?topic=3221.0  





3. Pourquoi publier en auto-édition ?

Premièrement, je n’ai pas l’envie de me plier au rituel de la soumission de manuscrit. Ce n’était pas un exercice facile à faire il y a quelques années, mais aujourd’hui avec internet la démocratisation de l’écriture et de la critique des processus narratifs (TV, Cinéma, Littérature.) Le nombre de soumissions a littéralement explosé. Dans ces conditions arriver à placer ses histoires, même si elles sont de qualité, est devenu extrêmement difficile et toujours destructif pour votre motivation. Pourquoi s’imposer une telle torture, alors que vous pouvez trouver votre audience avec une auto-édition quasiment gratuite pour les auteurs ? 

Deuxièmement parce que je sais que l’un n’empêche pas l’autre. Vous pouvez démarrer en auto-édition pour finir par signer avec un éditeur classique. En démarrant en auto-édition, lorsque vous avez eu la chance de trouver vos lecteurs et que ceux-ci se sont révélés suffisamment nombreux pour justifier l’attention d’un éditeur classique, vous avez
gagné une certaine capacité de négociation. C’est vous qui avez pris le risque éditorial. Logiquement ça se paie.

Troisièmement parce qu’en auto-édition vous n’avez pas à suivre les obligations d’une « ligne éditoriale » souvent trop limitée, ou la longue liste des interdits qui vous empêchent d’écrire précisément ce que vous voulez. Par exemple dans Personaé j’ai une belle Romance, de la Fantasy, du Steampunk, de la Science fiction, une ou deux scènes de sexe (rien de pornographique je vous rassure) et même quelques éléments Manga. Bref mon roman ne respecte rien d’une quelconque ligne éditoriale tout en se rapprochant de la diversité qui caractérise la vraie vie. Ne pas avoir quelqu’un qui regarde au-dessus de votre épaule pour vous dire « Non ça tu ne peux pas le faire ! » est un vrai bonheur. C’est ce bonheur que je veux partager avec mes lecteurs.   





4. D’où viennent vos idées pour l’écriture ?

Je vois dans cette question deux dimensions : les idées et l’écriture.

Pour les idées, je ne pourrais vous dire quelle est ma méthode qui tient beaucoup de la sérendipité. Je rencontre ces idées dans ma vie de tous les jours et seule la façon dont je les sélectionne pour une histoire est vraiment digne d’intérêt. Je pourrais écrire un livre entier pour expliquer comment j’évalue le potentiel d’une idée dans toutes ses dimensions de l’intérêt narratif jusqu’a sa richesse philosophique, mais en fait je pourrais résumer cela en une seule phrase : “Cette histoire mérite-t-elle d’être racontée ?”      
Une fois que je réponds par l’affirmative à cette première question, c’est à ce moment-là que les ennuis commencent. Car une idée n’est rien si vous ne savez pas comment l’exploiter. Pour la littérature, votre récit n’est rien si vous ne savez pas maîtriser l’écriture. Je l’avoue tout de suite, c’est ma kryptonite. 
Je ne possède pas vraiment un style qui me serait propre, mais je copie avec plus ou moins de bonheur trois de mes auteurs favoris : Isaac Asimov, Frank Herbert et Georges RR Martin

Isaac Asimov avait une rédaction extrêmement simple. Malgré ses larges compétences scientifiques et des histoires très techniques, son style est compréhensible par tout le monde. Même si j’use de quelques mots insolites (expliqués dans un glossaire) ma principale ligne de conduite est cette simplicité.

Je vous l’ai déjà dit, Frank Herbert camoufle des indices dans ses récits permettant aux lecteurs les plus perspicaces d’avoir une vision enrichie de l’histoire. Il aime cacher « les plans dans les plans » et ses personnages agissent souvent selon une grille de motivations croisées leur donnant une profondeur psychologique très aiguisée. Il affectionne aussi de débuter ses chapitres par des citations d’une rare intelligence offrant au lecteur un background riche et documenté. Je me suis beaucoup inspiré de lui. 

Georges RR Martin a principalement travaillé et affiné son écriture pour la télévision. C’est un fait que vous pouvez expérimenter en découvrant « le trône de fer » sa célèbre saga littéraire adaptée à son tour pour le petit écran avec la série « Game of Thrones ».
Chaque chapitre débute sur une scène vouée à happer le lecteur et se finit avec un mini « cliffhanger » destiné à vous motiver pour lire la suite. 
Georges RR Martin fait aussi très attention à surprendre ses lecteurs en traçant des destins et des archétypes qui seront totalement bousculés. Il n’hésite pas à tuer ses personnages principaux faisant rebondir son histoire sans arrêt. Son style représente la quintessence du « page turner » à l’américaine qui vous accroche de la première à l'ultime page. 
Comme Stephen King il y a quelques années ou JJ Abrams à la télévision, Georges RR Martin a totalement transformé la narration en rendant obsolète la littérature du siècle dernier. Je ne pourrais pas comparer la qualité de mon écriture avec lui, car il est vraiment plus qu’excellent. Rien que le dialogue en prologue du Trône de fer est une référence quasi inatteignable. Néanmoins j’ai appris du style de Georges RR Martin quelques leçons que j’ai mises en application dans mes écrits. Tous les auteurs modernes devraient le faire. 





5. En quelques mots, pouvez-vous nous présenter votre roman ?

J’ai été très long pour mes autres réponses et j’ai déjà parlé de Personaé, alors je vais être bien plus court pour celle-ci. 

Personaé est un roman destiné à être lu deux fois. La première comme une Fantasy médiévale tendance Steampunk. La seconde comme un pur livre de Science Fiction. J’essaye de jouer sans arrêt avec les perceptions de mes lecteurs. Suffisamment pour que les deux récits offrent une expérience différente. C’est presque deux romans en un. 
PERSONAÉ :  L’éducation du scribe” est l’histoire d’un jeune homme romantique et gaffeur qui essaye de survivre dans un monde médiéval qui n’est pas fait pour lui. Le retour de la magie fait de lui potentiellement le magicien le plus puissant du royaume mais il semble surtout avoir des problèmes à rester en vie. 
Vidéo : https://youtu.be/DOO3nuF9K1M  






6. Avez-vous d’autres projets à venir ?

Je travaille actuellement sur deux autres projets dont vous pouvez lire les premières lignes sur Scribay. 

En 2063 un scientifique ramène John Fitzgerald Kennedy à la vie et lui confie une mission : enquêter sur sa propre mort. « L’âme du temps » est en fait la première histoire que j’ai définie il y a plus de 25 ans. Le futur très (trop) proche décrit dans cette vieille histoire est malheureusement en cours de concrétisation. J’espère arriver à faire réfléchir mes contemporains sur ce sujet. C’est un peu ma contribution à l’évolution de l’humanité. L’âme du temps sera mon second roman. 
Sur Scribay : https://www.scribay.com/read/text/356492867/l-ame-du-temps 

« Projet Z : La vengeance des vierges de fer » est ma façon de rendre à Neil Jomunsi l’immense service qu’il m’a rendu en me poussant à écrire. C’est une série dérivée (un Spin off) de « Jésus contre Hitler ». Des meurtres réalisés à l’aide d’une machine de torture du moyen âge réclame l’attention d’une agence occulte spécialisée dans le combat contre les forces paranormales. Malheureusement, c’est l’équipe des bras cassés qui doit s’occuper de l’enquête. 

Scribay : https://www.scribay.com/read/text/1639957409/projet-z---la-vengeance-des-vierges-de-fer  
Vidéo : https://youtu.be/s3gCGp8Ec88  





7. Avez-vous un rituel particulier avant - pendant - après l’écriture d’un roman ?

Non, pas vraiment.





8. Pour finir, un dernier mot ?

Je vous remercie infiniment pour cette interview. J’espère que je n’ai pas été trop long. Comme tous les auteurs, l’écriture me passionne et je pourrais passer des heures à en parler. Si vous avez des questions à me poser, n’hésitez pas à les poster en commentaire. Je me ferais un plaisir d’y répondre.





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L'interview touche à sa fin, merci Elijaah pour votre participation et à très vite.

Vous pouvez retrouver l'auteur sur Twitter et son blog ; son roman n'est pas encore disponible mais vous pouvez dès à présent voir sa vidéo sur YouTube.



5 commentaires:

  1. Une bien belle présentation, merci! Hâte de le rencontrer le 25 juin...

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  2. Une hâte que je partage ^^)
    Rendez-vous le 25 Juin à Maison Alfort rue Louis Braille pour un marché de l'Auto Edition exceptionnel.

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    1. Je ne pourrais malheureusement pas être présente car je suis de convention mais j'espère que ce sera pour une prochaine fois :D

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