dimanche 9 avril 2017

[Interviews] Maxime Duranté





Hello,
 
On se retrouve aujourd'hui avec une nouvelle interview et c'est Maxime Duranté, auteur et créateur du regroupement d'auteurs indépendants - L'Attelage -  , qui nous rejoint sur le blog.
 
 
 
 
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Bonjour Maxime et bienvenue sur Amabooksaddict,







1. Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis un bon gros SAC (Scorpion Ascendant Capricorne) comme Erwin Rommel l'avait été avant moi. 25 ans, pseudo-entrepreneur et fondateur de l'Attelage, je dirige ma meute vers la Supériorité Tactique tout en sapant insidieusement les maisons d'édition à l'aide d'articles trop longs. Ancien rôliste repenti depuis que je connais le coût de l'héroïsme dans la vie réelle, je clignote et puis je flotte dans l'eau.





2. Justement, en parlant de l'attelage, comment t'es venu l'idée de créer et de regrouper des auteurs ?

Pour éviter de nuire aux ventes de mon autobiographie "La victoire en dépit des probabilités : réussite fulgurante d'un Commodore esseulé", je ne vais pas raconter les moult étapes ayant mené à la création de l'Attelage - vous trouverez dans mon bouquin tout ceci et plus encore ; j'y dévoile d'excellentes recettes de crêpe.

En résumé, j'ai perçu le potentiel d'un regroupement en constatant que plusieurs facteurs s'alignaient : la frilosité des éditeurs devant les manuscrits "risqués", le prix virtuellement nul de la publication numérique, le boom des outils de travail collaboratif, et surtout, surtout, un phénomène acoustique que vous aurez sans doute déjà remarqué - plusieurs personnes qui crient la même chose, c'est un chœur puissant ; ces mêmes personnes qui crient toutes un truc différent, c'est une immonde cacophonie.





3. À quel âge et comment est venu cette envie d'écrire ?

Enfant déjà, Maxime écrivait ; il avait ça dans le sang car Hugo, vêtu d'un seyant costume de fée, s'était penché sur son berceau pour le saupoudrer de cette Écriture Innée dont tout le monde se réclame, parce que ça fait bien dans les interviews et sur une quatrième de couverture. Non, en vérité, je m'y suis mis assez tard pour de bon, même si j'avais gratté une ou deux "nouvelles" ici et là - et encore, ce n'étaient que des fanfictions Warhammer relatant des batailles ; j'étais trop pauvre pour m'acheter les figurines et un ami avec qui jouer.

J'ai vraiment commencé à dix-sept ans, alors que je venais de rentrer en prépa militaire : j'avais le projet de monter un jeu de rôle grandiose avec un pote de longue date, et, pour donner plus de consistance à l'univers qui devait le soutenir, je me suis dit qu'écrire un roman serait intéressant. Aujourd'hui, ce projet est abandonné et ne sera probablement jamais plus qu'un assemblage de notes perdues sur le Cloud, mais le roman a survécu et continue de se développer à son rythme. C'est-à-dire : pas très vite.

Désolé, je sais que ma réponse n'est pas hyper sexy ; je ne me sens pas investi d'une mission artistique et la Grâce n'est pas venue me chuchoter à l'oreille que je devais m'insurger contre les injustices du monde, alors bon. Faudra faire avec.





4. Tu peux nous parler de ton roman en quelques mots ?

Je crois que si je veux parler des Serres du Griffon, il faut que je parle de mon désamour pour la High Fantasy archétypale incarnée par Eragon. Ça m'a tellement saoulé de tomber en boucle sur le même schéma du paysan choisi par la prophétie que j'ai voulu m'en désolidariser complètement, en partant d'un personnage à qui il n'est pas nécessaire de coller un vieux mentor et un artefact légendaire pour qu'il soit capable de faire des trucs.

Le résultat, c'est une histoire que j'espère "intimiste" au sens où elle suit des hommes et des femmes sinon parfaitement "moyens", au moins vraisemblables et authentiques, avec un univers sur lequel je passe facilement deux fois plus de temps qu'en écriture romanesque pure. Le contexte place deux pays, aussi hostiles l'un envers l'autre que la France et l'Angleterre du Moyen-Âge, dans une trêve fragile qu'un incident vient remettre en question ; chacun de ces deux pays s'exprime au travers d'un personnage principal : tout d'abord, la jeune femme officier Sunie, patriote et déterminée à maintenir la tête de la faction rivale sous l'eau pour qu'elle ne se relève jamais, et puis, de plus en plus, le diplomate Taldred, intellectuel raffiné sur qui s'écrasent les volontés contraires des deux camps.

Je dois admettre que ce n'est pas un roman extrêmement facile d'accès : j'effectue énormément de recherches linguistiques pour rendre au mieux l'atmosphère médiévale ; il faut s'attendre à ce que je préfère dire "troussequin" que "arrière de la selle" quand je parle d'équitation, par exemple ;)





5. Tu as des idées pour éventuellement d'autres romans ? Si Oui, ils parleraient de quoi ?

J'ai prévu de créer une sorte de "fourche" à la fin du tome 2 des SDG ; je vous avais parlé de deux personnages, eh bien l'un d'entre eux va poursuivre son chemin dans son propre roman, tandis que l'autre va demeurer derrière les SDG. Beaucoup d'écrivains répondent à la question en disant qu'ils fourmillent d'idées et qu'ils ont de quoi écrire pour les siècles à venir, mais hormis ça, je n'ai qu'un seul projet réellement dessiné à l'esprit : un ensemble de "morceaux de vie" dans un univers de Science-Fiction façon Space Opéra, toujours dans cette optique de proposer des personnages qui nous ressemblent ; il y a par exemple un pan de cette histoire qui serait dédié à un équipage de char, et que j'ai appelé provisoirement "Mémoires de Tankistes" pour me rappeler le ton que je voulais employer.





6. Quelles sont tes sources d'inspirations concernant ton roman ? (Et ceux à venir)

Je ne pourrais citer qu'assez peu de romans récents parce que j'ai l'impression que la SFF s'est prise à son propre piège en ayant inspiré autant de jeux vidéos et de films : quand on ouvre un bouquin ou qu'on interroge un écrivain affilié à ce genre, on s'aperçoit que c'est désormais la littérature qui essaie de se rapprocher des autres arts, de les copier. Ça me dérange, dans le sens où, étant gamer depuis que Mario s'est penché sur mon berceau pour... AÏE ! Bref, étant gamer depuis toujours, je ne vois pas pourquoi je lirais un bouquin qui cherche à tout prix à me donner une expérience similaire à un jeu vidéo ; il n'y arrivera jamais ! Je n'ai pas envie de me priver du contrôle direct de mon personnage, des graphismes ou encore du son ; le livre doit apporter autre chose qu'un cheminement linéaire au service d'un gameplay qui ne peut pas être reproduit de toute façon.

Ceci étant dit, les atmosphères dépeintes par des œuvres de toutes sortes m'ont considérablement influencé. Oui, je crois que je suis très sensible aux atmosphères, qu'elles soient retranscrites par des mots, des images, du son... Je citerai donc pêle-mêle la saga Baldur's Gate, Berserk, Le Seigneur des Anneaux, La Horde du Contrevent, Les Chroniques de la Guerre de Lodoss, la série des Dark Souls (et plus spécifiquement la bande-son composée par Yuka Kitamura), les œuvres de Shiro Sagisu...

Enfin, faut savoir se détendre ! On peut avoir des références prestigieuses et produire des bouses infâmes, ou l'inverse ;) Ce qui importe, c'est, à mon avis, de ne pas vouloir faire "pareil" mais plutôt "aussi frappant, dans mon style".





7. As-tu un rituel particulier avant - pendant - après l'écriture ?

A mon grand regret, je suis incapable d'écrire avec de la musique... Il en résulte un va et vient constant entre la chaise et le lit, puisque je dois régulièrement m'allonger en écoutant des morceaux susceptibles d'activer mon imagination, avant de devoir tout couper pour 15-30 minutes d'immersion. Je dois vraiment passer pour un fou ; j'ai tendance à tourner en rond avec cet air préoccupé qu'ont les personnages de dessin animé, puis à m'exclamer "aaah mais oui" avant d'écrire, quoi, trois phrases ? et de recommencer le processus !

Rajoutons également les Pringles de sous-marque à l'oignon - très important : il faut qu'ils soient de sous-marque ! Le prix gâche tout.





8. Pour finir, une dernière chose à dire ?

Je ne serais jamais arrivé à mon niveau d'écriture actuel sans les excellents conseils prodigués par cette vidéo (attention, c'est en anglais, mais je pense que tout le monde peut comprendre) : https://www.youtube.com/watch?v=dQw4w9WgXcQ




 
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L'interview touche à sa fin, merci Maxime et à très vite.
 
Vous pouvez retrouver les quatre premiers chapitres gratuitement sur l'Attelage, personnellement j'ai pu les lire et c'est une bombe ce début de roman. L'écriture est belle, fluide, agréable et je vous le recommande plus que fortement!
 
 
 


Petite information importante, il se trouve que les auteurs de l'Attelage proposent plusieurs débuts d'histoires gratuitement en un simple téléchargement de votre part.
J'en ai lu certaines et je vous recommande fortement de les découvrir !
De jeunes auteurs pleins de talents qui méritent d'être reconnu !!

PS : Ce n'est disponible que jusqu'au 14 Avril donc dépêchez-vous ! :p


C'est ici : https://t.co/3osfhlsH8f

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