dimanche 12 mars 2017

[Interviews] Elsa Chapelier



Bonjour à tous,
 
On se retrouve une fois encore pour une nouvelle interview et c'est la charmante Elsa Chapelier qui répond à mes quelques questions sur le blog et dont je la remercie fortement.
 
 
 
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Bonjour Elsa et bienvenue sur Amabooksaddict,




1. Pour commencer, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Elsa, 40 ans, alsacienne/anglaise, maman de trois garçons : Nicolas, Milan et Ice (le dernier a quatre pattes).

Dans ce monde d’hommes, j’ai l’immense chance d’avoir également une fille, Arya, qui a quatre pattes elle aussi.

Dans ma vie j’ai été danseuse, j’ai fait du théâtre, de la guitare (mais ça c’était vraiment il y a longtemps), des lettres et de la philo, j’ai corrigé des copies de gens bien plus âgés que moi qui racontaient tout un tas de choses dont je devais penser quelque chose, et avant d’arriver à Londres, pendant deux ans, j’ai fait de la cuisine, de la peinture et du théâtre avec des enfants qui parlaient tous trois langues au minimum et qui m’ont beaucoup appris.

Et maintenant, je suis ici !





2. A quel âge et comment est arrivée cette envie d'écrire ?

Elle est arrivée dès que j’ai su lire, c’est-à-dire très tôt. Je lisais beaucoup, et lorsque je lisais une histoire qui me ravissait (ce qui arrivait très souvent), j’avais envie d’écrire à mon tour. Depuis toujours c’est l’admiration et l’amour d’autres textes qui m’ont donné l’envie de « faire pareil ». J’ai écrit ma première histoire au CP, celle d’une licorne qui s’appelait Etoile. Dans ma petite tête de six ans, il me paraissait impossible de faire plus original. J

Et puis je recopiais les textes que j’aimais, ou je les enregistrais sur cassette, pour ne rien en perdre, surtout quand je devais rendre le livre à la bibliothèque de l’école, cette tragédie ! Ces cassettes sont absolument inécoutables, je donne l’impression d’avoir un rhume carabiné tout au long de la lecture, mais la ferveur était bien là !

Depuis j’ai écrit des dizaines de textes, achevés ou non, qui ont généralement tous fini dans la corbeille à papier car je décide assez vite que leur date de péremption est atteinte. Ou qu’ils sont mauvais. J’en conserve davantage maintenant (l’âge rend conservateur) et puis tout de même, il faut apprendre à profiter de quelques fruits.





3. Pourquoi choisir l'autoédition ?

Je ne sais pas s’il s’agit à proprement parler d’un choix pour ma part. Enfin d’une certaine façon oui, mais plus par défaut. Quand j’ai achevé « Naissance d’une étoile », et que j’ai décidé que cela pourrait constituer un livre montrable, j’étais dans un pays loin loin, et pas franchement décidée à effectuer des envois de mes manuscrits, surtout pour des retours dont j’imaginais fort bien la teneur. Aucun fatalisme là-dedans, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise, mais je savais que ce combat-là ne serait pas pour moi.

Donc l’autoédition est une très bonne alternative lorsque l’on souhaite faire vivre son texte. C’est le plus important.





4. Peux-tu nous parler de ton roman en quelques mots ?

Je ne parle jamais de mes histoires, ce qui est sûrement un tort. J’admire ceux qui parviennent à le faire, et avec talent en plus. Je me dis toujours que si j’écris, c’est justement parce que je cherche moi-même savoir ce que j’ai à dire.

Mais j’aime avant tout les histoires de quête. La dimension de la recherche est toujours importante, souvent clairement posée dans mes textes, parfois plus nébuleuse. Mais je demeure très confiante dans le fait qu’il y a toujours quelque chose à trouver. C’est pourquoi, dans « Naissance », je croise deux histoires. Une enquête qui vise éclaircir la raison d’une disparition (celle d’une jeune peintre), et celle d’une autre jeune fille, Céleste, qui trouvera des réponses, sans trop savoir qu’elle les cherchait d’ailleurs, ce qui sera à la base d’une nouvelle quête.





5. D'autres projets à venir ?

Oui, je travaille souvent sur plusieurs textes à la fois. J’écris la suite de « Naissance », qui là est en pause, et un autre texte dont l’idée, impérieuse, s’est imposée à moi il y a peu de temps et qui est un hommage à une auteure que j’ai beaucoup lue et appréciée dans mon adolescence, Elizabeth Goudge.





6. As tu un rituel d'avant-pendant-après écriture ? Une lecture particulière que tu recommandes fortement ?

Je pense que les rituels sont fondamentaux, en écriture comme ailleurs, mais paradoxalement, j’ai du mal à m’y tenir. Et il faut composer avec un bon nombre d’autres éléments pour faire avancer nos vies.

Par exemple, je sais très bien que le meilleur moment d’écriture pour moi, celui je suis le plus performante, est le matin (ou la nuit). Je le sais, mais pourtant il m’arrive très souvent d’écrire à un autre moment, parce que la vie en décide ainsi.

Bien sûr, c’est à moi d’établir ma propre discipline, mais j’accepte aussi de faire avec ces aléas.

Par contre, à quelques rares exceptions près, quand je commence un texte et si je ne le laisse pas tomber en cours de route, je dois aller au bout rapidement, même si pas mal d’imperfections, de ratages ou de parties inachevées subsistent. Je peux toujours le reprendre après. C’est comme un accouchement, une fois que le processus est enclenché, plus de retour en arrière possible.


Et je recommande de moins en moins de lectures. Je me rends compte à quel point nous n’avons pas besoin des mêmes enseignements, au même moment.

Et comme je me sens toujours démunie quand mon exaltation n’est pas partagée (pas du tout parce que ‘l’autre’ aurait tort, mais parce que du coup je me sens un peu seule avec mon ressenti, et que cela m’est douloureux qu’il soit terni, comme un secret qui ne serait plus si lumineux finalement), je préfère garder mes avis pour moi. Ou alors, je les donne si l’autre lecteur vibre aux mêmes références que moi, ce qui est facile à vérifier ; il y a du coup une chance que nous nous entendions et que nous puissions nous faire découvrir mutuellement des textes ou références qui nous sembleront porteuses de sens à tous deux.

Il y a cependant des auteurs qui m’ont accompagnée pendant des années et dont je redécouvre toujours les textes avec le même plaisir : Proust, Haruki Murakami, Elizabeth Goudge, Eric Chevillard, Pierre Jourde, Laura Kasischke, Fred Vargas.

Et d’autres, mais pour ces auteurs, je peux vraiment affirmer que j’aime profondément l’ensemble de leur œuvre, et que leurs univers m’habitent, littéralement.





7. Un ou plusieurs conseil(s) à donner pour de nouveaux auteurs ?

Ahah ! Oui ! Certainement tout ce que je ne fais pas moi !

En fait je pense qu’un bon conseil arrive surtout au moment on veut bien l’entendre, et l’intégrer.

Ainsi y a-t-il des choses que « je sais » théoriquement en écriture mais sur lesquelles je me plante néanmoins car mes doutes par exemple, me feront prendre la mauvaise direction. Mais ce n’est pas bien grave.

Je pense qu’il est important, déjà, d’arriver au bout d’un premier projet (texte achevé, même caduc). Je crois beaucoup aux vertus de la correction ; dans le sens c’est une fois qu’on a fait une erreur et qu’on l’a soi-même corrigée que cela prend valeur d’expérience consciente, et pas quand les autres nous le disent d’avance : « Tu es sûr(e) que ton histoire est bien structurée, que tu as suffisamment relu/fais relire, etc. ? »

Enfin, comme l’écriture est un processus vivant, il faut accompagner sa respiration.

On aimerait tous, d’une certaine façon, écrire le chef-d’œuvre du siècle, hein. Et du premier coup si possible. Non pas par prétention, mais parce qu’on souhaite écrire quelque chose qui compte pour d’autres, qui les porte, qui les nourrisse. Comme certains textes l’ont fait pour nous. Mais nous ne sommes pas maîtres de cela. La démarche reste très humble et infiniment améliorable. L’important est de poursuivre le cheminement, pas à pas.





8. Pour finir, un dernier mot ?

Merci !! Merci Amandine pour ta présence, ton soutien constant et sans faille. C’est rare, et c’est un vrai bonheur.

Je t’embrasse.




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L'interview touche à sa fin, merci Elsa pour ta participation et à très vite.
 
Vous pouvez retrouver l'auteur sur Twitter et son roman disponible sur Amazon.
 
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