dimanche 29 janvier 2017

[Interviews] Victor Boissel

Bonjour à tous,
 
On se retrouve aujourd'hui pour parler interview et c'est le talentueux Victor Boissel qui me fait l'honneur de répondre à mes questions.
 
 
*****
 
 
 
Bonjour Victor et bienvenue sur Amabooksaddict,






Bonjour Amandine ;p




1. Pour commencer, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis quelqu'un qui aime les histoires, j'aime en lire et j'aime en raconter. L'histoire de la vie, l'histoire des hommes et les histoires des hommes.

J'aime également observer les phénomènes. Et en déduire les mécanismes qui en régissent le fonctionnement. Ou les inventer ;p






2. Depuis quel âge écris-tu et comment cette envie t'est-elle venue ?

L’épopée de Gilgamesh, connue comme étant la première littérature de l’humanité, est un récit qui a existé avant d’être un texte, il était transmis par tradition orale. Je crois que j’ai suivi cette voie. J’ai d’abord conçu des histoires qui se racontent, peuplées de toutes les figures de style du monde, puis j’ai commencé à les écrire, à les structurer, à les approfondir.

L’écrit permet d’agencer, de réagencer, de réécrire, de développer, de couper. Cela permet de produire des histoires plus soignées, plus finies.

Écrire c'est le pouvoir de raconter des histoires à plus de gens qu'on ne peut en rencontrer. Soit qu'ils sont trop nombreux, trop éloignés ou, sait-on jamais, qu'ils ne sont pas encore nés.
Peut-être qu’il y a là l’un des désirs de Gilgamesh, celui de la vie éternelle, non pas la vie physique et biologique, mais la vie d’idées, d’histoires, de voyages.

Il y a bien entendu une volonté de partage derrière l’envie d’écrire. Le partage d’observations, de raisonnements, d’émotions. Et si je suis volontiers un lecteur d’essais, j’apprécie l’intemporalité et l’image qui caractérise les histoires, j’aime m’attacher aux personnages et suivre leurs déambulations au bord de la falaise en m’inquiétant de les voir vaciller. Et c’est tout cela qui me fait écrire.

Depuis quand exactement ? Je l’ignore. Je sais qu’il y a eu des étapes. Petit, je racontais des histoires tout le temps, adolescent, je les écrivais, notamment dans des lettres que je photocopiais avant de les envoyer. Puis, à la fin de l’adolescence, mes correspondances sont souvent devenues électroniques et dès lors je gardais des copies manipulables de mes écrits. Et c’est en les manipulant que je me suis mis à produire des textes qui allaient bien au-delà des lettres, puis sont venus les autres, poèmes, nouvelles, textes libres, contes, romans, pièces, scénarios, textes de scène…





3. D'où te viennent tes idées pour écrire ?

La plupart du temps, ce sont des observations et des pensées qui se combinent. En les assemblant, se dessinent des histoires et certaines de ces histoires sont les embryons de textes à venir.

Parfois je suis aidé par quelques rêves tombés au bon moment ;p




4. Pourrais-tu présenter tes oeuvres en quelques mots ?

Aujourd’hui, on peut lire (voire écouter) quelques-uns de mes textes sur mon site : www.victorboissel.com

Et dans le commerce on trouve Habeas Corpus (2015) et Hernig et Zebraël (2016).

Habeas Corpus est un roman dystopique, on y trouve un monde où la réussite sociale est rétribuée par la jeunesse et la beauté, où la pauvreté a été vaincue, où le crime et la police ont disparu. Un monde aux allures de perfection... jusqu'au jour où un crime est commis. Or, en l'absence de police ou d'institution compétente, on ne sait ni comment l'élucider ni à qui en confier la tâche. Et c'est avec ce vacillement que l'histoire démarre.

Hernig et Zebraël est un conte pour enfants, grands enfants et parents. Hernig, homme aussi discret qu’imposant d’apparence, cherche un endroit où couler des jours paisibles. Zebraël, garçon fougueux et séducteur, raconte ses péripéties imaginaires à qui veut l’entendre. Quand la ville de Bernagore, sous la menace d’un loup terrifiant, leur demande de l’aide, ces deux héros que tout oppose devront s’allier. Leur quête les mènera bien plus loin que la tanière du loup, dans les tréfonds de l’histoire du monde.





5. D'autres projets à venir ? (J'espère) tu peux nous en parler ?

Je travaille actuellement sur trois projets déjà avancés.

Les Parias de Babylone
Roman qui raconte les aventures d’une population d’exclus née à Babylone il y a 38 siècles et de la contre-culture qu’ils ont bâtie et qui a perduré jusqu’à aujourd’hui. www.lespariasdebabylone.com

Héros
Bande-dessinée dystopique en trois tomes qui conduit le lecteur dans un monde où se rejoignent des atmosphères médiévale, steampunk et végétale, soit, en un mot, biopunk. www.victorboissel.com/i1.html

Sans titre pour le moment
Un nouveau conte… dont je ne dis rien encore pour le moment ;p

Et, en parallèle de ces projets, d’autres textes imprévus s’invitent dans mon emploi du temps en passant gaiement devant les autres. Comme L’histoire d’Ariane, une nouvelle que j’ai écrite récemment dans le cadre d’un recueil dont les bénéfices seront reversés à une association dont l’objet est l’alphabétisation des femmes. Ainsi qu’un petit roman qui me réclame de l’attention ces derniers temps et qui risque, lui aussi, de griller quelques priorités.





6. As-tu un rituel particulier avant, pendant ou après l'écriture d'un roman ?

Avant : je me documente beaucoup. Je schématise les chronologies, les liens entre les personnages, souvent sous la forme de cartes mentales ou cartes heuristiques (mindmaps en anglais). Je réalise également des fiches de lieux et de personnages. Et je décore mon espace de travail avec ces éléments graphiques qui me permettent de me plonger dans le monde dans lequel se déroulent les aventures. Je définis également quelques étapes clefs tout en conservant une grande liberté entre chacune d'elles.

Pendant : je consulte mes documents de préparation. Tous les jours. Et je m'astreins à terminer d'écrire à une heure précise. Notamment pour ne pas m'essoufler. C'est important pour les textes Page  sur 2 3
longs. Une nouvelle peut s'écrire en une journée ou une nuit. Mais un texte plus long, comme un roman, nécessite de préserver son énergie. Aussi, j'essaie d'arrêter d'écrire à un moment qui m'enthousiasme de sorte que, le matin suivant, je meure d'envie de poursuivre (je suis aussi mon premier lecteur ;p).


Après : je laisse reposer un temps. Je sors du monde qui m'a intensément occupé pour tenter d'en oublier la plus grande part possible. Cela me permet une relecture avec un œil qui, s'il n'est pas neuf, est assez distancié pour se faire surprendre.





7. Aurais-tu un ou plusieurs conseils à donner à de futurs écrivains ? 

Le premier conseil que je donnerais est celui d’apprendre à se connaître. Quelqu’un qui veut écrire est d’abord un lecteur. C’est un lecteur des autres qui envisage d’être un lecteur de lui-même.

Et il n’y a rien de plus différent d’un lecteur qu’un autre lecteur.

Aussi, et pour apprendre à se connaître, je conseille à quelqu’un d’aller dans ce qui lui plaît sans enfermer ce qui lui plaît entre des murs qui s’appellent genre ou auteur. Par exemple, Maupassant m’a ankylosé d’ennui avec Une Vie alors qu’il m’a profondément enchanté avec Bel-Ami.

Pour recevoir un conseil avisé, il ne faut pas seulement qu’il provienne de quelqu’un qui connaît bien la littérature, il faut qu’il provienne de quelqu’un qui connaît bien le destinataire de ce conseil.

Je ne dirais pas cela si j’avais aimé tous les livres dont on m’avait juré, la main sur le cœur, qu’ils étaient merveilleux. Ce n’est pas le cas. Et j’ai ensuite appris à ne pas suivre la plupart des conseils. Quand j’ai compris la phrase de Jacques Salomé : « Un livre a toujours deux auteurs : celui qui l'écrit et celui qui le lit. »

Quant à un futur écrivain, je ne dirais qu'une chose : écris ce que tu aimerais lire.





8. Pour finir, un dernier mot ?

Oui ! un grand merci à toi, Amandine, pour l'enthousiasme intense et constant que tu m'as témoigné depuis nos tout premiers échanges. Je me trouve chanceux d'avoir une lectrice telle que toi et cela mérite d'être souligné ;p





Bonus : Ce n'est pas vraiment une question mais... que ce soit Habeas Corpus, tes monologues, tes autres textes, comment fais-tu pour que ce soit toujours d'immenses coups de coeur me concernant ? :p (À ceux qui n'ont pas encore lu Victor, je ne sais pas ce que vous attendez pour vous lancer !!!)

J'en parlais plus haut : Un livre a toujours deux auteurs : celui qui l'écrit et celui qui le lit. Je subodore que tu as donc ta part de responsabilité ;p

Il y a parfois des longueurs d'ondes qui sont compatibles, entre celles de l'auteur et celles du lecteur. Parfois cette compatibilité ne dure que le temps d'une œuvre, parfois c'est plus long et l'on collectionne les harmonies. Allons, continuons la collection ;p






*****
 
C'est donc la fin de l'interview, Victor, merci encore pour ta participation.
 
Victor Boissel fait parti de ces auteurs dont je parle tout le temps, genre, vraiment, totalement. C'est rare quand je ne recommande pas ses œuvres, en même temps, ce ne sont QUE des coups de cœur et encore, le mot est faible. 
Et donc, me concernant toujours, après les lectures coups de cœur, je dois être la seule à avoir un coup de cœur pour des réponses d'interview, pourtant c'est le cas.. Merci Victor! ^^
 
M'enfin bon, arrêtons là.. Vous pouvez donc retrouver l'auteur sur Twitter, Facebook, son (magnifique) Blog ; ces écrits sur Amazon (ici et ici).
 
Mes chroniques :

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire